Archives par mot-clé : Zarautz

Zarautz – Deba

La première nuit, après la marche, est souvent soit agitée, à cause de la fatigue, soit de plomb. Pour nous ce sera agitée, pas trop par la fatigue mais par la manie qu’ont les espagnols, les soirs de fêtes, de s’assoir sous les fenêtres et brailler jusqu’à plus d’heures, le tout cadencé par les cloches de l’église que nous n’avons pu voir hier soir. Et quelques camions au petit matin.
Le petit déjeuner sera pris, comme prévu, dans la chambre. En route, mais avant arrêt à la réception, où nous attendons que quelqu’un vienne.
Personne pendant dix minutes. Je décide de descendre dans la rue et actionner la sonnette de l’hôtel me doutant que le gérant ou propriétaire doit bien habiter l’immeuble puisqu’il est descendu nous accueillir à la réception hier après-midi. Ca marchera puisque la dame vient suivie peu après du monsieur qui semble avoir été tiré du lit. Cela se passe bien, comme prévu au niveau du prix. L’affaire d’hier midi nous a mis en éveil et sommes devenus méfiants d’un seul coup…

Un dernier regard sur Zarautz et son menu de cidrerie, adieu donc, avant de passer devant ce petit port abrité de la houle où dansent les bâteaux amarrés à des cordes au-dessus d’eux !

317

 

318

 

319

Départ en longeant l’océan. Il fait très beau et les premiers kilomètres se font sur une belle promenade qui nous éloigne du trafic qui se densifie au fur et à mesure. Des travaux de consolidation du parapet nous obligent à marcher sur la route et passer entre les camions au gré du feu alternatif. C’est un peu hasardeux à cet endroit là mais cela vaut le coup car par la même nous éviterons la côte du chemin classique sachant qu’il y en a beaucoup monter de ces belles côtes basques, sans jeu de mot.
Une fois traversée Getaria, nous attaquons la première côte de la journée, bien raide, côte au pied de laquelle, nous allégeons la tenue car le temps s’est bien réchauffé en trois quart d’heure car le soleil donne bien maintenant.

320

Légers, nous montons une belle calade et continuons sur Zumaia par un beau chemin bordé de haies qui nous amène à une route que nous suivrons sur cinq cent mètres pour, au pied de la côte, quitter la route, pour en monter une autre de côte vers l’ermita de Saint Martin de Tours auprès de laquelle il y a une auberge qui semble bien coquette. Concert de chiens, tiens, nos premiers !
Beaux paysages, il fait beau, nous longeons l’Atlantique et découvrons, en contrebas Zumaia

323

, franchissons la ria et longeons la rive gauche jusqu’au centre ville en marchant sur le quai puis longeant un jardin public.

324

Re passerelle et nous sommes en ville, marchant toujours sur le Camino qui nous amène à un Eroski où nous achèterons le repas de midi. Fromage basque, museau de porc et un pain plus de l’eau en bouteille.
Et nous montons, pour changer un peu, et arrivons à l’ermita Ntra Sra d’Arritokieta au pied de laquelle, dans les escaliers, nous dévorons fruits secs et barres de céréales en admirant la ville de Zumaia.
Les pieds sont au soleil et les chaussettes/chaussures sèchent.
C’est reparti, toujours en montée vers le Cimetière puis tout droit sur une petite route bien calme au soleil.

325

Nous doutons à un moment du chemin à suivre car nous apprécions pas encore correctement les distances effectuées (comme l’an dernier d’ailleurs). Plusieurs signes sur un arbre nous mettent dans le doute mais nous continuerons sur la route qui monte à nouveau

327

puis atteindrons une sorte de terrain de pique nique (Elorriaga) avec quantité de solides tables et bancs et un point d’eau.
Nous y saluerons un groupe de dames que nous avions doublé hier au détour du chemin au moment où elles procédaient à des étirements.
A ce stade, nous ne savons pas encore s’il s’agit de pèlerines ou de promeneuses.
Nous nous arrêterons dans ce même espace de pique-nique, au bout et déjeunerons au soleil. Ces dames partiront un peu après notre installation. Nous les verrons de loin, devant nous, quant nous déciderons de ne pas suivre la route vers Deba mais de prendre le GR 121 qui nous y mènera par monts et par vaux.
C’est le cas de le dire. Ce n’est pas un parcours facile mais il est dommage de ne pas le suivre.

331

332

335

Une bonne condition physique est nécessaire car il descend et remonte beaucoup L’on passe de 300 mètres d’altitude au niveau de la mer, pour descendre à la ria et immédiatement l’on remonte à l’altitude précédente pour encore redescendre. Mais que de belles vues sur les plages et divers phénomènes géologiques remarquables et semble-t-il uniques.
La dernière descente sur ce chemin nous mènera à la station d’épuration de Deba d’où l’on nous fait signe par la fenêtre d’en faire le tour et monter le chemin de chèvres qui est derrière et atteint la N 634.

Dur, dur, surtout pour une deuxième jour… En haut, belles vues sur l’océan, bien sûr. En descendant sur le bord de la route, votre serviteur révise mentalement l’étape du soir (où dormirons nous ?) quand soudain je réalise que l’hôtel (agritourisme) réservé n’est pas à Deba… mais à Iciar, le village avant Deba sur l’autre chemin pris par ces dames de tout à l’heure. Donc, il va falloir remonter encore trois cent mètres de mieux…

Les magasins de Deba ne sont pas encore ouverts pour cause de sieste. Nous prendrons une bière en terrasse en attendant. Nous grignotons une barre de céréales en même temps.
Puis filons à l’Eroski du coin où nous achetons quelques bricoles pour demain midi au cas où..
En sortant je demande à un passant qui semble ne pas vouloir parler castillan mais seulement basque. Mci beaucoup, je vais en voir un autre qui me dit que je n’ai qu’à monter cette petite route et que je vais passer devant l’adresse que je cherche. Le moins que l’on puisse dire c’est que cela monte raide et longtemps. J’arrête une voiture qui me dit que nous sommes arrivés car la maison est derrière le bosquet à droite.
Quand l’on est fatigué, tout devient plus difficile. Nous atteignons la maison, ne parvenons pas à ouvrir la porte-grille et devons faire le tour de la propriété pour accéder à l’entrée principale dans un concert de chiens qui fait sortir la propriétaire pour nous accueillir très aimablement et nous conduire à notre thébaïde.
Simple, propre, la chambre semble et s’avèrera humide puisque le linge issu de la lessive quotidienne ne sèchera pas.
Nous dînerons dans la cuisine d’un repas local sans relief et filerons au lit sans hésitation.
La nuit sera agitée car le lit est étroit, peu confortable, pas d’alèze, draps en nylon. Dommage car à part les ébats nocturnes du jeune couple voisin et les conséquents bruits de sommier qui frisent la caricature, l’environnement est calme.
Petit déjeuner servi à l’heure prévue. Merci y buen camino !
C’est notre deuxième nuit sur le Chemin, troisième nuit en tout et jusqu’à ce moment les nuits ne sont guère reposantes. Cela va s’arranger plus loin.

San Sebastian – Zarautz

Avant d’attaquer le Camino del Norte, nous devons arriver à San Sebastian. Avion depuis Nice, par Paris, pour Biarritz. Vol à l’heure, transit sans problème, départ à l’heure d’Orly, que du bonheur.
Pourvu que les sacs à dos, que nous avons protégés dans des sacs à gravats blancs aient aussi effectué le transit dans de bonnes conditions.
L’aéroport de Biarritz n’est guère important et la livraison des bagages est commencée quand nous arrivons dans la zone en question.
Oui, je les vois. Récupération, ouverture, rangement des emballages dans les sacs cette fois-ci.
La personne en charge de l’accueil « information » me renseigne quant à la direction à prendre pour la gare de Biarritz et voilà nos premiers pas vers Santiago. D’abord, nous sortons de la zone aéroportuaire en longeant les pistes de l’aéroport puis traversons une sorte de zone d’entrepôts qui nous mènera à la gare de la Négresse.

306

Nous serons les derniers clients du guichet qui fermera dernière nous à 19h00. Nous y achetons deux allers pour Hendaye gare où nous descendrons pour prendre, à 19h27, le Topo, train basque à voie étroite que nous avons pris l’an passé en sens inverse depuis San Sebastian.
Pas beaucoup de monde au départ mais cela se remplira au fur et à mesure que nous approcherons de San Sebastian.

308

A vrai dire, nous ne savons pas où nous devons descendre mais nous verrons bien. Finalement, le hasard fait souvent bien les choses et nous descendrons tout bêtement au terminus. Le train que nous avons pris ne va pas à Bilbao mais s’arrête à San Sebastian.
Nous avions oublié que les espagnols aiment à faire le « paseo » que nos voisins italiens appellent la « passegiata ». C’est donc sur des trottoirs encombrés de locaux endimanchés et parfumés que nous avançons vers le bord de mer afin de rejoindre notre hôtel. Sur le bord de mer, nous sommes sur le Chemin ! Nous longeons ce bord de mer, quittant la Concha et passant sous un tunnel piétonnier nous débouchons sur la plage d’Ondarrieta que nous quitterons rapidement pour monter, à gauche, l’avenue Pio Baroja qui nous conduit à notre hôtel.
Quatre étoiles. Accueil convenable (nous sommes à nouveau en Espagne…) et installation dans une belle chambre avec terrasse d’angle.

Nous descendons dîner au restaurant de l’hôtel où se restaurent une quantité de coureurs cyclistes (Tour du pays basque ?) et une compagnie de touristes anglais. Beaucoup de bruit mais repas copieux servi par un personnel efficace. Le cadre est moderne, quelque peu « design ». Buffet de hors-d’oeuvre, morue à la je ne sais quoi, et desserts « classiques » espagnols du genre riz au lait, natillas, flan etc.. que tous les pèlerins connaissent bien même si les prix ici ne sont guère pèlerins..
.La nuit sera tranquille et suivie d’un petit déjeuner convenable. Nous achetons deux petites bouteilles d’eau au bar de l’hôtel car il n’y a aucun commerce à proximité et en route.
Il fait très beau et un peu frais, nous descendons ce que nous avons monté hier soir, traversons Ondarrieta bien calme en ce lundi pascal au matin. Les indications sont rares à l’endroit où nous nous trouvons concernant le Chemin car nous ne sommes pas redescendus à proximité du bord de mer. Je demande, en espagnol, où se trouve le Camino à un balayeur municipal, qui semblait de bonne volonté mais au moment où il réalise que je cherche le chemin de pèlerinage me tourne le dos en marmonnant des propos incompréhensibles qui me laissent entendre qu’il s’en f… complètement d’où se trouve le Chemin.
C’est une bonne dame qui assistant à la scène me montre l’endroit où nous devrions retrouver le dit Chemin. Effectivement, deux rues plus loin, nous trouverons le nom des rues indiquées sur notre topo de route.
D’un seul coup d’un seul, nous trouvons :
Le Chemin et ses flèches jaunes et l’inévitable côte du démarrage d’étape. Celle-ci monte à Igueldo et n’est vraiment pas mal du tout pour une mise en jambe. Même si l’an dernier nous avions marché environ 1850 kms et vu pas mal de modèles de côtes, là nous sommes bien gâtés pour démarrer. Nous en verrons bien d’autres dans ce pays basque que nous découvrons à pied.

309

Après une bonne demi-heure de montée, nous changeons de tenue car la polaire est devenue inutile. Nous passons du niveau de la mer à plus de 300 mètres d’altitude en peu de temps.
Beaucoup de promeneurs mais nul pèlerin en vue sur un chemin qui est bien agréable et bien vert qui monte pas mal. Passons Igueldo et l’hôtel restaurant Leku Eder et filons tout droit, suivant le chemin traditionnel, sourds (ou aveugles) aux indications de détours menant vers des restaurants ou bars..

310

Nous arriverons à Orio après être passés devant l’Ermita de St Martin de Tours, émouvant vestige du passé et devant l’auberge de pèlerins qui se situe un peu plus bas avant le cimetière et qui a l’air bien sympathique.
A Orio, à l’heure de sortie de la messe, nous ferons le plein de nos bouteilles d’eau puis traverserons le village et la rivière pour passer, à gauche, devant la gare et filer vers Zarautz en suivant le topo Rando Editions qui nous fera prendre le GR…

313

Ne le faîtes pas, suivez plutôt la rive gauche de la ria d’Orio et après être passé sous le pont de l’autoroute, montez à gauche vers Zarautz.
Le Gr devait être bien utile avant que cette route en bas soit créée ou réaménagé mais aujourd’hui le dit GR vous fait monter au cagnard et redescendre.
Donc, nous montons à gauche sur une route goudronnée au trafic auto réduit qui, au travers des pieds de vigne Txocoli, nous amène au lieu dit Talaimendi (camping de Zarautz à droite).
Nous descendons sur Zarautz en longeant la route qui donne de très belles vues sur la petite ville et la côte.
Le pension est en étage, bien tranquille, moderne, simple et bien propre. Il n’y aura pas de petit déjeuner mais nous pouvons aller chez un ami de l’hôtelier qui sert des petits déjeuners demain matin.
Sieste, promenade pour ne pas rester inactifs, pas grand chose à voir mais une belle petite bourgade quand même. Après réflexion, achat du petit déjeuner pour demain car nous ne savons à quelle heure nous allons démarrer et l’ami de l’hôtelier pourrait bien être encore au lit à l’heure où nous partirons…
Puis, nous continuons à tournicoter en ville pour trouver un endroit pour dîner.
Nous tentons de voir l’église qui se trouve en face de notre hôtel sans succès pour cause d’enterrement.
Nous finirons par dîner dans un petit restaurant sans âme ni qualité mais il s’agit d’une affaire alimentaire et non de prestige. Repas vite expédié comme le service d’ailleurs pour 12 euros qui ne les valait pas mais nous sommes encore dans le week-end pascal donc les prix sont fixés en conséquence.

Pension Ekia Pensoa
Elizaur 3, 2ème étage
Zarautz – 34 943 010 664

ekiapentsioa.com

Euros 53 sans pdj