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Cartavio – Ribadeo

Le petit déjeuner aura été de la même moûture que le dîner.
Que n’accepte-t-on pas lors qu’on est pèlerin et surtout qu’on n’a pas le choix !
Le départ, sans effusions, se fera sous le déluge. Il y a, certes, le Camino derrière l’hôtel mais avec ce qu’il tombe depuis hier soir, il y a peu de chance que l’on évite le bourbier ! Décision est prise, camions ou pas camions, nul autre choix que de prendre la N634 sur le bas-côté droit même si cela n’est pas très conventionnel.
Notre expérience passée des déplacements d’air causés par ces camions est telle que nous préférons avoir le déplacement d’air dans le dos plutôt que de face. De plus, le bas-côté est particulièrement large.
Ce n’est vraiment pas une partie de plaisir et nos parapluies, achetés à Bilbao, nous sont bien utiles. Ils protègent la nuque et les épaules par lesquelles, généralement, le vêtement anti-pluie laisse pénétrer, par infiltration, l’eau.
Arrêt à La Caridad. Achat de bananes et eau. En passant, nous avons une pensée pour l’hôtel que nous avons quitté, que nous nous surprenons à comparer avec celui, guère plus brillant devant lequel on passe.
Nous marchons pour encore un kilomètre ou deux sur l’ancienne route qui traverse la Caridad, donc plus aucun camion lancé à grande vitesse mais nous allons les retrouver à la fin de cette déviation.
Il pleut toujours et encore des cordes et le vent de face s’est levé, le pire de tous pour le marcheur. Vent devant, camions derrière.
Nous nous félicitons à plusieurs reprises d’avoir investi, spécifiquement pour ce pèlerinage, dans de bons pantalons de pluie.
Arrêt banane sous un abri-bus (encore un !) et filons vers le sud en direction de Tol où nous déjeunerons, d’une barre de céréales chacun, sous une halle de sports en construction tombée fort à propos. Bien sûr, il n’y a rien pour s »asseoir mais nous sommes à l’abri. Au bout de dix minutes, le vent frais qui a tourné nous chasse de notre salle des sports ouvertes à tous vents.

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Nous reprenons notre cheminement vers Figueras sous un crachin tenace qui a laissé sa place à la pluie battante. Nous trouvons la bifurcation des chemins, l’un vers Ribadeo, l’autre vers Vegadeo pour Castropol et partons à droite ou plutôt tout droit vers Ribadeo.

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Donc, en route pour Ribadeo via Figueras !

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C’est une petite route pas très large, assez plate, sur laquelle circulent quelques rares voitures qui nous arrosent copieusement mais, au point, où nous en sommes, cela ne nous émeut même pas.
Arrivés à Figueras, nous nous arrêterons sous un autre abri-bus, pour une deuxième halte banane.
Jusqu’ici, depuis ce matin, nous n’aurons pas vu grand chose d’intéressant si ce n’est le goudron luisant de pluie car pour le paysage, il aurait mieux valu passer un jour de soleil…
Nouveau départ vers notre étape, Ribadéo.
Il n’y a qu’un seul point de passage pour quitter les Asturies et entrer en Galice, le pont routier. Notre topo nous y amène en nous faisant rejoindre, bien sûr, la route nationale 634 à l’entrée du dit pont.
Le pont est en travaux, en travaux lourds. Ce qui signifie que la première indication que nous avons est celle du panneau « interdit aux piétons ». Les voitures et les camions se suivent, au ralenti, dans un flot interminable. Au milieu, entre les deux voies de circulation, il semble que l’on puisse passer. Il pleut toujours et je m’adresse au premier venu sur le chantier, qui, par chance, semble être un responsable.
Il me dit qu’il regrette mais on ne passe pas à pied. Il faut que nous nous fassions « embarquer » par une voiture pour passer. Perplexité du pèlerin… Heureusement, un des collègues de notre interlocuteur s’est joint à la conversation et dit qu’il est permis aux pèlerins de passer et seulement aux pèlerins. Notre avenir s’éclaire ! Du coup, le chef nous montre où passer, attention aux trous béants et attention aux ouvriers qui manoeuvrent. Et il nous montre l’auberge de pèlerins, moderne et jaune, sur l’autre rive de la ria, l’autre rive de l’Eo.

 

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Au moment où nous prenons pied en Galice, sur l’autre rive, la pluie cesse. Une belle ligne droite nous amènera au centre de Ribadeo que nous traverserons dans le plus grand calme car c’est l’heure du repas espagnol.
Notre liste d’hôtels nous conduit à des établissements fermés ou en travaux et nous hésitons, au vu de notre expérience d’hier, à entrer dans un hôtel qui ne soit pas à notre goût même simple.
En fait, nous finirons au Parador. Il y a une promotion qui fait que notre chambre, véritablement magnifique, nous coûtera 98 euros petit-déjeuner pour la pèlerine et le pèlerin compris, soit trente trois euros de plus que la halte d’hier soir, pour le coucher.
Nous avons besoin d’un peu de confort et de détente après la pluie d’aujourd’hui et la halte d’hier.

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Rituel de l’arrivée à l’étape, promenade shopping pour rétablir le stock d’eau et de barres de céréales puis, le temps se remettant à la pluie, retour à l’hôtel et préparation de la première étape galicienne à l’aide de la documentation retirée à l’Office du Tourisme qui a ouvert ses portes à 16h. « Lessive party » ensuite, lessive qui sèchera vite car le chauffage fonctionne très bien.
Nous ne sortirons plus de notre thébaïde et dînerons sur place. Belle salle, beau décor, service quatre étoiles et bon repas.
Une excellente nuit bien réparatrice s’ensuivra. J’ai une pensée pour le pèlerin qui n’a pas d’autre choix que d’aller chercher les clefs de l’auberge et s’installer trempé dans une salle vide et froide, loin de tout endroit pour manger… Il faut bien du courage !
En fait de pèlerin, nous n’en avons toujours pas vu même si la Thénardier de l’étape d’avant nous a dit hier matin que neuf pèlerins étaient arrivés tard dans la nuit et étaient repartis au petit jour. S’ils ont pris la même route que nous, ils sont à Ribadéo ou un peu plus à l’ouest. Dans le cas contraire, ils sont à Castropol, en face de nous, de l’autre côté de l’Eo.

Luarca – Cartavio

La chambre était bien confortable, le lit aussi. Nous sommes réveillés par les goélands (souvenir d’hier après-midi !).
Nous descendons prendre le petit déjeuner et sommes installés dans une petite salle où notre sang ne fait qu’un tour, à peine assis.
Aux murs, une créanciale, une Compostela et quantité de photos montrant un pèlerin qui n’est autre que notre hôte.
Sujet de conversation vite trouvé. Voila pourquoi il nous a semblé qu’il nous regardait curieusement. Mais, c’était une saine curiosité !
Après un échange de souvenirs ou d’expériences, car il a effectué le pèlerinage sur le Norte aussi, il nous indiquera comment sortir de Luarca.
Et nous voila en train de monter la rue de la Pena qui grimpe bien offrant de belles vues sur Luarca et son port
Il nous faut bien remonter ce que nous avons descendu hier et aussi, il faut sacrifier aux moeurs, monter au moment de partir…
Nous marcherons quasiment au calme jusqu’à Navia sur de petites routes calmes, avec un trafic local très limité, rencontrant de beaux horreos asturiens.

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Encore un détour inutile faut d’attention vis à vis du fléchage

 

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C’est l’heure, espagnole, du déjeuner lorsque nous entrons dans Navia et un petit restaurant attire notre attention par un panneau qui annonce que l’on sert des poissons « qui se mordent la queue ». Nous nous installons dans une salle enfumée où déjeunent quantité d’ouvriers du coin.
Nous aurons pour 18 euros, une soupe, un merluchon pané pour le pèlerin et une salade très copieuse, un merluchon aussi pour la pèlerine avant un gâteau au tourron et une bouteille de cidre.
Le Camino, sur le topo, nous annonçant un joli détour qui nous semble inutile, nous suivrons la N634 que nous ne pouvons plus quitter, en direction de Cartavio où nous avons prévu de dormir.
Les bas-côtés sont larges et, malgré un trafic de camions assez soutenu, nous ne nous sentons pas en danger. Cela sera notre lot jusqu’à l’arrivée à l’hôtel.
Complet, nous dit-on. Et il commence à pleuvioter. Et le prochain village, sur la nationale, est la Caridad. Et il pleut un peu plus, et je sais que la Caridad n’a que de modestes ressources hôtelières, si elles sont ouvertes..
La pluie redouble et, après une hésitation d’un moment, nous traversons la nationale pour entrer dans une sorte de « routiers » à la porte duquel nous frappons au moment où l’ondée commence à prendre un peu de dimension. Nous sommes au carrefour qui va au camping, sur la droite, de Castello.
Accueil habituel, on a un peu l’impression de déranger. Je demande, au vu du trafic sur la route, une chambre au calme et l’on nous conduit sur une pièce quasiment aveugle, avec une fenêtre qui doit se trouver à cinquante centimètres de celle du bâtiment voisin. Je demande une autre chambre. Ce sera la 202, en haut, dans un coin de la bâtisse, chambre aussi minuscule que l’autre mais propre et avec deux fenêtres, l’une sur le derrière du bâtiment mais sur la petite route qui rejoint la nationale et le village plus haut et l’autre sur l’entrée de l’hôtel avec vue d’angle imprenable sur le trafic routier.
La salle de bains est minuscule et la douche ne permet pas de se retourner. Bon, nous sommes logés et dehors il pleut des cordes.
Pas de chauffage. Je descend en demander un à 17 heures, chauffage que nous aurons à 22 heures….Lessive, détente, préparation de l’étape du lendemain, attente de l’heure du dîner.
A 20h30, nous sommes en bas pour dîner d’un repas catastrophique :
soupe hyper salée, deux tranches de « lomo » (les connaisseurs apprécieront) et frites, oeufs au lard pour la pèlerine et dessert insipide arrosé d’un rouge imbuvable.
La pluie redouble dehors et le repas se passe dans une ambiance d’enterrement.
La nuit sera calme pour le pèlerin car il aura mis ses tampons d’oreille mais la pèlerine qui ne les supporte pas aura compté les camions !
A 8h30, nous réglons la note : Euros 95.50 ! Piège à pèlerins.
Le Chemin passe juste derrière chez eux. La nourriture est abjecte et la chambre est à 62 euros. A éviter même s’il pleut. Nous verrons, le lendemain, à la Caridad, qu’il devait quand même y avoir possibilité de se loger dans un établissement de même catégorie. Comment cela aurait il été ?

Pire, quelques centaines de mètres plus haut, nous avons renoncé à entrer dans l’hôtel Maycé qui devait être, lui, sans aucune hésitation, un bien meilleur choix que l’endroit où nous avons fait étape.

Hôtel Lombo
Carrefour Castello N634
El Franco