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Burgos (Castrojeriz) – Fromista

28.04.06

Petit déjeuner à proximité du patron, plutôt bougon, ce matin.
Petit déjeuner encore plus espagnol que d’habitude, aujourd’hui.
La jambe est douloureuse. Il fait beau.

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Nous en avons, d’après le guide dont je déchire les pages au fur et à mesure que nous avançons, pour 26.1kms. Ce qui est nouveau, c’est que nous allons marcher au milieu de rien, sinon les éternels blés en croissance de chaque côté du chemin.

Devant nous, et aussi plus tard, derrière nous, nous voyons les pèlerins qui avancent au gré de cette pente plutôt raide pour le départ. D’ailleurs, à ce moment là, je pense que nous attaquons généralement depuis le début de notre parcours, les étapes espagnoles, par des côtes, au même titre qu’il semble que les hôteliers mettent un point d’honneur à nous faire dormir dans la chambre la plus élevée en étage, à notre arrivée et cela tant en Espagne qu’en France !

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Après un peu plus d’un kilomètre d’une montée sévère, nous voila enfin, en haut, sur le plateau de Mostelares où le vent froid nous accueille et ne nous quittera pas jusqu’à la fin de l’étape. Le paysage se décrit en quelques mots : Plateau désert, lignes droites de terre battue, blés verts ondulant au vent. Rien d’autre à dire, encore moins sur le village désert que nous traversons avant d’arriver à Itero de la Vega, à mi-chemin de l’étape, où nous achetons de quoi manger. Demi-pain, fromage, fruit.

Nous mangerons un en-cas à la sortie du village, dans un coin abrité du vent ou à peu près.
Et nous repartons pour le prochain village, Boadilla del Camino, à environ 8 kilomètres dans ce désert ondulant et froid.

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En haut d’un côte, sur le côté droit du chemin, nous voyons un tout petit re-plat, qui est à l’abri du vent et au soleil. Pas le temps de réfléchir, nous occupons l’espace. Cela ressemble, sous certains aspects, à l’abri que nous avions trouvé en franchissant le col de Roncevaux.

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Passe un senior britannique qui ne nous dit rien d’autre, sans s’arrêter, que « Marcher, toujours marcher » en espagnol. Puis, un français qui tient un bâton de marche à l’autre bout duquel se trouve un pèlerin aveugle qu’il aide à s’orienter. Ils viennent d’Arles et sont partis de St Jean Pied de Port. Nous les reverrons à Boadilla del Camino en train de chercher à s’installer à l’auberge de pèlerins.
Le reste de l’étape est du même acabit, c’est-à-dire vent froid et chemin relativement plat et caillouteux.

 

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Après Boadilla, nous trouverons le canal de Castille qui variera un peu le paysage, toujours sous le même vent, heureusement de dos, puis nous franchirons les écluses de Fromista.

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J’ai réservé une chambre à l’Hôtel San Martin qui n’est pas bien difficile de trouver tant le village est petit. De toute façon, il est à côté de l’auberge des pèlerins et devant la magnifique église romane du même nom.

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Accueil aimable, l’hôtel sera vite plein car les pèlerins arrivent.
Heureusement que j’ai réservé !
Chambre simple mais propre. Elle donne sur la place et sur l’église romane.

Rituel effectué, nous sortons à la recherche de la pharmacie où le pharmacien, à l’écoute des symptômes ressentis par le pèlerin que je suis, me dire que le meilleur moyen de traiter la tendinite, c’est d’arrêter de marcher ! Je luis demande quel est l’alternative. Il répond : des anti-inflammatoires et un mollet fortement bandé. Banco, je lui achète deux bandes élastiques, nous verrons bien ! En revenant, je vais à l’auberge tamponner moi-même nos credenciales car il semble qu’arrivent nombre de pèlerins à cette heure là et j’imagine que l’hospitalero a autre chose à faire que de tamponner les credenciales.
Le dîner s’avèrera catastrophique. A huit heures, heure d’ouverture de la cuisine, nous sommes à pied d’œuvre dans un bar qui sert des menus à huit euros qui semble être le seul ouvert ce soir là.
Nous mangerons dans une salle en longueur à l’étage au-dessus du bar, dans la fumée qui stagne au plafond, fumée produite par une cinquantaine de jeunes clients qui fument au bar.
Le repas en soi est minable et expédié en trente minutes maximum.
Nous sommes contents de retrouver le vent dehors qui a encore plus fraîchi mais au moins nous enlèvera cette odeur de tabac. Retour au bercail et au lit.

Nous aurons le lendemain l’explication de la présence de tant de jeunes dans ce bar quand nous apprendrons que Fromista est dans sa semaine de fêtes qui suit Pâques et célèbrait ce soir là un saint local. Ils ont célébré toute la nuit sur la place devant notre fenêtre à chanter et danser, heureusement sans musique ! Et au matin, quand les premiers pèlerins sont sortis de l’auberge vers 6h00, cela a donné une longue suite de « Buen camino ! » bien sympathiques mais bien énervants pour qui n’a pas ou peu dormi comme mon épouse et, j’imagine, bon nombre de pèlerins du refuge !

 

www.hotelsanmartin.es

Hôtel San Martin
Plaza San Martin 7
FROMISTA (Palencia)
979 81 00 00
Chambre et pdj 47.80 euros

Atapuerca – Burgos

25.04.06

Comme hier soir, à table, nous dormions déjà, le sommeil n’aura pas été dur à trouver malgré la fatigue.
Au petit déjeuner, tout le monde semble être parti et nous sommes les derniers comme souvent. Le pèlerin se lève tôt, il faut bien que cette règle soit confirmée..

La patronne nous conseille de dormir à l’hôtel Norte à Burgos notre prochaine étape. C’est parti après le petit déjeuner, parti dans le brouillard. Nous montons, et plus nous montons, plus le brouillard s’épaissit. De 100 mètres de visibilité au départ, c’est à peine 20 mètres lorsque nous rattrapons le groupe de pèlerins parti avant nous. Nous voila en tête sans y voir goutte. La pente est forte et caillouteuse et les signes du Chemin assez dispersés.
La tendinite est très douloureuse, vivement que nous arrivions à Burgos.
Nous nous sommes promis une halte de deux nuits au moins à Burgos pour nous reposer car il y a un peu plus d’un mois que nous sommes sur la route à tracer nos 25/30 kms par jour sans se reposer deux nuits au même endroit. Aujourd’hui ce sera seulement 18kms en tout car nous allons raccourcir l’étape.
Nous montons au Termino de Atapuerca, point culminant du parcours puis redescendons dans le brouillard en longeant les fils barbelés de ce qui doit être un camp militaire.

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Cardenuela Riopicco et Quintanilla Riopicco ne présentent aucun intérêt si ce n’est que d’être les derniers villages (presque déserts) que nous trouverons avant l’agglomération de Burgos.
Nous longeons la route une trentaine de mètres plus haut sur ce qui semble être une ancienne voie ferrée désaffectée. Calme, pas d’autos mais concerts de chiens, heureusement enfermés.
Il est à signaler et nous le verrons même davantage un peu plus loin que les chiens espagnols ou du moins ceux que nous avons rencontrés n’ont rien à voir avec les chiens français qui ne pensent qu’à hurler ou à vous agresser, du moins en campagne. Les chiens espagnols sont tranquilles en général et absolument pas agressifs.
Le franchissement de l’autoroute – en dessous- ce fait sans problèmes et nous continuons dans un paysage de travaux publics en cours et autres chantiers. Pas folichon. Devant nous, le village de Castanares.que nous atteignons à 12h.
Nous commençons à spéculer sur la fréquence des bus pour Burgos car la décision est arrêtée.
Un, ma jambe me fait maintenant très mal et deux, traverser à pied des kilomètres de zone industrielle ne nous plaît guère. Trois, il est temps que nous nous arrêtions !
A peine terminées ces considérations, pendant que nous marchons, nous voyons un bus faire demi-tour à son terminus et se garer sur son point de départ. C’est celui là ! en fait, on n’en sait rien, mais quand nous voyons la masse de pèlerins qui l’attendait commencer à monter dedans, il faut courir sur deux cents mètres y compris la traversée de la N120 bien fréquentée à cette heure là. Ca passe, et nous serons les deux derniers à embarquer. Ouf ! Le conducteur doit avoir l’habitude de voir arriver des pèlerins courant vers son bus.
Et pendant huit kilomètres nous traversons la « banlieue » de Burgos et doublons celles et ceux des pèlerins qui avancent vers la ville.
Nous trouvons dans ce bus une bande de quadragénaires mâles originaires de la région de Toulouse dont Burgos est l’étape finale (avant d’y revenir) de ce pèlerinage. Nous les avions déjà rencontrés dans le village de Viloria, il y a quelques jours, où nous avions un peu parlé alors qu’ils s’arrêtaient pour se désaltérer.
Au terminus du bus, il nous faut trouver l’hôtel Norte. Nous partons dans un sens sans plan.
Un monsieu, pas tout jeune, nous arrête, en nous demandant où nous allons. Il est un des responsables de l’Association jacquaire de Burgos et a parcouru plusieurs fois le chemin de St Jacques.
Il décide de nous accompagner à l’hôtel auquel nous tournions le dos. Charmant accueil et chaleureux échanges même si je n’arrivais à comprendre qu’un mot sur trois. Il nous laissera à l’entrée de l’hôtel. Qu’il soit à nouveau remercié ici.
L’hôtel est ancien mais très propre et plein de charme. Nous avons une belle chambre d’angle, très lumineuse.
Contents d’être à Burgos où nous prenons conscience de notre fatigue. Odile se repose après le rituel d’arrivée et je pars chercher l’auberge de pèlerins pour le tampon sur la crédentiale et aussi une pharmacie pour acheter de quoi soigner cette tendinite car je ne suis guère optimiste.
J’ai très mal. L’auberge de pèlerins ne se trouve pas où elle était auparavant mais hors de la ville. Tant pis, on verra plus tard.
La pharmacienne, dont l’officine est en face de l’ancienne auberge (qui abrite maintenant une église), me conseille et me vend une pommade anti-inflammatoire. J’ai des cachets anti-douleur que je n’ai jamais pris dans mon sac.

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Retour à l’hôtel, soins, repos et ensuite sortie pour aller dîner. Il a fait beau mais il fait frais et nous sommes fatigués. Nous tournons un peu pour rejoindre un restaurant sympa, où il n’y a pratiquement que des français à table, dont deux ou trois pèlerins hormis nous.
Servi par un jeune Roumain sympathique, un repas convenable pour pas très cher. Puis, au lit !

www.hotelnorteylondres.com/fr/

Une nuit pour deux avec pdj et taxes : Euros 77.04
Journée de repos à Burgos.
Bonne nuit malgré la jambe qui tire toujours. Crème et re-crème au coucher et au lever.
Petit déjeuner classique espagnol même dans un trois étoiles.
Nous prévoyons d’aller visiter Burgos et surtout la Cathédrale.
Surprise à la réception, nous ne pouvons garder la chambre que nous avons et l’hôtel est complet aujourd’hui. Je demande à ce que l’on me trouve l’équivalent car, hier, la réceptionniste ne nous a rien dit sur cela.
Ce sera l’hôtel Maria-Luisa. Il est à quatre cent mètres. Il nous faut refaire les sacs, et repartir vers un autre quartier. Nous finissons par le trouver sur une grande avenue de Burgos, l’avenida del Cid, 42.(tel 947.228.000 – http://www.hotelrice.com)

L’entrée ressemble à une entrée de cafétéria et il semble que l’hôtel occupe un ou plusieurs étages de l’immeuble qui l’abrite. La chambre est très confortable, très bien meublée et décorée. Il y a tout le confort et le fait que la fenêtre donne sur l’arrière, sur une rue somme toute calme malgré la présence d’une école, la chambre est plus calme que celle que nous avions à l’hôtel Norte y Londres.
Sac posé, nous allons déjeuner dans un bar, repas ouvrier sans intérêt.

www.marialuisahotel.com/
Puis, la visite de la cathédrale et de la ville va nous occuper un bon moment permettant à la tendinite de se maintenir…Cette cathédrale, vieille de huit siècles, est un monument incontournable sur le Chemin. Les guides ou sites spécialisés vous en diront bien plus et bien mieux que je ne pourrais le faire. Magnifique ! Nous y retrouvons des visages pèlerins connus de nous dont la charmante canadienne, rencontrée à Pamplona, dont nous avons déjà parlé.

Nos credenciales sont tamponnées par la réception des magasins de la cathédrale qu’y s’y prêtent aimablement.

Un tour à la gare routière pour repérer les horaires car nous avons un projet.

Le soir, dîner dans un restaurant cher. Il fallait bien se faire plaisir. Non pas que nous cherchions un restaurant pour dépenser notre argent mais tout simplement parce que dans la ville de Burgos quant on est piéton et fatigué, il est difficile de trouver où convenablement dîner. Ce sera au restaurant « la Posada », Plaza Sto Domingo de Guzman, non loin de la Cathédrale, en étage, servi par une charmante sud-américaine comme on en voit beaucoup en Espagne. Odile se souvient encore des artichauts aux amandes….

Au lit à minuit, l’on sent qu’il y a relâchement de la discipline quotidienne.

27.04.06

Petit déjeuner à l’espagnole parmi les fumeurs. La note : Euros 77.36 pour la chambre + deux pdj + une bière au minibar).
Pas de marche aujourd’hui mais du déplacement.
Nous partons, sac au dos, vers la gare routière. Avant un arrêt dans un magasin de sport où Odile achète un « débardeur » d’une marque à bande pour se prémunir contre les chaleurs attendues.
Une fois trouvée la gare routière, nous déposons nos sacs à la consigne. En effet, nous ne reviendrons les prendre que pour prendre le bus vers Castrojeriz, ce qui nous fera sauter une étape, celle de Hornillos del Camino où nous n’avons pas pu trouver de logement hormis l’auberge de pèlerins. Cela ne change rien à notre périple car le fait de n’avoir pas franchi environ 19 kms de Meseta n’enlève rien aux autres 200 kms de Meseta que nous avons effectué.
Equipés mais sans sacs, nous décidons de tuer le temps en allant voir l’auberge de pèlerins qui se trouve dans le parc du Parral et tenter de faire tamponner nos credencials. En fait, nous verrons le bâtiment que nous n’approcherons pas mais irons voir le Monastère voisin sans succès non plus puisque nous arriverons à la fermeture des guichets pour la visite.
Tant pis, retour en ville, par de petites rues calmes. Nous déjeunerons à la Casa Pancho de deux menus du jour à Euros 10.80 chaque (calle San Lorenzo 13/15).
Puis, à nouveau promenade pour entretenir la tendinite et une longue attente à la gare routière dans le manque d’informations le plus complet. Une demi-heure avant l’heure prévue du départ, un guichet s’ouvre et je peux acheter deux passages pour Castrojeriz. A 17h30, on s’en va et une heure après, nous arrivons dans ce village de la Meseta, pratiquement désert. Nous descendons avec une élégante pèlerine brésilienne que nous ne reverrons plus. Elle va à l’auberge de pèlerins et nous à l’Hostal-Restaurante El Meson où nous avons réservé une chambre.

http://www.laposadadecastrojeriz.es/
Bon accueil dans ce bout du monde, chambre très propre et confortable avec des lits régionaux. Manque un peu de lumière dans la chambre mais, cela mis à part, comment en demander plus pour un prix de 50 euros. Très belle maison ancienne.
D’ailleurs, la visite du village nous montrera que tout le village est soit en ruines soit en maisons anciennes. La lumière éclaire le quasi désert qui nous entoure et que nous découvrirons demain. En attendant, nous prendrons le repas à l’hôtel (8 Euros x2) où nous retrouverons à nouveau des visages connus qui dorment à l’auberge de pèlerins mais, à l’heure du dîner, préfèrent s’en éloigner pour des endroits plus tranquilles ou plus intimes comme la salle dans laquelle nous sommes qui est, malgré sa dimension, plutôt propre et bien décorée.
A l’heure où nous dînons, il y a un pèlerin qui mange seul, une table de quatre pèlerins dont notre canadienne, un brésilien et un couple d’une dame et une jeune fille que je crois allemande (germanophone en tout cas) mais qui s’exprime en anglais avec les deux autres. Et nous deux ! Les espagnols que nous avons vu sont arrivés quand nous sommes partis. Nous n’avons pas les mêmes horaires !
Traitements habituels pour la jambe et au lit de bonne heure !
Demain, nous attaquons la Meseta !

Belorado – Atapuerca

24.04.06

Ce matin, la jambe tire un peu plus qu’hier. Cliptol encore et encore.
Préoccupant car l’étape d’aujourd’hui, même si elle n’est annoncée que pour environ 32 kms, prévoit la traversée des monts Oca et devrait être assez physique.
De plus pour le moral, regardant par la fenêtre pour m’assurer du temps à venir, je vois un pèlerin que nous connaissons de vue qui boîte bas et qui fait du stop devant l’hôtel.
Je le vois cesser et prendre le chemin que nous allons prendre dans quelques minutes à notre tour. Je suppose qu’il a été pris un peu plus loin car nous ne l’avons pas rattrapé.

La route N120 est toujours aussi près de notre Chemin mais sans nous ennuyer.

 

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Derrière le pèlerin, en second plan, le sanctuaire de Virgen de la Pena (hors chemin)
Au contraire, de temps en temps, le passage des camions nous apporte un peu de distraction. Les bords du chemin étant seulement couverts de blés naissants, la monotonie s’installe rapidement.

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Eglise de Viloria, village de naissance de Sto Domingo de la Calzada

Presque à la moitié de l’étape, nous découvrons les ruines du monastère San Felices de Oca, sur la droite du chemin et, sur notre gauche, devant nous, Villafranca Montes de Oca.

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Sur le parking en entrant dans le village, nous allons à l’épicerie-boulangerie acheter le casse-croûte du midi avant d’attaquer la traversée des landes et forêts qui seront notre environnement jusqu’à bien après San Juan Ortega. Ce ravitaillement s’avère plutôt cher, ce qui se comprend car, une fois, le flot de pèlerins passé, il ne doit y avoir que le rare passage comme clientèle ! Mieux vaut le savoir avant

 

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D’entrée, dès que nous avons passé l’église, cela monte sec et cela continuera sur presque trois kilomètres, quelquefois en remontant le lit de petits ruisseaux au milieu du chemin qui n’aide pas à stabiliser le pas du pèlerin. Beaucoup d’entre eux d’ailleurs peinent et soufflent. Notre cadence reste soutenue sans trop de difficultés malgré la pente. Le plus dur est à venir….

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Le paysage est de toute beauté. Très sauvage, désert, beaucoup de landes et de pins, rien où presque n’arrête le regard.

A 1150 mètres d’altitude, au col de la Pedraja, nous avons une pensée pour les morts de la guerre civile espagnole dont un monument émouvant marque le souvenir dans cet endroit perdu. Et hop, le chemin plonge vers une passerelle tout en bas pour remonter quasiment sous forme d’un mur qui nous ramène à la même hauteur que le monument.
Puis ce sera une succession de pistes sur cinq kilomètres avec strictement aucun endroit pour s’asseoir si ce n’est au sol. En fait, nous avançons plutôt bien, malgré la jambe qui tire de plus en plus et dont je ne sais plus comment poser le pied , et c’est en marchant que nous mangerons si ce n’est l’inverse…

De plus en plus mal. Nous descendons doucement vers San Juan Ortega dont, au détour d’un virage, nous voyons les toits.
Au bout du chemin, à gauche, sur la photo.

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Il fait particulièrement chaud au long de cette étape et une fois la visite payée au Monastère et la crédentiale tamponnée à l’auberge des pèlerins, nous allons nous rafraîchir au bar qui semble être intégré aux locaux religieux.

Accueil de m…, service de m…On se demande de quoi vivrait le propriétaire ou le gérant s’il n’y avait les pèlerins mais apparemment c’est le cadet de ses soucis. Nous nous installons en terrasse au soleil le temps de boire notre consommation et nous repartons. Nous avons noté, sur cette même terrasse, un couple d’anglophones d’environ 35 ans que nous connaissons de vue. Comme nous ne dormons pas à San Juan Ortega, nous repartons vers Atapuerca, six kilomètres plus loin. A peine partis, nous sommes rattrapés par le monsieur du couple qui ne marche pas mais fonce littéralement vers l’ouest devant nous. Il est clair que, du fait que l’auberge de San Juan Ortega n’est pas connue pour son confort, beaucoup de pèlerins filent où nous allons pour une halte plus confortable dans une auberge privée. Ajoutons que le bar où nous avons bu est aussi restaurant et que nous avons appris, par la suite, à Burgos, que ce restaurant est une vraie calamité pour les pèlerins affamés et fatigués car le service est particulièrement long, très long. A croire qu’il n’y a qu’une seule casserole dans la cuisine et qu’il faille attendre que la table qui vient d’être servie ait fini pour que le service commence à la vôtre. Caricature pour montrer quelques failles d’organisation dont le pèlerin est souvent la victime silencieuse.

Pendant presque quatre kilomètres, nous avançons dans la lande dans un paysage empreint de sérénité. Puis nous arrivons à Agès, où nous prenons la petite route vers Atapuerca que nous suivons sur 2.5 kms. Cette route me semble interminable d’autant plus que la jambe est de plus en plus difficile à poser au sol. …. Fatigue.

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Nous avons réservé dans une sorte d’auberge, une « casa de turismo rural » qui loue des chambres comme un hôtel, qui sert des dîners et aussi offre les lits d’une petite auberge de pèlerins d’une vingtaine de lits qui semble qui accueillante. Celle d’en bas, sur la route, où nous avons revu notre anglo-saxon assis au soleil, savourant le fait d’avoir trouvé une ou plusieurs places pour ses amis.

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Maison ancienne, plein de charme, où la patronne doit être française. Rituel de douche, jambes en l’air, lessive, sieste, promenade est de mise avant de dîner parmi de nombreux pèlerins qui dorment à côté et profitent de cette bonne table. Après l’effort, le réconfort.
La nuit sera calme et reposante après une bonne dose d’anti-inflammatoires.

www.tripadvisor.fr › … › Atapuerca › Loges à Atapuerca

CTR PAPASOL
(en haut du village, près de l’église)
Calle de En medio, 36
947 430320

½ pension pour deux : Euros 85.10

Sto Domingo de la Calzada – Belorado

23.04.06

Départ avec le beau temps mais il fait toujours frais.
Notre chemin, aujourd’hui, sera lié à la N 120. Nous marcherons en parallèle, sur un chemin plus ou moins éloigné au gré des ruisseaux et des collines mais serons quasiment en permanence en vue de cette route.
Heureusement pour nous, nous sommes dimanche et le trafic est plutôt calme. Ultréia, toujours vers l’ouest, donc soleil dans le dos. Le chemin ondule, en pente légère, d’une colline à l’autre, d’un village à l’autre, et nous les traverserons en suivant les « calle mayor » de ces endroits souvent déserts.
Au départ, nous ne choisirons pas le détour « Véron » par Corporales car le trafic de la N120, comme dit plus haut, ne l’exige pas et que le chemin sur lequel nous sommes n’est ni glissant ni mouillé.
Nous nous arrêtons pour un petit casse-croûte à Castidelgado auprès d’une fontaine.

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Il semble qu’une tendinite au devant du mollet droit soit en train de prendre forme.
Cliptol sur une bonne couche sera le remède du jour et on continue.
C’est une belle étape, le chemin étant agréable à marcher et le soleil avec nous.
La traversée des villages de Viloria de Rioja et de Villamayor del Rio n’apportent pas plus de vie à notre pérégrination et nous arrivons à Belorado vers 14h45.
La descente dans le village est charmante, nous passons devant une petite auberge simple mais accueillante qui semble être complète. De toute façon, nous avons une réservation à l’hôtel Belorado, réservation effectuée par téléphone hier.
Nous tournons dans la petite ville en traversant la Plaza Mayor où nous reviendrons plus tard boire un coup en terrasse avant que le soleil ne tombe et avec lui la fraîcheur.

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Nous revenons sur la N120 qui traverse Belorado et c’est à huit cent mètres du centre que nous trouvons l’hôtel. Cette rue/route me laisse penser à la route 66 qui traverse les Etats-Unis. De part et d’autre des commerces de peaux ou vêtements en peau, puis des bâtiments sans charme et l’hôtel lui aussi sans charme.
Accueil sans chaleur, installation pour le rituel habituel de lessive, jambes en l’air et douche.
Inquiétudes sur le chauffage qui viendra avec la tombée du jour. Notre chambre a une petite terrasse sur laquelle le soleil donne, au dessus du parking des routiers, ainsi notre linge sera sec rapidement.
La salle à manger est occupée d’une couple d’automobiliste français et d’un habitué auquel, sans le savoir, nous avons pris la place, mais qui, semble-t-il à l’air de s’en accommoder, cela après une petite conversation avec le patron.
Le repas est triste comme la salle à manger. Nous sommes fatigués et nous contentons du repas qui nous est servi dont nous ne nous rappelons, ni l’un ni l’autre, de ce que nous avons mangé. C’est pour dire !
En fait, je note que nous sommes fatigués ce jour là mais c’est chaque jour le cas avec plus ou moins d’intensité car nous marchons environ sept heures par jour et le poids du sac (9kg en moyenne) qui se fait oublier dans la journée pèse quand même. Enfin, nous ne marchons que rarement sur du plat, au moins depuis que nous sommes partis. La partie plate viendra après Burgos mais pas pour longtemps !

www.hotelbelorado.com/ 

Demi pension Euros 71.33 pour deux

Najera – Sto Domingo de la Calzada

22.04.06

Bonne nuit de repos. Nous prendrons le petit déjeuner en bas.
Nous descendons à la cafétéria de l’hôtel mais n’arrivons pas à comprendre où et comment se sert le petit déjeuner. La serveuse semble occupée.
Nous décidons de partir et de prendre le petit déjeuner de l’autre côté de la rivière dans la vieille ville. Petite boutique tranquille, cafés doubles, viennoiseries, pain et beurre et en route.

Cela grimpe sec à la sortie de Najera et les indications ne sont guère claires. Je demande à une dame qui me donne l’impression de répondre à un extra-terrestre tant la réponse lui semble évidente : là, tout droit !

Il fait frais et gris. Le pas est vaillant et le corps reposé. Nous marchons sur du goudron sans rencontrer une seule voiture pratiquement jusqu’à Azofra que nous traversons sans même prendre le temps de boire un café, contrairement à d’autres pèlerins que nous connaissons de vue. Légère descente pour finir de traverser le village et nous embrayons sur Ciruena.

Dès que nous sortons d’Azofra, l’enfer commence. Il a bien plus hier, et pendant longtemps. Le terrain est boueux. Ce qui ne doit être par temps sec qu’une fine croûte d’argile est devenu une « bouillasse » rougeâtre particulièrement glissante. Comme il n’y a aucun endroit sec, marcher sur les bas-côtés où il y a un peu d’herbe est la seule solution pour ne pas tomber, encore que sur l’herbe, il faut faire aussi bien attention. Et le crachin arrive. Ponchos, guêtres, déjà vu. Pour compléter le tout, la topologie du terrain se résume en gros à une longue descente suivie d’un replat en fond de vallée et ensuite une longue, très longue montée vers Cirueña où, les pas des pèlerins aidant, c’est une patinoire que nous allons monter.
Cela va durer trois heures environ. Il ne fait pas chaud, on ne peut s’arrêter nulle part ni poser son sac à terre, bien sûr.
Enfin, après une belle côte bien raide mais pierreuse, sur laquelle l’on glisse moins, nous arrivons au point haut du parcours, presque 600 mètres. Derrière nous, nous pouvons voir la file des pèlerins qui continuent à batailler avec cette gadoue.
Nous longeons le golf sur notre gauche, mais des travaux de construction d’immeubles nous font perdre le chemin. Je demande à un grand-père qui nous indique un clocher à gauche.
C’est par là ; nous traversons le village, gagnons la route LR 204 que nous suivons (sans plus glisser) sur quelques centaines de mètres avant de bifurquer à gauche sur un chemin plus solide sinon plus sec.
Toujours tout droit sur ce chemin à travers champs pendant environ cinq kilomètres. Ca monte encore un peu, puis nous apercevons notre étape Santo Domingo de la Calzada.qui nous accueille avec le soleil , en arrière plan sur la photo !

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Pas longtemps mais sans pluie. Passons devant le dépôt de pommes de terre et arrivons en ville par la N 120.
Il est 14h et nous avons bien marché malgré les difficultés, le métier commence à rentrer.
Nous aurons fait 21 kms seulement mais la boue nous fait nous sentir comme si nous en avions fait bien plus. Nous allons déjeuner en ville d’un repas simple au restaurant Rio pour 37 euros, restaurant qui ne présente que l’intérêt d’exister et d’avoir une gentille jeune serveuse d’origine marocaine, donc francophone.
Nous retournons sur nos pas pour rejoindre l’hôtel Corregidor dans lequel nous avons réservé, charmant trois étoiles. La fatigue se faisant maintenant sentir nous dormirons un peu dans l’après-midi puis irons visiter l’église et le monastère cistercien où notre statut de pèlerin nous permet d’entrer pour ½ tarif. C’est bien la première fois que notre statut temporaire nous sert à quelque chose ! Magnifique visite et je vous renvoie à vos guides pour comprendre pourquoi il y a une basse-cour à l’intérieur de l’église.

Le soleil est revenu, il y a du monde en ville mais la fatigue s’accentuant, nous décidons de dîner à l’hôtel et de filer au lit juste après.
Chemin faisant, nous passerons à nouveau devant l’auberge de pèlerins qui est située à proximité de notre hôtel.

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www.hotelelcorregidor.com

Hôtel Corregidor
Calle Mayor 14/16
26250 – SANTO DOMINGO DE LA CALZADA
941342128

½ pension pour deux Euros 133.22

Logroño – Najera

20.04.06

Petit déjeuner dans la chambre comme prévu.
Il est 8h15 lorsque nous partons de l’hôtel. Arrêt dans un bar : « Dos cafés solo » pour faire passer le petit déjeuner. Et en route pour Najera.

La sortie de Logroño se fait par une grande avenue que nous abandonnons vite pour partir à gauche vers un grand parc bien entretenu qui nous rapproche d’une voie rapide (périphérique ?) qui matérialise la sortie de la ville. S’ensuit un belle piste cimentée bien tranquille où beaucoup de Logronais ( ?) viennent prendre un peu d’exercice. C’est pour les pèlerins que nous sommes un beau support pour marcher. Et cela va durer jusqu’au barrage de la Grajera, soit presque quatre kilomètres.
Environ trois kilomètres plus loin dans la descente qui rejoint la nationale 120, il y a une scierie de belle importance et par conséquent beaucoup de bouts de bois au sol ou à portée de main. Il est étonnant de voir combien les pèlerins ont fabriqué de croix avec ces bouts de bois et les ont fichées dans le grillage qui sépare le chemin de la route nationale 120.
Sur près d’un kilomètre, les croix bordent le chemin, de toutes tailles et de toutes sortes de bouts de bois.
On avance dans ce décor surréaliste et bientôt nous partons à gauche, s’éloignant du trafic de la nationale 120 vers le village de Navarrete qui trône sur la colline au loin devant.
Dans le village, après une montée un peu « casse-pattes » nous cherchons à acheter à manger.
Nous trouverons une supérette pour nous ravitailler en fromage et mortadelle, un boulanger dont le magasin se trouve au fond d’un long couloir et vend d’excellents gâteaux et nous continuons. Il fait frais et le temps se couvre. Nous prenons un peu d’eau à la fontaine et nous commençons une longue ascension d’une pente plutôt modeste.
La pluie menace. Nous nous équipons en ponchos et guêtres.
Pour rien. Deux kilomètres plus loin, nous remballons.
Le chemin devient monotone et nous avons la certitude de faire des crochets pour rien tant les indications sont contradictoires. Notre chemin nous ramène sans cesse butter sur la Nationale 120 et son trafic incessant et bruyant. Des travaux autour de cette route rendent difficile le passage et surtout il n’y a aucun endroit pour s’asseoir pour manger.
Il faudra que nous attendions de trouver un égout en ciment, seul endroit à peu près sec. Le repas est vite avalé car le vent a tourné est souffle de plein ouest, c’est-à-dire, pour un pèlerin vers St Jacques de Compostelle, de face et il forcit.

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Nous avançons dans un paysage de vignes (la Rioja) et de terre rouge glaiseuse.

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Après avoir franchi une montée caillouteuse et bien raide dans laquelle deux cyclistes italiens semblent en baver, nous découvrons la cuvette où se trouve Najera, notre étape.
Un énorme orage est en train de passer devant nous à peu de distance. Au loin, vers le sud, de grandes montagnes sont tachées de neige. Dans cette plaine, difficile, au vu du nombre de villages devant nous, de savoir lequel est Najera.
Encore une heure et demie de marche pendant laquelle nous croiserons une pèlerine à cheval revenant de St Jacques et son chien, et le vent commence à forcir encore plus. Quelques gouttes nous donnent le signal pour nous rééquiper : ponchos, guêtres, béret et gants. Il fait très frais.
Cinq minutes après, c’est le déluge. Avec ce vent de face, les ponchos sont collés au pantalon qui ne tient pas longtemps sec. Il pleut encore beaucoup quand nous touchons les portes de la ville après être passés devant ce mur d’usine qui sert de support à un long poète en allemande et espagnol.

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Nous saluons un berger qui reste près de son troupeau, en plein champ, avec seulement son béret et sa veste pour l’abriter….Nous descendons en ville pour le rituel du tampon sur la credential pour rejoignons notre hôtel. Le hall de réception est occupé par quantité d’espagnols venus vraisemblablement déjeuner et qui nous regardent étrangement se demandant d’où nous pouvons bien sortir, trempés et crottés comme nous sommes !
Après les jambes en l’air, la douche, la lessive, un sommeil réparateur s’impose suivi d’une promenade shopping dans la charmante ville de Najera qui nous servira surtout à repérer les restaurants fréquentables.

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Ce sera chez Olimpo. Bon dîner pour pas très cher et patron accueillant.
Le temps ne s’arrangeant pas et ayant pris assez d’eau sur la figure, décision est prise d’aller au chaud dormir.

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Hôtel San Fernando
Paseo San Julian,1
26300 NAJERA (La Rioja)
941363700

Los Arcos – Logroño

19.04.06

Petit déjeuner au lit comme prévu. Nous irons au « Monaco » (cela ne s’invente pas – nous en venons !) prendre un café pour faire passer tout cela et en route. Direction Logroño.
Nous changerons de région mais pas de chemin. En fait de chemin, celui-ci est superbe, calme, sans trop de cailloux. Nous voyons loin et pouvons voir la file de pèlerins qui avance dans la même direction. Il fait beau, le vent est dans le dos, aucun problème physique, pas de bobos, ni tendinite. Il va faire chaud même si le départ se fait dans une relative fraîcheur.

Le pas est bon, la cadence soutenue et comme d’habitude nous rattrapons le groupe de l’auberge comme nous les appelons. Puis le chemin devient un peu plus cahotique, non qu’il soit devenu mauvais mais il monte et descend au gré des collines de plus en plus rapprochées alors que depuis le début de l’étape nous étions dans une quasi-plaine. Nous achetons notre casse-croûte dans une épicerie à Sansol.
Nous le mangerons à Viana que nous avons atteint à 12h30 après à peu près dix huit kilomètres de marche en quatre heures. A l’entrée de Viana, une table de pique nique nous tend les bras au soleil, c’est là que cela va se faire. On enlève les polaires et les chaussures et à table !
C’est plutôt vite expédié, il faut dire qu’il n’y a pas grand-chose à manger car celui qui mange doit porter. Il réfléchit donc avant d’acheter quitte à forcer un peu plus à l’heure calme du dîner. Nous complétons par des gâteaux secs achetés dans la ville de Viana avant de rejoindre Logrono passant par le bel ermitage de la Virgen de la Cuevas mais aussi longeant cette route N 111 que nous commençons à bien connaître.
Les jambes sont lourdes et nous sommes fatigués car il a fait chaud comme prévu.

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Nous traversons le pont vieux et entrons en ville pour chercher l’au berge de pèlerins pour le tampon de la crédentiale.
Une dame et l’hospitalero sont derrière un bureau devant lequel se trouvent deux chaises, l’une étant occupée par une pèlerine qui arrive et l’autre vide. Je m’assied sur celle qui est libre et attend. L’hospitalero, quand vient mon tour, me demande mon passeport. Etonné, mais n’ayant pas dit que je ne voulais pas coucher à l’auberge, je vais le chercher mais la façon dont ce monsieur me regarde en marmonnant je ne sais quoi, ne me plaît pas.
Je donne mon passeport à la dame qui commence à m’inscrire sur une liste. Je comprends qu’elle m’enregistre pour dormir. Je lui dis donc que je ne dormirai pas là et l’hospitalero recommence à marmonner. Incompréhension, manque de communication, problème de langue, fatigue nerveuse peut être pour eux et physique pour moi, je reprends mon passeport, fais tamponner mes crédentiales. L’autre continuant à marmonner, je me retiens pour ne pas aller lui mettre une baffe. Je quitte pour la deuxième fois une auberge avec un sentiment d’insatisfaction.
Direction l’hôtel. Nous demandons une chambre au calme. Elle nous donne une chambre sur l’arrière sans absolument aucune vue sauf sur une cheminée d’aération de deux mètres de large. Nous redescendons à la réception où nous avons droit à une longue diatribe en espagnol de la fille qui n’a pas l’air content. J’insiste sur le fait que nous n’avons rien touché dans la chambre et surtout lui demande de s’exprimer en anglais. Alors tout s’arrange.
Jambes en l’air, lessive, douche et promenade en ville pour visiter comme si nous n’avions pas assez marché !
Une glace pour Odile, un tour au Champion du centre ville de Logroño pour les courses du lendemain, une recherche de restaurant et nous voila à table, premiers clients d’un petit restaurant sympa où les serveurs sont eux aussi sympas.

Hostal Niza (après avoir pris le café le matin à l’hôtel Monaco !)
Calle Gallarza 13
26001 Logrono (La Rioja)
941206044
http://www.hostalniza.com
Euros 64.20 TTC

Restaurant « Entre Cepas »
(José. M. Martinez Arratia)
Dans la rue perpendiculaire à la façade de l’hôtel Niza (Euros 38 vin compris pour deux)

Estella – Los Arcos

18.04.06

Donc, petit déjeuner au lit. Viennoiserie et jus d’orange. Puis, c’est le départ.
Après avoir bu un café dans le restaurant où nous avons dîné la veille au soir, sur la grand place d’Estella, nous allons acheter le casse-croûte pour le repas de midi.
En route pour Los Arcos.
Nous passons à nouveau devant l’hôtel complet d’hier et montons vers Irache.
Il fait un temps frais mais un beau soleil. Nous avons remis les béret, chapeau, gants et polaires.
Cela monte pas mal vers Irache. Le passage devant le monastère est un plaisir des yeux qui suit le plaisir du palais car, à l’entrée des bodegas Irache, nous pouvons goûter à leur production par un accès direct et gratuit à un robinet de vin, en dessous de celui qui sert de l’eau. L’heure n’est pas propice (9h10) aux dégustations mais nous sacrifions au rite par un tout petit coup…bien agréable comme dit la chanson !

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Et nous continuons à progresser vers l’Ouest dans un décor magnifique de plaines et collines.
Nous passons devant la citerne gothique dont les marches dissuadent d’aller chercher de l’eau sans quitter le sac à dos.

 

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L’arrivée à Villamayor de Monjardin, nous permettra, assis sur un banc au soleil, de nous reposer un peu, de traiter une dernière fois la tendinite qui s’est effacée et de manger un en-cas.
Nous verrons bon nombre de pèlerins passer. Il s’agit, vraisemblablement et nous expérimenterons cela à plusieurs reprises plus tard, de celles et ceux qui ayant dormi à l’auberge de pèlerins, sont partis plus tôt que nous et se sont arrêtés pour déjeuner à l’endroit où nous nous trouvons.
Nous sommes salués par la jeune canadienne que nous avons rencontré à la sortie de Pamplona. Ca semble aller pour elle. Nous les rattraperons plus loin. De toute façon, comme nous allons tous dans la même direction, ce n’est jamais un adieu mais un au-revoir puisque au gré des arrêts ou des ennuis, les uns rattrapent les autres. Parmi eux, un pèlerin anglophone, peut être irlandais, avance très lentement. Arrivé à sa hauteur, je lui demande s’il a besoin d’aide. Non merci. Chacun continue son chemin, lui, par contre, nous le reverrons plus.
S’ensuit trois heures de marche dans le désert le plus complet mais dans de très beaux paysages. Ce désert est fait de champs de blé naissant, de chaque côté du chemin.
Il y a beaucoup de monde sur ce chemin, beaucoup de monde essaimé au fil de ce chemin blanc de cailloux.
L’arrivée à Los Arcos se fait par la Calle Mayor comme dans beaucoup de villages. Avant de pénétrer dans le village, à gauche, une sorte d’abri contenant de la documentation, de quoi boire a été installé pour les pèlerins. Merci.
Par contre, lorsque nous allons à l’auberge de pèlerins faire tamponner nos crédentiales, c’est tout juste si nous ne nous faisons pas engue…par l’hospitalier (qui ne semble pas l’être) car nous sommes entrés dans son hall avec nos chaussures (qui ne sont pas sales). Le tampon sera apposé dehors. Pas merci.

Nous allons à l’hôtel où nous avons réservé. Un peu désuet, l’accueil un peu bourru, décidément ! Nous dinerons, d’une façon bien ordinaire, à la table de Bernadette et Bertrand qui logent au même endroit.
En attendant, Odile fatiguée décide de faire un petit somme et je vais donc à la terrasse d’une cidrerie voisine étancher ma soif au soleil printanier.
Comme l’hôtel ne sert pas de petit déjeuner, nous avons acheté de quoi pour le lendemain matin.

www.hostalezequiel.com

Hostal-Bar-Restaurante Ezequiel
Calle la Serna n°14
31210 – LOS ARCOS
948640278
Chambre 42 Euros
2 menus 18 Euros
Taxes comprises

Puente la Reina – Estella

17.04.06

Une bonne nuit au chaud.
Départ 8h45. Un arrêt à la pharmacie ouverte pour acheter de quoi soigner la gorge enflammée d’Odile. Sur le célèbre pont de Puente la Reina, au bout de la Calle Mayor, nous retrouvons notre couple de landais, Bernadette et Bertrand qui ont passé la nuit dans un autre hôtel de la ville.

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Nous parlons un moment puis nous séparons à nouveau pour marcher dans la même direction.
Nous les suivons puis les dépassons. Chemin faisant, nous les perdons et continuons à suivre la route. Arrivés à un village, je tente de faire le point sur mon topo mais ne le trouve pas signalé. Bizarre. Bien sûr, le village est désert. Posté sur la route, je tente d’arrêter une voiture qui file, puis une voiture française immatriculée dans le 78 et enfin un bûcheron qui va en ville dans sa camionnette break Opel. Il finit pas nous faire comprendre que nous tournons le dos au chemin de St Jacques. Il accepte de nous ramener à Puente la Reina, Odile devant et moi derrière dans les chutes de bois mais content de ne pas re-faire les cinq ou six kilomètres de retour au point de départ. Nous ne pouvons nous empêcher de rire, le bûcheron aussi.

Revenus à notre point de départ, pendant que nous remercions notre chauffeur/sauveur, nous voyons derrière notre voiture s’en garer une autre et descendre Bernadette et Bertrand qui se sont eux aussi aperçus de la bévue.
En fait, nous n’avions pas vérifié la présence de flèches jaunes qui d’habitude signalent la voie à suivre….
Comble de malchance, la zone que nous devons franchir est bouleversée par des travaux autoroutiers et le topo du guide ne sert pas à grand-chose car peu lisible sur le terrain.
Nous voila en train de monter, puis redescendre, puis remonter un côte. Nous sommes rejoints par un couple de sud-américains qui ont un topo semble –t-il plus récent que le nôtre mais pas plus juste. Nos dacquois décident de partir en longeant l’autoroute sur un sentier à l’extérieur de celui-ci. Nous redescendons une fois encore suivis par nos deux sud-américains.

En bas, le monsieur, en conversation avec un automobiliste, me fait un signe, suivi d’un coup de klaxon, car il a trouvé le chemin. Nous les suivrons sur la bonne voie et, en fait, sur la route 111 qui est devenue déserte suite à l’ouverture de l’autoroute. Rude montée mais dans le calme et surtout sans voitures. Traversons le beau village de Maneru puis Cirauqui où nous achetons notre casse-croûte que nous dévorerons sur un banc au soleil de l’autre côté du village, à côté des anciens du village.

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Nous verrons quand même la voie romaine à la sortie de Cirauqui même si nous ne passons pas dessus car le chemin de Saint Jacques balisé suit pratiquement fidèlement la N111 qui est certes de goudron mais si tranquille. Nous croisons le chemin à la hauteur de la voie romaine puis filons dans la descente de la route N 111.
Le vent frais se lève de face et la route monotone, trop calme désormais, fait que la fatigue commence à venir, les jambes s’alourdissent. Nous avançons toujours vers Estella.

Compte tenu de notre fantaisie matinale, nous aurons bien fait aujourd’hui environ 32 kilomètres. L’arrivée en ville est quelque peu longue mais une belle surprise nous attend car l’entrée dans la ville, l’endroit où se trouve l’auberge de pèlerins, est un quartier riche en magnifiques maisons anciennes et belles églises romanes.
Tampon sur la crédenciale à l’auberge et nous filons à petits pas vers l’hôtel que nous avons repéré.

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On cherche, on trouve, complet. La propriétaire appelle une fonda (hôtel très simple) située en ville, l’hôtel complet se trouvant un peu dans le faubourg d’Estella.
Nous redescendons en ville, vers la fonda San Andres, un peu inquiets de ce que nous allons trouver mais tellement fatigués que nous aurions dormi n’importe où.
Nous sommes accueillis par une dame charmante à laquelle nous demandons un chauffage d’appoint que nous obtenons sans problèmes. En fait, elle n’allume pas le chauffage de l’hôtel pour une seule chambre occupée.
Nous faisons une petite promenade/achats pour changer un peu et rentrons avant de ressortir dîner dans un restaurant sympathique dans lequel il n’y a que des pèlerins. (28.52 euros pour deux – Asador Astamarga – Plaza de los fueros 948550802)
A notre retour dans la chambre, surprise. La chambre est doublement chauffée, par le chauffage d’appoint et par les radiateurs. Il semble que l’affluence de pèlerins ait décidé la patronne à ouvrir sa chaudière. Tout va bien, nuit calme et confortable. La chambre nous sera facturée 32 euros. Pas de petit déjeuner mais nous avions prévu en faisant notre petit tour dans l’après-midi.

Pamplona – Puente la Reina

16.04.06

Nuit pluvieuse comme attendu. Le lit étant dans une sous-pente de la pièce nous avons eu quelques difficultés à trouver de l’air. Mais, au vu de la fatigue accumulée, nous avons cependant dormi.
Comme d’habitude, départ à 8h30, cela deviendra quasiment mécanique.
Nous enfilons les ponchos et les guêtres dans le hall de réception de l’hôtel car il bruine.
Il nous faudra environ trois kilomètres de marche en ville, sur de larges avenues aux larges trottoirs ici aussi, pour sortir de Pamplona.
Avant la sortie de la ville, nous nous sommes ravitaillés dans une pâtisserie.
Attaquons la NA 6000 qui nous conduira à Cizur Menor.

Nous sommes rattrapés par un pèlerin qui va d’un bon pas et qui nous servira de « lièvre » sur quelques kilomètres. Puis, une canadienne nous interpelle nous demandant s’il y a de l’eau sur le chemin que nous allons prendre. Elle démarre, c’est sa première étape. Je lui réponds que je n’en sais rien mais dans le doute il serait plus sage de s’en procurer avant d’attaquer le franchissement de la Sierra del Pardon qui nous atttend aujourd’hui. Elle acquiesce et s’en va en quête d’une bouteille d’eau à la lisière de Pamplona.
Nous la reverrons souvent et finirons le pèlerinage en même temps qu’elle à Santiago !
Nous avançons vers Cizur Menor toujours sous la pluie. Le village franchi, notre chemin devient une bourbier où les chaussures collent.
Graduellement, nous montons en pente douce dans la boue.

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Même les bas-côtés herbeux sont devenus fangeux ! La pluie sur le goudron est acceptable. Mais cette fange va nous accompagner pendant environ quatre kilomètres quasiment jusqu’au sommet que nous devons franchir. Encore une fois, la glaise détrempée est extrêmement glissante. Marcher dans le champ à côté n’apporte pas plus de confort car l’on s’y enfonce encore plus. Nombre de pèlerins glissent et tombent. Il faut avancer.

Nous prenons un peu d’eau à une fontaine sur la gauche puis arrivons au sommet de notre obstacle du jour.

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Les éoliennes brassent le vent qui souffle fort, cinglant les visages de rafales de pluie. Les groupes de pèlerins forgés dans la ferraille qui marquent le sommet rouillent dans l’indifférence générale. Sourire quand je lis sur le guide Grégoire-Laborde-Balen, qu’à cet endroit, il faut savourer la vue…Ils ont dû passer par grand soleil !

 

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La descente s’avère quasiment dangeureuse. Trois kilomètres environ de descente d’abord sur des sentiers caillouteux où les pierres roulent sous les chaussures et la terre est, bien sûr, détrempée. Il faut bien se servir du bâton pour ne pas perdre l’équilibre, entraîné par le poids du sac. En bas de cette descente, nous rattrapons un groupe d’espagnols qui avance à pas comptés. Nous les suivrons jusqu’à Uterga, non sans avoir à nouveau marché sur des chemins bordant des champs d’asperges où le sol est devenu, comme de l’autre côté, un bourbier collant.

 

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L’attrait du refuge de pèlerins d’Uterga qui abrite un restaurant devient irrésistible. Nous laissons les sacs et ponchos dehors sous l’auvent et entrons dans une pièce où nous retrouvons, déjà, des visages connus comme les espagnols de San Sebastian que nous avons connus à Larrasoana. Repas reconstituant en prenant le menu du Pèlerin, un peu de chaleur des radiateurs et une forte odeur de chien mouillé. Il fait bon manger chaud même avec les pieds froids et mouillés.

Pas le courage de continuer dans la boue. Nous décidons de suivre la route qui mène à Puente la Reina.où le Chemin d’Arles rejoint notre Camino Francès. S’il n’y avait pas eu de neige au dessus d’Oloron Ste Marie, c’est par là que nous serions arrivés, ayant franchi le Somport.

Nous traversons le beau village d’Obanos et descendons, encore un peu de boue, vers notre destination du jour. Nous ferons tamponner notre credencial à l’auberge de pèlerins et continuerons dans la ville, dans la Calle Mayor, vers notre hôtel « Hôtel Rural ».

 

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Très bien. Ancien, maison du 17ème siècle, bien meublé et surtout chauffé. Je demande de vieux journaux au patron. Ils me servent à en bourrer les chaussures trempées afin que l’humidité en soit absorbée plus vite. Il fait beau mais un petit vent frais nous force à abréger la petite promenade qui s’en est suivie pour attendre l’heure du dîner au chaud.

Le restaurant de l’hôtel dont la carte semblait prometteuse est fermé. Le patron nous en indique un autre où nous nous sommes véritablement régalés de plats simples et copieux arrosé d’un rouge navarrais.

Au lit de bonne heure, comme il se doit après une étape pareille. Nous commençons à nous habituer à marcher dans des conditions plus difficiles, eu égard au climat, qu’en France.
Nous verrons que le mauvais temps nous quittera pratiquement définitivement à la sortie de la Navarre et ce jusqu’à notre destination finale.

www.bidean.com/fr

Une chambre double : euros 63.13