Archives de catégorie : Camino Francès

Astorga – Foncebadon

Aujourd’hui, notre étape se fera à Foncebadon. Nous devrons monter à 1200 mètres d’altitude. Le topo prévoit une halte à Rabanal del Camino mais, nos informations, certes incomplètes montrent qu’il n’y a pas de logement hors auberges de pèlerins dans ce village.
Ce qui s’avèrera faux car il y a de quoi se loger confortablement dans Rabanal, mais nous ne le savions pas.

Nous quittons notre hôtel à 8h30 sachant que nous avons environ 28 kms à parcourir et que le terrain monte en pente douce puis un peu plus forte sur la fin.
Il fait beau et un peu frais.

Nous suivons la route LE 142 que nous n’abandonnerons que quelques kilomètres avant Rabanal, soit sur le bas-côté, soit sur le chemin empierré qui lui est parallèle. Il n’y a pratiquement aucune circulation sur cette route.

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Calme du Chemin, calme des trois villages traversés. Le paysage est très beau. Il n’y rien à voir et tout à voir. L’œil est accroché par des détails, des couleurs. Dans El Ganso, des pèlerins sont installés à des tables à l’extérieur et prennent un café et un peu de repos dans un silence religieux (sans jeu de mots) !

Ce calme n’est dérangé que par le bruit des pas sur le chemin et les cailloux qui roulent

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Nous arrivons à Rabanal del Camino par la Calle Mayor qui est, en fait, le chemin de St Jacques. La montée est bien marquée et un peu de repos en haut ne serait pas de trop.
Justement à cet endroit, nous remarquons sur la gauche, un de ces hôtels dans lesquels nous aurions pu dormir et qui affiche un menu du pèlerin. Ils serviront dans une demi-heure.
Ok, nous attendrons dehors au soleil, assis sur un muret.
Nous serons rejoints par Lorraine, une charmante québecoise que nous connaissons déjà, et qui nous dit aller dormir à Foncebadon comme nous. Elle décide de déjeuner au même endroit que nous.
Nous mangerons à des tables voisines et je téléphonerai, en espagnol qu’elle ne parle pas, à Foncebadon pour réserver une chambre pour elle aussi dans cet endroit qui est perdu dans la montagne. Il serait, en effet, hasardeux, après 28 kms de marche de s’engager dans un quasi désert vert sans savoir où dormir. Excellent repas pour deux à 19.08 euros dans cette Posada de Gaspar qui s’avèrera être une « Casa de Turismo Rural » comme celles dans lesquelles nous avons déjà dormi ailleurs. Dommage !

Puis, nous repartons dans la lande, d’abord par une chemin caillouteux puis arrivons à la LE 142 que nous avions laissée avant le village et nous devrons la suivre pendant quatre kilomètres du moins c’est ce que dit le topo.

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Chemin faisant, l’attention diminuant, nous suivons de loin un marcheur qui, à un moment prend un autre chemin sur la droite. Sans vérifier, nous le suivons, puis le perdons. Nous décidons de revenir en arrière sur nos pas. Le point fait à la boussole, nous montre que « c’est par là » mais que si nous ne voulons pas retourner sur la route LE 142, nous devrons monter un raidillon de deux cents mètres qui en cache un autre et un autre. En fin de compte, nous avons peut être gagné de la distance, sans le chercher d’ailleurs, mais nous avons bien transpiré et peiné à monter en haut de cette colline qui abrite un relais radio. En haut, effectivement, nous nous trouvons à la hauteur de Foncebadon. (1450 m). Il ne nous reste plus qu’à rejoindre, en descendant un peu, l’hôtel dans lequel nous avons réservé.

 

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Le village est quasiment ruiné, la quasi-totalité des maisons sont effondrées et cela donne un impression étrange de village mort.
La Casa de Turismo Rural El Convento de Foncebadon nous permettra de faire notre halte mais sans plus. Le confort y est simple. Le repas s’avèrera catastrophique avec une soupe tiède (je le dis au patron qui ne semble pas apprécier) des boulettes de viandes insipides et une glace sans goût non plus dans une boîte en carton). Nous échangeons avec un couple de français que nous retrouverons lors de notre retour, dans la gare d’Hendaye. Nous les reverrons d’ailleurs à la Croix de Foncebadon, le lendemain matin, dans le brouillard.
Lorraine a dîné tôt et s’est couchée tôt. Nous avions bu un verre avant le dîner profitant du rayon de soleil couchant.

La nuit a été animée par un chien qui a cru bon d’aboyer une bonne partie de la nuit, nécessitant la mise en place de boules quiès en urgence.

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C’est peut être lui, qui se cache si bien dans les pierres !

Cette halte ne figurera pas dans les meilleures adresses de notre périple. Si nous avions su, nous nous serions arrêtés à Rabanal….Allons, c’est quand même l’hôtelier de Foncebadon qui a tamponné nos credenciales. Rendons lui cela quand même !

Hospital de Orbigo – Astorga

Aujourd’hui, nous prenons notre temps. Nous partons à 9h30 sous un magnifique soleil.
Il n’y a pas de vent. Même la N120 est de la partie puisqu’au moment où nous la traversons il n’y a pas une auto ni camion en vue. Moment rare !

Nous traversons le village, passons devant l’auberge de pèlerins paroissiale de la rue Alvarez Vega où nous avons si bien dîné hier soir.
Devant nous, en premier plan, une plaine maraîchère agrémentée de quantités de petits canaux d’irrigation. En deuxième plan, il semble que nous allons bientôt abandonner la plaine du Paramo et marquer ainsi la fin de la traversée de ce désert plat et monotone.

Les villages traversés sont un petit peu plus animés que ceux que nous avons vu auparavant et surtout bien plus calmes quant au trafic automobile. Nous goûtons cette tranquillité retrouvée en allant d’un bon pas, sous le soleil.

Effectivement, le dénivelé s’accentue et nous retrouvons des sensations que nous ne connaissions plus depuis plusieurs jours. Ce sont d’autres muscles qui travaillent. Nous sommes doublés par un groupe germanophone d’une vingtaine de personnes, qui, à notre grande surprise, ne portent pas de sacs à dos comme nous mais seulement des petits fourre-tout pour le nécessaire de la journée. C’est nouveau pour nous qui trimballons nos 9kgs depuis bientôt 1500 kms. Il s’agit, selon toute vraisemblance, de personnes bénéficiant du transport des sacs par autobus. Nous vérifierons cela à notre arrivée car ces personnes descendront dans le même hôtel que nous.

 

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Nous marchons sur Astorga sans trop de difficultés si ce n’est une légère douleur sous la plante du pied gauche, à la hauteur du coussin des orteils qui est venue à force de marcher sur un chemin couvert de galets ronds. Cela finira par passer comme la tendinite. Si l’on s’écoutait….

A mi-chemin, nous prenons bien conscience du changement de topographie. Il y a de belles côtes, en pente douce, nous traversons de belles garrigues ou forêts de petits chênes, descendons et montons comme nous l’avons fait dans les Monts d’Oca, en moins marqué.

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Puis, au loin, nous apercevons la cathédrale d’Astorga qui nous appelle. Comme d’habitude, nous rejoignons le groupe de pèlerins parti plus tôt d’Hospital de Orbigo, qui a dû s’arrêter prendre le petit déjeuner dans un village derrière nous et qui, sous le soleil, semble musarder un peu. Nous dépassons, en les saluant, les personnes que nous connaissons et arrivons à Astorga à 13h15.

Notre hôtel est situé sur la Plaza de Espana, l’Astur Plaza.
http://asturplaza.com

Très belle chambre avec tout le grand confort réglé avec des vouchers Halcon pour 60 euros.

Nous déjeunerons à l’hôtel pour 18.69 euros (menu del dia pour deux) et irons sacrifier au rite de l’installation. L’après-midi se passera à visiter cette magnifique petite ville et ses monuments sous un soleil riant.

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En fin de journée, l’animation venant, la plaza de Espana se remplit et nous prenons un verre en terrasse en attendant l’heure du dîner en regardant passer les pèlerins qui se détendent un peu et les locaux qui font leur promenade du soir.

Le dîner sera très bon au restaurant Serrano, où l’accueil est souriant. Il y a quelques pèlerines qui dînent au menu pèlerin qui semble fort sympathique. Nous préférerons la carte et nous régalerons véritablement pour environ 65 euros.
(cardos almendras y pinones, judias con gambas y almendras, lomo salsa dorada, lechazo asado, et un rioja bordon rouge et dos cafés)

La nuit sera bien calme et reposante.

 

www.hotelasturplaza.es

Leon – Hospital de Orbigo

Il va falloir reprendre le Chemin car notre destination n’était pas Léon. Il faut s’arracher au confort de cette chambre, se réhabituer au rythme quotidien de la marche.
Allez on y va ! Il est 8h15 lorsque le bus quitte son arrêt et nous emporte vers Virgen del Camino qui se trouve à 8kms de notre point de départ.
Nous avons décidé de faire l’impasse, comme à Burgos, sur la sortie de l’agglomération léonaise car, nous le voyons en passant, ce n’est que rues, entrepôts, grands magasins et banlieue. Et en plus, il pleut des cordes.
Nous sommes installés dans ce bus qui fait la navette entre son point de départ et Virgen del Camino. Il est bondé et les vitres couvertes de buée. Nous voyons par endroits des files de trois ou quatre pèlerins orthodoxes quant au parcours et qui marchent sur les trottoirs encombrés, couverts de leurs ponchos.
Puis le bus s’arrête plus longuement et descendent la quasi-totalité des passagers. Il en monte d’autres. C’est là que le chauffeur nous interpelle et nous signale que nous sommes au terminus depuis un moment. Dur de sortir du bus ! Sous l’abri, nous nous équipons en poncho et guêtres, béret, gants enfin comme d’habitude pour les moments difficiles.

Et on y va, sous le crachin, en longeant la N120 que nous ne quitterons guère jusqu’à Hospital de Orbigo. A la sortie de la petite ville, nous nous trouvons devant un inextricable nœud routier, et notre lecture du topo ne nous éclaire guère. Nous décidons de prendre le Camino Real plutôt que la Calzada de los Peregrinos. En fait, nous choisissons la route la plus courte comme dans la plupart des cas et surtout nous sommes méfiants des petits chemins de campagne surtout quand il pleut. Donc on descend à droite. En remontant, une dame en voiture nous fait des signes montrant que nous ne sommes pas sur le bon chemin. Nous passons outre. En haut de la petite montée, un automobiliste s’arrête et prend le temps de nous faire comprendre que la route sur laquelle nous sommes monte à la voie rapide et il n’y a pas, sur cette voie, de salut pour les pèlerins. Il nous faut redescendre et passer sous le pont de la N120. De l’autre côté, nous trouverons le Camino Real.
Il avait raison. Nous nous engageons sous le pont et montons à droite pour nous trouver, effectivement, sur un espace glaiseux sur lequel, la pluie redoublant, il n’est pas facile de progresser. Mais, ultréia, cela passe. Même que nous passons dans un tunnel sous je ne sais quelle voie rapide. Puis le calme revient et le pas peut se développer.

La tendinite s’arrange bien à la suite de notre journée de repos et surtout du bandage serré qui couvre une bonne couche d’anti-inflammatoires. Donc, on avance. C’est toujours tout droit, le sol est spongieux et, surtout, nous subissons, le bruit incessant de la N120 et de ses camions.
Trois kilomètres plus loin, notre chemin se rapproche de et se confond avec la N120 et nous sommes obligés de marcher sur la gauche de cette voie avec l’inconvénient de ces poids lourds qui ne ralentissent même pas et nous inondent un peu plus si cela était possible. Calvaire des pèlerins que ces moments là. Traversons le village de Villadango del Paramo dans ces conditions, puis retrouvons une piste. Le paysage est triste sous la pluie et les champs s’étendent à perte de vue, à gauche de la route.
A San Martin del Camino, nous traversons le village après avoir quitté la N120 que nous retrouverons à la sortie et achetons des gâteaux secs qui nous serviront d’en-cas pour tout à l’heure. Et nous revoila dans cette ligne droite sans fin avec des camions et désormais, moins de pluie. Quelques centaines de mètres plus loin, nous retrouvons nos Dacquois qui marchent de l’autre côté de la route. Un bonjour, ça va ? Ok, on continue.
La pluie et les nuages finissent par poursuivre leur chemin et, à la hauteur de Villavente, nous enlevons notre équipement pluie qui séchera vite sur le haut du sac. Et à Puente de Orbigo, nous quittons la N120 et retrouvons le calme. Nous marchons depuis 24 kms.
Encore un petit effort, et nous arriverons au pont médiéval de Hospital de Orbigo. Au bout du pont, nous entrons dans un petit hôtel pour nous y installer. Nous sommes dehors trois minutes après car ce n’est pas là que nous avons réservé. Il faut dire que le nom est presque identique. Il nous faut continuer la traversée du village et ressortir à l’ouest pour trouver notre véritable destination. C’est une sorte de motel-station service sur la N120.
Accueil souriant, installation dans une chambre tranquille à l’arrière du bâtiment, donnant sur la campagne et sur un beau nid de cigognes. Rituel d’usage puis nous descendons dévorer un menu du pèlerin. Sieste. Puis promenade dans le village dans lequel il n’y a pas grand-chose à voir, à l’exception du pont aux dimensions respectables.

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Les jambes sont lourdes. Retour au bercail.
Mais, il nous faudra ressortir. D’abord pour le tampon sur les credenciales et aussi pour diner.
Nous ferons une découverte quant au restaurant. Il ne paye pas de mine mais quel repas !
Pour huit euros chacun, nous avons droit, respectivement, à une truite aux tranches de pain et une truite au laurier. Les truites sont servies dans des récipients en terre, avec leur sauce et comme une soupe de poisson. Surprenant et délicieux. La bouteille de vin Tilenus est servie pour 7.5 euros. Et les patrons sont très accueillants. Trois tables occupées, trois tables de pèlerins. Coût du dîner pour deux avec cafés et desserts 36.20 euros. (Restaurant « La Encomienda », Calle Alvares Vega, 30 – 987388211)
Ce soir, nous rentrons en marchant à la « lucky luke », non pas à cause du vin mais à cause des efforts de l’étape d’aujourd’hui où il nous a semblé que marcher sous la pluie « rend plus lourd que d’habitude ». La tendinite va bien mieux en ce qui me concerne, mais Odile semble bien fatiguée de cette reprise de pèlerinage.
Au lit et cela ira mieux demain !

www.elpasohonroso.com

½ pension pour deux 71.60 euros

Sahagun – Leon

02.05.06

Le train est à l’heure, nous aussi. Nous avons fait la queue parmi un nombre non négligeable de pèlerins qui ont eu le même réflexe que nous devant l’immensité de l’étape. Seulement deux d’entre eux descendront avec nous à El Burgo Ranero dont la gare ne se trouve pas en ville mais au milieu des champs. Les autres vont à Burgos ou ailleurs.
Nous rejoignons le Chemin puis commençons cette longue suite d’arbres plantés par une fondation espagnole et dont le but semble être de donner de l’ombre aux marcheurs.
Ces marcheurs avancent sur une piste relativement plate et non caillouteuse mais ne profiteront pas d’une ombre convenable avant une bonne génération !
Le Chemin longe le bord d’une route sur laquelle, en dix kilomètres, nous ne verrons que deux voitures. Et c’est toujours tout droit ou quasiment. Long et monotone. De temps en temps, nous dépassons un ou une pèlerin(e) avec lequel nous échangeons machinalement quelques mots, au gré de la langue parlée par l’intéressé(e).
Nous finissons par arriver à Mansillas de la Mulas qui nous accueille par une jolie sculpture de bronze représentant des pèlerins se reposant sur un banc.

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La traversée du village est tout aussi sympathique. C’est le jour de marché et c’est l’heure de déjeuner.
Nous nous arrêterons dans le village, sur le Chemin qui le traverse pour manger un menu del dia, installés dans le restaurant avant que la cuisinière n’arrive. Il faut dire qu’il est 13h30 et nous avons quasiment terminé quand les clients espagnols, ouvriers de chantiers voisins, arrivent pour le repas. Le patron me fait comprendre alors qu’il est temps que je remette mes chaussures de marche que j’avais ôtées.
Et nous repartons vers Léon.

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Il s’ensuit une longue ligne droite qui semble sans fin, à gauche de la route nationale sur laquelle le trafic est incessant. Et il fait chaud, et la tendinite tire, et je ne sais plus comment poser mon pied, dont la douleur s’était estompée le temps du repas.
Nous avançons au point convenu la veille et nous nous arrêtons à un abri de bus. Nous sommes rattrapés par des pèlerins qui, de l’autre côté de la route, nous demandent s’il y a quelque chose à faire pour nous (des anglo-saxons, jeunes, en couple). Non merci, Buen Camino !
Le car arrive enfin à 16h. Entretemps, j’ai entamé la conversation avec une dame qui est venue prendre le bus. En route pour Léon dont nous ne connaissons rien.
Mais laissons le destin à notre bonne étoile ! A la gare routière, au moment où nous descendons du car, une dame s’adresse à Odile en français et lui propose de nous aider à quelque chose. Méfiant, je laisse faire et me rend compte que cette dame ne cherche vraiment qu’à nous aider. Elle nous conduit plutôt que nous accompagne au centre ville de Léon et nous amène dans une agence Halcon dont j’ignorais totalement l’existence avant de la rencontrer. Elle nous a expliqué en chemin que l’on peut acheter des « vouchers », sorte de tickets prépayés, destinés à payer des nuitées d’hôtel pour des tarifs qui approchent les 50 % de réduction dans la plupart des cas. Elle nous a auparavant conduits à un hôtel proche de la cathédrale où elle a dormi elle-même. Comme nous resterons deux nuits, nous avons trouvé que la chambre était trop exigüe. Nous choisirons l’hôtel Paris, très bien placé, calle Ancha, à un jet de pierre de la Cathédrale et de la vieille ville. Très belle chambre, très confortable pour 50 euros la nuit, au lieu de 70, grâce aux vouchers. Elle nous accompagne même à l’hôtel et nous installe presque puis elle disparaît. Nous avons oublié son prénom et nous souvenons juste d’elle, en dehors de son visage, du fait qu’elle vive en Suisse alémanique et qu’elle soit originaire de Léon. Il n’y a peu être que sur le Chemin que l’on rencontre des personnes comme cela. Cela donne à réfléchir sur sa propre conduite égoïste, dans certaines situations.

Nous sacrifierons au rituel, car même si nous avons pris aujourd’hui et le train et le bus, nos avons quand même fait nos 30 kms au soleil.
Curieusement, la tendinite va un peu mieux (va comprendre !) et nous effectuons une tournée de visite dans Léon, qui est une très belle ville. Une terrasse de bar nous verra nous écrouler devant une bière, le temps de récupérer un peu avant de continuer notre errance empreinte de curiosité de voir ou revoir une grande ville avec de l’animation. Et en Espagne, il n’en manque pas d’animation !
Dîner et au lit (avec l’animation justement de la rue piétonne en dessous !)

www.hotelparisleon.com/

Lendemain – repos

Tranquilles, ce matin pour la visite de Léon. Arrêt à l’office du tourisme qui semble dénué de tout puis visite de la Cathédrale, autre moment fort à l’instar de la visite de celle de Burgos.
Un coup d’œil au « pèlerin de bronze » qui est « assis » devant le Parador, ancien Hostal de San Marcos, pure merveille plateresque.
Plus prosaïquement, nous décidons, pensant au lendemain et forts de l’expériences des vouchers Halcon, d’aller en acheter d’autres au gré des villes que nous aurons à traverser plus loin. Lors de notre visite à la Cathédrale, les crédentiales ont été tamponnées, voila pour les parties « administratives et financières ».
Le temps s’écoule et les corps se reposent. A la sortie du soir, et l’errance qui préside à la recherche du restaurant et de guerre lasse, nous entrons dans un bar restaurant qui ne paye pas de mine et montons à l’étage où se trouve le « comedor ».Il s’agit du « restaurante El Llar », plaza San Martin 9, dans le Barrio Humido (vieille ville) de Léon 987 25 42 87. Excellentissime. L’accueil chaleureux, belle salle simple, nous sommes dans un coin de cette salle et le repas commence :

1. un plat de dégustation de Ibericos (charcuterie)
2. Poireaux nature
3. une daurade aux pommes
4. une morue à la tomate
5. une bouteille de vin rouge de la Rioja
6. une bouteille d’eau gazeuse

Euros 53.40 TTC

Il fait frais, retour à l’hôtel où la seconde nuit sera plus tranquille, surtout dans la rue. Il est 23h.

Calzadilla de la Cueza – Sahagun

01.05.06

Fête du travail mais pas du pèlerin. Nous allons à Sahagun, à peu près 25 kms de l’endroit où nous sommes.
Il est 8h15, le petit déjeuner absorbé et la note payée : Euros 79.60 pour la nuit deux déjeuners, deux dîners et deux cafés plus deux petits déjeuners.
Départ à 8h15. Nous descendons la rue unique et marchons vers l’Ouest.
Nous nous faisons piéger pour la première fois par ces flèches que nous devons suivre absolument mais qui, dans certains cas dont le nôtre, nous font faire un petit détour dans le but unique de vous faire passer devant un bar, quitte à rejoindre le véritable chemin plus loin.
Nous verrons quantité de ces détours au fur et à mesure que nous avancerons vers notre destination.

Nous longeons, pour changer un peu, la N 120 sur laquelle il y a très peu de circulation, fête du travail oblige.

 

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Le chemin est agréable, moins monotone que la veille car un peu plus bosselé même s’il est assez caillouteux. Les plaines alentours sont immenses et nous pouvons voir, au loin,à droite, c’est-à-dire au nord, les montagnes Cantabriques.
Nous croiserons quantité de pigeonniers de différentes formes et de différents états de conservation.
Nous ferons l’impasse sur la Chapelle de l’Ermita de la Virgen del Puente que l’on voit du bord de la route nationale que nous suivons sur les deux derniers kilomètres car nous sommes fatigués et il fait chaud. La tendinite, aussi est fatiguée, et à chaud !

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Nous arrivons à l’hôtel « la Codorniz » où nous avons réservé. Accueil distant, on a l’habitude. Chambre quelconque pour 46.80 euros.
Notre rituel effectué, nous descendons déjeuner car il est l’heure. Nous sommes arrivés en ville à 14h et il est 15h. Repas pèlerin à midi et le soir pour des prix différents. A midi, pour deux 18.68 euros et le soir 17.76, va comprendre !

Après-déjeuner, nous tenons une réunion stratégique : l’étape de demain.
Le guide nous annonce une étape de 37 kilomètres. Honnêtement, avec une tendinite qui, même si elle semble stabilisée, se fait encore bien sentir, je ne me sens pas d’attaque pour faire cette distance, surtout avec le soleil qui est de la partie. L’étape suivante fera 18.7 kms jusqu’à Léon où nous prévoyons une nouvelle halte de deux nuits. Le total de ces deux étapes fait 56 kms que nous ne pouvons couper en deux tronçons égaux de 28 kms qui nous conviendraient. Il faut tricher un peu. Puisque la chance fait que nous avons une gare à Sahagun et que la gare dessert El Burgo Ranero qui se trouve sur le Chemin à 18kms de là, nous irons là-bas en train et filerons directement sur Léon, à partir de la gare d’El Burgo Ranero. Puis, à 8kms de Léon, nous prendrons un de ces bus locaux ou régionaux que nous voyons fréquemment sur les nationales. Cela nous fera une étape de 30kms avant le repos nécessaire. Accord total sur le projet, nous allons à la gare et, bonne surprise, il y a un train à 8h45 le lendemain !
La nuit sera bonne et tranquille

www.hostallacodorniz.com

Carrion de los Condes – Calzadilla de la Cueza

30.04.06

L’étape Meseta…

Il est 9h40 quand nous sortons de l’hôtel pour attaquer encore une étape de Meseta.
Elle ne fera qu’environ 16 kilomètres, c’est pour cela que nous partons tard. Mais nous savons qu’elle sera interminable parce que nous serons en plein milieu de ce désert qu’est le Paramo mais aussi parce que la jambe est toujours douloureuse.
La sortie de Carrion de los Condes nous fait passer devant le Monastère San Zoilo après avoir franchi le pont médiéval. Puis nous traversons le rond point de la route Palencia-Saldana et traversons la N120, que décidément nous voyons depuis longtemps.

Et nous voila partis pour environ quinze kilomètres de désert. D’abord sur du goudron, jusqu’à Benvivere puis sur la voie romaine Via Aquitania qui allait de Burgos à Astorga où nous irons nous aussi.
C’est une suite de poussière, cailloux et terre battue. La piste trace sur des kilomètres devant nous sans autre chose pour accrocher l’œil. Rien

 

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Si, un hangar qui occupe l’œil après tant de temps à scruter l’horizon.
Quelques kilomètres avant l’étape, nous trouvons nos Dacquois, Bernadette et Bertrand (dont les pieds vont mieux) qui achèvent une mini sieste après un léger casse-croûte.
Salutations, et nous repartons. Poussière, cailloux et soleil quand même et moins de vent.
Il y a quand même beaucoup d’oiseaux sur ce Paramo. Ils nous apportent un peu distraction tant ils sont nombreux et différents. Ajoutons que depuis que nous avons quitté Puente la Reina, il y a une dizaine de jours, il n’est pas un village dont le point haut, église, bâtiment, ne soit pas habité par un ou plusieurs nids de cigogne occupé.
Nous arriverons à 14h à l’Hostal où nous avons réservé une chambre.

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Comme souvent, chambre simple mais propre. Nous serons à l’étage d’où nous voyons les pèlerins arriver un à un. La plupart vont à l’auberge de pèlerins, d’autres viennent nous rejoindre à l’Hostal « Camino Real ».
L’accueil, et c’est assez rare en Espagne, est vraiment chaleureux. Nous déjeunerons et dînerons dans l’hostal car il n’y a rien d’autre. Ni bar, ni commerce rien. Le village est bâti de maison en adobe, boue séchée et paille mêlée tout autour du Chemin de St Jacques. C’est un village-rue ou une rue-village. Rien d’autre !
La sieste sera réparatrice. Un petit tour au cimetière, il n’y a toujours rien d’autre, une petite bière au soleil en préparant l’étape du lendemain comme c’est le cas chaque jour, la préparation, pas la bière.
Les deux repas auront été une excellente surprise de qualité et de simplicité. La salle est remplie de pèlerins car l’auberge de pèlerins voisines ne propose pas de repas. Moyenne d’âge autour des cinquante ans mais ambiance détendue et conviviale même si les visages montrent la fatigue accumulée et les premières brûlures du soleil

 

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Le cimetière et son campanile

Une bonne nuit s’ensuivra pour terminer ce mois d’Avril.

Etape sympa, conviviale et pas chère.

www.tripadvisor.co.za/Hotel_Review-g5113906-d51..

Fromista – Carrion de los Condes

29.04.06

Nous quittons Fromista un peu plus tard que d’habitude car notre étape ne fait que presque 21 kms.et le cirque de la nuit a favorisé un sommeil plus profond au matin.
Le vent est très frais et nous fait bien sentir que nous marchons sur un plateau situé à 850m d’altitude.
Le Chemin, aujourd’hui, va longer la P 980 qui va, comme nous, à Carion de los Condes.
D’entrée, presque quatre kilomètres d’une large allée de cailloux jusqu’à Villovieco, au contact de la route.

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Tout droit, rien à faire d’autre que parler à son compagnon quant on a la chance d’en avoir un.

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Marre de la route, nous décidons de ne pas suivre le chemin dit officiel car, par chance, nous avons un temps frais mais sec. Le terrain l’est donc aussi et, gaillards et sans autre repère que notre guide, nous suivons la rivière Ucieza qui nous conduira vers l’ermita de la Virgen del Rio. en trois kilomètres et demi. Nous voyons, sur notre gauche, cheminer les pèlerins qui ont continué sur le bord de la route.
Arrivés à l’Ermita, nous faisons une petite halte pour manger un petit en-cas. Il y a quelques pèlerins qui repartent et surtout, un groupe de jeunes du village qui semble, en jouant attendre le reste du village qui va faire un pique-nique de fête à l’heure du déjeuner à cet endroit.

Après la halte de quelques minutes, nous repartons. Au moment de reprendre le chemin, un monsieur semble me dire que le Chemin de St Jacques n’est pas dans la direction que je prends. Comme nous n’avons pas de repères, à cet endroit là, nous décidons de partir en direction du chemin « officiel » en revenant vers Villalcazar de Sirga, avant laquelle nous obliquerons à droite, en montée, suivant une piste à travers champs. Cette longue piste nous permettra de rattraper la P 980 que nous suivrons encore pendant presque deux kilomètres, après avoir franchi ce que nous croyons être l’Alto de San Cristobal. Donc, ligne droite pour accéder à l’entrée de Carion de los Condes qui se trouve sur la gauche de la route, au bout de l’avenida de los Peregrinos, cela ne s’invente pas.
Il est 14h30 ; Nous dormirons à l’Albergaria Albe, hôtel simple et propre. De toute façon, le choix n’est pas immense car il y a une noce dans le village qui a réservé tous les hôtels. Nous prendrons un repas du pèlerin à notre arrivée car nous nous sommes mis depuis quelques temps à l’heure espagnole qui finalement nous convient bien, nous permettant de déjeuner à la fin de l’étape. Repas à oublier (lentilles, bifteck pour l’un et œuf jambon pour l’autre, et une glace insipide) dont le souvenir ne sera qu’alimentaire.
Comme d’habitude, douche, jambes en l’air, lessive, sieste, suivis d’une promenade/shopping pour le casse-croûte du lendemain.
Puis un dîner au Restaurant Abel, qui lui restera dans nos souvenirs : artichauts au jambon, une truite au four, une caille en escabeche, deux flans + vins et cafés pour 32.20 euros.
Nous dormirons très bien dans notre chambre sous les toits de notre Albergaria et ce pour Euros 25 pour la nuit à deux.

Burgos (Castrojeriz) – Fromista

28.04.06

Petit déjeuner à proximité du patron, plutôt bougon, ce matin.
Petit déjeuner encore plus espagnol que d’habitude, aujourd’hui.
La jambe est douloureuse. Il fait beau.

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Nous en avons, d’après le guide dont je déchire les pages au fur et à mesure que nous avançons, pour 26.1kms. Ce qui est nouveau, c’est que nous allons marcher au milieu de rien, sinon les éternels blés en croissance de chaque côté du chemin.

Devant nous, et aussi plus tard, derrière nous, nous voyons les pèlerins qui avancent au gré de cette pente plutôt raide pour le départ. D’ailleurs, à ce moment là, je pense que nous attaquons généralement depuis le début de notre parcours, les étapes espagnoles, par des côtes, au même titre qu’il semble que les hôteliers mettent un point d’honneur à nous faire dormir dans la chambre la plus élevée en étage, à notre arrivée et cela tant en Espagne qu’en France !

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Après un peu plus d’un kilomètre d’une montée sévère, nous voila enfin, en haut, sur le plateau de Mostelares où le vent froid nous accueille et ne nous quittera pas jusqu’à la fin de l’étape. Le paysage se décrit en quelques mots : Plateau désert, lignes droites de terre battue, blés verts ondulant au vent. Rien d’autre à dire, encore moins sur le village désert que nous traversons avant d’arriver à Itero de la Vega, à mi-chemin de l’étape, où nous achetons de quoi manger. Demi-pain, fromage, fruit.

Nous mangerons un en-cas à la sortie du village, dans un coin abrité du vent ou à peu près.
Et nous repartons pour le prochain village, Boadilla del Camino, à environ 8 kilomètres dans ce désert ondulant et froid.

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En haut d’un côte, sur le côté droit du chemin, nous voyons un tout petit re-plat, qui est à l’abri du vent et au soleil. Pas le temps de réfléchir, nous occupons l’espace. Cela ressemble, sous certains aspects, à l’abri que nous avions trouvé en franchissant le col de Roncevaux.

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Passe un senior britannique qui ne nous dit rien d’autre, sans s’arrêter, que « Marcher, toujours marcher » en espagnol. Puis, un français qui tient un bâton de marche à l’autre bout duquel se trouve un pèlerin aveugle qu’il aide à s’orienter. Ils viennent d’Arles et sont partis de St Jean Pied de Port. Nous les reverrons à Boadilla del Camino en train de chercher à s’installer à l’auberge de pèlerins.
Le reste de l’étape est du même acabit, c’est-à-dire vent froid et chemin relativement plat et caillouteux.

 

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Après Boadilla, nous trouverons le canal de Castille qui variera un peu le paysage, toujours sous le même vent, heureusement de dos, puis nous franchirons les écluses de Fromista.

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J’ai réservé une chambre à l’Hôtel San Martin qui n’est pas bien difficile de trouver tant le village est petit. De toute façon, il est à côté de l’auberge des pèlerins et devant la magnifique église romane du même nom.

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Accueil aimable, l’hôtel sera vite plein car les pèlerins arrivent.
Heureusement que j’ai réservé !
Chambre simple mais propre. Elle donne sur la place et sur l’église romane.

Rituel effectué, nous sortons à la recherche de la pharmacie où le pharmacien, à l’écoute des symptômes ressentis par le pèlerin que je suis, me dire que le meilleur moyen de traiter la tendinite, c’est d’arrêter de marcher ! Je luis demande quel est l’alternative. Il répond : des anti-inflammatoires et un mollet fortement bandé. Banco, je lui achète deux bandes élastiques, nous verrons bien ! En revenant, je vais à l’auberge tamponner moi-même nos credenciales car il semble qu’arrivent nombre de pèlerins à cette heure là et j’imagine que l’hospitalero a autre chose à faire que de tamponner les credenciales.
Le dîner s’avèrera catastrophique. A huit heures, heure d’ouverture de la cuisine, nous sommes à pied d’œuvre dans un bar qui sert des menus à huit euros qui semble être le seul ouvert ce soir là.
Nous mangerons dans une salle en longueur à l’étage au-dessus du bar, dans la fumée qui stagne au plafond, fumée produite par une cinquantaine de jeunes clients qui fument au bar.
Le repas en soi est minable et expédié en trente minutes maximum.
Nous sommes contents de retrouver le vent dehors qui a encore plus fraîchi mais au moins nous enlèvera cette odeur de tabac. Retour au bercail et au lit.

Nous aurons le lendemain l’explication de la présence de tant de jeunes dans ce bar quand nous apprendrons que Fromista est dans sa semaine de fêtes qui suit Pâques et célèbrait ce soir là un saint local. Ils ont célébré toute la nuit sur la place devant notre fenêtre à chanter et danser, heureusement sans musique ! Et au matin, quand les premiers pèlerins sont sortis de l’auberge vers 6h00, cela a donné une longue suite de « Buen camino ! » bien sympathiques mais bien énervants pour qui n’a pas ou peu dormi comme mon épouse et, j’imagine, bon nombre de pèlerins du refuge !

 

www.hotelsanmartin.es

Hôtel San Martin
Plaza San Martin 7
FROMISTA (Palencia)
979 81 00 00
Chambre et pdj 47.80 euros

Atapuerca – Burgos

25.04.06

Comme hier soir, à table, nous dormions déjà, le sommeil n’aura pas été dur à trouver malgré la fatigue.
Au petit déjeuner, tout le monde semble être parti et nous sommes les derniers comme souvent. Le pèlerin se lève tôt, il faut bien que cette règle soit confirmée..

La patronne nous conseille de dormir à l’hôtel Norte à Burgos notre prochaine étape. C’est parti après le petit déjeuner, parti dans le brouillard. Nous montons, et plus nous montons, plus le brouillard s’épaissit. De 100 mètres de visibilité au départ, c’est à peine 20 mètres lorsque nous rattrapons le groupe de pèlerins parti avant nous. Nous voila en tête sans y voir goutte. La pente est forte et caillouteuse et les signes du Chemin assez dispersés.
La tendinite est très douloureuse, vivement que nous arrivions à Burgos.
Nous nous sommes promis une halte de deux nuits au moins à Burgos pour nous reposer car il y a un peu plus d’un mois que nous sommes sur la route à tracer nos 25/30 kms par jour sans se reposer deux nuits au même endroit. Aujourd’hui ce sera seulement 18kms en tout car nous allons raccourcir l’étape.
Nous montons au Termino de Atapuerca, point culminant du parcours puis redescendons dans le brouillard en longeant les fils barbelés de ce qui doit être un camp militaire.

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Cardenuela Riopicco et Quintanilla Riopicco ne présentent aucun intérêt si ce n’est que d’être les derniers villages (presque déserts) que nous trouverons avant l’agglomération de Burgos.
Nous longeons la route une trentaine de mètres plus haut sur ce qui semble être une ancienne voie ferrée désaffectée. Calme, pas d’autos mais concerts de chiens, heureusement enfermés.
Il est à signaler et nous le verrons même davantage un peu plus loin que les chiens espagnols ou du moins ceux que nous avons rencontrés n’ont rien à voir avec les chiens français qui ne pensent qu’à hurler ou à vous agresser, du moins en campagne. Les chiens espagnols sont tranquilles en général et absolument pas agressifs.
Le franchissement de l’autoroute – en dessous- ce fait sans problèmes et nous continuons dans un paysage de travaux publics en cours et autres chantiers. Pas folichon. Devant nous, le village de Castanares.que nous atteignons à 12h.
Nous commençons à spéculer sur la fréquence des bus pour Burgos car la décision est arrêtée.
Un, ma jambe me fait maintenant très mal et deux, traverser à pied des kilomètres de zone industrielle ne nous plaît guère. Trois, il est temps que nous nous arrêtions !
A peine terminées ces considérations, pendant que nous marchons, nous voyons un bus faire demi-tour à son terminus et se garer sur son point de départ. C’est celui là ! en fait, on n’en sait rien, mais quand nous voyons la masse de pèlerins qui l’attendait commencer à monter dedans, il faut courir sur deux cents mètres y compris la traversée de la N120 bien fréquentée à cette heure là. Ca passe, et nous serons les deux derniers à embarquer. Ouf ! Le conducteur doit avoir l’habitude de voir arriver des pèlerins courant vers son bus.
Et pendant huit kilomètres nous traversons la « banlieue » de Burgos et doublons celles et ceux des pèlerins qui avancent vers la ville.
Nous trouvons dans ce bus une bande de quadragénaires mâles originaires de la région de Toulouse dont Burgos est l’étape finale (avant d’y revenir) de ce pèlerinage. Nous les avions déjà rencontrés dans le village de Viloria, il y a quelques jours, où nous avions un peu parlé alors qu’ils s’arrêtaient pour se désaltérer.
Au terminus du bus, il nous faut trouver l’hôtel Norte. Nous partons dans un sens sans plan.
Un monsieu, pas tout jeune, nous arrête, en nous demandant où nous allons. Il est un des responsables de l’Association jacquaire de Burgos et a parcouru plusieurs fois le chemin de St Jacques.
Il décide de nous accompagner à l’hôtel auquel nous tournions le dos. Charmant accueil et chaleureux échanges même si je n’arrivais à comprendre qu’un mot sur trois. Il nous laissera à l’entrée de l’hôtel. Qu’il soit à nouveau remercié ici.
L’hôtel est ancien mais très propre et plein de charme. Nous avons une belle chambre d’angle, très lumineuse.
Contents d’être à Burgos où nous prenons conscience de notre fatigue. Odile se repose après le rituel d’arrivée et je pars chercher l’auberge de pèlerins pour le tampon sur la crédentiale et aussi une pharmacie pour acheter de quoi soigner cette tendinite car je ne suis guère optimiste.
J’ai très mal. L’auberge de pèlerins ne se trouve pas où elle était auparavant mais hors de la ville. Tant pis, on verra plus tard.
La pharmacienne, dont l’officine est en face de l’ancienne auberge (qui abrite maintenant une église), me conseille et me vend une pommade anti-inflammatoire. J’ai des cachets anti-douleur que je n’ai jamais pris dans mon sac.

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Retour à l’hôtel, soins, repos et ensuite sortie pour aller dîner. Il a fait beau mais il fait frais et nous sommes fatigués. Nous tournons un peu pour rejoindre un restaurant sympa, où il n’y a pratiquement que des français à table, dont deux ou trois pèlerins hormis nous.
Servi par un jeune Roumain sympathique, un repas convenable pour pas très cher. Puis, au lit !

www.hotelnorteylondres.com/fr/

Une nuit pour deux avec pdj et taxes : Euros 77.04
Journée de repos à Burgos.
Bonne nuit malgré la jambe qui tire toujours. Crème et re-crème au coucher et au lever.
Petit déjeuner classique espagnol même dans un trois étoiles.
Nous prévoyons d’aller visiter Burgos et surtout la Cathédrale.
Surprise à la réception, nous ne pouvons garder la chambre que nous avons et l’hôtel est complet aujourd’hui. Je demande à ce que l’on me trouve l’équivalent car, hier, la réceptionniste ne nous a rien dit sur cela.
Ce sera l’hôtel Maria-Luisa. Il est à quatre cent mètres. Il nous faut refaire les sacs, et repartir vers un autre quartier. Nous finissons par le trouver sur une grande avenue de Burgos, l’avenida del Cid, 42.(tel 947.228.000 – http://www.hotelrice.com)

L’entrée ressemble à une entrée de cafétéria et il semble que l’hôtel occupe un ou plusieurs étages de l’immeuble qui l’abrite. La chambre est très confortable, très bien meublée et décorée. Il y a tout le confort et le fait que la fenêtre donne sur l’arrière, sur une rue somme toute calme malgré la présence d’une école, la chambre est plus calme que celle que nous avions à l’hôtel Norte y Londres.
Sac posé, nous allons déjeuner dans un bar, repas ouvrier sans intérêt.

www.marialuisahotel.com/
Puis, la visite de la cathédrale et de la ville va nous occuper un bon moment permettant à la tendinite de se maintenir…Cette cathédrale, vieille de huit siècles, est un monument incontournable sur le Chemin. Les guides ou sites spécialisés vous en diront bien plus et bien mieux que je ne pourrais le faire. Magnifique ! Nous y retrouvons des visages pèlerins connus de nous dont la charmante canadienne, rencontrée à Pamplona, dont nous avons déjà parlé.

Nos credenciales sont tamponnées par la réception des magasins de la cathédrale qu’y s’y prêtent aimablement.

Un tour à la gare routière pour repérer les horaires car nous avons un projet.

Le soir, dîner dans un restaurant cher. Il fallait bien se faire plaisir. Non pas que nous cherchions un restaurant pour dépenser notre argent mais tout simplement parce que dans la ville de Burgos quant on est piéton et fatigué, il est difficile de trouver où convenablement dîner. Ce sera au restaurant « la Posada », Plaza Sto Domingo de Guzman, non loin de la Cathédrale, en étage, servi par une charmante sud-américaine comme on en voit beaucoup en Espagne. Odile se souvient encore des artichauts aux amandes….

Au lit à minuit, l’on sent qu’il y a relâchement de la discipline quotidienne.

27.04.06

Petit déjeuner à l’espagnole parmi les fumeurs. La note : Euros 77.36 pour la chambre + deux pdj + une bière au minibar).
Pas de marche aujourd’hui mais du déplacement.
Nous partons, sac au dos, vers la gare routière. Avant un arrêt dans un magasin de sport où Odile achète un « débardeur » d’une marque à bande pour se prémunir contre les chaleurs attendues.
Une fois trouvée la gare routière, nous déposons nos sacs à la consigne. En effet, nous ne reviendrons les prendre que pour prendre le bus vers Castrojeriz, ce qui nous fera sauter une étape, celle de Hornillos del Camino où nous n’avons pas pu trouver de logement hormis l’auberge de pèlerins. Cela ne change rien à notre périple car le fait de n’avoir pas franchi environ 19 kms de Meseta n’enlève rien aux autres 200 kms de Meseta que nous avons effectué.
Equipés mais sans sacs, nous décidons de tuer le temps en allant voir l’auberge de pèlerins qui se trouve dans le parc du Parral et tenter de faire tamponner nos credencials. En fait, nous verrons le bâtiment que nous n’approcherons pas mais irons voir le Monastère voisin sans succès non plus puisque nous arriverons à la fermeture des guichets pour la visite.
Tant pis, retour en ville, par de petites rues calmes. Nous déjeunerons à la Casa Pancho de deux menus du jour à Euros 10.80 chaque (calle San Lorenzo 13/15).
Puis, à nouveau promenade pour entretenir la tendinite et une longue attente à la gare routière dans le manque d’informations le plus complet. Une demi-heure avant l’heure prévue du départ, un guichet s’ouvre et je peux acheter deux passages pour Castrojeriz. A 17h30, on s’en va et une heure après, nous arrivons dans ce village de la Meseta, pratiquement désert. Nous descendons avec une élégante pèlerine brésilienne que nous ne reverrons plus. Elle va à l’auberge de pèlerins et nous à l’Hostal-Restaurante El Meson où nous avons réservé une chambre.

http://www.laposadadecastrojeriz.es/
Bon accueil dans ce bout du monde, chambre très propre et confortable avec des lits régionaux. Manque un peu de lumière dans la chambre mais, cela mis à part, comment en demander plus pour un prix de 50 euros. Très belle maison ancienne.
D’ailleurs, la visite du village nous montrera que tout le village est soit en ruines soit en maisons anciennes. La lumière éclaire le quasi désert qui nous entoure et que nous découvrirons demain. En attendant, nous prendrons le repas à l’hôtel (8 Euros x2) où nous retrouverons à nouveau des visages connus qui dorment à l’auberge de pèlerins mais, à l’heure du dîner, préfèrent s’en éloigner pour des endroits plus tranquilles ou plus intimes comme la salle dans laquelle nous sommes qui est, malgré sa dimension, plutôt propre et bien décorée.
A l’heure où nous dînons, il y a un pèlerin qui mange seul, une table de quatre pèlerins dont notre canadienne, un brésilien et un couple d’une dame et une jeune fille que je crois allemande (germanophone en tout cas) mais qui s’exprime en anglais avec les deux autres. Et nous deux ! Les espagnols que nous avons vu sont arrivés quand nous sommes partis. Nous n’avons pas les mêmes horaires !
Traitements habituels pour la jambe et au lit de bonne heure !
Demain, nous attaquons la Meseta !

Belorado – Atapuerca

24.04.06

Ce matin, la jambe tire un peu plus qu’hier. Cliptol encore et encore.
Préoccupant car l’étape d’aujourd’hui, même si elle n’est annoncée que pour environ 32 kms, prévoit la traversée des monts Oca et devrait être assez physique.
De plus pour le moral, regardant par la fenêtre pour m’assurer du temps à venir, je vois un pèlerin que nous connaissons de vue qui boîte bas et qui fait du stop devant l’hôtel.
Je le vois cesser et prendre le chemin que nous allons prendre dans quelques minutes à notre tour. Je suppose qu’il a été pris un peu plus loin car nous ne l’avons pas rattrapé.

La route N120 est toujours aussi près de notre Chemin mais sans nous ennuyer.

 

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Derrière le pèlerin, en second plan, le sanctuaire de Virgen de la Pena (hors chemin)
Au contraire, de temps en temps, le passage des camions nous apporte un peu de distraction. Les bords du chemin étant seulement couverts de blés naissants, la monotonie s’installe rapidement.

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Eglise de Viloria, village de naissance de Sto Domingo de la Calzada

Presque à la moitié de l’étape, nous découvrons les ruines du monastère San Felices de Oca, sur la droite du chemin et, sur notre gauche, devant nous, Villafranca Montes de Oca.

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Sur le parking en entrant dans le village, nous allons à l’épicerie-boulangerie acheter le casse-croûte du midi avant d’attaquer la traversée des landes et forêts qui seront notre environnement jusqu’à bien après San Juan Ortega. Ce ravitaillement s’avère plutôt cher, ce qui se comprend car, une fois, le flot de pèlerins passé, il ne doit y avoir que le rare passage comme clientèle ! Mieux vaut le savoir avant

 

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D’entrée, dès que nous avons passé l’église, cela monte sec et cela continuera sur presque trois kilomètres, quelquefois en remontant le lit de petits ruisseaux au milieu du chemin qui n’aide pas à stabiliser le pas du pèlerin. Beaucoup d’entre eux d’ailleurs peinent et soufflent. Notre cadence reste soutenue sans trop de difficultés malgré la pente. Le plus dur est à venir….

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Le paysage est de toute beauté. Très sauvage, désert, beaucoup de landes et de pins, rien où presque n’arrête le regard.

A 1150 mètres d’altitude, au col de la Pedraja, nous avons une pensée pour les morts de la guerre civile espagnole dont un monument émouvant marque le souvenir dans cet endroit perdu. Et hop, le chemin plonge vers une passerelle tout en bas pour remonter quasiment sous forme d’un mur qui nous ramène à la même hauteur que le monument.
Puis ce sera une succession de pistes sur cinq kilomètres avec strictement aucun endroit pour s’asseoir si ce n’est au sol. En fait, nous avançons plutôt bien, malgré la jambe qui tire de plus en plus et dont je ne sais plus comment poser le pied , et c’est en marchant que nous mangerons si ce n’est l’inverse…

De plus en plus mal. Nous descendons doucement vers San Juan Ortega dont, au détour d’un virage, nous voyons les toits.
Au bout du chemin, à gauche, sur la photo.

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Il fait particulièrement chaud au long de cette étape et une fois la visite payée au Monastère et la crédentiale tamponnée à l’auberge des pèlerins, nous allons nous rafraîchir au bar qui semble être intégré aux locaux religieux.

Accueil de m…, service de m…On se demande de quoi vivrait le propriétaire ou le gérant s’il n’y avait les pèlerins mais apparemment c’est le cadet de ses soucis. Nous nous installons en terrasse au soleil le temps de boire notre consommation et nous repartons. Nous avons noté, sur cette même terrasse, un couple d’anglophones d’environ 35 ans que nous connaissons de vue. Comme nous ne dormons pas à San Juan Ortega, nous repartons vers Atapuerca, six kilomètres plus loin. A peine partis, nous sommes rattrapés par le monsieur du couple qui ne marche pas mais fonce littéralement vers l’ouest devant nous. Il est clair que, du fait que l’auberge de San Juan Ortega n’est pas connue pour son confort, beaucoup de pèlerins filent où nous allons pour une halte plus confortable dans une auberge privée. Ajoutons que le bar où nous avons bu est aussi restaurant et que nous avons appris, par la suite, à Burgos, que ce restaurant est une vraie calamité pour les pèlerins affamés et fatigués car le service est particulièrement long, très long. A croire qu’il n’y a qu’une seule casserole dans la cuisine et qu’il faille attendre que la table qui vient d’être servie ait fini pour que le service commence à la vôtre. Caricature pour montrer quelques failles d’organisation dont le pèlerin est souvent la victime silencieuse.

Pendant presque quatre kilomètres, nous avançons dans la lande dans un paysage empreint de sérénité. Puis nous arrivons à Agès, où nous prenons la petite route vers Atapuerca que nous suivons sur 2.5 kms. Cette route me semble interminable d’autant plus que la jambe est de plus en plus difficile à poser au sol. …. Fatigue.

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Nous avons réservé dans une sorte d’auberge, une « casa de turismo rural » qui loue des chambres comme un hôtel, qui sert des dîners et aussi offre les lits d’une petite auberge de pèlerins d’une vingtaine de lits qui semble qui accueillante. Celle d’en bas, sur la route, où nous avons revu notre anglo-saxon assis au soleil, savourant le fait d’avoir trouvé une ou plusieurs places pour ses amis.

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Maison ancienne, plein de charme, où la patronne doit être française. Rituel de douche, jambes en l’air, lessive, sieste, promenade est de mise avant de dîner parmi de nombreux pèlerins qui dorment à côté et profitent de cette bonne table. Après l’effort, le réconfort.
La nuit sera calme et reposante après une bonne dose d’anti-inflammatoires.

www.tripadvisor.fr › … › Atapuerca › Loges à Atapuerca

CTR PAPASOL
(en haut du village, près de l’église)
Calle de En medio, 36
947 430320

½ pension pour deux : Euros 85.10