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Gernika – Santona

Vendredi 13 Avril 2007, journée des surprises !

Surprise, au lever, il pleut des cordes, sans vent et il fait bien gris, et.
par dessus le marché, pas chaud du tout.
Surprise, à la réception, la carte visa Premier ne fonctionne pas.
On nous parle d’un problème général en Espagne qui ne devrait pas durer…
Surprise, à la réception, on finit par accepter un chèque car je leur fait comprendre que je ne vais pas passer la journée à attendre que le système visa fonctionne…
Surprise, pas vraiment, quand nous voyons qu’il pleut des cordes quand nous sortons de l’hôtel. Il est 9h40.
Nous traversons la ville et suivons consciencieusement le parcours indiqué par le topo.
Surprise, il y a des travaux sur le parcours et rien n’est indiqué, les ouvriers ayant déplacé tous les éléments susceptibles d’être des supports de panneaux ou de flèches.
Surprise, le chemin, en belle pente, est devenu un bourbier sur lequel roule une sorte de torrent de boue marron.
Nous revenons sur nos pas, en ville et décidons de prendre un bus qui nous conduira à Muxika, évitant comme cela , de suivre la route de Bilbao qui par temps de pluie comme aujourd’hui et au vu du trafic incessant des camions semble bien dangereuse.
Nous montons dans le bus, mais, mal conseillés, ne descendons pas au bon endroit. Il pleut toujours des cordes. Au petit bonheur la chance, nous revenons sur nos pas pour arriver dans un hameau (Muxika semble être très étiré en longueur) où une jeune femme attend le bus en sens inverse.
Pas de chance, elle est roumaine et ne connait rien du Camino. Je tente de sonner à diverses maisons En vain.
Par chance, Odile me dit avoir vu une dame sortir de la maison de l’autre côté de la route, à cause des aboiements de ses chiens qui nous ont repérés. J’y vais, chiens ou pas.
A l’aide de sa fille, elle m’explique que le Chemin est bien plus bas vers Gernika et qu’il est bien probable qu’il soit impraticable avec ce qu’il tombe…
Il nous reste 27 kilomètres à parcourir pour atteindre Lezama, prochaine étape et il est onze heures quinze et il pleut toujours très fort.

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Une décision s’impose. Que faire ?
Nous réalisons que nous sommes à vingt mètres de la gare de Muxika, gare du Feve, sur la ligne qui va à Bilbao. Enfin, une bonne nouvelle !
Nous prendrons le train de 12h20 pour Bilbao. Entretemps, j’appelle l’hôtel de Lezama dans lequel j’avais réservé pour annuler.
Achat des billets au distributeur, casse-croûte dans la salle d’attente, pendant que les ponchos dégoulinent.

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Nous verrons de la fenêtre du train que les chemins sont tous inondés, que les torrents débordent partout d’eau marron.
Surprise, à Bilbao, nous ne descendons pas où il faut.
Il faut prendre le bus pour rejoindre la Cathédrale Begonia indiquée par le guide comme point de passage de l’entrée dans Bilbao des pèlerins. Surprise, le bus qui y va nous amène à son terminus, avant de repartir vers Begonia. Surprise, à Begonia, tout est fermé, pas d’accueil, pas de sello sur la credencial. C’est quand même sur le Camino que nous descendrons en ville, par de magnifiques volées d’escaliers….
Je vais au Musée Basque, au pied des dits escaliers, sur la petite place où se trouve le métro, demander où se trouve la gare routière. Je suis très bien accueilli et le gardien/caissier me donne un plan de la ville m’indiquant le parcours à suivre.
Nous passons à l’office du tourisme qui est fermé et continuons à pied vers la gare routière. Nous aurons quand même bien marché aujourd’hui….
Nous achetons des parapluies en route dans un supermarché.
Nous achetons, à la gare routière, nos billets pour Santoña et allons déjeuner non loin de là, chez Nikel (?) d’une soupe de lentilles, salade mixte, sardines frites, dessert, un verre de vin = Euros 24. Les prix montent vite en ville !
Nous roulerons jusqu’à Santoña par l’autoroute, trajet direct avec Alsa pour Euros 9.50.

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Santoña est bien brumeuse, entrée d’air maritime et il ne fait pas chaud. Bon accueil à l’office du Tourisme.
Notre étape est réservée. L’accueil de l’hôtelier est aimable (à l’espagnole) et nous nous installons avec, à la suite, le rituel habituel suivi de la visite du pays et promenade sur les quais où sont déchargées des quantités de maquereaux.
Dîner à l’hôtel, dans une salle de restaurant vide, servis par une jeune débutante un peu crispée. (Asperges/jambon, merlan frit, dessert + vin, c’est la demi-pension)

Hostal Puerto Rico
General Salinas 3
Santoña
34 942 67 19 11
Demi pension pour deux 75 euros.

Markina-Xemein – Gernika

Il est neuf heures quand nous nous mettons en route pour Gernika, ville martyre. Un petit crachin accompagne nos premiers mètres et les ponchos ressortent car les hauteurs environnantes sont bien coiffées de nuages. On enlève trois cents mètres plus loin…
Il semble qu’il s’agisse des derniers éléments d’une belle pluie qui est tombée cette nuit.
Après le franchissement du pont évoqué la veille, nous retrouvons une des rues principales de Markina et entrons dans la charcuterie qui nous fait face. Achats donc, jambon (dont une portion offerte par le charcutier au vu de notre statut de pèlerins) fromage, pain, eau en bouteille. Et nous sommes, en sortant, encouragés d’un « Buen Camino » prononcé avec conviction par la charcutière. Cela fait plaisir et encourage.
Gracias y adios !
Traversons le village, passons devant de belles demeures anciennes et prenons la route de Bilbao que nous suivrons sur deux kilomètres en passant devant une jolie chapelle « moyen-âgeuse » bien restaurée (Humilladero). A droite, direction Bolibar.
Notre « topo » nous dit de suivre le chemin qui monte à travers bois mais le départ bien boueux à la suite de la pluie de la nuit, nous incite à rester sur la petite route où il n’y a guère de circulation. Bien nous en a pris, nous l’apprendrons plus haut.
La traversée de Bolibar avec ses quatre bâtiments multicolores, ses vieilles maisons y inclue celle du libérateur Simon même nom, est un plaisir.

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Eglise de Bolibar
Et nous continuons notre ascension qui est bien constante mais modeste pour, à la sortie de Bolibar nous heurter à une calade bien pentue, celle-là qui est le chemin ancien qui rejoignait le monastère de Zenarruza.
Bien boueuse, bien glissante, cette « calzada » nous ramène à la route et une centaine de mètres plus haut, sur la gauche, nous découvrons le monastère.

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Il y a une structure d’accueil pour pèlerins. Nous nous contenterons d’un coup d’oeil rapide à l’intérieur de l’église, la porte étant ouverte pour cause de livraison d’un retable restauré. Un coup de sello sur la crendencial et nous sommes prêts à repartir quand nous voyons arriver nos dames pèlerins qui semblent éreintées. Elles sont parties bien avant nous de Markina et ont suivi le chemin dans la forêt, s’enfonçant dans la boue et les fondrières. Elles sont bien fatiguées et crottées.
Pour nous, commencera un parcours rendu très difficile par la pluie de la nuit, identique à celui que les dames ont vécu et qui semble sans fin. Terrain difficile, glissant, fangeux, tout particulièrement à la sortie d’une ferme où nous sommes dans l’obligation de traverser un bourbier de cinquante mètres de long sans possibilité de l’éviter. S’ensuit un champ piétiné par les vaches qui est devenu un cloaque dans lequel les chaussures du pèlerin s’enfoncent jusqu’à la cheville.
Heureusement qu’après ce passage très difficile, et même si la descente vers le village s’est fait sur un chemin tout aussi boueux et glissant, le soleil est revenu.

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Nous déjeunerons assis sur des rondins au soleil où les chaussettes tenteront de sécher.
Le redémarrage se fera dans la douleur et nous descendrons par la route vers Gernika, entourés de kiwis, évitant le franchissement d’un gué indiqué sur notre topo car l »endroit est devenu, à cause des récentes pluies, impraticable.

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Un peu plus bas, nous trouverons le pont médiéval sur lequel passaient les pèlerins.

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Nous arriverons fatigués à Gernika où le vent froid s’est levé. L’orage gronde dans la zone montagneuse que nous venons de franchir.
Il nous faudra nous vêtir plus chaudement.

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Nous entrons en ville, sonnons à l’hôtel où nous avons réservé. C’est fermé, Il y a un numéro de téléphone. Comme dit nous sommes fatigués et j’appelle pour obtenir notre chambre plus tôt que les 18 heures, heure de ré-ouverture.
L’on me tient, en espagnol, un discours ennuyé qui me fait comprendre que notre réservation n’a pas été enregistrée. Je fais celui qui n’a pas compris ou ne veut pas comprendre et demande à l’hôtelier de venir. Il arrive, apparemment ennuyé et il veut nous conduire à l’auberge de jeunesse à la sortie de la ville. Ce que nous refusons. Merci et pas au revoir.
Nous allons à l’office du tourisme et la personne de permanence nous dit que tout est complet sauf peut être le trois étoiles. On essaye, ça marche, on réserve, et on arrive.
Bel hôtel, en effet, mais il faut avoir les reins solides et du répondant car ce n’est pas donné. Belle chambre, confort trois étoiles même si la déco semble dater.
Rituel habituel, détente, mini-sieste, et nous revoila dehors pour préparer notre étape du lendemain. Tour de ville, achat pâtisserie et shopping à l’Euskadi de Gernika.
Nous dînerons au restaurant situé à côté de l’hôtel faute d’avoir trouvé autre chose. Ce ne sera pas un mauvais choix car pour 14 euros par personne nous aurons des légumes au jambon en entrée, un poisson poêlé et un riz au lait, vin compris.
Cela est cher pour un repas espagnol mais à côté du trois étoiles, il n’y a rien d’autre, nous sommes fatigués et le temps fraîchit de plus en plus.

La pension qui a des trous de mémoire est la pension Akelarré 37 euros. De l’extérieur, pas terrible cependant, pas de regrets.
L’hôtel où nous avons atterri : Hôtel Gernika, calle Carlos Gangoiti Gernika-Lumo tel 00 34 946 250 350

www.hotel-gernika.com