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Ventimiglia – Arma di Taggia

Il est presque neuf heures du matin lorsque nous quittons la voiture, garée au bord de la Roya, à Ventimiglia, pour partir pour notre deuxième étape vers Roma.
Tout d’abord, comme nous n’avons pas pu faire tamponner nos créanciales lors de la fin de notre étape précédente, office du tourisme fermé, églises occupées pour l’office du soir et policiers soupçonneux ne voulant pas y apposer un timbre officiel, nous tentons à nouveau, sans succès, notre chance dans l’église proche de la gare sur la via Cavour.
Tant pis, personne en vue, tour du cloître pour sortir, nouveau passage devant l’office du tourisme fermé à cette heure là et nous filons vers Bordighera. Il fait frais mais beau.
Nous resterons sur la voie Cavour jusqu’à la sortie de Ventimiglia. Si nous avions suivi le lungomare, nous aurions été tenus de revenir vers l’intérieur, et donc la voie Cavour, pour franchir la rivière Nervia. Il est tout à fait possible, en arrivant par le chemin que nous avons suivi l’étape précédente, une fois traversée la rivière Roya (remarquer les marques jacquaires au sol aux angles du pont) de tourner immédiatement à droite et suivre le « lungomare ». Au bout de ce lungomare, prendre à gauche, puis à droite. Rue calme qui permet de rejoindre le pont de la voie de chemin de fer par un escalier en béton et continuer sur Camporosso Mare. Là, tourner droite après le pont qui suit la station service, descendre un peu (repasser sous le chemin de fer) et continuer vers la mer. Au bout de la rue, à gauche , et tout droit en longeant le « lungomare » de Camporosso puis celui de Bordighera. Pas d’autos, que du calme !

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A la chapelle San Ampelio, qui marque la fin de cette longue promenade piétonne, nous prendrons la SS1, suivant les marques
jacquaires Santiago-Roma, route que nous laisserons pour longer la plage, piège dont nous ne sortirons que par une évacuation d’eaux de pluies qui nous ramènera sur la SS1. Un kilomètre de gagné au prix d’un peu d’exercices et acrobaties.

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Nous suivrons la SS1, sur le trottoir de droite, suffisamment large et sur une route au trafic plutôt calme, passant successivement sous le tunnel de sortie de Bordighera, devant le jardin Pallanca et notre première Casa Cantoniera qui nous indique que Rome n’est plus qu’à 679.5 kms !

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Ce trottoir nous conduira à Ospedaletti, à l’entrée de laquelle nous abandonnerons, par la droite, la SS1 pour entrer dans ce village en longueur, et continuer tantôt par la rue, tantôt par la plage vers l’est.

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Il y a bien l’ancienne voie ferrée mais, à cet endroit, elle ne nous est pas d’un grand secours. Retour sur la SS1 pour une bonne demi-heure qui nous conduira, en toute sécurité, sur le trottoir, surplombant la mer, à droite vers l’entrée de San Remo.

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Nous trouverons un panneau « al mare » indiqué sur la droite qui descend vers un parking de camping cars et un stade dont nous ferons le tour, puis prendrons l’ancienne voie ferrée

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que nous suivrons pour traverser la ville sans tracas, puis le port, puis le lungomare pour sortir de l’agglomération.
Tout au bout, une rue remonte sur la SS1 que nous allons suivre pour atteindre Arma di Taggia. Mais, quelques centaines de mètres plus loin, nous retrouvons notre voie ferrée abandonnée. C’est reparti !
Pas d’autos, du soleil et la mer.

 

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Comme nous n’avons pas pris de casses-croûtes, espérant trouver un marchand de pâtes en route, nous espérons que les deux établissements que nous voyons sur la plage sont ouverts…
Pas de chance, il nous faudra attendre Arma di Taggia. Nous marchons encore et arrivons à un premier tunnel que nous traversons sans encombre.

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qui nous mène à un autre tunnel, mais là, c’est une autre affaire !
Sombre, très sombre. Nous n’avons pas de lampe et, au delà de la lumière du jour, nous ne pouvons plus progresser et devons revenir à la sortie. Il y a, juste avant le tunnel, à gauche du chemin, de nombreuses maisons dont les gardiens à quatre pattes nous ont bien repérés. Pas question de repasser par là pour gagner la route qui est au-dessus à une dizaine de mètres.
Il ne nous reste qu’à grimper, tant bien que mal, un mur de pierre d’environs deux mètres, sac sur le dos et ensuite monter le talus, pour l’essentiel composé d’ordures accumulées et sèches avant de franchir la barrière de sécurité. A cet âge là !
Et nous revoilà sur la route pour quelques centaines de mètres avant d’arriver à Bussana, village précédant Arma di Taggia. Le restaurant sur la gauche au carrefour que j’espérai ouvert ne l’est pas et nous devrons, étant descendus à droite, vers le bord de mer, nous contenter d’autre chose.

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Le hasard fait bien les choses. A l’entrée de notre point de destination, il est quasiment 14h00, nous nous décidons pour un restaurant-cabanon dans lequel pour 47 euros nous déjeunerons d’une superbe poisson grillé chacun accompagné de grosses gambas, elles aussi grillées, servis avec quelques poivrons grillés aussi.

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Une bouteille de blanc de Gavi et deux cafés. Le propriétaire n’arrive pas à croire que nous arrivons de Ventimiglia, a fortiori que nous allons « a piedi » à Rome et que nous sommes allés par deux fois à Santiago « a piedi » !
Une glace à Arma di Taggia, en marchant au soleil.

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L’église est fermée donc pas de possibilité de tampon sur la créanciale. A vrai dire, nous décidons que, désormais, nous demanderons les tampons dans les offices du tourisme. Oublions la police et les églises. La police, contrairement à la police espagnole ne semble pas souhaiter mettre de tampons « officiels » et les églises sont soit vides soit en office quand nous passons.
C’est en prenant le bus, en changeant à San Remo, que nous reviendrons au point de départ. Et de deux !

Arma di Taggia – Cervo

Ce matin, nous partons, en voiture, pour Arma di Taggia. Départ à 7h30 pour nous mettre dans le flot des travailleurs en route pour Monaco et le traditionnel bouchon matinal. Nous rejoindrons la moyenne corniche à Cap d’ail et filons vers l’autoroute.
Nous atteindrons Arma di Taggia à 8h50 et laisserons la voiture sur le bord de l’Argentina que nous franchirons sur le pont de la SS 1.
Il fait beau.

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Nous chercherons, avec un certain succès, aujourd’hui, à éviter de marcher sur cette route qui est vraiment très fréquentée, bien que le trafic aille à une allure réduite en cette heure matinale.
L’espace libre pour le piéton/pèlerin/randonneur se réduit à vingt centimètres entre la ligne blanche du bas-côté et la barrière métallique.
Trois cent mètres après le pont, nous partons donc sur la Strada Comunale Don qui nous évitera le premier virage de la SS 1. Puis, il faut y aller… mais cinquante mètres plus loin, sur la SS 1, surprise, heureuse surprise, derrière la barrière métallique et au delà d’une touffe d’arbres, nous découvrons que l’ancienne voie ferrée est praticable. Il n’y a, bien sûr, aucun accès possible de la route mais il « suffit d’enjamber la barrière, ce qui est prestement fait. Nous voici à l’abri du trafic, sur un terrain caillouteux longé par la mer.

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(la route est à gauche de la photo, la mer à droite)
(ajout 05.01.09 : ce chemin est maintenant goudronné.)
Après trois cents mètres, nous arrivons à Riva Ligure et suivrons sa promenade de bord de mer

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(quitte à franchir un gué sur l’embouchure d’un petit ruisseau.)

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suivie par celle de Santo Stefano al Mare qui nous conduit, toujours au calme du trafic, au port de plaisance.

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Un aimable carabinieri de passage à ce port de plaisance nous répond : « Oui, vous pouvez longer la mer sans marcher sur la route en empruntant l’ancienne voie ferrée ».

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C’est parti. Nous traversons tout le port dans le sens de la longueur, contournons un hôtel et devons escalader une petite butte pour accéder à la voie ferrée.

 

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Elle est en voie d’aménagement et nous nous demandons ce qu’ils vont bien pouvoir faire de cet espace. Une voie unique vers Imperia pour les autos ou un beau « lungomare » piétonnier, la fortune du pèlerin/randonneur.

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Comme le policier nous l’a dit, après trois ou quatre kilomètres de bonheur, au calme et au soleil, nous trouvons le tunnel qui semble bien long.

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Il est rectiligne, obscur mais au bout, il semble qu’il y ait de la lumière, lumière électrique au plafond. Andiamo ! Cette fois-ci, nous avons la torche électrique qui, en fait, n’éclaire pas grand-chose. Et c’est parti dans l’obscurité, sur un revêtement de ballast, nous avançons d’un pas hésitant. Six cents mètres après, approchant de la lumière, c’est les phares d’une voiture qui vient vers nous que nous voyons. Elle s’approche et le chauffeur nous dit qu’il ne nous est pas possible de continuer, que nous devons retourner d’où nous venons car  » il y a un chantier plus loin et beaucoup d’eau sur le sol. »
Cela arrange bien mon épouse qui, depuis quelques dizaines de mètres, semblait douter du bien fondé de notre entreprise.
Sur-réaliste conversation dans l’obscurité d’un tunnel. Je demande et obtiens que, quitte à revenir à l’entrée du tunnel, nous montions sur la plate-forme de sa camionnette. Accepté. Grazie ! Et c’est en « Ben-hur, les museaux au vent du tunnel, debouts sur la plateforme, nous tenant à une barre de fer, que nous en sortons.

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Arrivederci !

Déposés au pied d’un escalier de fortune qui nous ramènera à la route, nous saluons notre chauffeur éphémère.

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(Ajout du 05.01.09 : nous avons noté que, non seulement, comme dit plus haut, le chemin est maintenant goudronné mais il est large et les piétons sont séparés des cyclistes. Le tunnel, parcouru à pied ce jour est long de 1.5 km, descendant dans le sens Ventimiglia – Roma)
Mais il nous faut marcher sur la SS 1…rasant la barrière de sécurité et, malheureusement, tenus de marcher sur le côté droit de la route, contre toute règle de sécurité.

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Le choix du côté gauche se serait avéré plus dangereux encore compte tenu du fait que les vingt centimètres d’espace libre, le sont, de ce côté, entre la bande blanche et un mur assez haut, qui, en cas de problème, ne nous permet aucune échappatoire.
Par bonheur, à l’entrée de Costareinera, et par le hasard de la curiosité, nous voyons, en contre-bas, longeant la mer, le début d’une sorte de sentier de bord de mer récemment aménagé.

 

 

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On y va ! et bien nous en a pris car ce sentier nous mènera quasiment jusqu’à Aregai, (après avoir traversé la gare de San Lorenzo sul mare, désaffectée depuis quelque temps)

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où nous devrons remonter sur la route, avec toujours ausi peu d’espace pour marcher

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pour quarante cinq minutes pour nous approcher d’Imperia.
Là aussi. En entrant dans la périphérie de la ville, sur la droite, nous trouvons le lungomare Cristoforo Colombo qui nous mènera, tout au long de son parcours et de ceux des promenades maritimes suivantes jusqu’au terme de notre parcours

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Le temps se couvre et devient gris même si le soleil ,qui ne nous a pas laissés jusqu’ici, tend à disparaître derrière un voile de nuages d’altitude.
Le vent d’est s’est levé.
Porto Maurizio traversé comme indiqué plus haut,

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nous traversons Oneglia par le port

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et attaquons le lungomare qui suit vers l’est,non sans s’être arrêtés sur un banc flaquant la petite chapelle, banc sur lequel nous prendrons le temps d’avaler notre sandwich..La fraîcheur ambiante fera que la banane prévue au dessert se mangera en marchant.
Après les derniers parkings, le passage est fermé aux autos. Une fontaine tombe à point pour un lavage de mains post sandwich, avant de continuer la progression vers l’est.

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Une belle route de bord de mer sans trafic fait suite à cet accès fermé mais la question est : « est ce que cela ne s’arrête pas plus loin ? ». Nous sommes déjà passés par là, en promenade, il y a une bonne dizaine d’années et l’on ne pouvait guère aller plus loin. Pendant quarante minutes, nous nous interrogerons sur ce sujet, à peine rassurés par les quelques piétons, cyclistes et rollers que nous croisons.
Finalement, la voie est bien ouverte et nous conduit, sans tracas aucun, vers Diano Marina dont nous longeons les plages jusqu’à Cervo, joli village médiéval où nous arrivons à 14h45.

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Un coup d’oeil à la gare où le prochain train est dans quelques minutes. Nous ne le prendrons pas car mon épouse aimerait bien terminer sa marche par une belle et bonne glace italienne.
Nous avançons dans le village où, comme à Diano Marina, la quasi totalité des hôtels sont fermés, a fortiori les marchands de glace.
Nous attendrons le bus de 15h09 qui nous ramènera à notre point de départ en environ une heure.
Fraîcheur d’une fin d’après-midi d’automne, pas plus de glaces à Arma di Taggia qu’à Cervo et nous retournons à la voiture pour rentrer à Eze, contents d’avoir pu avancer un peu plus vers notre but.
Contrairement à nos appréhensions relatives à la route, nous n’aurons marché, au total, que quarante cinq minutes sur six heures environ sur la route que nous redoutons tant. Va bene !
Prochaine sortie, ce sera Cervo-Loano. Encore deux étapes avant d’arriver à Gênes qui sera notre terminus pour cette fin de 2007.