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Arzua – Lavacolla

Que de monde au petit déjeuner. Le bar est plein de pèlerins et de locaux qui viennent boire le café dans une atmosphère enfumée où le perroquet de la maison lance des cris stridents.
Nous réglons la note et partons dans la fraîcheur matinale mais sous le soleil. Nous traversons la route et attaquons ce beau petit chemin bien tranquille qui traverse de si jolis paysages.
Nous trouverons, pour la première fois depuis notre départ de San Sebastian, notre premier distributeur de boissons gazeuse qui donne une idée du sens du commerce des riverains du Camino…

 

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Au menu du jour, nous aurons, en alternance, des portions de nationale suivies de petites routes tranquilles et autres chemins, des correidoras aussi qui permettent de franchir les ruisseaux, que du bonheur, sauf sur la nationale, bien sûr.
Il n’empêche que, pour éviter quelques détours faits par le Camino, nous la prendrons quand même cette nationale. Les bas-côtés sont assez larges pour se sentir en sécurité tout en observant les règles de sûreté maximales.
Nous nous arrêterons sous l’auvent de l’entrée d’une maison située sur le bord de route, à droite, pour prendre un semblant de repas.
Nous verrons passer les pèlerins vus hier soir au dîner. Ils portent des sacs à dos que j’appelle « Barbie », c’est à dire contenant bien peu de choses, peut être le nécessaire de la journée. Ils nous saluent et continuent. Nous les dépasserons plus loin, au moment, où, sur une sorte d’aire de repos, à l’endroit où la Junta de Galicia a installé de la documentation touristique, un bus immatriculé au Luxembourg les attend, bouteilles de vin blanc (de Moselle ?) au frais et où ils prendront un panier repas préparé pour eux. Je me dis que le Chemin tuera le Chemin…mais cela est un autre débat.

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Nous prendrons un café dans un bar sur le bord de la route et repartirons derechef, non sans avoir respecté la règle maison, que nous avons déjà vue affichée à Arzua !

 

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Nous croiserons une vieille dame sur le Chemin qu’il nous semble avoir déjà rencontrée l’an passé, quasiment au même endroit.

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Salcedo passée, nous avons retrouvé cette stèle commémorant la mort d’un pèlerin, il y a quelques années, si près du but…

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Ce n’est pas la première que nous en rencontrons depuis que nous arpentons les Chemins de Compostelle mais cela fait quelque chose, de savoir que quelqu’un est mort, là.
Nous ne passerons pas à St Irène mais resterons sur la route. Nous connaissons déjà. L’auberge de pèlerin est bien visible de la route et elle semble bien accueillante.
Nous avons un bien meilleur pas que l’an dernier où, il faut se le rappeler, à ce stade de la route, nous avions quasiment parcouru 1800 kms. Nous avalons les kilomètres sans sourciller. Les villages se succèdent, nous dépassons quantité de marcheurs, une équipe de télévision japonaise hilare, des jeunes, des moins jeunes, des vaillants et d’autres moins. Les montées et descentes se succèdent aussi et nous arrivons à l’angle des pistes de l’aéroport de Santiago, passons devant la même stèle que l’an passé, situé quasiment au bord de la route, évitons de descendre sur le côté de l’aéroport en remontant à droite et arrivons à San Paio.

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Nous hésitons à dormir dans ce nouveau trois étoiles qui était fermé l’an dernier. Il semble qu’il ait été repris et redécoré. Nous grimpons le raidillon qui lui fait suite et partons en suivant la route qui mène à l’aéroport. Nous déjeunerons à l’entrée de cet aéroport dans un restaurant sans intérêt pour un repas sans saveur.
Nous descendrons vers Lavacolla en suivant la route qui unit Santiago à l’aéroport et sur la gauche, nous trouverons l’hôtel Garcas dont nous avons trouvé les coordonnées hier soir à Arzua, cet hôtel étant dirigé par le même management que le Suiza.
Accueil pareil que d’habitude. La chambre coûtera 45 euros. Ok.
La chambre est petite et le chauffage ne fonctionne pas. La jeune fille de l’accueil semble ne pas nous croire. Je lui demande de monter, et elle constate que nous avons raison. Perplexe. Elle nous dit que le patron ne va pas tarder à arriver et il traitera le problème.
Odile lui demande de nous procurer un chauffage d’appoint, ce qu’elle fait. Plus tard, dans la soirée, le chauffage viendra dans l’aile du bâtiment où nous sommes.
Une tempête orageuse éclate accompagnée d’un véritable déluge pendant une bonne heure. Afin de laisser Odile se reposer, je suis descendu sur la terrasse couverte et ai conversé avec un couple de pèlerins français qui achèvent leur parcours sur le Francès, parcours entamé il y a plusieurs années et effectué par petits tronçons.
Le repas sera servi vers 20 heures. Il y a moins de pèlerins que je ne l’aurais cru, je pense qu’ils ont dû aller vers le San Paio que nous avions fréquenté l’année dernière. Nous n’y sommes pas allés car, en dépit, d’une excellente cuisine, nous avions trouvé que la chambre n’était pas particulièrement remarquable. D’où notre choix, aujourd’hui, guère meilleur, à vrai dire.
Le repas sera quand même convenable et la nuit aussi, un peu nerveux car, demain, nous serons arrivés à destination.

www.hotelgarcas.com

 

Palas de Rei – Arzua

Les symptômes d’hier ont, heureusement disparu. Les tendinites vont bien mieux.
Il fait beau, il ne reste plus qu’environ 70 kilomètres à parcourir. Malgré la fatigue accumulée, le moral est là. On n’a jamais été si près !

Le petit déjeuner doit être servi à 8heures. Nous descendons à l’heure dite. Le bar est fermé.
Nous sommes tenus d’attendre qu’il ouvre, tout d’abord pour régler notre note, ensuite pour déjeuner et récupérer nos pièces d’identité. Je monte à la boulangerie et reconnais notre hôtelier qui achète du pain et des croissants. Je lui fais signe, il me reconnaît et me dit qu’il arrive. Selon toute évidence, il a eu une panne d’oreiller. Nous ouvrons le bar ensemble et le petit déjeuner classique espagnol est vite avalé, la note vite payée et les cartes d’identité vite récupérées. Au revoir et merci.

Nous partons vers Arzua et avons une trentaine de kilomètres à faire. Même décor de bocages avec toujours pas mal de dénivelés cumulés.

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Supplice ultime, les bornes jacquaires sont disposées tous les cinq cent mètres. De toute façon, on ne les regarde pas.

Mais le paysage nous fait découvrir un arbre qui ne nous quittera pas jusqu’à l’arrivée, l’eucalyptus. Ce sont des forêts entières que nous traverserons, dans la bonne odeur et dans le calme.

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A mi-chemin de l’étape, nous traversons Melide, ville sans intérêt aucun mais qui est animé ce jour là d’une grande foire commerciale et c’est avec difficulté que nous cherchons les flèches jaunes qui, d’habitude, nous permettent d’avancer sans se soucier de regarder la carte.
Et puis, tout ce monde d’un seul coup, quand l’on est habitué à la paix…. En fait, c’est l’avant-goût de ce que l’on éprouve en arrivant à Saint Jacques.
Du bruit, du monde, des voitures, il faudra nous réhabituer.

Contents de sortir de ce tumulte, nous retrouvons nos chemins jusqu’à Arzua. A Melide, le Chemin accueille une partie de celles et ceux qui ont marché sur le Camino del Norte (Primitivo).
La fatigue commence à se faire sentir quand nous passons devant l’auberge de pèlerins de Ribadiso de Baixo car il y a encore de la pente à gravir avant notre étape.
C’est avec satisfaction que nous entrerons dans la ville qui semble tout en longueur et c’est avec mécontentement que nous apprendrons que l’hôtel Suiza dans lequel nous avons une réservation est de l’autre côté de la ville, peut être à trois kilomètres. De tout façon, ce que nous marchons aujourd’hui n’aura pas à être parcouru demain ! Quand même, nous aurons marché plus de trente kilomètres aujourd’hui.
En attendant d’arriver à l’hôtel, nous décidons de nous arrêter déjeuner. Donc, à peine entrés en ville, sur la gauche de la route, il y a un bar-restaurant spécialisé dans les « ibéricos ».
C’est là que cela va se faire. Nous commandons une assiette de fromage et une assiette d’ibéricos. Il y en a au moins pour six ! Une bouteille d’Albarino (vin blanc galicien sec) et à nous la bonne chère !
Sur le mur devant moi, il y a un panneau en plusieurs langues demandant aux pèlerins ou marcheurs de ne pas enlever leurs chaussures au sein du restaurant. On comprend que le patron souhaite limiter les odeurs au sein de l’établissement. On comprend aussi que l’on va se régaler quand on voit quatre éléments de la Guardia Civil venir manger une ou deux tapas au bar devant nous.
Nous emporterons les restes de fromage que nous dévorerons le lendemain au cours de l’étape.
En attendant, il nous faut traverser une ville déserte pour atteindre notre hôtel qui se trouve comme prévu à l’autre bout de la ville..
Hôtel impeccable, confortable, calme. Nous dînerons à l’hôtel au vu de notre fatigue et des kilomètres parcourus. Dîner agrémenté avec une conversation avec des « marcheurs/pèlerins » accompagnés d’une voiture que nous reverrons à Santiago et qui n’en reviennent pas de nous, savoir partis de Monaco ou d’à côté de Monaco, et « tout ça, à pied » !

Bonne nuit, pas de problèmes aux jambes ni ailleurs, si ce n’est une fatigue de plus en plus sensible.

Hôtel Suiza
Rio Vello
Carretera 547 Santiago/Lugo km 64
Riovello/Arzua

981 500 908/981 500 862

Demi-pension pour deux 80.05 euros