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Foncebadon – Ponferrada

Il est 8h15, nous ne sommes pas en retard et nous quittons Foncebadon dans la brouillard.

 

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Le spectacle est irréel car dans une demi clarté, les bâtiments effondrés sont encore plus impressionnants.

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En haut du village, un troupeau de moutons broute paisiblement dans un silence complet.
Nous devons monter à 1500 mètres d’altitude, de plus en plus dans le brouillard, pour atteindre la Cruz de Ferro, haut lieu du pèlerinage. La montée est rude vers ce point haut, et le pas est de moins en moins assuré sur les pierres qui roulent sur un chemin plutôt étroit qui serpente entre les bruyères blanches et mauves.
Après une bonne suée matinale, malgré la fraîcheur, nous atteignons la Croix de Fer où nous sacrifierons au rite du lancer du caillou. Dans les temps anciens, la pierre que l’on lançait était à la dimension des péchés que l’on voulait se faire pardonner. Quant on contemple le monticule, nul doute que certains sont montés avec beaucoup à se faire pardonner. Il y a donc un tas de pierre « historique » mais d’une belle dimension. Nous retrouvons là nos voisins de table d’hier soir, qui en sont, si ma mémoire est bonne à leur troisième étape. Ils sont partis de Léon.

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Et dire que chacune des pierres a été amenée ici par les pèlerins qui en jetaient une ou plusieurs pour se faire pardonner leurs fautes. Le plus gros était le péché, la plus grosse sera la pierre !

Nous avançons, toujours dans brouillard, sur un chemin encombré de racines d’arbres qui ne facilitent pas le passage.

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Peu après, nous avons droit, comme toute le monde, je crois, à la hauteur du refuge de Manjarin à un tintement de cloche qui nous salue en passant.

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Pendant à peu près six kilomètres de solitude, nous traverserons toujours dans le brouillard, de beaux paysages de lande plutôt désolés. En plus, brouillard oblige, il ne fait pas très chaud.
De temps en temps, un ou plusieurs pèlerins à bicyclette nous dépasse en nous saluant, cela fait un peu de distraction.

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Nous croisons, quelques centaines de mètres avant d’arriver à El Acebo, peu après le début de cette descente trop pentue à mon goût, un couple de pèlerins qui marchent en sens inverse.
Je suppose qu’ils reviennent de St Jacques à pied, comme on en verra d’autres plus loin.
Le chemin très raide, en descente donc, arrive à l’entrée du village.

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Heureusement qu’il ne pleut pas !

 

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Le village d’El Acebo, que l’on voit ci-dessus, vu d’en haut, abrite de belles maisons bercianes (du Berzio) car nous entrons dans cette région et nous ne la quitterons que pour entrer en Galice.

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Nous ne ferons pratiquement que descendre en suivant de près ou de loin, la petite route LE 142 en passant à
Riego de Ambros où le chemin, franchissant un gué, commence à prendre un aspect de sente de chèvres. Ce n’est pas très agréable pour les chevilles, mais cela passe.
Plus raide encore la descente sur Molinasecca où notre démarche change lorsque nous retrouvons le bitume de la route.
Molinasecca est un joli village-rue, bâti autour du chemin historique de St Jacques. Il est trop tôt pour penser à déjeuner, d’autant plus que c’est ce jour là la fête des Mères et il sera certainement difficile de trouver une table disponible dans les auberges du village.
Nous continuons vers Ponferrada en longeant la LE 142 sur un large trottoir pendant deux kilomètres en faux plat montant où il n’y a strictement rien à voir. Il n’y a qu’à avancer.
Chemin faisant, nous passons devant une plaque commémorant le décès d’un pèlerin anglais sexagénaire sur la droite du chemin. Ce n’est pas la première plaque ni la dernière que nous rencontrerons ! Le chemin semble faire un long détour en descente vers la ville quitte, comme d’habitude, à tout nous faire remonter quelques kilomètres plus loin. Harassés, il fait chaud, nous entrons dans la ville par un pont médiéval et remontons vers le château templier.
Erreur funeste. Au lieu de partir à droite, où se trouve notre hôtel, nous descendons dans la ville nouvelle et avançons sur un bon kilomètre. Qu’il nous faut refaire ensuite en sens inverse quand la troisième personne interrogée, nous dit que notre hôtel doit se trouver dans la vieille ville et non pas par là. Et c’est reparti

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Nous trouverons notre hôtel ½ heure plus tard, par hasard car son entrée se trouve dans une petite ruelle. Neuf, propre, rien à dire de négatif.
Il y a un peu plus de 30 kms que nous marchons. Il est 15h et c’est l’heure de se mettre à table. Repas convenable, pas cher. Pendant le repas, nous voyons arriver Lorraine qui a l’air assez fatiguée. Elle déjeunera à proximité de nous dans la salle de restaurant de l’hôtel.

Puis douche, sieste et le trafic habituel. Promenade pour faire quelques kilomètres de plus. Il fait frais dans cette vieille ville. Nous tuons le temps comme cela vient, en errant plutôt qu’en visitant. L’heure du dîner est arrivée à 20h30, dans la même salle. Il y a, ce soir, quantité de pèlerins qui dînent. Comme nous n’avons pas été capables de trouver l’auberge de pèlerins et surtout que nous étions bien fatigués, c’est l’hôtel qui tamponnera nos créanciales.
Une bonne nuit qui fut animée par de fortes pluies vers 4 heures du matin. Quel temps fera-t-il demain ?

 

www.hotellostemplarios.info

Hôtel Los Templarios
Cale Florez Osorio 3
24400 PONFERRADA (Léon)
987 411 484

Affiché à euros 60, nous avons payé euros 42 grâce aux vouchers Halcon
Les repas nous ont été facturés euros 22.43 pour deux personnes pour déjeuner et idem pour dîner, vin compris.

Astorga – Foncebadon

Aujourd’hui, notre étape se fera à Foncebadon. Nous devrons monter à 1200 mètres d’altitude. Le topo prévoit une halte à Rabanal del Camino mais, nos informations, certes incomplètes montrent qu’il n’y a pas de logement hors auberges de pèlerins dans ce village.
Ce qui s’avèrera faux car il y a de quoi se loger confortablement dans Rabanal, mais nous ne le savions pas.

Nous quittons notre hôtel à 8h30 sachant que nous avons environ 28 kms à parcourir et que le terrain monte en pente douce puis un peu plus forte sur la fin.
Il fait beau et un peu frais.

Nous suivons la route LE 142 que nous n’abandonnerons que quelques kilomètres avant Rabanal, soit sur le bas-côté, soit sur le chemin empierré qui lui est parallèle. Il n’y a pratiquement aucune circulation sur cette route.

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Calme du Chemin, calme des trois villages traversés. Le paysage est très beau. Il n’y rien à voir et tout à voir. L’œil est accroché par des détails, des couleurs. Dans El Ganso, des pèlerins sont installés à des tables à l’extérieur et prennent un café et un peu de repos dans un silence religieux (sans jeu de mots) !

Ce calme n’est dérangé que par le bruit des pas sur le chemin et les cailloux qui roulent

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Nous arrivons à Rabanal del Camino par la Calle Mayor qui est, en fait, le chemin de St Jacques. La montée est bien marquée et un peu de repos en haut ne serait pas de trop.
Justement à cet endroit, nous remarquons sur la gauche, un de ces hôtels dans lesquels nous aurions pu dormir et qui affiche un menu du pèlerin. Ils serviront dans une demi-heure.
Ok, nous attendrons dehors au soleil, assis sur un muret.
Nous serons rejoints par Lorraine, une charmante québecoise que nous connaissons déjà, et qui nous dit aller dormir à Foncebadon comme nous. Elle décide de déjeuner au même endroit que nous.
Nous mangerons à des tables voisines et je téléphonerai, en espagnol qu’elle ne parle pas, à Foncebadon pour réserver une chambre pour elle aussi dans cet endroit qui est perdu dans la montagne. Il serait, en effet, hasardeux, après 28 kms de marche de s’engager dans un quasi désert vert sans savoir où dormir. Excellent repas pour deux à 19.08 euros dans cette Posada de Gaspar qui s’avèrera être une « Casa de Turismo Rural » comme celles dans lesquelles nous avons déjà dormi ailleurs. Dommage !

Puis, nous repartons dans la lande, d’abord par une chemin caillouteux puis arrivons à la LE 142 que nous avions laissée avant le village et nous devrons la suivre pendant quatre kilomètres du moins c’est ce que dit le topo.

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Chemin faisant, l’attention diminuant, nous suivons de loin un marcheur qui, à un moment prend un autre chemin sur la droite. Sans vérifier, nous le suivons, puis le perdons. Nous décidons de revenir en arrière sur nos pas. Le point fait à la boussole, nous montre que « c’est par là » mais que si nous ne voulons pas retourner sur la route LE 142, nous devrons monter un raidillon de deux cents mètres qui en cache un autre et un autre. En fin de compte, nous avons peut être gagné de la distance, sans le chercher d’ailleurs, mais nous avons bien transpiré et peiné à monter en haut de cette colline qui abrite un relais radio. En haut, effectivement, nous nous trouvons à la hauteur de Foncebadon. (1450 m). Il ne nous reste plus qu’à rejoindre, en descendant un peu, l’hôtel dans lequel nous avons réservé.

 

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Le village est quasiment ruiné, la quasi-totalité des maisons sont effondrées et cela donne un impression étrange de village mort.
La Casa de Turismo Rural El Convento de Foncebadon nous permettra de faire notre halte mais sans plus. Le confort y est simple. Le repas s’avèrera catastrophique avec une soupe tiède (je le dis au patron qui ne semble pas apprécier) des boulettes de viandes insipides et une glace sans goût non plus dans une boîte en carton). Nous échangeons avec un couple de français que nous retrouverons lors de notre retour, dans la gare d’Hendaye. Nous les reverrons d’ailleurs à la Croix de Foncebadon, le lendemain matin, dans le brouillard.
Lorraine a dîné tôt et s’est couchée tôt. Nous avions bu un verre avant le dîner profitant du rayon de soleil couchant.

La nuit a été animée par un chien qui a cru bon d’aboyer une bonne partie de la nuit, nécessitant la mise en place de boules quiès en urgence.

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C’est peut être lui, qui se cache si bien dans les pierres !

Cette halte ne figurera pas dans les meilleures adresses de notre périple. Si nous avions su, nous nous serions arrêtés à Rabanal….Allons, c’est quand même l’hôtelier de Foncebadon qui a tamponné nos credenciales. Rendons lui cela quand même !