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Cervo – Loano

Réveil à six heures, ce matin. Départ à 6h45, arrêt à la station service pour le plein et en route, par l’autoroute, pour Cervo que nous atteignons un peu avant huit heures.
A huit heures trois minutes, témoin l’horloge de la gare voisine, nous reprenons notre marche vers le nord-est, vers Gênes.
Mes craintes concernant le trafic automobile sur cette route SS1 étaient vaines, au moins pour les premières centaines de mètres car nous marchons, jusqu’au panneau indiquant la fin de l’agglomération, sur un trottoir totalement isolé, par une barrière de protection du trafic.

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Le trafic est modeste. Nous suivons donc le bord de la route, un pied en permanence sur la ligne blanche car l’espace alloué au piéton n’est guère plus large que vingt cinq centimètres. Nous nous dirigeons ainsi vers le Cap Mimosa que nous franchissons et y enlevons les polaires devenues inutiles. Pas trop de voitures à cette heure matinale.
Nous redescendons, toujours sur la route, vers Andora.

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En bas de la côte, nous longeons le bord de mer jusqu’à la rivière et rejoignons la SS1 pour franchir cette même rivière. A gauche, après le pont, nous prendrons la rue Amerigo Vespucci qui remonte cette rivière, pour, arrivés au delà du pont de chemin de fer, en direction de l’autoroute, prendre à droite la route qui monte vers le « castello » en direction de Colle Micheri.

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Comme les jours précédents et à venir, bien sûr, notre souci est d’éviter cette SS1 qui, sur le papier, semble incontournable. De nombreuses recherches nous ont permis, jusqu’ici, de trouver de petits chemins ou routes qui, moyennant, quelquefois, un léger détour, nous font éviter les dangers et bruits de cette route nationale.

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Calme plat sur cette montée vers Colle Micheri. Ca monte, mais pas de trafic. Nous trouvons une voie romaine qui nous conduira au village de Colle Micheri en nous rappelant certain passage du Camino en pays Basque.

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Beau village perché et ligure puis une descente par un petit chemin
sympathique en surplomb de la mer, avec devant nous, Laigueglia et plus loin vers le nord, Alassio.

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Pour rejoindre Laigueglia, nous devrons suivre les lacets d’une petite route que nous aurions aimé pouvoir « couper ». En fin de compte, nous re-voici sur la SS1. Nous la longerons, à l’abri de tout danger, sur un trottoir que nous connaissons depuis longtemps, marchant sur Alassio, au bord de la mer. Nous traverserons Alassio par la plage, sur trois kilomètres. Sable ferme, personne et beau temps.

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Au bout de cette longue et belle plage, une question s’impose. Che faciamo ? Tente-t-on de contourner le cap devant nous, où il y a une route qui longe la mer ou monte-t-on à nouveau sur la SS1 ?
J’arrête un passant qui me répond que la route que nous voyons est un cul de sac qui s’arrête deux kilomètres plus loin, au port que nous ne pouvons voir. Je lui demande s’il est possible de rejoindre Albenga sans passer sur la SS1. Mais oui, dit-il, prenez la Voie romaine !
Vous voyez cette tour, sur cette hauteur, eh, bien, c’est là qu’elle passe.
Molto bene, pero dov’e la via romana ? Il nous explique et nous voila en train de monter la Via Sacra vers la Chapelle. Belle côte, belles maisons et grand calme !

 

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Repère du chemin de randonnée régional

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Une belle frise sur une villa en montant à droite.

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Au sommet de cette grimpette, nous trouvons la chapelle et un panneau nous indiquant que, par cette voie romaine, non seulement nous atteindrons Albenga sans dangers mais que nous verrons en route, les restes d’une église du Xème siècle mais de nombreuses sépultures romaines.
Autre panneau signalant la route à suivre

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La vue sur la mer est magnifique, en surplomb de la route.

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Nous ne croiserons quasiment personne jusqu’au sortir de cette voie quelques kilomètres plus loin.

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Albenga, que nous avons déjà visitée à plusieurs reprises ne nous verra que passer, cherchant à trouver un endroit où manger un plat de pâtes et repartir.
Nous ne trouverons rien d’ouvert et continuerons, le long de la mer et de la voie ferrée, longeant aussi quantité de fermes horticoles, vers Ceriale.

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Pas plus d’animation à Ceriale, mais nous avons réussi et c’est pour nous important, à marcher au calme, loin de la SS1.
Il nous faudra sortir les barres de céréales et autre pomme, pour satisfaire notre fringale.

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Toujours pas de restaurant en vue.
Borghetto San Spirito nous verra arriver vers treize heures. Nous irons frapper à la porte de l’office du tourisme où un monsieur nous accueillera en français d’une manière très chaleureuse et tamponnera notre créanciale. Nous continuerons de longer le lungomare jusqu’à Loano, notre destination pour aujourd’hui.

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En fait, tant qu’il y a une agglomération, nous avons la certitude de trouver ce précieux lungomare qui nous abrite du trafic automobile…
Une glace pour marquer notre satisfaction de l’étape accomplie compensera le déficit calorique jusqu’au dîner de ce soir. Direction la gare, glace à la main. Nous achetons notre billet Loano-Cervo. Le train part dans une heure, alors nous allons traîner dans la vieille ville, nous arrêtant à l’office du tourisme pour récupérer quelques cartes pour les étapes à venir.

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La nuit tombe quand nous descendons du train à Cervo. Nous retrouvons notre auto et repartons vers Eze par l’autoroute.
La prochaine étape nous ramènera, en voiture, à la gare de Loano d’où
nous tenterons de rejoindre Savona ou sa proche banlieue.
Aujourd’hui, nous avons parcouru entre trente et trente cinq kilomètres.

Arma di Taggia – Cervo

Ce matin, nous partons, en voiture, pour Arma di Taggia. Départ à 7h30 pour nous mettre dans le flot des travailleurs en route pour Monaco et le traditionnel bouchon matinal. Nous rejoindrons la moyenne corniche à Cap d’ail et filons vers l’autoroute.
Nous atteindrons Arma di Taggia à 8h50 et laisserons la voiture sur le bord de l’Argentina que nous franchirons sur le pont de la SS 1.
Il fait beau.

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Nous chercherons, avec un certain succès, aujourd’hui, à éviter de marcher sur cette route qui est vraiment très fréquentée, bien que le trafic aille à une allure réduite en cette heure matinale.
L’espace libre pour le piéton/pèlerin/randonneur se réduit à vingt centimètres entre la ligne blanche du bas-côté et la barrière métallique.
Trois cent mètres après le pont, nous partons donc sur la Strada Comunale Don qui nous évitera le premier virage de la SS 1. Puis, il faut y aller… mais cinquante mètres plus loin, sur la SS 1, surprise, heureuse surprise, derrière la barrière métallique et au delà d’une touffe d’arbres, nous découvrons que l’ancienne voie ferrée est praticable. Il n’y a, bien sûr, aucun accès possible de la route mais il « suffit d’enjamber la barrière, ce qui est prestement fait. Nous voici à l’abri du trafic, sur un terrain caillouteux longé par la mer.

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(la route est à gauche de la photo, la mer à droite)
(ajout 05.01.09 : ce chemin est maintenant goudronné.)
Après trois cents mètres, nous arrivons à Riva Ligure et suivrons sa promenade de bord de mer

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(quitte à franchir un gué sur l’embouchure d’un petit ruisseau.)

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suivie par celle de Santo Stefano al Mare qui nous conduit, toujours au calme du trafic, au port de plaisance.

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Un aimable carabinieri de passage à ce port de plaisance nous répond : « Oui, vous pouvez longer la mer sans marcher sur la route en empruntant l’ancienne voie ferrée ».

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C’est parti. Nous traversons tout le port dans le sens de la longueur, contournons un hôtel et devons escalader une petite butte pour accéder à la voie ferrée.

 

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Elle est en voie d’aménagement et nous nous demandons ce qu’ils vont bien pouvoir faire de cet espace. Une voie unique vers Imperia pour les autos ou un beau « lungomare » piétonnier, la fortune du pèlerin/randonneur.

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Comme le policier nous l’a dit, après trois ou quatre kilomètres de bonheur, au calme et au soleil, nous trouvons le tunnel qui semble bien long.

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Il est rectiligne, obscur mais au bout, il semble qu’il y ait de la lumière, lumière électrique au plafond. Andiamo ! Cette fois-ci, nous avons la torche électrique qui, en fait, n’éclaire pas grand-chose. Et c’est parti dans l’obscurité, sur un revêtement de ballast, nous avançons d’un pas hésitant. Six cents mètres après, approchant de la lumière, c’est les phares d’une voiture qui vient vers nous que nous voyons. Elle s’approche et le chauffeur nous dit qu’il ne nous est pas possible de continuer, que nous devons retourner d’où nous venons car  » il y a un chantier plus loin et beaucoup d’eau sur le sol. »
Cela arrange bien mon épouse qui, depuis quelques dizaines de mètres, semblait douter du bien fondé de notre entreprise.
Sur-réaliste conversation dans l’obscurité d’un tunnel. Je demande et obtiens que, quitte à revenir à l’entrée du tunnel, nous montions sur la plate-forme de sa camionnette. Accepté. Grazie ! Et c’est en « Ben-hur, les museaux au vent du tunnel, debouts sur la plateforme, nous tenant à une barre de fer, que nous en sortons.

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Arrivederci !

Déposés au pied d’un escalier de fortune qui nous ramènera à la route, nous saluons notre chauffeur éphémère.

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(Ajout du 05.01.09 : nous avons noté que, non seulement, comme dit plus haut, le chemin est maintenant goudronné mais il est large et les piétons sont séparés des cyclistes. Le tunnel, parcouru à pied ce jour est long de 1.5 km, descendant dans le sens Ventimiglia – Roma)
Mais il nous faut marcher sur la SS 1…rasant la barrière de sécurité et, malheureusement, tenus de marcher sur le côté droit de la route, contre toute règle de sécurité.

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Le choix du côté gauche se serait avéré plus dangereux encore compte tenu du fait que les vingt centimètres d’espace libre, le sont, de ce côté, entre la bande blanche et un mur assez haut, qui, en cas de problème, ne nous permet aucune échappatoire.
Par bonheur, à l’entrée de Costareinera, et par le hasard de la curiosité, nous voyons, en contre-bas, longeant la mer, le début d’une sorte de sentier de bord de mer récemment aménagé.

 

 

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On y va ! et bien nous en a pris car ce sentier nous mènera quasiment jusqu’à Aregai, (après avoir traversé la gare de San Lorenzo sul mare, désaffectée depuis quelque temps)

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où nous devrons remonter sur la route, avec toujours ausi peu d’espace pour marcher

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pour quarante cinq minutes pour nous approcher d’Imperia.
Là aussi. En entrant dans la périphérie de la ville, sur la droite, nous trouvons le lungomare Cristoforo Colombo qui nous mènera, tout au long de son parcours et de ceux des promenades maritimes suivantes jusqu’au terme de notre parcours

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Le temps se couvre et devient gris même si le soleil ,qui ne nous a pas laissés jusqu’ici, tend à disparaître derrière un voile de nuages d’altitude.
Le vent d’est s’est levé.
Porto Maurizio traversé comme indiqué plus haut,

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nous traversons Oneglia par le port

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et attaquons le lungomare qui suit vers l’est,non sans s’être arrêtés sur un banc flaquant la petite chapelle, banc sur lequel nous prendrons le temps d’avaler notre sandwich..La fraîcheur ambiante fera que la banane prévue au dessert se mangera en marchant.
Après les derniers parkings, le passage est fermé aux autos. Une fontaine tombe à point pour un lavage de mains post sandwich, avant de continuer la progression vers l’est.

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Une belle route de bord de mer sans trafic fait suite à cet accès fermé mais la question est : « est ce que cela ne s’arrête pas plus loin ? ». Nous sommes déjà passés par là, en promenade, il y a une bonne dizaine d’années et l’on ne pouvait guère aller plus loin. Pendant quarante minutes, nous nous interrogerons sur ce sujet, à peine rassurés par les quelques piétons, cyclistes et rollers que nous croisons.
Finalement, la voie est bien ouverte et nous conduit, sans tracas aucun, vers Diano Marina dont nous longeons les plages jusqu’à Cervo, joli village médiéval où nous arrivons à 14h45.

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Un coup d’oeil à la gare où le prochain train est dans quelques minutes. Nous ne le prendrons pas car mon épouse aimerait bien terminer sa marche par une belle et bonne glace italienne.
Nous avançons dans le village où, comme à Diano Marina, la quasi totalité des hôtels sont fermés, a fortiori les marchands de glace.
Nous attendrons le bus de 15h09 qui nous ramènera à notre point de départ en environ une heure.
Fraîcheur d’une fin d’après-midi d’automne, pas plus de glaces à Arma di Taggia qu’à Cervo et nous retournons à la voiture pour rentrer à Eze, contents d’avoir pu avancer un peu plus vers notre but.
Contrairement à nos appréhensions relatives à la route, nous n’aurons marché, au total, que quarante cinq minutes sur six heures environ sur la route que nous redoutons tant. Va bene !
Prochaine sortie, ce sera Cervo-Loano. Encore deux étapes avant d’arriver à Gênes qui sera notre terminus pour cette fin de 2007.