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Baamonde – Sobrado de los Monxes

Les brochettes de soupions, le mouton au four et les flans étaient tout à fait convenables. Et puis, nous avions si faim…
La nuit aura été calme mais très humide encore et froide. A 7h45, nous aurons déjeuner d’un bon pain de campagne bien frais, beurre et cafés et réglé la note. Il fait beau et, claudiquant un peu pour cause de tendinites révélées dans la nuit, plus l’ampoule qui s’est, elle aussi, rallumée, nous progressons vers la gare de Baamonde.

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Hier soir, Conchita, l’hospitalera de l’auberge, nous a suggéré de prendre le train jusqu’à Texeiro pour entreprendre l’étape suivante car elle est annoncée pour plus de quarante kilomètres. Dans cet état physique, pas question d’entreprendre une telle distance, d’autant plus qu’il faut monter à 675 mètres et qu’elle semble assez « physique ».
Le train passe à Baamonde à 9h14 et arrive à Texeiro à 9h36. Petit village. Il fait froid ce matin. Nous sortirons les bérets et les gants.
Nous prendrons un café, dans un bistrot au coin de la place à gauche et filerons vers notre étape en suivant la route, sur le bas-côté, en quasi ligne droite sur presque huit kilomètres. Pas trop de trafic en cette heure matinale.
Arrivés à Cruces, hameau sans intérêt, droit devant nous le ciel est noir d’encre. Nous aurons juste le temps, aux premières gouttes, de nous équiper tous temps, et la bourrasque est là. Forte, certes mais brève.
Toujours suivant l’ AC 231 nous arriverons à Sobrado de los Monxes.
Nous sonnons à l’hôtel où nous avons réservé. L’hôtesse nous accueille en anglais (?) et nous dit que l’eau chaude ne fonctionnant pas, l’hôtel est fermé. Bon. Mais, elle nous propose un appartement pour cinquante euros en cash au dessus de chez elle, dans le bâtiment qui jouxte l’hôtel. Elle nous dit d’aller visiter le monastère et de revenir dans trois quart d’heure où tout sera fin prêt.
Nous allons faire tamponner nos créanciales par un moine pas très aimable, qui nous facture la visite du monastère au tarif pèlerin.
L’édifice a deux mille ans mais a été sérieusement repris en main et rénové au 17ème siècle.

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La visite, en suivant le topo fourni, ne prendra pas beaucoup de temps et nous retournons voir notre hôtesse, non sans être passé sous la porte du bâtiment extérieur des communs du monastère qui abrite l’auberge de pèlerins où il me semble avoir vu, un peu plus tard dans l’après-midi, trois jeunes pèlerins et un couple. Cela s’anime un peu…

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Bâtiment situé à l’entrée de l’ensemble et qui abrite l’auberge de pèlerins

Elle nous montre deux appartements, l’un à soixante, l’autre à cinquante euros et nous prenons le deuxième, sous les toits. Très sympa, une belle chambre, un grand salon équipé avec TV et cuisine en état de marche. La machine à laver ne peut pas mieux tomber et est mise en route sur le champ.
Puis, nous ressortons pour déjeuner. Un seul restaurant à l’autre extrémité du village. Nous ramons un peu pour trouver car on nous a dit de suivre la route.. en fait il faut suivre et monter à droite une autre petite route, 400 mètres en tout et pour tout.
Nous arrivons dans un bar restaurant où, dans la grande salle, trois locaux sont en train de déjeuner mais où l’on est en train d’organiser les tables pour un groupe d’environ 50 personnes. Il s’agira, en fait, d’un bus de touristes portugais bien tranquilles qui ne déjeuneront qu’après un « benedicte » sonore et convaincu. Repas simple mais copieux. Le temps est à nouveau à la pluie et, pendant le repas, il tombe une averse bien servie.
Nous rentrerons dans notre appartement pour ressortir plus tard pour le shopping quotidien.
Nous reviendrons dîner, faute de choix, dans le même restaurant qu’à midi où il y a peu de monde. Un pèlerin espagnol est entré juste avant nous mais semble plus intéressé par la télévision que par la conversation. Décidément, les contacts ne sont pas facile sur ce trajet.
Le repas, aussi bien qu’à midi, nous coûtera aussi, comme à midi, huit euros par personne, vin compris.
Nous renterons sous l’averse, en évitant le chien-loup menaçant qui nous accompagné à l’aller pendant une dizaine de mètres.
Il pleuvra des cordes toute la nuit mais nous sommes au sec et au chaud ! Nous aurons pris la précaution de régler notre hôtesse car ne savons à quelle heure (matinale ?) nous partirons demain matin.
Demain soir, nous aurons quitté le Camino del Norte pour le Francès.

Villalba – Baamonde

Nous avions acheté le nécessaire, la veille au soir donc le petit déjeuner sera pris dans la chambre. Ce n’est pas la première fois.
En descendant régler la note, avant de partir, nous voyons que la caféteria de l’hôtel est ouvert. L’information reçue la veille comme quoi elle était fermée à l’heure où nous partirions n’était pas fiable. Il est 9h00.
Tout de suite, une douleur insupportable à ne pas pouvoir poser le pied par terre se signale. J’avance jusqu’au jardin public qui est sur la gauche et, tout de suite, déballe le matériel de soins, enlève chaussure et chaussette et entreprend de percer à nouveau en plusieurs endroits, une ampoule tenace qui ressurgit régulièrement. Elle est handicapante car située sur le petit doigt du pied, au bout.
Cà repart mollement mais mieux cependant.
Les cinq premiers kilomètres, jusqu’à Torre, sont quelque peu accidentés.

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Notre topo nous montre pas mal d’allers et retours inutiles sur la nationale, donc nous déciderons de la suivre, sur le bas-côté, encouragés par le fait que nous sommes dimanche et que le trafic est très faible et surtout qu’il n’y a pas de camions.
Encore quelques chiens dans les hameaux mais sans histoires même si les aboiements sont soutenus. Nous arrêterons dans un café au bord de la nationale, pour dos cafés solos et traverserons cette nationale, une fois de plus, pour traverser un chantier autoroutier pas trop mal indiqué, du moins pour ce qui concerne le Chemin, avant d’arriver au pont de Saa, où l’heure est venue de « déjeuner ».

 

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Nous mangerons une moitié de fromage de Saint Simon, spécialité de Villalba, achetée la veille.
Beaux paysages encore sur lesquels la brume s’est enfin levée et un timide soleil tente de réchauffer l’atmosphère.
Nous continuerons sur la nationale que nous avons rejointe à nouveau, grâce » à ce magnifique panneau de déviation et passerons sous l’autoroute pour entrer dans Baamonde.

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Nous voyons, à droite, par la vitre, l’intérieur de l’auberge de pèlerins, très bien tenue mais fermée à cette heure-ci.

 

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Nous cherchons notre hôtel, dans lequel nous avons réservé. Il est, comme toujours, de l’autre côté de la ville. Cela ressemble bien à un motel américain en très moche. Une station service, un parking poids lourd, un bâtiment/garage, en haut duquel se situent les chambres.
Minable mais il n’y a rien d’autre. Nous arrivons au moment du coup de feu, en ce dimanche, dans un établissement dont le restaurant semble couru par les locaux. Installation, douche et travaux habituels. La chambre ressemble à un couloir dans lequel deux lits ont été posés en travers et éclairé par une fenêtre sale qui donne sur l’arrière du restaurant. Déprimant.

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Puis, nous sortons « en ville ». Le soleil est franchement des nôtres.
Nous repassons à l’auberge de pèlerins qui est ouverte. Conchita, une sexagénaire très sympathique, nous accueillera chaleureusement en français.
Elle a beaucoup parcouru le Chemin et nous donne de nombreux et utiles renseignements. Nous nous promenons, faisons le tour de l’église de Santiago (14ème siècle) et visitons la propriété du sculpteur Victor Corral dont nous emporterons, moyennant dix euros, un petit bouquin retraçant une partie de ses oeuvres remarquables.

 

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Nous regagnerons notre hostal où nous prendrons une bière en terrasse. Nous demanderons le chauffage qui deviendra vite nécessaire mais ne l’aurons qu’au moment de dîner, c’est à dire à 21 heures, soit trois heures plus tard. L’on nous avait annoncé que nous pourrions dîner à 20 heures…..
Fatigués, mais repus, au lit pour le repos. Encore deux étapes et nous retrouverons le Camino Francès à Arzua.

Hostal Ruta Esmeralda
Carretera n° VI

61 euros pour tout (chambre euros 38)

Gontan (Abadin) – Villalba

La nuit aura été bien humide. Non pas dehors, mais dedans. Dans la salle de bains, sur la faïence murale, l’eau dégouline. Il semble que l’aération/ventilation de la pièce ait été négligée et cette humidité se répand dans la pièce où nous avons dormi.
Nous avons donc laissé le chauffage toute la nuit.
Nous descendons prendre le petit déjeuner dans la salle du bar où déjà quelques clients locaux se pressent pour prendre, en silence, leur café bien arrosé d’alcool, à cette heure matinale. Il faut avoir de l’estomac !
Nous réglons notre note de 45 euros tout compris et prenons la route.
A peine dehors, il nous faut nous équiper tous terrains car de belles gouttes nous accueillent. Ponchos, pantalons de pluie et guêtres.
Après cinq cents mètres environ, nous nous arrêtons dans une supérette pour y effectuer nos emplettes du jour sous forme de museau de porc, fromage local, pain, et surtout eau. Il en tombe beaucoup mais le pèlerin a besoin d’hydrater l’intérieur du corps si l’extérieur l’est !
Nous avons bien fait de prendre l’opportunité de dormir à Gontan car la seule pension d’Abadin est fermée. Un mot sur la pension Claudio qui figure sur la liste des hébergements possibles à Abadin. Notez qu’elle est en dehors du bourg, à environ une heure et plus de celui-ci, sur la RN 634, vers Villalba.
Prenez cela en compte lorsque vous préparerez votre étape. L’avantage, quand même, c’est que l’on peut y manger.
Nous quittons Abadin par le petit pont médiéval sur le rio Abadin et commençons une longue mais facile ascension dans un paysage magnifique de bocages. De loin en loin, il y a des fermes avec des chiens pas toujours faciles mais heureusement attachés. Pas partout, nous le verrons plus loin. Ici, commence la terre Cha.
Nous ne rencontrons personne, comme c’est le cas depuis que nous tournons le dos à l’océan atlantique, depuis Ribadéo que nous avons quitté il y a maintenant deux jours.
Nous voudrons nous arrêter au pied du joli pont ancien de Martinan mais l’humidité de l’endroit, après les fortes pluies de la veille et de la nuit est trop boueux. Dommage, il y a de jolis bancs et tables…

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C’est un peu plus à l’ouest, vers Goiriz, que nous nous arrêterons pour déjeuner, au soleil, sur des pierres plates. Le paysage est splendide, très calme et nous trouvons, spécialité de la Galice, ces chemins bordés de pierres plates levées en guise de clôtures.

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A Goiriz, nous verrons, sur le toit de l’église Santiago, à proximité de son cimetière aux hauts de caveaux impressionnants, notre premier nid de cigogne habité.

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Le chemin se trouve désormais à droite de la nationale dont les nuisances n’arrivent pas jusqu’à nous. Par contre, ce qui arrive à nous, ce sont des petits roquets dans des cours de fermes qui, viennent attaquer par derrière et sur lesquels il faut « gueuler » ferme pour obtenir un semblant de distance. Le bâton de marche ne nous sera pas inutile dans un cas extrême. En deux kilomètres, nous y aurons droit deux fois, la deuxième fois consistant à une attaque en règle de deux roquets et un plus gros où nous n’avons dû notre salut qu’à la voix du maître qui, à distance, nous ne l’avons pas vu, à fait subitement cesser l’attaque .
La caravane passe et nous arrivons à Villalba à 15h. Un arrêt à l’accueillante auberge de pèlerins sur la droite de la route où nous tamponnons nos créanciales seuls car l’auberge est ouverte mais vide.
Un coup d’oeil rapide nous montre qu’elle est bien agencée et bien propre. Nous apprendrons, sur le livre de visite, qu’un couple d’allemands nous précède de deux jours.

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Nous nous installerons l’hôtel Villa Do Alba. Accueil habituel.
Bien propre, moderne. Belle vue sur la campagne, paysage que nous voyons à longueur de journée…
Sortie en ville, achat de gâteaux à la pâtisserie-bazar, au 1 rue de Pravia. Excellent « roscon d’almendras » que nous recommandons.
Retour à l’hôtel sous un début d’averse, ah ! le climat de Galice !

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Nous ressortirons à 20h pour aller dîner au restaurant Do Campo où, dans une belle salle au premier, au calme, seuls clients, nous dînerons de soupes de poissons et turbots (grillé et à la galicienne) vin maison et dos cafés solos pour euros 63. Très bien, accueil timide mais cuisine remarquable et remarquée.
Retour à l’hôtel sous une petite ondée et au lit !

www.viladoalba.com

Hôtel Villa Do Alba
c/ Campo de Puente 27/29
27800 Villalba
00 34 982 51 02 45
42 euros sans petit déjeuner

Lourenza – Gontan (Abadin)

Le repas du soir est bien passé, l’addition aussi : 23 euros.
La nuit a été un peu agitée pour des raisons de literie un peu étroite pour deux et comme il y a un « velux » au plafond de la salle de bain et que cette dernière est séparée de la chambre par une porte « saloon », il nous a fallu mettre une couverture en guise de cache lumière. Mais nous n’avons pas eu froid car le chauffage a tourné toute la nuit.
Petit déjeuner dans la cuisine, au nescafé et gâteaux dans le frigo aimablement fournis par notre hôte pâtissier.
En sortant, nous passons à la pâtisserie pour régler nos 50 euros cash et remercions encore pour les gentilles attentions et le coup de fil pour réserver notre étape de ce soir. Je crois que le prix de la chambre était de 40 euros.
Le pâtissier nous dit « buen camino » en ajoutant que pour aller à Mondoñedo, ça monte !
C’est vrai que cela monte. Il est neuf heures quand nous attaquons la première grimpette pour sortir de Lourenza.
Il fait grand beau, mais le Chemin est détrempé. Il nous faut mettre les guêtres et les pantalons de pluie car l’herbe aussi est détrempée.
Ca monte et même bien mais au calme sur de petits chemins tranquilles même si certains passages sont bien délicats à cause de l’eau qui ruisselle.
Sur un talus, une girolle nous attend. On en croquera un petit bout pour avoir le goût poivré sur la langue pendant quelques centaines de mètres.

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Nous sommes dans un beau bois, profond et paisible. Pas d’autos en vue même sur la petite route qui nous conduira à Mondoñedo. Je pense au pèlerin d’hier soir, qui, s’il a continué a dû, sous la pluie et dans la lumière descendante, franchir toutes ces difficultés.

 

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Le roi des tartes de Mondoñedo

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Mondoñedo nous fournira de quoi manger à midi et à la fin de nos courses nous irons visiter la Cathédrale de Santa Maria, qui est certes, belle mais qui dégage une atmosphère, à l’intérieur, si triste !

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En sortant de cette visite, il nous faut trouver le chemin et c’est un monsieur qui nous conduira à notre camino qui, comme d’habitude, repart en montée très raide et très longue. Nous verrons la vieille fontaine dite Fonte Vella (1548). Donc nous savions que cela montait avant le village mais on ne nous avait pas dit que la montée la plus dure était après Mondoñedo !

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Côte très prononcée et longue vers San Caetano, puis Valina, Pasos…
Les paysages sont de grande beauté sous le soleil.
La petite route est déserte, bien calme. La pluie menace. Il nous faut nous équiper « tous temps ». Cela se fait rapidement et silencieusement .
Fausse alerte. On enlève.
Un peu plus loin, nous nous arrêterons pour déjeuner, assis sur le côté de la route. Il semble que, sur les quinze kilomètres, entre Mondoñedo et Gontan, il n’y ait un seul village à part, peut être,  Lousada où nous n’avons vu personne. Le désert vert.

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En tout, notre étape fera 26 kms aujourd’hui et nous la trouvons fatigante car elle ne fait que monter ou presque et souvent d’une manière bien raide. En fait, ce qui nous semble le plus dur est le manque de repères, de signalisation.
Arrivés à nouveau à croiser la N634, nous avons du mal à trouver la direction de Gontan qui n’est indiqué nulle part. Bien sûr, nous savons que si nous suivons la N634, nous arriverons à Abadin mais décidons de rester sur le chemin. Nous n’avons plus de topo depuis Villaviciosa et c’est un peu au pif ou à la boussole que nous avançons quand il n’y a plus de repères. Ce que nous croyons être Abadin, dans le lointain, s’avère être Gontan mais nous ne le savons pas. C’est en redescendant sur la N634, en interrogeant un pompiste que j’apprends que nous étions sur la bonne voie et que notre halte n’est qu’à environs 10 minutes, à pied, bien sûr !
Nous arriverons fourbus. L’accueil sera timide et en français car nos hôtes sont revenus d’une longue expatriation à Genève.
Nous nous installons dans une chambre bien fraîche qui donne sur le torrent qui traverse le bas de Gontan. Bien humide, donc.
Je demande du chauffage qui me sera promis pour 18heures. Lessive, repos, préparation de l’étape de demain. Le chauffage ne viendra qu’à 19h15 quand je descend au bar pour le redemander.
En attendant le dîner, nous regardons la télévision qui nous réveille un peu en débitant des âneries telles celles que l’on trouve partout dans le monde avant la grand-messe du journal télévisé.
Dîner, près d’un radiateur, dans une salle vide, à 20h10.
Une bonne soupe, du veau aux poivrons patates et flan. Un bon coup de rouge et cela passera. C’est plus que copieux et comme nous n’avons rien mangé à midi en dehors du casse-croûte au fromage, le repas est bienvenu. Le moral revient et nous conversons gentiment avec la patronne qui s’avère bien avenante, contente peut être de pratiquer un français un peu en sommeil.

Bar-Restaurant Da Feira
Lg Gontan, 2
00 34 982 50 80 46
Demi-pension pour deux 45 euros

Ribadeo – Lourenza

Petit déjeuner Parador !
Départ à 9h45, on dirait que la fin du pèlerinage approche…ou alors c’est l’effet Parador ?
Le concierge de l’hôtel nous a indiqué la direction pour trouver le Camino qui n’est, d’ailleurs, pas très loin. Direction Obé.

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En quittant la Côte Cantabrique et Ribadeo.

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Tout va bien, sauf qu’après quelques centaines de mètres, nous sommes dubitatifs car les coquilles que nous suivons depuis San Sebastian ont changé d’orientation.
En effet, nous sommes en Galice et c’est la partie la plus large du dessin qu’il faut suivre, pas la tête de l’étoile filante qu’elles sont sensées figurer.
En Asturies, c’était l’inverse et en Cantabrie, c’était comme celles que nous avons sous les yeux, à moins que ce soit au Pays Basque…
Toujours est-il que cela rame un peu et en plus cela monte.
Ce sera une étape calme sans cette satanée N634 que nous suivons, depuis tant de kilomètres. Nous montons graduellement, vers le mont de Santa Cruz, sur une petite route bien agréable, surtout que le soleil fait de timides apparitions.
A la hauteur de Vilamartin Pequeno, nous serons obligés de descendre, à travers champs sur la route LU 133 car le Camino est devenu, à cause des fortes récentes pluies, un bourbier rouge dans lequel les pèlerins que nous sommes s’enfoncent jusqu’à la cheville.
Nous resterons sur la route que nous ne quitterons pas jusqu’à retrouver la N634 presqu’à l’arrivée de l’étape. Nous donnerons aux pèlerins le conseil de suivre, en cas de pluie et par conséquent boue, la LU 133 car elle est pratiquement déserte et large.
Cependant, les indications jacquaires sont bien rares à notre goût et c’est souvent que nous cherchons à nous repérer dans un univers vert et silencieux. La boussole nous confirmera que nous sommes dans la bonne direction.
Les hameaux traversés sont déserts et les dénivelés non négligeables.

 

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A chaque rare carrefours, les indications de direction ne sont pas chiffrées et ne correspondent en rien à notre topo.
Avançons, que faire d’autre ?
Nous sortons enfin de cette forêt sans fin et, dans la plaine, voyons Cubelas où nous rencontrerons enfin un être vivant ! Il nous salue, il a plus ou moins 80 ans, vit dans le village, a vécu 20 ans à Paris. Il nous demande si nous sommes allemands et allons à Santiago. Oui, pour Santiago, non pour les allemands. C’est comme cela que s’engage une sympathique conversation impromptue. Nous parlons en français et notre interlocuteur qui ne s’attendait sûrement pas ce matin à pratiquer une langue presque oubliée, retrouve son vocabulaire et nous raconte tout un tas d’histoire sur le village et sa famille.
Comme nous n’avons pas de logement à Lourenza de prévu ou réservé, nous lui demandons une adresse. Il nous indique la Casa Rural Gloria qui est tenue par un pâtissier et nous dit d’y aller de sa part.
Gracias y adios ou plutôt au revoir !
Bon, nous sommes fatigués, bien sûr, mais montons retrouver la N 634 et ses camions.

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Au croisement, à gauche, nous nous arrêterons sous notre enième abri-bus où, bien qu’il ne pleuve pas, nous pourrons faire notre halte casse-croûte sous forme d’une pomme chacun avant de descendre, sur le bas-côté de la nationale, vers Lourenza pendant quatre kilomètres avec un camion tous les trois cents mètres.
Nous arriverons à Lourenza sous de nouvelles gouttes, ferons tamponner nos créanciales à l’office du tourisme, ou plutôt la bibiliothèque-discothèque qui vient d’ouvrir ses portes à l’heure où nous arrivons.
En sortant, nous trouverons notre premier pèlerin sur la Place de l’Eglise et du Monastère.

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Pas bavard, il nous demande si nous dormons à l’auberge et dit s’en aller vers Abadin. Il ajoute que l’église est fermée et qu’il faut payer pour la visiter. J’y entrerai moi-même un peu plus tard dans la soirée, un peu avant l’office du soir. Magnifique retable. Revenons en à note pèlerin. Pas bien compris, peut être souhaitait il des compagnons à l’auberge ? Peut être quelqu’un qui se plaît dans la solitude, car nous, nous étions prêts à lui raconter notre vie tant nous voyons peu de monde avec qui communiquer !
Finalement, au moment de se séparer, au bout d’une minute, il nous dit qu’il va aller à Mondonñedo. Buen camino, alors ! Nous verrons, le lendemain matin, qu’il n’a pas dû s’amuser avec d’une part la pente, d’autre part le temps !
Nous n’aurons guère de difficultés à trouver la pâtisserie qui gère la Casa Rural. Très sympathique accueil, il faut le dire car cela n’est que rarement le cas. La dame met en route le chauffage tout de suite. Nous avons à disposition une cuisine avec du café, des fruits, des tisanes et, un peu plus tard, nous aurons des gâteaux dans le frigo.
Préparation, donc, après le rituel quotidien, de l’étape du lendemain.
Pas de chance, il n’y a pas de logement possible à Abadin, tout est fermé, ce que nous verrons le lendemain.
Le pâtissier va nous trouver quelque chose. Il téléphone à quelqu’un à Gontan. Oui, il y a une chambre, oui, on peut dîner. Muy bien !
C’est d’accord ! On ira.
En attendant, nous dînerons chez Pipote, un bar plutôt que restaurant. C’est la recommandation de notre hôte et de toute façon le choix est plus que limité. Dîner de soupes de poisson, revueltos (oeufs brouillés) et navajas (couteaux) frits. Comme nous marchons depuis un bon bout de temps maintenant, les soirées sont courtes. Après le dîner, comme il pleut à nouveau, nous filons au lit.

Casa Gloria
Information à la Pasteleria Cabaleiros
00 34 985 12 11 19

Cartavio – Ribadeo

Le petit déjeuner aura été de la même moûture que le dîner.
Que n’accepte-t-on pas lors qu’on est pèlerin et surtout qu’on n’a pas le choix !
Le départ, sans effusions, se fera sous le déluge. Il y a, certes, le Camino derrière l’hôtel mais avec ce qu’il tombe depuis hier soir, il y a peu de chance que l’on évite le bourbier ! Décision est prise, camions ou pas camions, nul autre choix que de prendre la N634 sur le bas-côté droit même si cela n’est pas très conventionnel.
Notre expérience passée des déplacements d’air causés par ces camions est telle que nous préférons avoir le déplacement d’air dans le dos plutôt que de face. De plus, le bas-côté est particulièrement large.
Ce n’est vraiment pas une partie de plaisir et nos parapluies, achetés à Bilbao, nous sont bien utiles. Ils protègent la nuque et les épaules par lesquelles, généralement, le vêtement anti-pluie laisse pénétrer, par infiltration, l’eau.
Arrêt à La Caridad. Achat de bananes et eau. En passant, nous avons une pensée pour l’hôtel que nous avons quitté, que nous nous surprenons à comparer avec celui, guère plus brillant devant lequel on passe.
Nous marchons pour encore un kilomètre ou deux sur l’ancienne route qui traverse la Caridad, donc plus aucun camion lancé à grande vitesse mais nous allons les retrouver à la fin de cette déviation.
Il pleut toujours et encore des cordes et le vent de face s’est levé, le pire de tous pour le marcheur. Vent devant, camions derrière.
Nous nous félicitons à plusieurs reprises d’avoir investi, spécifiquement pour ce pèlerinage, dans de bons pantalons de pluie.
Arrêt banane sous un abri-bus (encore un !) et filons vers le sud en direction de Tol où nous déjeunerons, d’une barre de céréales chacun, sous une halle de sports en construction tombée fort à propos. Bien sûr, il n’y a rien pour s »asseoir mais nous sommes à l’abri. Au bout de dix minutes, le vent frais qui a tourné nous chasse de notre salle des sports ouvertes à tous vents.

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Nous reprenons notre cheminement vers Figueras sous un crachin tenace qui a laissé sa place à la pluie battante. Nous trouvons la bifurcation des chemins, l’un vers Ribadeo, l’autre vers Vegadeo pour Castropol et partons à droite ou plutôt tout droit vers Ribadeo.

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Donc, en route pour Ribadeo via Figueras !

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C’est une petite route pas très large, assez plate, sur laquelle circulent quelques rares voitures qui nous arrosent copieusement mais, au point, où nous en sommes, cela ne nous émeut même pas.
Arrivés à Figueras, nous nous arrêterons sous un autre abri-bus, pour une deuxième halte banane.
Jusqu’ici, depuis ce matin, nous n’aurons pas vu grand chose d’intéressant si ce n’est le goudron luisant de pluie car pour le paysage, il aurait mieux valu passer un jour de soleil…
Nouveau départ vers notre étape, Ribadéo.
Il n’y a qu’un seul point de passage pour quitter les Asturies et entrer en Galice, le pont routier. Notre topo nous y amène en nous faisant rejoindre, bien sûr, la route nationale 634 à l’entrée du dit pont.
Le pont est en travaux, en travaux lourds. Ce qui signifie que la première indication que nous avons est celle du panneau « interdit aux piétons ». Les voitures et les camions se suivent, au ralenti, dans un flot interminable. Au milieu, entre les deux voies de circulation, il semble que l’on puisse passer. Il pleut toujours et je m’adresse au premier venu sur le chantier, qui, par chance, semble être un responsable.
Il me dit qu’il regrette mais on ne passe pas à pied. Il faut que nous nous fassions « embarquer » par une voiture pour passer. Perplexité du pèlerin… Heureusement, un des collègues de notre interlocuteur s’est joint à la conversation et dit qu’il est permis aux pèlerins de passer et seulement aux pèlerins. Notre avenir s’éclaire ! Du coup, le chef nous montre où passer, attention aux trous béants et attention aux ouvriers qui manoeuvrent. Et il nous montre l’auberge de pèlerins, moderne et jaune, sur l’autre rive de la ria, l’autre rive de l’Eo.

 

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Au moment où nous prenons pied en Galice, sur l’autre rive, la pluie cesse. Une belle ligne droite nous amènera au centre de Ribadeo que nous traverserons dans le plus grand calme car c’est l’heure du repas espagnol.
Notre liste d’hôtels nous conduit à des établissements fermés ou en travaux et nous hésitons, au vu de notre expérience d’hier, à entrer dans un hôtel qui ne soit pas à notre goût même simple.
En fait, nous finirons au Parador. Il y a une promotion qui fait que notre chambre, véritablement magnifique, nous coûtera 98 euros petit-déjeuner pour la pèlerine et le pèlerin compris, soit trente trois euros de plus que la halte d’hier soir, pour le coucher.
Nous avons besoin d’un peu de confort et de détente après la pluie d’aujourd’hui et la halte d’hier.

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Rituel de l’arrivée à l’étape, promenade shopping pour rétablir le stock d’eau et de barres de céréales puis, le temps se remettant à la pluie, retour à l’hôtel et préparation de la première étape galicienne à l’aide de la documentation retirée à l’Office du Tourisme qui a ouvert ses portes à 16h. « Lessive party » ensuite, lessive qui sèchera vite car le chauffage fonctionne très bien.
Nous ne sortirons plus de notre thébaïde et dînerons sur place. Belle salle, beau décor, service quatre étoiles et bon repas.
Une excellente nuit bien réparatrice s’ensuivra. J’ai une pensée pour le pèlerin qui n’a pas d’autre choix que d’aller chercher les clefs de l’auberge et s’installer trempé dans une salle vide et froide, loin de tout endroit pour manger… Il faut bien du courage !
En fait de pèlerin, nous n’en avons toujours pas vu même si la Thénardier de l’étape d’avant nous a dit hier matin que neuf pèlerins étaient arrivés tard dans la nuit et étaient repartis au petit jour. S’ils ont pris la même route que nous, ils sont à Ribadéo ou un peu plus à l’ouest. Dans le cas contraire, ils sont à Castropol, en face de nous, de l’autre côté de l’Eo.

Luarca – Cartavio

La chambre était bien confortable, le lit aussi. Nous sommes réveillés par les goélands (souvenir d’hier après-midi !).
Nous descendons prendre le petit déjeuner et sommes installés dans une petite salle où notre sang ne fait qu’un tour, à peine assis.
Aux murs, une créanciale, une Compostela et quantité de photos montrant un pèlerin qui n’est autre que notre hôte.
Sujet de conversation vite trouvé. Voila pourquoi il nous a semblé qu’il nous regardait curieusement. Mais, c’était une saine curiosité !
Après un échange de souvenirs ou d’expériences, car il a effectué le pèlerinage sur le Norte aussi, il nous indiquera comment sortir de Luarca.
Et nous voila en train de monter la rue de la Pena qui grimpe bien offrant de belles vues sur Luarca et son port
Il nous faut bien remonter ce que nous avons descendu hier et aussi, il faut sacrifier aux moeurs, monter au moment de partir…
Nous marcherons quasiment au calme jusqu’à Navia sur de petites routes calmes, avec un trafic local très limité, rencontrant de beaux horreos asturiens.

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Encore un détour inutile faut d’attention vis à vis du fléchage

 

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C’est l’heure, espagnole, du déjeuner lorsque nous entrons dans Navia et un petit restaurant attire notre attention par un panneau qui annonce que l’on sert des poissons « qui se mordent la queue ». Nous nous installons dans une salle enfumée où déjeunent quantité d’ouvriers du coin.
Nous aurons pour 18 euros, une soupe, un merluchon pané pour le pèlerin et une salade très copieuse, un merluchon aussi pour la pèlerine avant un gâteau au tourron et une bouteille de cidre.
Le Camino, sur le topo, nous annonçant un joli détour qui nous semble inutile, nous suivrons la N634 que nous ne pouvons plus quitter, en direction de Cartavio où nous avons prévu de dormir.
Les bas-côtés sont larges et, malgré un trafic de camions assez soutenu, nous ne nous sentons pas en danger. Cela sera notre lot jusqu’à l’arrivée à l’hôtel.
Complet, nous dit-on. Et il commence à pleuvioter. Et le prochain village, sur la nationale, est la Caridad. Et il pleut un peu plus, et je sais que la Caridad n’a que de modestes ressources hôtelières, si elles sont ouvertes..
La pluie redouble et, après une hésitation d’un moment, nous traversons la nationale pour entrer dans une sorte de « routiers » à la porte duquel nous frappons au moment où l’ondée commence à prendre un peu de dimension. Nous sommes au carrefour qui va au camping, sur la droite, de Castello.
Accueil habituel, on a un peu l’impression de déranger. Je demande, au vu du trafic sur la route, une chambre au calme et l’on nous conduit sur une pièce quasiment aveugle, avec une fenêtre qui doit se trouver à cinquante centimètres de celle du bâtiment voisin. Je demande une autre chambre. Ce sera la 202, en haut, dans un coin de la bâtisse, chambre aussi minuscule que l’autre mais propre et avec deux fenêtres, l’une sur le derrière du bâtiment mais sur la petite route qui rejoint la nationale et le village plus haut et l’autre sur l’entrée de l’hôtel avec vue d’angle imprenable sur le trafic routier.
La salle de bains est minuscule et la douche ne permet pas de se retourner. Bon, nous sommes logés et dehors il pleut des cordes.
Pas de chauffage. Je descend en demander un à 17 heures, chauffage que nous aurons à 22 heures….Lessive, détente, préparation de l’étape du lendemain, attente de l’heure du dîner.
A 20h30, nous sommes en bas pour dîner d’un repas catastrophique :
soupe hyper salée, deux tranches de « lomo » (les connaisseurs apprécieront) et frites, oeufs au lard pour la pèlerine et dessert insipide arrosé d’un rouge imbuvable.
La pluie redouble dehors et le repas se passe dans une ambiance d’enterrement.
La nuit sera calme pour le pèlerin car il aura mis ses tampons d’oreille mais la pèlerine qui ne les supporte pas aura compté les camions !
A 8h30, nous réglons la note : Euros 95.50 ! Piège à pèlerins.
Le Chemin passe juste derrière chez eux. La nourriture est abjecte et la chambre est à 62 euros. A éviter même s’il pleut. Nous verrons, le lendemain, à la Caridad, qu’il devait quand même y avoir possibilité de se loger dans un établissement de même catégorie. Comment cela aurait il été ?

Pire, quelques centaines de mètres plus haut, nous avons renoncé à entrer dans l’hôtel Maycé qui devait être, lui, sans aucune hésitation, un bien meilleur choix que l’endroit où nous avons fait étape.

Hôtel Lombo
Carrefour Castello N634
El Franco

Aviles – Luarca

Après une bonne nuit avec la fenêtre ouverte, nous descendrons prendre le petit déjeuner. Si ce n’était les quatre français qui déjeunent aussi, l’endroit serait bien calme.
Il ne s’agit pas de pèlerins mais de touristes motorisés.
Pour nous, le départ, motorisé, sera fera à 11 heures de la gare routière.
Nous prendrons le bus Alsa pour Cadavedo par l’autoroute et ce pour la somme de euros 5.30 par personne.
Nous avons prévu ce petit saut car notre agenda nous rappelle que le retour est prévu pour le 06.05.2007 de Porto, Portugal, et qu’en aucun cas nous ne devons manquer le vol, sinon les billets seront perdus. Nous ne sommes pas en retard sur notre planning, dans lequel ce saut est prévu, mais comme nous n’avons pas décidé, encore, si nous allons ou pas à Fisterra, après l’arrivée à Santiago, il nous faut garder un jour d’avance.
Le beau temps est de la partie, et nous profitons du paysage alentour comme le bus Alsa traverse une région où l’autoroute vers A Coruna est en construction. Nous avons une pensée pour les pèlerins qui doivent traverser ces zones d’immenses chantiers, aujourd’hui ou quand il pleut…
Le bus s’arrête en pleine campagne. Silence. Le chauffeur après trente secondes crie : Cadavedo ! C’est donc pour nous. Contrairement à ce que nous pensions, nous ne descendons pas en ville mais sur la N634 et le chauffeur, une fois les sacs récupérés, me répond que Cadavedo, c’est là, en bas.
Nous savons bien que le Chemin y passe mais pas où le trouver. Nous fiant à notre topo, nous décidons de suivre la N 634 qui, par bonheur, ne supporte qu’un trafic espacé. De plus, à quelques mètres de nous, se trouve un panneau routier indiquant Luarca 12 kms.
Nous suivrons le large bas-côté sans être gênés par les rares voitures.
Nous pensons retrouver le Camino un peu plus loin (3kms ?) sur la droite. Au croisement en question, nous tournons à droite vers le village de San Cristobal, dans lequel nous devrions traverser le Camino et le prendre à gauche. Pas vu, mais, selon l’échelle de la carte, nous devrions l’avoir trouvé. Je demande à une grand-mère édentée, qui prend le frais à l’extérieur et elle me répond que pour trouver le Camino, il nous faut revenir sur nos pas et tourner à droite. Gracias et y on va !
S’ensuit une belle marche dans un environnement charmant de bosquets d’eucalyptus, de bocages avec de temps en temps de belles vues sur la mer. Jusqu’au moment où nous nous perdons après être descendus quasiment au niveau de la côte.

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Nous suivons un chemin qui s’est détaché du Camino une demi-heure avant et nous conduit vers le Cap Busto où nous n’avons strictement rien à faire. Nous rebroussons chemin en en prenant un autre qui longe un petit ruisseau dans l’enchevêtrement des branches d’eucalyptus.
Finalement, cela devient la jungle asturienne de bord de mer qui s’enrichit maintenant de genêts très épais et piquants.

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Nous reviendrons sur nos pas et franchirons le ruisseau sur un pont de branchages pour remonter sur l’autre rive, à la boussole, vers ce que nous croyons être la bonne direction.

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En haut, des fermes au loin, aucune indication. Re-boussole et filons vers l’ouest!

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Dans un hameau désert, sur un banc aménagé, nous mangerons notre en-cas sous forme de pomme et un peu plus haut, retrouverons la Nationale que nous suivrons sur une paire de kilomètres jusqu’à l’autoroute en fin de chantier où les flèches jaunes ne sont pas visibles.
Nous passons sous l’autoroute et nous perdons à nouveau.

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Toujours à la boussole, nous avançons sur la petite route. Je demande à une personne qui me dit de suivre la route. Quelques dizaines de mètres plus bas, une coquille montre de monter à droite. Ouf, nous l’avons retrouvé. Nous nous reperdrons un peu plus haut.
En fait, l’étape de 12 kms prévue comme une transition s’avèrera quasiment une étape de 20 kms compte tenu de nos errements. De plus, la topologie des lieux nous fait retrouver côtes et descentes marquées que nous avions perdues depuis un moment. Nous aurons mis un peu plus de cinq heures pour rejoindre Luarca.

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C’est par une belle descente que l’on rejoint la ville et par une belle pente finale et escaliers que l’on peut apprécier le charmant paysage du port de cette petite ville aux toits d’ardoise.
Il semble n’y avoir que peu d’hôtels ouverts. C’est ce que nous constatons en faisant le tour de la petite bourgade. Pas trop d’autos, une atmosphère de station de bains de mer quelque peu désuète mais pleine de charme.
Une petite faim, en cherchant un hôtel que l’on nous dira être hors de la ville, nous fait nous arrêter dans une pâtisserie et acheter quelques douceurs. Je demande à la patronne quel est à son avis le meilleur hôtel de Luarca. Elle me répond : « celui d’à côté » !
Nous venons de passer devant mais avons trouvé qu’il « faisait vieux »…
Aussitôt sortis, nous sonnons, sûrs de notre affaire.
Nous sommes reçus par le propriétaire qui semble regarder les sacs à dos avec un regard circonspect.
Nous nous installons, après avoir montré patte blanche et carte de crédit dorée, dans une belle chambre sous les toits avec tout le confort du trois étoiles qu’est cet hôtel.
Construit en 1906, lis-je, il semble avoir été, à l’intérieur, totalement redécoré récemment avec beaucoup de goût.
Repos, détente, lessive et nous voici dehors mais pour pas longtemps.
En effet, dûment munis de nos créanciales que nous souhaitons voir tamponner par la police municipale, d’après l’information reçue de l’hôtelier, Odile reçoit un cadeau océanique exceptionnel qui nous fait rentrer à l’hôtel « en quatrième vitesse ».
Un goéland de belle taille, d’après ce qu’elle a reçu, vient de vidanger en vol…. Retour à l’hôtel et elle devra se changer et moi enlever quelques reliefs mais j’ai eu la chance de passer à côté !
Deuxième départ de l’hôtel, police municipale qui cherche le tampon, qui le trouve, qui tamponne et nous sommes en ville pour une promenade de découverte et identification des restaurants pour le repas du dîner. Tour du port et retour en ville. Pas beaucoup de possibilités du moins en cette saison. C’est le Baltico qui nous accueillera après une tentative dans celui qui est tout au bout du port dans lequel nous avions vraiment eu l’impression d’ennuyer (et je suis poli) le personnel de service. Nous ne nous y sommes même pas assis et sommes ressortis sur le champ.
Au Baltico, le serveur est souriant et les sardines grillées mémorables ainsi que la soupe de fruits de mer et les moules marinières.
La fraîcheur est revenue avec la marée et nous filons au lit de bonne heure. Peu de kilomètres au départ, pas mal d’aléas, un peu de soleil et un bon dîner nous ferons passer une bonne nuit.

Hôtel Villa de Luarca
c/Alvaro de Alburnuz 6
33700 – LUARCA
0034 985 470 703

51 Euros taxes et pdj

www.hotelvilladeluarca.com

www.hotelbaltico.com/

Gijon – Aviles

La nuit a été convenable, ni très calme, ni très bruyante. J’avais pris la précaution de mettre les tampons d’oreille au coucher car j’avais compris que, ce soir, beaucoup de jeunesse dormait à l’hôtel Robledo.
Donc, repos quand même. Compte tenu de la qualité de l’hôtel, nous sommes dehors à 7h30. Nous croisons, en sortant, un quatuor de jeunes filles qui viennent d’enterrer la vie de jeune fille d’une copine et qui vont se dormir au moment où nous allons marcher…
En fait de marche, nous rejoignons… la gare de Gijon, la gare du Feve car il y a cinq kilomètres selon divers topos qui sont, comme à l’entrée de la ville, d’usines et autres entrepôts. Donc train jusqu’à Verina.
Le voyage se passe bien, l’aimable contrôleur nous prend en charge et nous avertira pour descendre. Ce qui fût fait, pour tomber…. sur une énorme usine Arcelor dont le bruit ne nous quittera pas pendant 45 minutes.
On n’y voit goutte car le brouillard est bien épais et lui aussi ne nous lâchera pas avant d’avoir atteint le point haut du plateau.

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Tombé de la polaire en montant !

Comme déjà dit, à partir de Gijon, nous sommes en « terra incognita » car le guide que nous avons est un guide qui s’arrête pour nous à Villaviciosa et file sur Oviedo et le Camino Primitivo. Nous redoublons donc de vigilance car le balisage est un peu faible dans ce coin des Asturies. Les flèches et bornes se font désirer. Néanmoins, la moitié du parcours (+/- 20 kms) soit 10 kms s’effectuera sur piste ou petites routes convenablement indiquées et balisées.

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Bel effort d’explications !
Puis, la deuxième partie est bien moins réjouissante, c’est le cas de le dire. Avant Tabaza, nous sommes assommés par le bruit de l’autoroute proche, même si le chemin est agréable. Puis, liquéfiés par le spectacle d’une usine Arcelor (encore !) monstrueuse et fumante. Dantesque !
Comme le balisage devient à nouveau inexistant, nous suivrons la route jusqu’à Aviles pendant huit kilomètres. Cette route aux larges bas-côtés est tranquille en ce dimanche matin. Quelques cyclistes locaux font des aller-retours et certains nous saluent. Par contre, l’autoroute est au-dessus de nous, à gauche et l’on entend bien les camions et ce jusqu’à l’entrée de la ville, en changeant seulement d’usine, de couleur de fumées pour le spectacle.
Paysage de cauchemar.
Arrivés à Aviles, dès que quittée la route sur laquelle nous avons progressé, nous découvrons une magnifique vieille ville qui, sous certains aspects, nous rappelle Santillana del Mar. Jamais nous n’aurions pensé trouver cela ici après ce que nous venons de traverser.
Beaucoup d’endroits charmants et piétons en ce dimanche. Vieilles maisons blasonnées donnant sur de petites rues piétonnes.

 

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L’office du tourisme nous accueillera très gentiment et nous ferons tamponner nos créanciales chez eux. Nous dormirons dans l’hôtel Don Pedro, très confortable, vaste chambre.
Nous irons diner au restaurant Nogal pour 12 euros par personne d’un repas délicieux à base de poisson, vin compris.
Nous y reviendrons le soir car, en ce dimanche soir, il y a peu de possibilités et nous nous y régalerons à nouveau pour un peu plus cher.

www.hdonpedro.com

https://es-la.facebook.com/…Nogal/12522511754063…

Hôtel Don Pedro
La Fruta 22
Aviles
00 34985 84 22 88
Euros 73.32 pdj et taxes inclus

Pernus – Gijon

Le topo prévoyait hier une arrivée à Sebrayo, à condition de dormir dans l’auberge de pèlerins. Comme cela n’est pas notre cas, nous avons raccourci notre étape de 6.2 kms qui sont, bien sûr, à faire ce matin.
La nuit a été bonne et tranquille. Petit déjeuner avalé, nous voila sur la route, en direction de Sebrayo.

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Il fait très beau, tiède, et les oiseaux s’en donnent à coeur joie pour nous encourager à monter la côte qui est bien raide et bien longue. Quelques hameaux distraient le pèlerin parmi lesquels celui de Priesca où nous découvrons l’église San Salvador, consacrée nous dit le guide, en 921 !

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Et nous voici plongeant sur Sebrayo que nous traversons en se disant, au vu du spectacle, que nous avons bien fait de ne pas choisir l’auberge de pèlerins de Sebrayo qui n’est pas, en cette saison du moins, des plus attractives. Elle se situe dans une ancienne école et il n’y a strictement aucun commerce ni restaurant autour.
La caravane continue à proximité de l’autoroute que l’on entend beaucoup et que l’on finit par voir et même passer dessous à nouveau avant d’arriver à Villaviciosa.

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Pour nous, ce sera la fin du parcours à pied, au moins pour aujourd’hui.

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Portail de l’église Santa Maria la Oliva à Villaviciosa.

Une étape de six kilomètres est dans nos possibilités mais, afin de coller avec notre calendrier, nous avons organisé une petite entorse à la règle pèlerine qui suppose que l’on doit marcher à pied. Nous prendrons le bus Alsa pour Gijon. Autre motivation, nous éviterons Oviedo et le Chemin Primitif, donc marcherons sur le Chemin de la Côte qui passe par Gijon, et nous savons, par expérience que les entrées de ville sont une horreur pour les marcheurs. Pollution, magasins, entrepôts, trafic automobile, camions etc.. Autant de bonnes raisons pour prendre ce bus pour couvrir les 27 kms qui séparent les deux villes. Une demi-heure de bus y compris les arrêts à proximité de Gijon. Le bus roule sur l’autoroute pour une grande partie du trajet.
Nous quittons notre topo de Rando Editions qui décrit l’autre parcours. A partir de maintenant, nous nous trouvons sans autre support de lecture et de route que ce que nous trouverons dans les offices de tourisme.

Nous connaissons un peu Gijon car, à notre retour, l’année dernière de Santiago nous nous y sommes arrêtés pour déjeuner. Nous étions, à ce moment là, en voiture de location.
A pied, cette fois-ci, nous allons à l’office du tourisme, qui se trouve au sein d’un ensemble moderne au sein même du port de plaisance.

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afin de nous inquiéter des logements disponibles. ll y a beaucoup de monde en ville. Le premier hôtel est complet. Il fait très beau et nous sommes samedi, il est évident que certains sont venus passer le week end au bord de la mer.
L’hôtel qui nous accueillera s’appelle le Robledo. Trois étoiles, il y a longtemps je suppose, car il est plus que vieillot ou désuet.
Tout est très ancien. Même la dame de l’accueil qui est cependant fort aimable. Effectivement, c’est très « vintage » ! Vieux, très vieux et pas beau. Nous hésitons à redescendre, mais la fatigue accumulée nous fait reculer devant une reprise des sacs à dos et nouvelle quête d’hôtel.
Nous resterons donc sans beaucoup d’entrain. Les vitres et double-vitrages sont sales, la salle de bain n’a pas du bouger depuis 30 ans.
Allons déjeuner. Nos pas nous ramèneront vers le restaurant évoqué plus haut, tombant littéralement dessus. Nous ne serons pas aussi enthousiastes que nous le fûmes l’an dernier mais le repas du menu sera, sommes toutes, convenable. Autre temps….
Retour à la chambre pour un peu de repos puis promenade au bord de mer. Nous qui ne voyons plus personne depuis bien longtemps sur nos chemins, sommes quelque peu étourdis par le monde qui se promène, qui chante, qui crie, qui joue. Beaucoup d’animation , à l’espagnole !
Nous ne trouverons pas de restaurant attirant ou alléchant mais que des gargottes à touristes. Après un détour, où nous assistons à un crêpage de chignon espagnol, deux jeunes filles qui en décousent sur le trottoir sous les encouragements de leurs ami(e)s, nous finissons par trouver une pulperia galicienne qui nous préfigurera ce que nous allons manger dans les jours qui arrivent et ce que nous avons mangé l’an passé lors de notre traversée de la dite Galice.
Nous serons très bien servis, trop même car un plat repart en cuisine à peine entamé tant les portions sont copieuses : pulpo al ajillo, pulpo a la galicienne, lacon con grelos (sorte de jambonneau chaud servi avec des feuilles de navet), pimientos del Padron. Soirée de détente même si nous sommes, avec la fatigue accumulée, tombants de fatigue. 45 Euros pour notre dîner.
Au lit donc et demain nous partons vers Aviles !

www.hotelrobledogijon.com/

Hôtel Robledo
Alfredo Truan, 2
33205 GIJON
00 34 985 355 940
Euros 64.20 Pdj et taxes comprises