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Ribadeo – Lourenza

Petit déjeuner Parador !
Départ à 9h45, on dirait que la fin du pèlerinage approche…ou alors c’est l’effet Parador ?
Le concierge de l’hôtel nous a indiqué la direction pour trouver le Camino qui n’est, d’ailleurs, pas très loin. Direction Obé.

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En quittant la Côte Cantabrique et Ribadeo.

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Tout va bien, sauf qu’après quelques centaines de mètres, nous sommes dubitatifs car les coquilles que nous suivons depuis San Sebastian ont changé d’orientation.
En effet, nous sommes en Galice et c’est la partie la plus large du dessin qu’il faut suivre, pas la tête de l’étoile filante qu’elles sont sensées figurer.
En Asturies, c’était l’inverse et en Cantabrie, c’était comme celles que nous avons sous les yeux, à moins que ce soit au Pays Basque…
Toujours est-il que cela rame un peu et en plus cela monte.
Ce sera une étape calme sans cette satanée N634 que nous suivons, depuis tant de kilomètres. Nous montons graduellement, vers le mont de Santa Cruz, sur une petite route bien agréable, surtout que le soleil fait de timides apparitions.
A la hauteur de Vilamartin Pequeno, nous serons obligés de descendre, à travers champs sur la route LU 133 car le Camino est devenu, à cause des fortes récentes pluies, un bourbier rouge dans lequel les pèlerins que nous sommes s’enfoncent jusqu’à la cheville.
Nous resterons sur la route que nous ne quitterons pas jusqu’à retrouver la N634 presqu’à l’arrivée de l’étape. Nous donnerons aux pèlerins le conseil de suivre, en cas de pluie et par conséquent boue, la LU 133 car elle est pratiquement déserte et large.
Cependant, les indications jacquaires sont bien rares à notre goût et c’est souvent que nous cherchons à nous repérer dans un univers vert et silencieux. La boussole nous confirmera que nous sommes dans la bonne direction.
Les hameaux traversés sont déserts et les dénivelés non négligeables.

 

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A chaque rare carrefours, les indications de direction ne sont pas chiffrées et ne correspondent en rien à notre topo.
Avançons, que faire d’autre ?
Nous sortons enfin de cette forêt sans fin et, dans la plaine, voyons Cubelas où nous rencontrerons enfin un être vivant ! Il nous salue, il a plus ou moins 80 ans, vit dans le village, a vécu 20 ans à Paris. Il nous demande si nous sommes allemands et allons à Santiago. Oui, pour Santiago, non pour les allemands. C’est comme cela que s’engage une sympathique conversation impromptue. Nous parlons en français et notre interlocuteur qui ne s’attendait sûrement pas ce matin à pratiquer une langue presque oubliée, retrouve son vocabulaire et nous raconte tout un tas d’histoire sur le village et sa famille.
Comme nous n’avons pas de logement à Lourenza de prévu ou réservé, nous lui demandons une adresse. Il nous indique la Casa Rural Gloria qui est tenue par un pâtissier et nous dit d’y aller de sa part.
Gracias y adios ou plutôt au revoir !
Bon, nous sommes fatigués, bien sûr, mais montons retrouver la N 634 et ses camions.

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Au croisement, à gauche, nous nous arrêterons sous notre enième abri-bus où, bien qu’il ne pleuve pas, nous pourrons faire notre halte casse-croûte sous forme d’une pomme chacun avant de descendre, sur le bas-côté de la nationale, vers Lourenza pendant quatre kilomètres avec un camion tous les trois cents mètres.
Nous arriverons à Lourenza sous de nouvelles gouttes, ferons tamponner nos créanciales à l’office du tourisme, ou plutôt la bibiliothèque-discothèque qui vient d’ouvrir ses portes à l’heure où nous arrivons.
En sortant, nous trouverons notre premier pèlerin sur la Place de l’Eglise et du Monastère.

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Pas bavard, il nous demande si nous dormons à l’auberge et dit s’en aller vers Abadin. Il ajoute que l’église est fermée et qu’il faut payer pour la visiter. J’y entrerai moi-même un peu plus tard dans la soirée, un peu avant l’office du soir. Magnifique retable. Revenons en à note pèlerin. Pas bien compris, peut être souhaitait il des compagnons à l’auberge ? Peut être quelqu’un qui se plaît dans la solitude, car nous, nous étions prêts à lui raconter notre vie tant nous voyons peu de monde avec qui communiquer !
Finalement, au moment de se séparer, au bout d’une minute, il nous dit qu’il va aller à Mondonñedo. Buen camino, alors ! Nous verrons, le lendemain matin, qu’il n’a pas dû s’amuser avec d’une part la pente, d’autre part le temps !
Nous n’aurons guère de difficultés à trouver la pâtisserie qui gère la Casa Rural. Très sympathique accueil, il faut le dire car cela n’est que rarement le cas. La dame met en route le chauffage tout de suite. Nous avons à disposition une cuisine avec du café, des fruits, des tisanes et, un peu plus tard, nous aurons des gâteaux dans le frigo.
Préparation, donc, après le rituel quotidien, de l’étape du lendemain.
Pas de chance, il n’y a pas de logement possible à Abadin, tout est fermé, ce que nous verrons le lendemain.
Le pâtissier va nous trouver quelque chose. Il téléphone à quelqu’un à Gontan. Oui, il y a une chambre, oui, on peut dîner. Muy bien !
C’est d’accord ! On ira.
En attendant, nous dînerons chez Pipote, un bar plutôt que restaurant. C’est la recommandation de notre hôte et de toute façon le choix est plus que limité. Dîner de soupes de poisson, revueltos (oeufs brouillés) et navajas (couteaux) frits. Comme nous marchons depuis un bon bout de temps maintenant, les soirées sont courtes. Après le dîner, comme il pleut à nouveau, nous filons au lit.

Casa Gloria
Information à la Pasteleria Cabaleiros
00 34 985 12 11 19

Cartavio – Ribadeo

Le petit déjeuner aura été de la même moûture que le dîner.
Que n’accepte-t-on pas lors qu’on est pèlerin et surtout qu’on n’a pas le choix !
Le départ, sans effusions, se fera sous le déluge. Il y a, certes, le Camino derrière l’hôtel mais avec ce qu’il tombe depuis hier soir, il y a peu de chance que l’on évite le bourbier ! Décision est prise, camions ou pas camions, nul autre choix que de prendre la N634 sur le bas-côté droit même si cela n’est pas très conventionnel.
Notre expérience passée des déplacements d’air causés par ces camions est telle que nous préférons avoir le déplacement d’air dans le dos plutôt que de face. De plus, le bas-côté est particulièrement large.
Ce n’est vraiment pas une partie de plaisir et nos parapluies, achetés à Bilbao, nous sont bien utiles. Ils protègent la nuque et les épaules par lesquelles, généralement, le vêtement anti-pluie laisse pénétrer, par infiltration, l’eau.
Arrêt à La Caridad. Achat de bananes et eau. En passant, nous avons une pensée pour l’hôtel que nous avons quitté, que nous nous surprenons à comparer avec celui, guère plus brillant devant lequel on passe.
Nous marchons pour encore un kilomètre ou deux sur l’ancienne route qui traverse la Caridad, donc plus aucun camion lancé à grande vitesse mais nous allons les retrouver à la fin de cette déviation.
Il pleut toujours et encore des cordes et le vent de face s’est levé, le pire de tous pour le marcheur. Vent devant, camions derrière.
Nous nous félicitons à plusieurs reprises d’avoir investi, spécifiquement pour ce pèlerinage, dans de bons pantalons de pluie.
Arrêt banane sous un abri-bus (encore un !) et filons vers le sud en direction de Tol où nous déjeunerons, d’une barre de céréales chacun, sous une halle de sports en construction tombée fort à propos. Bien sûr, il n’y a rien pour s »asseoir mais nous sommes à l’abri. Au bout de dix minutes, le vent frais qui a tourné nous chasse de notre salle des sports ouvertes à tous vents.

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Nous reprenons notre cheminement vers Figueras sous un crachin tenace qui a laissé sa place à la pluie battante. Nous trouvons la bifurcation des chemins, l’un vers Ribadeo, l’autre vers Vegadeo pour Castropol et partons à droite ou plutôt tout droit vers Ribadeo.

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Donc, en route pour Ribadeo via Figueras !

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C’est une petite route pas très large, assez plate, sur laquelle circulent quelques rares voitures qui nous arrosent copieusement mais, au point, où nous en sommes, cela ne nous émeut même pas.
Arrivés à Figueras, nous nous arrêterons sous un autre abri-bus, pour une deuxième halte banane.
Jusqu’ici, depuis ce matin, nous n’aurons pas vu grand chose d’intéressant si ce n’est le goudron luisant de pluie car pour le paysage, il aurait mieux valu passer un jour de soleil…
Nouveau départ vers notre étape, Ribadéo.
Il n’y a qu’un seul point de passage pour quitter les Asturies et entrer en Galice, le pont routier. Notre topo nous y amène en nous faisant rejoindre, bien sûr, la route nationale 634 à l’entrée du dit pont.
Le pont est en travaux, en travaux lourds. Ce qui signifie que la première indication que nous avons est celle du panneau « interdit aux piétons ». Les voitures et les camions se suivent, au ralenti, dans un flot interminable. Au milieu, entre les deux voies de circulation, il semble que l’on puisse passer. Il pleut toujours et je m’adresse au premier venu sur le chantier, qui, par chance, semble être un responsable.
Il me dit qu’il regrette mais on ne passe pas à pied. Il faut que nous nous fassions « embarquer » par une voiture pour passer. Perplexité du pèlerin… Heureusement, un des collègues de notre interlocuteur s’est joint à la conversation et dit qu’il est permis aux pèlerins de passer et seulement aux pèlerins. Notre avenir s’éclaire ! Du coup, le chef nous montre où passer, attention aux trous béants et attention aux ouvriers qui manoeuvrent. Et il nous montre l’auberge de pèlerins, moderne et jaune, sur l’autre rive de la ria, l’autre rive de l’Eo.

 

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Au moment où nous prenons pied en Galice, sur l’autre rive, la pluie cesse. Une belle ligne droite nous amènera au centre de Ribadeo que nous traverserons dans le plus grand calme car c’est l’heure du repas espagnol.
Notre liste d’hôtels nous conduit à des établissements fermés ou en travaux et nous hésitons, au vu de notre expérience d’hier, à entrer dans un hôtel qui ne soit pas à notre goût même simple.
En fait, nous finirons au Parador. Il y a une promotion qui fait que notre chambre, véritablement magnifique, nous coûtera 98 euros petit-déjeuner pour la pèlerine et le pèlerin compris, soit trente trois euros de plus que la halte d’hier soir, pour le coucher.
Nous avons besoin d’un peu de confort et de détente après la pluie d’aujourd’hui et la halte d’hier.

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Rituel de l’arrivée à l’étape, promenade shopping pour rétablir le stock d’eau et de barres de céréales puis, le temps se remettant à la pluie, retour à l’hôtel et préparation de la première étape galicienne à l’aide de la documentation retirée à l’Office du Tourisme qui a ouvert ses portes à 16h. « Lessive party » ensuite, lessive qui sèchera vite car le chauffage fonctionne très bien.
Nous ne sortirons plus de notre thébaïde et dînerons sur place. Belle salle, beau décor, service quatre étoiles et bon repas.
Une excellente nuit bien réparatrice s’ensuivra. J’ai une pensée pour le pèlerin qui n’a pas d’autre choix que d’aller chercher les clefs de l’auberge et s’installer trempé dans une salle vide et froide, loin de tout endroit pour manger… Il faut bien du courage !
En fait de pèlerin, nous n’en avons toujours pas vu même si la Thénardier de l’étape d’avant nous a dit hier matin que neuf pèlerins étaient arrivés tard dans la nuit et étaient repartis au petit jour. S’ils ont pris la même route que nous, ils sont à Ribadéo ou un peu plus à l’ouest. Dans le cas contraire, ils sont à Castropol, en face de nous, de l’autre côté de l’Eo.