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Zarautz – Deba

La première nuit, après la marche, est souvent soit agitée, à cause de la fatigue, soit de plomb. Pour nous ce sera agitée, pas trop par la fatigue mais par la manie qu’ont les espagnols, les soirs de fêtes, de s’assoir sous les fenêtres et brailler jusqu’à plus d’heures, le tout cadencé par les cloches de l’église que nous n’avons pu voir hier soir. Et quelques camions au petit matin.
Le petit déjeuner sera pris, comme prévu, dans la chambre. En route, mais avant arrêt à la réception, où nous attendons que quelqu’un vienne.
Personne pendant dix minutes. Je décide de descendre dans la rue et actionner la sonnette de l’hôtel me doutant que le gérant ou propriétaire doit bien habiter l’immeuble puisqu’il est descendu nous accueillir à la réception hier après-midi. Ca marchera puisque la dame vient suivie peu après du monsieur qui semble avoir été tiré du lit. Cela se passe bien, comme prévu au niveau du prix. L’affaire d’hier midi nous a mis en éveil et sommes devenus méfiants d’un seul coup…

Un dernier regard sur Zarautz et son menu de cidrerie, adieu donc, avant de passer devant ce petit port abrité de la houle où dansent les bâteaux amarrés à des cordes au-dessus d’eux !

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Départ en longeant l’océan. Il fait très beau et les premiers kilomètres se font sur une belle promenade qui nous éloigne du trafic qui se densifie au fur et à mesure. Des travaux de consolidation du parapet nous obligent à marcher sur la route et passer entre les camions au gré du feu alternatif. C’est un peu hasardeux à cet endroit là mais cela vaut le coup car par la même nous éviterons la côte du chemin classique sachant qu’il y en a beaucoup monter de ces belles côtes basques, sans jeu de mot.
Une fois traversée Getaria, nous attaquons la première côte de la journée, bien raide, côte au pied de laquelle, nous allégeons la tenue car le temps s’est bien réchauffé en trois quart d’heure car le soleil donne bien maintenant.

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Légers, nous montons une belle calade et continuons sur Zumaia par un beau chemin bordé de haies qui nous amène à une route que nous suivrons sur cinq cent mètres pour, au pied de la côte, quitter la route, pour en monter une autre de côte vers l’ermita de Saint Martin de Tours auprès de laquelle il y a une auberge qui semble bien coquette. Concert de chiens, tiens, nos premiers !
Beaux paysages, il fait beau, nous longeons l’Atlantique et découvrons, en contrebas Zumaia

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, franchissons la ria et longeons la rive gauche jusqu’au centre ville en marchant sur le quai puis longeant un jardin public.

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Re passerelle et nous sommes en ville, marchant toujours sur le Camino qui nous amène à un Eroski où nous achèterons le repas de midi. Fromage basque, museau de porc et un pain plus de l’eau en bouteille.
Et nous montons, pour changer un peu, et arrivons à l’ermita Ntra Sra d’Arritokieta au pied de laquelle, dans les escaliers, nous dévorons fruits secs et barres de céréales en admirant la ville de Zumaia.
Les pieds sont au soleil et les chaussettes/chaussures sèchent.
C’est reparti, toujours en montée vers le Cimetière puis tout droit sur une petite route bien calme au soleil.

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Nous doutons à un moment du chemin à suivre car nous apprécions pas encore correctement les distances effectuées (comme l’an dernier d’ailleurs). Plusieurs signes sur un arbre nous mettent dans le doute mais nous continuerons sur la route qui monte à nouveau

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puis atteindrons une sorte de terrain de pique nique (Elorriaga) avec quantité de solides tables et bancs et un point d’eau.
Nous y saluerons un groupe de dames que nous avions doublé hier au détour du chemin au moment où elles procédaient à des étirements.
A ce stade, nous ne savons pas encore s’il s’agit de pèlerines ou de promeneuses.
Nous nous arrêterons dans ce même espace de pique-nique, au bout et déjeunerons au soleil. Ces dames partiront un peu après notre installation. Nous les verrons de loin, devant nous, quant nous déciderons de ne pas suivre la route vers Deba mais de prendre le GR 121 qui nous y mènera par monts et par vaux.
C’est le cas de le dire. Ce n’est pas un parcours facile mais il est dommage de ne pas le suivre.

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Une bonne condition physique est nécessaire car il descend et remonte beaucoup L’on passe de 300 mètres d’altitude au niveau de la mer, pour descendre à la ria et immédiatement l’on remonte à l’altitude précédente pour encore redescendre. Mais que de belles vues sur les plages et divers phénomènes géologiques remarquables et semble-t-il uniques.
La dernière descente sur ce chemin nous mènera à la station d’épuration de Deba d’où l’on nous fait signe par la fenêtre d’en faire le tour et monter le chemin de chèvres qui est derrière et atteint la N 634.

Dur, dur, surtout pour une deuxième jour… En haut, belles vues sur l’océan, bien sûr. En descendant sur le bord de la route, votre serviteur révise mentalement l’étape du soir (où dormirons nous ?) quand soudain je réalise que l’hôtel (agritourisme) réservé n’est pas à Deba… mais à Iciar, le village avant Deba sur l’autre chemin pris par ces dames de tout à l’heure. Donc, il va falloir remonter encore trois cent mètres de mieux…

Les magasins de Deba ne sont pas encore ouverts pour cause de sieste. Nous prendrons une bière en terrasse en attendant. Nous grignotons une barre de céréales en même temps.
Puis filons à l’Eroski du coin où nous achetons quelques bricoles pour demain midi au cas où..
En sortant je demande à un passant qui semble ne pas vouloir parler castillan mais seulement basque. Mci beaucoup, je vais en voir un autre qui me dit que je n’ai qu’à monter cette petite route et que je vais passer devant l’adresse que je cherche. Le moins que l’on puisse dire c’est que cela monte raide et longtemps. J’arrête une voiture qui me dit que nous sommes arrivés car la maison est derrière le bosquet à droite.
Quand l’on est fatigué, tout devient plus difficile. Nous atteignons la maison, ne parvenons pas à ouvrir la porte-grille et devons faire le tour de la propriété pour accéder à l’entrée principale dans un concert de chiens qui fait sortir la propriétaire pour nous accueillir très aimablement et nous conduire à notre thébaïde.
Simple, propre, la chambre semble et s’avèrera humide puisque le linge issu de la lessive quotidienne ne sèchera pas.
Nous dînerons dans la cuisine d’un repas local sans relief et filerons au lit sans hésitation.
La nuit sera agitée car le lit est étroit, peu confortable, pas d’alèze, draps en nylon. Dommage car à part les ébats nocturnes du jeune couple voisin et les conséquents bruits de sommier qui frisent la caricature, l’environnement est calme.
Petit déjeuner servi à l’heure prévue. Merci y buen camino !
C’est notre deuxième nuit sur le Chemin, troisième nuit en tout et jusqu’à ce moment les nuits ne sont guère reposantes. Cela va s’arranger plus loin.

Avant de partir Norte

Après pas mal d’hésitations quant à la destination, nous voici à nouveau sur le départ !

Hésitations sur plusieurs points : revenir à Santiago ou pas, marcher ailleurs, marre des étapes espagnoles et de leur accueil mercantile et plus que distant…

Les récits lus sur internet nous font tergiverser. Bon d’accord, on repart mais pourquoi pas d’Arles vers Puente la Reina que nous n’avons pas fait, pourquoi pas le Camino de la Plata, de Séville à Santiago et puis aussi, pourquoi pas le Norte ? Océan, poissons, belles vagues, lectures de sites et de forums nous font, un jour de décembre 2006, acheter le guide Rando Editions… et demander la Crédencial à l’Evêché de Nice.

Retour sur internet et les forums et vérification du « paquetage » laissé bien rangé, au retour du Francès, l’an dernier. Achat de pantalons de pluie, plus que nécessaire sur ce parcours, nous le verrons en deuxième partie de chemin, achat d’autres bricoles pour compléter la panoplie et nous voila à nouveau à l’aéroport de Nice pour un Nice-Paris-Biarritz (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, merci à Air France d’avoir annulé le vol direct Nice-Biarritz).

Nous partirons de San Sebastian et irons à Santiago d’une seule traite, à raison de plus ou moins 25 kms par jour, plus que moins d’ailleurs et n’aurons aucune mauvaise conscience à deux reprises, à prendre le train sur 18 kms, comme nous l’avions fait à Sahagun sur le Francès. Il pleuvait vraiment trop et le Chemin était devenu lit d’un torrent boueux… C’était à notre départ de Gernika !

Bon, allez en route !

San Sebastian – Zarautz

Avant d’attaquer le Camino del Norte, nous devons arriver à San Sebastian. Avion depuis Nice, par Paris, pour Biarritz. Vol à l’heure, transit sans problème, départ à l’heure d’Orly, que du bonheur.
Pourvu que les sacs à dos, que nous avons protégés dans des sacs à gravats blancs aient aussi effectué le transit dans de bonnes conditions.
L’aéroport de Biarritz n’est guère important et la livraison des bagages est commencée quand nous arrivons dans la zone en question.
Oui, je les vois. Récupération, ouverture, rangement des emballages dans les sacs cette fois-ci.
La personne en charge de l’accueil « information » me renseigne quant à la direction à prendre pour la gare de Biarritz et voilà nos premiers pas vers Santiago. D’abord, nous sortons de la zone aéroportuaire en longeant les pistes de l’aéroport puis traversons une sorte de zone d’entrepôts qui nous mènera à la gare de la Négresse.

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Nous serons les derniers clients du guichet qui fermera dernière nous à 19h00. Nous y achetons deux allers pour Hendaye gare où nous descendrons pour prendre, à 19h27, le Topo, train basque à voie étroite que nous avons pris l’an passé en sens inverse depuis San Sebastian.
Pas beaucoup de monde au départ mais cela se remplira au fur et à mesure que nous approcherons de San Sebastian.

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A vrai dire, nous ne savons pas où nous devons descendre mais nous verrons bien. Finalement, le hasard fait souvent bien les choses et nous descendrons tout bêtement au terminus. Le train que nous avons pris ne va pas à Bilbao mais s’arrête à San Sebastian.
Nous avions oublié que les espagnols aiment à faire le « paseo » que nos voisins italiens appellent la « passegiata ». C’est donc sur des trottoirs encombrés de locaux endimanchés et parfumés que nous avançons vers le bord de mer afin de rejoindre notre hôtel. Sur le bord de mer, nous sommes sur le Chemin ! Nous longeons ce bord de mer, quittant la Concha et passant sous un tunnel piétonnier nous débouchons sur la plage d’Ondarrieta que nous quitterons rapidement pour monter, à gauche, l’avenue Pio Baroja qui nous conduit à notre hôtel.
Quatre étoiles. Accueil convenable (nous sommes à nouveau en Espagne…) et installation dans une belle chambre avec terrasse d’angle.

Nous descendons dîner au restaurant de l’hôtel où se restaurent une quantité de coureurs cyclistes (Tour du pays basque ?) et une compagnie de touristes anglais. Beaucoup de bruit mais repas copieux servi par un personnel efficace. Le cadre est moderne, quelque peu « design ». Buffet de hors-d’oeuvre, morue à la je ne sais quoi, et desserts « classiques » espagnols du genre riz au lait, natillas, flan etc.. que tous les pèlerins connaissent bien même si les prix ici ne sont guère pèlerins..
.La nuit sera tranquille et suivie d’un petit déjeuner convenable. Nous achetons deux petites bouteilles d’eau au bar de l’hôtel car il n’y a aucun commerce à proximité et en route.
Il fait très beau et un peu frais, nous descendons ce que nous avons monté hier soir, traversons Ondarrieta bien calme en ce lundi pascal au matin. Les indications sont rares à l’endroit où nous nous trouvons concernant le Chemin car nous ne sommes pas redescendus à proximité du bord de mer. Je demande, en espagnol, où se trouve le Camino à un balayeur municipal, qui semblait de bonne volonté mais au moment où il réalise que je cherche le chemin de pèlerinage me tourne le dos en marmonnant des propos incompréhensibles qui me laissent entendre qu’il s’en f… complètement d’où se trouve le Chemin.
C’est une bonne dame qui assistant à la scène me montre l’endroit où nous devrions retrouver le dit Chemin. Effectivement, deux rues plus loin, nous trouverons le nom des rues indiquées sur notre topo de route.
D’un seul coup d’un seul, nous trouvons :
Le Chemin et ses flèches jaunes et l’inévitable côte du démarrage d’étape. Celle-ci monte à Igueldo et n’est vraiment pas mal du tout pour une mise en jambe. Même si l’an dernier nous avions marché environ 1850 kms et vu pas mal de modèles de côtes, là nous sommes bien gâtés pour démarrer. Nous en verrons bien d’autres dans ce pays basque que nous découvrons à pied.

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Après une bonne demi-heure de montée, nous changeons de tenue car la polaire est devenue inutile. Nous passons du niveau de la mer à plus de 300 mètres d’altitude en peu de temps.
Beaucoup de promeneurs mais nul pèlerin en vue sur un chemin qui est bien agréable et bien vert qui monte pas mal. Passons Igueldo et l’hôtel restaurant Leku Eder et filons tout droit, suivant le chemin traditionnel, sourds (ou aveugles) aux indications de détours menant vers des restaurants ou bars..

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Nous arriverons à Orio après être passés devant l’Ermita de St Martin de Tours, émouvant vestige du passé et devant l’auberge de pèlerins qui se situe un peu plus bas avant le cimetière et qui a l’air bien sympathique.
A Orio, à l’heure de sortie de la messe, nous ferons le plein de nos bouteilles d’eau puis traverserons le village et la rivière pour passer, à gauche, devant la gare et filer vers Zarautz en suivant le topo Rando Editions qui nous fera prendre le GR…

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Ne le faîtes pas, suivez plutôt la rive gauche de la ria d’Orio et après être passé sous le pont de l’autoroute, montez à gauche vers Zarautz.
Le Gr devait être bien utile avant que cette route en bas soit créée ou réaménagé mais aujourd’hui le dit GR vous fait monter au cagnard et redescendre.
Donc, nous montons à gauche sur une route goudronnée au trafic auto réduit qui, au travers des pieds de vigne Txocoli, nous amène au lieu dit Talaimendi (camping de Zarautz à droite).
Nous descendons sur Zarautz en longeant la route qui donne de très belles vues sur la petite ville et la côte.
Le pension est en étage, bien tranquille, moderne, simple et bien propre. Il n’y aura pas de petit déjeuner mais nous pouvons aller chez un ami de l’hôtelier qui sert des petits déjeuners demain matin.
Sieste, promenade pour ne pas rester inactifs, pas grand chose à voir mais une belle petite bourgade quand même. Après réflexion, achat du petit déjeuner pour demain car nous ne savons à quelle heure nous allons démarrer et l’ami de l’hôtelier pourrait bien être encore au lit à l’heure où nous partirons…
Puis, nous continuons à tournicoter en ville pour trouver un endroit pour dîner.
Nous tentons de voir l’église qui se trouve en face de notre hôtel sans succès pour cause d’enterrement.
Nous finirons par dîner dans un petit restaurant sans âme ni qualité mais il s’agit d’une affaire alimentaire et non de prestige. Repas vite expédié comme le service d’ailleurs pour 12 euros qui ne les valait pas mais nous sommes encore dans le week-end pascal donc les prix sont fixés en conséquence.

Pension Ekia Pensoa
Elizaur 3, 2ème étage
Zarautz – 34 943 010 664

ekiapentsioa.com

Euros 53 sans pdj

San Paio – Santiago

Il est six heures du matin. Nous sommes debout, la pèlerine n’a pas fermé l’œil de la nuit.
Il est six heures trente du matin. Il fait encore nuit. Nous sommes dehors, sac au dos, lampe électrique à la main, en train de se repérer pour trouver les signaux marquant le chemin.

On monte, comme d’habitude au départ, notre dernière côte pour arriver sur le plateau de Villamaior, petit hameau qui s’éveille. Il bruine légèrement et nous continuons vers notre but.
Nous sommes partis pour effectuer nos dix derniers kilomètres !
Passons devant la TVE de Galice, télévision régionale.
Puis à droite, longue ligne droite vers le Monte do Gozo, gigantesque auberge de pèlerins dans laquelle nous nous félicitons de ne pas nous être arrêtés tellement cela semble immense.
Un peu avant ce complexe, il y a un monument moderne dédié au pèlerinage dont le goût nous semble un peu limite..

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Et nous descendons vers Santiago, quelques dernières marches puis nous franchissons le pont de la voie rapide et entrons en ville, du moins nous franchissons le panneau « Santiago » annonçant le début de la ville.

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Monument, situé dans le quartier récent de Santiago, auprès duquel passent tous les pèlerins, édifié à la gloire des pèlerins célèbres depuis les temps immémoriaux.

Mais, avant d’arriver à la cathédrale, il nous faudra encore marcher une bonne heure.

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Malgré la fatigue, la joie d’être arrivés et sans encombres nous étreint !,
Un café avalé en route accompagné d’une viennoiserie nous tiendra de petit déjeuner.
Et c’est le sac sur le dos que nous entrerons dans la cathédrale, moment d’émotion.

 

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Un tour rapide de la dite cathédrale et nous en sortons vers les bureaux de l’accueil pèlerin où nous nous ferons tamponner une dernière fois les créanciales puis délivrer, après un scrupuleux examen de nos créanciales, la Compostella. Nous voila diplômés, il nous faut nous loger et penser au retour vers Eze.
Nous allons, confiants, à l’agence Iberia demander un billet retour pour Nice à prix pèlerins.
La dame, peu souriante, nous dit que la réduction pour pèlerins ne s’attribue que sur les vols vers Paris en ce qui concerne la France et non pas Nice. Le prix ordinaire sans réservation anticipée s’appliquera donc et le prix est prohibitif. Il nous faudra trouver un autre moyen pour rentrer au pays.
Nous décidons d’aller chez Halcon une dernière fois et nous y achetons, pour jouissance immédiate, un voucher pour une chambre quatre étoiles à l’hôtel Hespéria (70 euros) puis réservons une voiture pour le jeudi matin. Nous sommes mardi matin. Nous resterons deux nuits à Santiago avant de repartir.

Arrivés à l’hôtel, nous nous installons presque sous les toits dans une chambre sans vue mais bien confortable. Pas de jambes en l’air pour cause d’étape très courte, ni lessive mais douche.
Puis à nouveau dehors pour aller assister à onze heures à la messe des pèlerins où nous retrouvons quantité de visages connus, fatigués mais souriants. Presque soulagés !

Et nous revoilà dehors pour chercher à déjeuner. Ce sera en face de l’hôte de police de Santiago, en terrasse dans un bar restaurant et pour 21 euros pour deux. Simple mais sympa.
Retour à l’hôtel pour sieste. Nous reviendrons à nouveau à la Cathédrale en fin de journée.

Nous nous promènerons en ville, visiterons, découvrirons. Un bon dîner, pour notre arrivée, nous verra déguster une délicieuse zarzuela parfaitement servie.
La fatigue accumulée par ces trente jours de marche se fait maintenant sentir. C’est une sensation d’hébétude qui domine. Nous sommes arrivés à bon port, mais comme nous sommes devenus des machines à marcher, nous ne savons que faire de notre temps, si ce n’est marcher dans Santiago, qui, en passant, est une belle ville pleine de vie.
Alors, c’est presque méthodiquement que nous visitons la ville et revenons doucement à la « civilisation » et retrouvons le bruit, l’animation et le monde.

Notre première nuit à Saint Jacques sera tranquille.
Petit déjeuner quatre étoiles puis promenade en ville.
Je fais goûter des « churros » à Odile qui n’en connaissait pas la saveur puis nous nous promenons dans le parc qui fait face à la Cathédrale sur la colline, en face.
Retour en ville, vitrines, repérage de l’endroit où nous prendrons demain matin la voiture louée la veille, près de la gare de Santiago.
La ville est intéressante comme dit ailleurs mais de là à occuper une journée entière…. Heureusement que ce jour là, qui est férié à Santiago, est le jour où l’on célèbre la langue et la culture propre à la Galice. Il y a donc, le matin, une grande manifestation de sympathisants précédée d’un cortège de locaux en tenues folkloriques et de musique du meilleur effet.
Cela nous occupera jusqu’au déjeuner.
Comme il pleuviote un petit crachin, nous abrégeons notre recherche de restaurant et entrons dans ce qui semble une bonne maison pour ce qui s’avèrera un bon repas paella dégusté en terrasse, quasiment solitaires. Quand nous quitterons l’endroit, la terrasse sera complète.
Une bonne adresse que ce restaurant San Clemente, Rua das Carretas, 21 – 981 565426.
Retour à la Cathédrale, puis dîner sans intérêt culinaire remarquable, en compagnie d’un voisin de table de rencontre, pèlerin breton, qui nous raconte ses exploits quand nous ne lui racontons pas les nôtres. Sympa mais je regrette d’être venu dîner là car même si le repas était acceptable il était plutôt décevant pour notre dernier repas en Galice.

Demain, nous prendrons la voiture, roulerons jusqu’à Gijon puis Castro Urdiales pour y faire étape.
Le lendemain, nous laisserons la voiture à San Sebastian et prendrons le train pour Hendaye.
Dans la gare, nous serons salués par le couple de pèlerin rencontrés à Foncébadon. Ils repartent pour Paris.
Nous irons, nous, à Bayonne, où nous chercherons en vain à louer une voiture à rendre à Nice.
Nous prendrons le train pour Toulouse où nous dormirons à l’hôtel Mercure de la gare avant de reprendre le train à huit heures le lendemain matin pour Nice.
Le retour nous prendrons presque quarante huit heures, bien court pour des pèlerins qui ont marché presque quatre vingt jours pour couvrir la distance.

Arzua – San Paio

Il est 8h00. Le petit déjeuner est avalé, la note payée. Il semble que la proximité de la fin du pèlerinage nous fasse manœuvrer un peu plus vite le matin.
Il fait beau et ce matin, nous allons à Lavacolla où, hier soir, nous avons réservé notre étape par téléphone. Lavacolla est l’endroit où, selon les historiens, les pèlerins procédaient à des ablutions soignées et totales, comme le nom l’indique, avant d’entrer à Santiago.
Cela fera environ 27 kilomètres à nouveau.
Le chemin va et vient autour de la nationale 547 dans un très beau paysage de bocages et de forêts d’eucalyptus

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Dans une de ces forêts, nous rattrapons Lorraine et Michel qui sont arrêtés pour une pause. Je donne une bouteille d’eau à l’un et fournit l’adresse de notre halte réservée pour ce soir à l’autre. Nous les retrouverons dans ce même hôtel ce soir.
Toujours des fermes, des chiens apathiques, des odeurs de bouse et des murets.

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Plus que quinze kilomètres…

Toujours de belles côtes même parmi les eucalyptus et nous arrivons au bout des pistes de l’aéroport de Santiago qui nous obligera à un détour par rapport au chemin historique désormais occupé par les pistes d’atterrissage et décollage.

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Le marquage est un peu erratique mais nous continuons au petit bonheur la chance pour arriver, par surprise, devant notre hôtel.

Vite installés après un accueil aimable, nous descendons pour déjeuner. Il est 14h30 et la salle est comble et animée. L’on sent que l’on y mange bien. En effet, nous nous régalerons.
Dernier rituel de jambes en l’air, lessive et douche. Pas de sieste mais une petite promenade/shopping pour le petit déjeuner de demain car nous savons qu’il n’est pas servi à l’heure où nous partirons.
Nous retrouvons, à l’heure de l’apéritif, Lorraine et Michel et pour la première fois depuis notre départ trinquons à ce long périple.
Puis, nous allons dîner avec deux autres pèlerins de leurs amis, table sympathique et pleine de bonne humeur.

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Au fond, à gauche, Michel, au premier plan, à droite, Lorraine.

Coucher de bonne heure, c’est la dernière étape sur le chemin, demain nous serons à Santiago !

Hostal San Paio
Carretera de Santiago
Lavacolla
981 888 205

4 repas, un bière, vin, une chambre double : Euros 79.20

Palas de Rei – Arzua

Les symptômes d’hier ont, heureusement disparu. Les tendinites vont bien mieux.
Il fait beau, il ne reste plus qu’environ 70 kilomètres à parcourir. Malgré la fatigue accumulée, le moral est là. On n’a jamais été si près !

Le petit déjeuner doit être servi à 8heures. Nous descendons à l’heure dite. Le bar est fermé.
Nous sommes tenus d’attendre qu’il ouvre, tout d’abord pour régler notre note, ensuite pour déjeuner et récupérer nos pièces d’identité. Je monte à la boulangerie et reconnais notre hôtelier qui achète du pain et des croissants. Je lui fais signe, il me reconnaît et me dit qu’il arrive. Selon toute évidence, il a eu une panne d’oreiller. Nous ouvrons le bar ensemble et le petit déjeuner classique espagnol est vite avalé, la note vite payée et les cartes d’identité vite récupérées. Au revoir et merci.

Nous partons vers Arzua et avons une trentaine de kilomètres à faire. Même décor de bocages avec toujours pas mal de dénivelés cumulés.

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Supplice ultime, les bornes jacquaires sont disposées tous les cinq cent mètres. De toute façon, on ne les regarde pas.

Mais le paysage nous fait découvrir un arbre qui ne nous quittera pas jusqu’à l’arrivée, l’eucalyptus. Ce sont des forêts entières que nous traverserons, dans la bonne odeur et dans le calme.

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A mi-chemin de l’étape, nous traversons Melide, ville sans intérêt aucun mais qui est animé ce jour là d’une grande foire commerciale et c’est avec difficulté que nous cherchons les flèches jaunes qui, d’habitude, nous permettent d’avancer sans se soucier de regarder la carte.
Et puis, tout ce monde d’un seul coup, quand l’on est habitué à la paix…. En fait, c’est l’avant-goût de ce que l’on éprouve en arrivant à Saint Jacques.
Du bruit, du monde, des voitures, il faudra nous réhabituer.

Contents de sortir de ce tumulte, nous retrouvons nos chemins jusqu’à Arzua. A Melide, le Chemin accueille une partie de celles et ceux qui ont marché sur le Camino del Norte (Primitivo).
La fatigue commence à se faire sentir quand nous passons devant l’auberge de pèlerins de Ribadiso de Baixo car il y a encore de la pente à gravir avant notre étape.
C’est avec satisfaction que nous entrerons dans la ville qui semble tout en longueur et c’est avec mécontentement que nous apprendrons que l’hôtel Suiza dans lequel nous avons une réservation est de l’autre côté de la ville, peut être à trois kilomètres. De tout façon, ce que nous marchons aujourd’hui n’aura pas à être parcouru demain ! Quand même, nous aurons marché plus de trente kilomètres aujourd’hui.
En attendant d’arriver à l’hôtel, nous décidons de nous arrêter déjeuner. Donc, à peine entrés en ville, sur la gauche de la route, il y a un bar-restaurant spécialisé dans les « ibéricos ».
C’est là que cela va se faire. Nous commandons une assiette de fromage et une assiette d’ibéricos. Il y en a au moins pour six ! Une bouteille d’Albarino (vin blanc galicien sec) et à nous la bonne chère !
Sur le mur devant moi, il y a un panneau en plusieurs langues demandant aux pèlerins ou marcheurs de ne pas enlever leurs chaussures au sein du restaurant. On comprend que le patron souhaite limiter les odeurs au sein de l’établissement. On comprend aussi que l’on va se régaler quand on voit quatre éléments de la Guardia Civil venir manger une ou deux tapas au bar devant nous.
Nous emporterons les restes de fromage que nous dévorerons le lendemain au cours de l’étape.
En attendant, il nous faut traverser une ville déserte pour atteindre notre hôtel qui se trouve comme prévu à l’autre bout de la ville..
Hôtel impeccable, confortable, calme. Nous dînerons à l’hôtel au vu de notre fatigue et des kilomètres parcourus. Dîner agrémenté avec une conversation avec des « marcheurs/pèlerins » accompagnés d’une voiture que nous reverrons à Santiago et qui n’en reviennent pas de nous, savoir partis de Monaco ou d’à côté de Monaco, et « tout ça, à pied » !

Bonne nuit, pas de problèmes aux jambes ni ailleurs, si ce n’est une fatigue de plus en plus sensible.

Hôtel Suiza
Rio Vello
Carretera 547 Santiago/Lugo km 64
Riovello/Arzua

981 500 908/981 500 862

Demi-pension pour deux 80.05 euros

Portomarin – Palas de Rei

Il est 8h15, nous sommes réglés comme du papier à musique ! Nous quittons le village par la rue principale et descendons vers la fleuve El Mino, traversons la passerelle de la retenue de Belesar et attaquons, pour changer un peu, une longue côte d’un bon kilomètre.
Avant d’attaquer, ô surprise, nous retrouvons notre canadienne francophone « de Pamplona » qui n’a pas l’air très en forme, amaigrie. Elle est accompagnée des personnes avec lesquelles nous l’avions rencontrée il y a quelques temps. Ils ont été victimes d’une intoxication alimentaire dans un restaurant, à une étape. Certains des convives de ce repas ont été obligés d’abandonner et même conduits à l’hôpital pour y être traités avant de repartir ou pas d’ailleurs. Attention au menu du pèlerin dans certaines maisons !
Salutations, à la prochaine et en meilleure forme !
Notre prochaine halte sera Palas de Rei à 25 kilomètres de là. Nous avons réservé à l’hôtel Vilarino. Nous réservons désormais quotidiennement pour l’étape à venir car il y a de plus en plus de monde sur le Chemin. En effet, celles et ceux qui ne marchent que pour obtenir la « Compostella » sont parti(e)s au minimum de Sarria que nous venons de traverser il y a deux jours, car la règle veut que l’on ait fait au moins 100 kms à pied pour bénéficier du précieux document rédigé en latin qui atteste que le récipiendaire a effectué le pèlerinage…

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Le paysage est le même que la veille. Hameaux bouseux, bocages, murets, ruisseaux. Toujours pas mal de dénivelés cumulés même si les pentes tendent à être moins fortes.

Etape calme. A la sortie d’Eirexe, nous voyons, attablés, nos deux canadiens francophones vus à Sarria attablés avec Lorraine. Bon appétit. Je demande si c’est bon, sans quitter la route, et la réponse n’est guère encourageante. On continuera donc.
Bien nous en a pris car à quelques centaines de mètres de là, il faut, repas de Portomarin oblige, que je quitte le chemin pour trouver un taillis complice car les intestins du pèlerin semblent vouloir marquer leur désaccord avec le régime alimentaire subit.
Il y aura trois arrêts comme cela en cinq kilomètres. Cela me fait penser que nous aurons eu de la chance dans notre parcours de n’avoir à subir ce désagrément qu’une seule fois.
C’est dire si la traversée du complexe sportif précédant Palas do Rei où le guide indique la présence de « WC pour pèlerins » aura fait l’objet d’une vigilance particulière sans succès.
Nous n’avons pas vu de panneau indiquant « peregrinos aseos » comme précisé dans le livre.
D’ailleurs, vengeance de la nature, cent mètres plus loin, il m’aura fallu, à nouveau trouver une haie salutaire !
Nous arrivons à Palas de Rei assez fatigués car en plus de ces problèmes il fait de plus en plus chaud. Il est 14h30. L’hôtel s’avère très simple, avec vue sur la campagne et bruits extérieurs de hotte aspirante. Nous descendons déjeuner à l’hôtel, repas sans intérêt. Nous y dînerons aussi car il n’y a que peu d’alternative dans ce village sans intérêt aucun.

https://www.here.com/…/palas…rei/…/pension-vilarino.

Chambre et petits déjeuners 40.60 euros.

Sarria – Portomarin

Il est 8h15 quand nous quittons notre hôtel. Montée à gauche dans la vieille ville. Tiens, il y avait des restaurants que nous n’avons pas vus hier. Notre sac de provisions achetées la veille durant la « promenade/quête de restaurants » est bien plein. Le brouillard ne nous quittera pas de la matinée avec une petite fraîcheur en plus.
Nous suivrons des chemins creux entourés de murets sur la plus grande partie de l’étape.

Les hameaux traversés sont tout aussi bouseux et tranquilles que ceux que nous voyons depuis notre arrivée en Galice.
De temps en temps, la silhouette d’un(e) pèlerin(e) dans la brume vient distraire notre cheminement. Nous nous rattrapons, nous saluons d’un vibrant « Ola » et continuons la route.
Toujours et encore des chemins creux, des murets, du bocage, des chiens endormis et du brouillard.

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(photo de la borne des 100 derniers kilomètres qui porte la trace du passage de certain(e)s !

Sur cette étape, comptant les bornes jacquaires dont le compte à rebours annonce la proximité de la fin du pèlerinage, nous rencontrerons ces « correidoiras » qui sont des sortes de pierres plates juxtaposées afin de permettre au passant de ne pas se mouiller les pieds quand le chemin se confond avec le lit d’un ruisseau. Il y a donc sur le bas côté du passage une sorte de dalle qui longe le courant du petit ruisseau.

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Il y a, sur cette étape, pas mal de dénivelés cumulés dont l’origine se trouve dans le paysage de collines de cette partie de la Galice.
Les maisons sont devenues des blocs de granit carrés couverts de lauzes. Peu d’ouvertures, quelques beaux « horreos », greniers à céréales typiques de la Galice. Ce n’est pas très gai, surtout dans le brouillard.

 

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La douleur des tendinites commence à s’estomper mais est encore présente. Il faut serrer et resserrer les bandes et bien enduire, le matin et quelquefois à l’étape du déjeuner/casse-croûte d’une bonne couche de pommade anti-inflammatoire. Mais on avance !
Nous arrivons à Portomarin à l’heure du déjeuner (espagnol !) et traversons le pont vers la colline sur laquelle la ville a été reconstruite, après la mise en eaux d’un barrage en 1962, barrage qui a fait inonder la vallée dans laquelle se trouvait l’ancien village. Tous les bâtiments historiques ont été démontés et remontés plus haut.

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Nous montons dans le village vers la Pousada de Portomarin.
Nous avons réservé dans cet hôtel très confortable car, l’autre hôtel contacté plus tôt, nous demandait un prix tellement prohibitif (à nos yeux) pour la jouissance d’une terrasse que nous avons décidé de payer plus cher mais pour quelque chose qui le valait. Bien nous en a pris !
Avant d’y parvenir, nous trouvons Michel qui semble être parmi ceux qui arrivent tôt (il part tôt !) qui se rafraîchit à une terrasse. Il est installé à l’auberge de pèlerins voisine.
Installation, rituel habituel.
Puis sortie pour déjeuner. Nous irons dans un petit bar-restaurant. Les calamars, le jambonneau aux navets et le riz au lait, séparés ou ensemble, servis au menu du pèlerin va me jouer un tour qui prendra sa dimension dans l’étape suivante….
La promenade-shopping d’après sieste se fera dans un air frais qui ajoutera à notre fatigue.
Nous dînerons à l’hôtel avec comme voisins de table un couple de pèlerins canadiens anglophones et sexagénaires qui nous diront être venus à la Pousada pour trouver le calme et le repos, lassés qu’ils sont de l’inconfort des auberges de pèlerins dans lesquelles il semble difficile de trouver le repos et la détente. Cela nous sera dit à nouveau par plusieurs personnes.

 

www.pousadadeportomarin.es

Chambre pour deux + petits déjeuners : 65 euros
Dîner vin compris : 43.90 euros.

Triacastela – Sarria

Petit déjeuner à 8h15 au café tenu par notre logeuse. Il est 8h15. Le temps de revenir à l’hostal et de charger les sacs à dos, il est 9h00 quand nous quittons le village.
Nous suivrons une petite route pour commencer et la montée commence. Comme déjà dit dans la description d’une étape précédente, il est rare qu’une étape ne commence pas par une côte plus ou moins pentue comme il est rare que les hôteliers ne nous logent pas à l’étage le plus élevé à notre arrivée. Nous dirons que les meilleures chambres sont dans les étages élevés…
Même bien pentu, ce début d’étape est très beau. Vieilles maisons, horreos (greniers à céréales) en granit, châtaigniers et chênes séculaires, et surtout grand silence. Nous n’avons pas choisi la variante passant par Samos car, après environ 1650 kms de marche, comme au début, nous continuons à tracer tout droit et éviter les fantaisies.
Malgré l’orage du début de la nuit précédente, le chemin n’est pas gras et plutôt souple.
Le pas est bon et nous avalons les dénivelés nombreux de cette étape. Les hameaux tranquilles, aux chemins bien bouseux, se succèdent. De toute façons, on n’y rencontre quasiment jamais personne sauf les chiens endormis et c’est tant mieux.
L’arrivée sur Sarria se fait sans encombre, même si nous longeons la route, mais sur le Chemin, pendant quelques kilomètres. Nous remarquons une magnifique auberge de pèlerins sur la droite de la route non loin de notre arrivée (2/3 kms ?). Il doit être plaisant d’y séjourner tant elle semble accueillante et neuve, donc propre.
Cette étape étant plutôt courte, nous nous devons de rejoindre Sarria où nous avons réservé une chambre à l’hôtel Villa de Sarria. Accueil aimable, chambre en haut comme il se doit mais il y a un ascenseur, vue sur la rivière Rio Pequeño. Propre et réglé avec des vouchers Halcon.
Rituel habituel puis sortie pour déjeuner. Nous tournerons longtemps dans Sarria avant de comprendre que la quasi-totalité des restaurants se trouve sur le bord de la promenade qui longe le Rio Pequeno dans sa traversée de la ville.
Nous nous attablerons à une terrasse pour un repas « menu del dia » classique. A la table voisine, viendront s’asseoir un couple de pèlerins canadiens francophones bien sympathiques avec lesquels nous avions dejà échangé un peu plus haut sur cette étape, à l’occasion d’une halte « jus d’orange frais ».
Puis, nous allons faire un tour sur le haut de Sarria où se trouve la vieille ville. Nous y retrouverons Michel, pèlerin septuagénaire dont nous avons déjà parlé, qui est arrivé tôt à Sarria et qui s’est installé dans une auberge de pèlerins privée dont il dit être le seul client avec un américain pèlerin aussi.
Nous échangeons quelques mots et nous séparons à nouveau. Nous nous retrouverons plus loin sans aucun doute.
Ce soir, au vu de la rareté des restaurants en ville et pour ne pas retourner dîner au même endroit que pour le déjeuner, nous nous offrons le restaurant de l’hôtel Alfonso IX qui semble être la meilleure table de Sarria. Nous mangerons des couteaux (coquillages !) frits, des poissons, glace et vin blanc de Galice pour 60 euros pour deux. Ca remonte le moral !

http://www.tripadvisor.fr/Hotel_Review-g580333-d565444-Reviews-Oca_Villa_de_Sarria-Sarria_Lugo_Province_Galicia.html

O Cebreiro – Triacastela

Nous quittons O Cebreiro à 8h30 après avoir pris le petit-déjeuner que notre hôtesse ne souhaitait pas servir avant cette heure. Nous avons déjeuné dans un bar restaurant où la personne au bar était souriante et accueillante. Et en plus, ils servent aussi des dîners.

Ce matin, comme hier, il fait beau même si un peu frais. Le chemin suit une ligne de crête qui fait que nous montons et descendons pas mal, mais loin de tout trafic et dans la paix la plus totale. Au débouché d’un petit bois, en longeant une ligne à haute tension, nous découvrons un paysage magnifique de verdure et de tranquillité.
Les villages sont quasiment déserts et nous passons en toute tranquillité devant des fermes dans l’indifférence de la gent canine fort nombreuse en ces lieux.

Environ deux heures après notre départ, nous nous trouvons devant un raidillon très pentu que nous devons gravir au sein d’un troupeau de vaches qui chemine dans notre sens.

 

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Le sentier est très étroit et mal aisé, aurait dit La Fontaine, et nous grimpons, de plus en plus essoufflés jusqu’à rencontrer le gardien du troupeau, qui monte à notre vitesse ou à peu près. La seule différence avec nous, hormis le fait qu’il ne porte pas de sac est qu’il doit bien avoir 75 ans !
En haut de ce raidillon, sur la droite, nous nous asseyons à la terrasse d’un bar où nous dégusterons un jus d’orange frais chacun, bien désaltérant, en face de la statue du pèlerin dans la tourmente, ci-dessous.

 

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Nous continuerons au gré de la traversée de petits hameaux bien bouseux et souvent désertés.
Pas de commerces, sinon des bars liés à la présence du Chemin de St Jacques. Le Chemin continue de s’approcher et de s’éloigner de la route LU 634 dont le trafic est tout à fait supportable.
Nous descendrons pendant six ou sept kilomètres vers notre étape, au gré de chemins caillouteux, quelquefois suivant des drailles à moutons sous de très beaux châtaigniers.

L’arrivée à Triacastela se fera sous un beau soleil encore. Il semble que nous fassions parties des premiers arrivés à l’étape car il y a bien peu de monde dans la rue principale pour ne pas dire que la route LU 634 est, elle déserte.
Nous nous dirigeons vers l’hostal dans lequel nous avons réservé où nous trouverons un abri confortable pour seulement 32 euros. Une fois installés, nous allons manger, en terrasse, sous un parasol dans une rue silencieuse, la rue centrale du village. Menu pèlerin à 8 euros.
Sieste, lessive à sécher au soleil et promenade/shopping dans la supérette du village qui ressemble à un drugstore tant on y trouve de tout.
Nous allons à l’église de Triacastela où les tampons jacquaires, à disposition, n’attendent que le pèlerin pour trouver un peu de vie et jouer leur rôle de marqueurs de passage.
Nous ressortirons dîner vers 20h00 dans le restaurant en face de celui que nous avons essayé à midi. Ce restaurant semble recevoir, à l’air libre, la quasi-totalité des pèlerins en étape à Triacastela, ce soir. Faute d’avoir trouvé de la place dehors et aussi, à cause d’un vent tenace, nous décidons de dîner à l’intérieur. Menu pèlerins 8 euros encore. Dîner plutôt ordinaire.
Il faut dire que le menu pèlerin est souvent l’occasion de manger la même chose, d’un restaurant à l’autre, le midi et le soir. Sauf rares exceptions.

Nous rentrons juste avant l’orage qui fût d’une violence et d’une intensité toutes particulières.
Assoupis, nous nous demandons quel temps nous aurons demain mais sombrons vite dans le sommeil réparateur.