Archives de catégorie : Via de la Plata

Muelas del Pan – Fornillos de Aliste

Train de sénateur dans cette deuxième partie de notre parcours…
Il est 9h30 lorsque nous quittons la Casa El Vedal et son sympathique patron.
Il fait beau et une petite fraîcheur oblige à conserver la polaire pour les premiers kilomètres, le temps de faire chauffer la machine…

A peine sortis de l’hôtel, un premier coup d’oeil sur la droite nous montre la retenue d’eau du barrage de Ricobayo sur lequel nous passerons sur l’autre rive.

DSC07711DSC07712

DSC07713

DSC07714

En haut de la remontée, nous trouvons Ricobayo qui a, aussi, droit à sa borne, comme le village d’avant et comme celui d’après.

Les bornes de chaque village figureront en bonne place sur chacune des pages concernées. Donc, beaucoup d’argent dépensé si je fais référence à celles trouvées entre Villanueva de Campean et celle-ci avec celle de Ricobayo me font penser qu’avec peut être le prix d’une seule, l’Association Ramos ou autre aurait pu acheter un pot de peinture jaune et rafraîchir les flèches qui sont, à mon avis, plus utile au pèlerin qu’une borne en marbre indiquant le nom du village qui est, en général, indiqué par ailleurs. Allez comprendre !

DSC07716

La route que l’on voit sur la photo est celle qui nous a fait descendre de Muelas vers le barrage.

Assez éloignée du village, une maison, sur la droite, semble abriter le chien décrit par le guide Raju sur lequel il est dit que le dit chien est tellement gentil qu’il vous suivrait jusqu’à Santiago ! En fait, c’est une série d’aboiements, puis, au détour du virage à droite, quatre chiens de bonne taille arrivent, genre patou. Du bruit, mais pas d’agressivité. Le patron est à proximité et met de l’ordre dans la troupe. Supposons que le gentil chien évoqué par Mme Raju est en retraite…ou réellement parti à Santiago !
La caravane passe et continue son cheminement. Commence la ronde des mouches. Agaçantes, énervantes. Elles ne font pas de bruit mais sont omniprésentes. Il parait que leur présence, en ces lieux, est liée aux chênes-liège.

Le pèlerin, en pleine promotion publicitaire pour les magasins El Arbol (voir au sac) et du guide Raju (à lamain).

DSC07715

 

 

 

Le chemin est bien calme. Toujours la même végétation, cistes et chênes-liège.

DSC07719

Nous arriverons à Cerezal de Aliste, après avoir salué un berger et ses chiens.

DSC07720

C’est au pied de l’église du village bien calme que nous mangerons notre casse-croûte du midi.

DSC07721DSC07722

 

Nous atteindrons Bermillo de Alba où la récolte des patates et le braiment des ânes font de l’animation. Nous montons vers l’église, ayant mal lu le guide. Nous en profiterons pour photographier le « mojon » du village avant de redescendre vers le bar qui est fermé. Il fallait continuer tout droit…

DSC07724

Nous remonterons sur le plateau et suivrons la piste vers Fonfria qui nous accueillera par son fronton de pelote basque vert foncé.

DSC07725

Fonfria n’a pas grand chose à offrir mais il faut noter que le bar Alfredo ne loue plus de chambre contrairement à ce que dit le guide. La patronne nous l’a dit elle-même. Par contre, elle nous a dit que Fonfria a désormais une auberge de pèlerins, gratuite, a-t-elle insisté. Merci.

Nous trouverons quand même trois bars ouverts et une pharmacie. A l’angle de cette pharmacie, le chemin nous envoie sur la route ou plutôt à côté de cette route, dans le champ. L’on quitte le village sur une dalle cimentée, parallèle à la route puis l’on doit ouvrir une barrière pour passer dans le champ et longer la route sur plusieurs kilomètres.

DSC07726DSC07727

 

DSC07728

Beaucoup de colchiques et le chemin apparaît un peu mieux indiqué. Cependant, avant d’arriver à Fornillos, il faut redoubler de vigilance et ne pas perdre de vue que le chemin est toujours parallèle à la route. En effet, le chemin est indiqué comme allant à droite dans un espace largement découvert et c’est à gauche qu’il faut regarder pour trouver à trente mètres, une flèche qui envoie vers un autre chemin qui suivra la route en parallèle.

DSC07729

Arrivés dans Fornillos, désert, nous allons à la Casa rural Lajafriz où nous avons une réservation. Le barman sud américain semble ennuyé de nous voir et effectue les formalités dans une indifférence complète et quasi mécanique. Mauvais point pour l’accueil. Il nous donne une chambre avec un lit alors que nous avons réservé deux lits. Il faut redescendre et obtenir une nouvelle chambre. Histoire sans parole ni sourire. On l’ennuie.
Repas 21h ! Asperges, truites au jambon et arroz con leche. Tinto à 12° et bouteille d’eau.
La demi pension pour deux nous sera facturée 73 € sans le sourire, bien sûr.
La nuit sera calme malgré la proximité de la nationale, heureusement peu fréquentée.

http://www.lajafriz.es

Zamora – Muelas del Pan

Muelas del Pan n’est pas une étape prévue sur la Via de la Plata espagnole mais elle figure dans la liste des étapes du Camino Portugues de la Plata.
En effet, nous avons choisi de prendre cette variante pour deux raisons.
La première est que nous ne dormons pas dans les auberges de pèlerins mais dans les hôtels simples, quand il y en a. Notre travail de préparation a montré que ces établissements, mises à part quelques casas rurales, sont plutôt rares entre Zamora et Ourense. Etant en année jacquaire, redoutant une fréquentation en nombre supérieure aux autres années, nous n’avons pas voulu prendre de risque.
L’autre raison est que nous n’avons que peu d’idée de ce que peut représenter cette route, annoncée comme physique et solitaire par le guide de Alison Raju 2005 (Confraternity of Saint James). Par contre, un peu de Google nous montre qu’il existe quelques petits hôtels ou casa rurales aux endroits où nous prévoyons de faire étape.
Aujourd’hui, comme hier, petit déjeuner dans la chambre. Celui que nous avons acheté hier soir au magasin El Arbol…
Nous traversons Zamora parmi les gens qui rejoignent leur travail et descendons vers le début de la route d’Almaraz del Duero, après avoir acheté du pain à proximité de la Cathédrale.

 

DSC07698
Le guide Raju nous mènera au bon endroit. Rédigé en anglais, ce guide peu cher, léger et d’un maniement facile, a pour inconvénient de beaucoup utiliser des abréviations avec lesquelles nous devons nous familiariser.
Trottoir jusqu’au Collège, route tranquille. Suivons sur le côté gauche de la route notre cheminement, passant devant la prison dont on ne sait si elle est encore occupée ou non. Toujours peu de trafic, de belles côtes.

Dernier coup d’oeil en arrière. On ne voit déjà plus Zamora.

DSC07700

Par contre, on rencontre des chênes-liège bizarrement taillés.

DSC07701

Nous sommes dans les première montées d’un parcours qui ne fera que prendre de l’altitude pendant les étapes suivantes même si c’est en pente relativement douce. J’imaginais, sur la carte, ou Google Earth, trouver un chemin caillouteux. C’est une route bien goudronnée qui nous mène vers notre destination.
DSC07702

La route, après environ douze kilomètres, se retrécit et devient plus sinueuse, longeant un ruisseau au sortir d’une zone boisée.
Une belle ferme sur la droite avec de beaux chiens qui, heureusement, sont loin et ne paraissent pas intéressés par les pèlerins. Après cette ferme, nous remontons sur le plateau pour atteindre le cingle du Duero qui me servait de repère pour identifier l’endroit où nous devions abandonner la route pour entamer la longue montée vers le haut de la rive droite du Duero, sur un chemin caillouteux.

DSC07703

On casse la croûte dans un magnifique paysage, sur le bord du fleuve.

DSC07704
L’appétit rassasié, nous attaquons la montée après un moment de doute quant à savoir si c’est la bonne piste. Le choix s’avèrera le bon. Il faut dire que j’avais pris quantité de notes pour identifier le point à ne pas manquer.
La piste se trouve juste après le pont en béton qui double le petit pont roman qui est hors d’usage depuis longtemps.

DSC07706

Le paysage est magnifique. Pas un toit en vue, que de la verdure, essentiellement des genêts et des cistes. Le vent est constant mais pas gênant.

DSC07707

La découverte, une fois en haut du plateau, au loin, à droite, de la vision de la route Zamora – Bragance nous rassurera définitivement sur notre choix. Nous sommes sur la bonne piste mais hors Camino, bien sûr. Nous n’avons pas souhaité suivre le chemin officiel car, au terme de sa première étape, il n’offre pas de solution de logement. Nous ne verrons pas l’église de San Pedro de la Nave et le regrettons.
Lorsque notre piste débouche sur la route qui relie Almaraz à la nationale, cela se compliquera un peu car j’avais prévu de traverser 200 mètres de champs environ pour retrouver une autre piste qui mène à Muelas del Pan.
Problème, la topographie des lieux ne permet pas de le faire car nous ne pouvons pas situer l’endroit où la rejoindre.. Nous suivrons une piste qui longe la route, sur sa gauche, sur laquelle nous venons de déboucher et va vers le nord. Arrivés à un vallon, à quelques centaines de mètres de la nationale, nous partons sur la gauche pour tenter de trouver un chemin parallèle à cette nationale.
Il nous faudra descendre dans le dit vallon, nous perdre devant une ferme abandonnée, remonter de l’autre côté du même vallon… c’est notre deuxième journée de marche et les jambes ne sont pas encore au top. Cela trainaille un peu. Longue piste bien droite qui nous conduira à destination.

DSC07708DSC07709

Muelas del Pan ou plutôt ses « quartiers » est, sont en vue mais le village est très étendu.
Nous ne verrons âme qui vive que quasiment arrivés à destination où une jeune femme nous indiquera la casa rural qui nous attend une centaine de mètres plus bas. Là, nous retrouverons le Camino « officiel » qui vient de San Pedro de la Nave. Nous trouverons aussi notre premier « mojon » installé à l’entrée de chaque village de cette route. Le pèlerin est content d’être arrivé.

DSC07710

L’accueil de notre hôte est vraiment très chaleureux, presque amical. La maison est simple mais propre et le chauffage fonctionne. A vrai dire, après une journée de marche, le pèlerin est content de trouver un peu de confort, fût-il modeste.
Le dîner se fera dans la grande salle du bar sous une télévision immanquable par sa taille et le son.
Ibéricos, lomo et glace + tinto.
L’hôtel est complet (dix chambres ?) car Muelas del Pan organise ces jours là, un concours de pêche. Les pêcheurs se levant tôt, les pèlerins profiteront du bruit pour se lever aussi mais un peu plus tard, le patron ayant annoncé le petit déjeuner pour 8h30. Ajoutons que, malgré le fait d’avoir eu une chambre sur la route, nous n’avons pas eu à souffrir du bruit extérieur car il n’est probablement pas passé une  seule voiture au cours de la nuit.
A l’heure dite, nous frapperons à la porte du restaurant où nous avons dîné la veille au soir qui se trouve à côté de l’endroit où l’on dort et le patron nous servira un petit déjeuner fort copieux, nous proposera l’accès à internet et de nous préparer des bocadillos pour le déjeuner. Nous avons ce qu’il faut, merci.
Depuis le temps que nous marchons, particulièrement en Espagne, je crois que c’est la première fois que nous rencontrons un hôte aussi sympathique et souriant, cela méritait d’être dit. Ce n’est pas très courant dans ce pays. Nous encourageons les pèlerins à faire étape chez lui. Très bon souvenir d’une étape simple mais chaleureuse.
Casa El Vedal 60 euros tout compris y inclus la bière et le coke light bus en arrivant.

http://www.elvedal.com/

Villanueva de Campean – Zamora

Comme prévu au printemps dernier, nous repartons pour achever notre marche. Nous sommes le 23 Septembre 2010. Nous sommes arrivés à Zamora la veille au soir et prenons ce matin un bus omnibus dont la destination est Salamanca, pour rejoindre Corrales puis, à pied, retrouver le chemin au nord de Villanueva de Campean qui se trouve 20 kms au sud de Zamora.

 

DSC07672
Corrales nous accueille par ses rues désertes, en apparence seulement.

DSC07673

Nous voyons bien que, derrière les rideaux à peine soulevés, un oeil inquisiteur nous observe.
Nous trouverons, par hasard, une boulangerie ouverte où nous achèterons un pain. Nous traverserons le fournil puis l’arrière cour pour sortir par l’autre rue, suivant les recommandations de la boulangère. Elle nous fait passer par là pour que nous trouvions plus facilement l’épicier du village.
Nous y achèterons le casse croûte du jour (fromage, blanc de poulet, bananes et eau).
Un policier municipal nous indiquera la mairie afin que nous y recevions le sello local. Même si Corrales n’est pas tout à fait sur le Chemin, la mairie semble avoir l’habitude de tamponner les créanciales.

DSC07676DSC07677

Il fait un peu frais mais beau. Nous retraverserons la route nationale et suivrons la petite route bien tranquille qui mène à Casaseca de Campean où nous trouverons un café ouvert qui nous propose un café « casero » qui sort de la cafetière mais qui est tiède. Prétexte pour se reposer les jambes après les premiers kilomètres.

 

DSC07678
Le Chemin se trouve quelque part, par là, nous dit on, en nous montrant la petite route qui mène à San Marcial. Nous suivrons et rattraperons un grand père qui part au jardin. Il nous confirme que nous sommes sur la bonne voie pour retrouver le camino, un peu plus loin après le pont sur l’arroyo nous dit-il.
C’est bête à dire, mais la vue des flèches jaunes et d’un hito nous remplit de joie. Nous avons l’impression de retrouver un ami !
Gaillards, nous y allons d’un bon pied d’autant que le chemin que nous foulons est bien plat, sablonneux et large. Le bonheur de la pèlerine et du pèlerin.

DSC07680

Nous découvrons, au fur et à mesure de notre progression vers Zamora, divers repères jacquaires installés par l’Association Ramos qui, même neufs, semblent attirer les inconséquent(e)s qui ne savent pas mettre leurs déchets dans leur sac et les jeter à l’étape…

DSC07681

Et voici deux pèlerins à vélo, nos premiers, depuis le printemps, « buen camino ». Puis, un autre à pied qui nous salue de même.

Le repas se prendra selon les moyens du bord. Dans la première partie de notre cheminement au printemps, nous étions grands utilisateurs des hitos du chemin. Là, ce sera de la buse d’arrivée d’eau, qui, finalement, se trouve à la bonne hauteur et à l’abri du vent.

DSC07683

Puis, nous rencontrerons nos premiers colchiques qui, comme dit la chanson…. Nous en trouverons davantage vers la frontière portugaise et d’encore plus gros, lorsque nous reviendrons sur le chemin de la Plata, après A Gudina.

Les abreuvoirs à mouton, façon récupération, nous auront fait sourire d’autant plus que les chiens qui montent la garde sont tenus par de solides chaînes.

DSC07685DSC07686

 

Plus avant, nous aurons la surprise de rencontrer cet ensemble monumental jacquaire (Association Ramos) composé de trois stèles de belle dimension qui semblent jaillies de nulle part.

DSC07687DSC07688

DSC07689DSC07690

 

En approchant de la ville, nous rencontrerons un autre signal d’autant plus étrange que la voie de chemin de fer est parallèle à la piste et que le croisement devant nous est une autre piste, qui, elle, croise le chemin de fer !

DSC07691

Intéressant, mais ce n’est pas la route que nous suivrons dans les jours à venir.

DSC07693

Nous entrerons dans Zamora par le pont de pierre qui offre une très belle vue sur le Duero et ses moulins restaurés, au pied de l’ensemble du château et de la Cathédrale.DSC07694

C’est pour nous une journée de reprise, ce qui nous fait trouver la montée vers l’auberge de pèlerins un peu dure. L’hospitalera nous reçoit en anglais, tamponne nos créanciales et nous demande si nous voulons loger. Non, merci, nous avons une réservation dans un hôtel de la ville haute, près de la station des bus.
Nous nous y installerons et après être ressortis pour acheter notre petit déjeuner du lendemain tout en visitant la partie historique de Zamora.

DSC07695DSC07698

Un peu d’art moderne urbain

DSC07699

Le temps s’est mis à fraîchir et la pluie menace. Nous dînerons à l’hôtel au menu del dia.

Hôtel AC, très confortable 62,50 Euros. Menu 16 euros vin compris.

Morille – Salamanca

Départ au grand frais. Il fait beau mais le vente souffle fort.
Au revoir au patron de l’hôtel. Le chemin est à gauche puis à droite aux panneaux solaires nous dit il.
Prêt pour le départ mais avant, un dernier coup d’oeil à la Casa qui nous a abrité cette nuit.
DSC07214DSC07211DSC07215DSC07217

 

 

DSC07220

DSC07221

Ce fût une belle halte, au calme, moderne et un bon accueil. C’est probablement une bonne idée de logement pour une visite touristique de Salamanque et sa région.

Le Camino est bien détrempé et les endroits boueux et collants ne manquent pas. On s’en sort quand même.DSC07222

Même les veaux vont faire un tour, mais quand il faut rentrer…cela a du mal à passer.

DSC07224
Les arroyos sont bien remplis mais, en s’aidant de quelques pierres ajoutées à celles qui existent déjà, l’on arrive à passer sans se mouiller les pieds.
On ouvre et referme consciencieusement les portails à bestiaux et cheminons vers notre dernière halte, Salamanca que nous apercevons dans le lointain.DSC07223

 

DSC07228

L’étape ne fait que 20 kms mais le froid vent du sud nous gâchera un peu de notre plaisir car il est vraiment très frais. Gants et béret, toujours. Nous marchons sur le plateau sur lequel se trouve Salamanca, 800 m d’altitude quand même, en légère descente sur une bonne partie jusqu’au champ de bataille d’Arapiles dont une plaque de commémoration (anglaise ?) rappelle aux Français, le cruel souvenir.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_Arapiles

 

DSC07233
Nous remarquons la grande quantité de cairns à proximité de cette croix sans vraiment comprendre la raison de ce nombre époustouflant de tas de petites pierres.

DSC07232DSC07234
Puis, nous descendons sur Salamanca. Le terrain est bien boueux et les zones inondées sont légion.

 

Je pense à celles et ceux qui passent en été et pestent contre le manque d’eau et la chaleur. Ce jour-ci, c’est tout l’inverse !
Et voilà Salamanca, que l’on voit derrière cette croix du pèlerin.

DSC07235

Le texte du document lié à la croix du pèlerin :

DSC07237

Et pour finir en beauté, voila la pluie qui revient. Une belle averse. Juste le temps de trouver les parapluies pliants et cela cesse.
L’entrée dans les faubourgs, par le Camino, de cette belle ville qu’est Salamanca laisse un goût amer. C’est très sale, c’est moche, il y a de la boue partout. Ce pont au milieu de nulle part ajoute à l’ambiance particulière.

 

DSC07238
Nous retrouverons le Camino à l’entrée du magnifique pont romain duquel la vue sur la Cathédrale est magnifique.

DSC07241

DSC07242
Installés pour un menu del dia, grande est notre surprise de voir, qu’à la table à côté de la nôtre, nous tournant le dos, est installé Jacky, le pèlerin sétois rencontré à Jarilla et Puerto de Bejar.
Nous boirons deux ou trois copitas de tinto, évoquant son chemin et notre séparation rapide à Puerto de Bejar. DSC07249

Il est en repos à Salamanca avant de repartir, il marche seul,  pour la deuxième partie du voyage. Nous saurons par la suite que la météo ne lui aura pas été bien favorable. Buen Camino, Jacky, car toi, tu continues !

Puis nous tournerons encore pour trouver notre hôtel puis ce sera l’heure du repos et nouvelle visite de la ville. Pour notre dîner de fin (temporaire) de parcours, nous avons franchi le fleuve en reprenant le pont romain par lequel nous sommes arrivés et été les hôtes du restaurant Petrus qui se trouve au fond de la place qui fait face au dit pont romain.
Nous avons été attirés par la publicité sur le menu dégustation à 25€ et n’avons pas été déçus. Très bonne cuisine, fine et élaborée. Si vous voulez vous faire plaisir, allez y. C’est très calme, par rapport aux restaurants du centre de Salamanca et l’accueil y est sympathique. L’adresse Petrus, Plaza Poniente 7 y 8,  37008 Salamanca.
Pour nous, la route donc s’arrête ici.

Nous reprendrons l’an prochain si tout va bien pour achever notre troisième pèlerinage à Santiago. Plus tard encore, nous l’avons décidé, nous parcourrons le Portuguès et cette fois-là, nous irons à Finisterre pour la première et dernière fois.
Buen Camino à toutes et tous !

Guijuelo – Morille

Dehors, il pleut toujours. Petit déjeuner bien copieux. Nous nous équiperons pluie et partirons vers de nouvelles aventures dans une superbe et écoeurante odeur de porc (jambons ?) en traitement (cuisson ?).
Beaucoup d’eau les jours précédents, hier, cette nuit, cela nous fait penser qu’il faut raccourcir notre étape, prévue pour 32 kms.
Nous décidons de prendre le bus pour La Maya ce qui nous fera économiser 10 kms de pluie battante. Le bus nous dépose sur la N630, face à La Maya.
Nous partons dans la mauvaise direction, pensant que la passage sous l’autoroute qui est un peu plus haut nous permettra de repartir vers l’ouest.
Pas bon. Retour au point de départ et nouveau départ dans l’autre sens qui s’avèrera le bon.
Là, nous sommes dans le bon sens. L’arrêt de bus que nous avons quitté tout à l’heure se trouve à droite de la route.

DSC07198
Nous suivrons la petite route vers Pedrosillo de los Aires qui mérite bien son nom tant le ventsouffle en bourrasque. J’ai acheté un parapluie à Guijuelo avant de prendre le bus car, la veille, celui que j’avais emporté à rendu l’âme.

De l’eau toujours de l’eau !

DSC07199

DSC07200
A Pedrosillo, après avoir piteusement défilé devant deux fiers patous défendant leur troupeau de moutons, au bord de la route, nous trouverons à nouveau les flèches du Camino et aussi une sorte de Foyer social qui acceptera de nous servir le menu du jour en compagnie de deux équipes de travailleurs des chantiers voisins.
Nous reprendrons la route de Monterrubio, village aussi désert que les autres.

 

 

DSC07201
Pas ou très peu de circulation et c’est heureux. Le soleil finit par arriver aussi. L’eau est omniprésente et les petits ruisseaux prennent des allures de rivière !

Tout va bien. Des chiens dans les villages mais ils ne prêtent même pas attention à nous. Après Torre Zapata, nous tournerons à gauche vers Morille, notre étape de ce soir. Cela se fera au prix d’une longue montée bien fatigante.
Un veau échappé de son pré nous occupera pendant un ou deux kilomètres mais l’envie d’arriver se fait de plus en plus pressante.
Le temps devient à nouveau menaçant.

DSC07207

L’entrée dans Monterrubio dans l’anonymat le plus complet…

 

DSC07208

Les faubourgs de Morille…où nous nous arrêtons ce soir.

DSC07209
Il nous faudra tournicoter un peu dans le village pour trouver notre lieu de halte. Nous sommes passés devant l’auberge de pèlerins de Morille qui semble, de l’extérieur, bien accueillante.
C’est à sortie du village, devant les panneaux solaires, que nous tournerons, par hasard à droite et, hésitants et fatigués, finirons par trouver.
Il n’y a pas d’indications car l’auberge touristique Via de la Plata est ouverte depuis peu. Le propriétaire nous dit attendre que la mairie s’occupe de la voirie entourant son établissement et fasse les aménagements nécessaires.
Nous sommes très chaleureusement accueillis. Le maître de maison nous fait les honneurs du salon et de la salle de restaurant puis nous sommes conduits à notre « habitacion ». Il s’agit, en fait, d’un duplex avec, en bas un salon avec canapé d’angle, une salle de douche/toilettes et en haut, un lit avec vue sur la campagne. Très récent, donc moderne et très propre.
Un sèche linge nous est amené après que son épouse nous ait demandé si nous avions de la lessive à leur confier et que nous ayons répondu par la négative.
Le dîner sera servi à 20h30. Nous sommes les seuls clients. Dîner parfait aux petits soins avec une certaine recherche dans la cuisine. Bon vin et service sympathique.C’est une adresse où nous avons laissé 100 euros en paiement pour le duplex, les deux dîners, vin inclus et petits déjeuners et les sourires des patrons. Nous recommandons chaudement cette adresse aux pèlerins qui auront envie de se faire plaisir quasiment à mi-chemin de leur pèlerinage.
La nuit sera bien calme même si le vent vient souffler sur les tuiles qui abritent des régiments de merles.

 

https://www.facebook.com/pages/Hotel-rural-Via-de-la-Plata-Morille/229001333809155

Bejar – Guijuelo

Il pleut en ce beau matin du 24 Mars 2010. Le vent est toujours là.
Nous devons rejoindre Guijuelo qui se trouve à l’est de Fuenterroble de Salvatierra, village étape du Camino. Nous emprunterons d’ailleurs le Camino sur une partie du trajet.
En attendant, il nous faut rejoindre, en bas de la vallée, l’usine de textiles pour mieux remonter de l’autre côté. Nous devons partir équipés pluie car elle n’a pas cessé. Si bien qu’en haut de la remontée, nous devons enlever une couche de polaire, une sur deux, car nous avons pris une bonne suée.

 

DSC07180

Nous ne sommes pas, réellement, sur le chemin mais on n’en est jamais bien loin…Nous sommes partis du bourg que l’on devine, en face, dans la brume.

Nous rencontrons un point de logement de tourisme rural qui vit, aussi, du Camino de la Plata.

 

DSC07181
Et de filer sur une route bien tranquille vers Navalmoral de Béjar, à quatre kms que nous traverserons avec les vaches partant aux champs, surveillant (nous) les chiens qui les accompagnent.
Folle ambiance !

 

L’entrée,

DSC07182

le centre.

DSC07183

 

 

Au carrefour vers Valverde, chien teigneux cette fois-ci qu’il m’a fallu chasser en faisant semblant de ramasser une pierre. Cela réveille le pèlerin qui ronronne en marchant…
Puis, c’est Perromingo qui nous accueillera. Nous n’avons pas vu un chat pendant le trajet, sur une route qui serpente entre les murets et qui surplombe un peu les champs d’où s’écoulent les eaux de ces derniers jours et de la nuit.

DSC07185

 

DSC07186

 

DSC07188

 

 

DSC07189

 

DSC07190

Sur nous, il ne pleut plus depuis le départ ou presque.
C’est à Valverde de la Casa que nous retrouvons le Camino. Village quasi désert. On continue sur la route, comme depuis le départ. Si le coeur vous en dit…

 

DSC07192
Au dernier chien rencontré, sans problème cette fois-ci, nous devrons nous équiper pluie à nouveau car quelques gouttes nous montrent que la « livraison » ne va pas tarder. Quelques centaines de mètres plus loin, c’est la grosse averse qui durera jusqu’à Valdelacasa, autre sublime coin paumé.

DSC07195
Au carrefour de la C214 reliant Cristobal à Guijuelo, je demande à un monsieur qui rentre son linge (il serait temps avec ce qu’il descend du ciel) de quel côté il faut partir pour rejoindre Guijuelo car il n’y a pas de panneau à ce carrefour. Il m’indique une direction et répond à mon autre question quant à savoir où l’on peut manger chaud. Il m’indique, deux cent mètres un peu plus loin à droite, un bâtiment qu’il appelle le Foyer social que nous rejoignons dans la foulée. Nous prenons une bière et un coca avant de comprendre qu’il nous faut monter au Comedor où nous sommes accueillis dans l’indifférence générale tant par la serveuse que par les autres clients qui nous rendent notre salut quand même. Repas à 17€ pour deux, bar compris, cafés aussi. Etrange atmosphère dans ce coin perdu.
Nous reprendrons notre route vers Guijuelo et suivrons la C214 sur 11 kms.
Pas beaucoup de trafic mais beaucoup de pluie et de vent.

 

DSC07196
Nous entrerons dans le village après être passés à moins de cent mètres de l’hôtel dans lequel nous avons réservé. C’est une fois en ville qu’après avoir demandé à deux reprises que nous finirons par trouver l’endroit où il se trouve. Bon accueil aimable, bel hôtel (Hôtel Entredos). Très confortable.
Nous ressortirons pour dîner dans un bar restaurant, l’Abuelo. Bon dîner de cochon, il faut dire que Guijuelo est une sorte de capitale du porc. Il y a un musée du porc, des élevages, des usines traitant les viandes, du jambon partout, etc.. Donc, nous avons mangé des ibéricos et autres cochonneries dans une ambiance de folie (match du Barça/Osasuna) et une fumée à couper au couteau. De toute façon, c’était cela ou rien. Mais le repas était bon.
Retour à l’hôtel et bonne nuit tranquille. Il pleut des cordes et le vent souffle de plus en plus fort.

Jarilla – Bejar

Petit déjeuner en compagnie de Mr Jacky. Nous saluerons les pèlerines lors de notre départ, un peu plus tard, à 8h15. Elles sont encore à table.
Nous ne rejoindrons pas le chemin où nous l’avons laissé. Un dernier coup d’oeil à notre thébaïde d’un soir.

 

DSC07148
En parallèle au Chemin, nous suivrons la route, même si, de temps en temps, nous le retrouvons.
De la route, nous surplombons le Camino, à cet endroit, contents de ne pas avoir à franchir cet arroyo..

DSC07149

Donc, nous suivons la N630 vers le Nord, le Chemin suivant, aussi, en parallèle, la N630 et même parfois se confondant avec elle.
Allons au plus court !
Plus court, peut-être, mais pénible oui. Cette route, depuis notre départ, ne cesse de monter. Le balisage devient compliqué et la lecture du guide ne nous apporte rien. La construction de l’autoroute a bien bouleversé les repères.
Continuons sur la N630. Nous découvrons cette plaque montrant le parcours de la voie romaine de la Plata,

DSC07151

traversons Aldenueva del Camino, village étape du Camino avec son joli petit pont moyen-âgeux en arc.

DSC07150

 

DSC07152

DSC07153

 

DSC07155

Achetons le casse-croûte dans une petite épicerie proche du pont et continuons à la sortie du village pour nous arrêter et y manger quelques gâteaux. Il fait plutôt frais car le vent d sud s’est levé et, curieusement, il est aussi froid que celui du Nord.
Le village est totalement désert, il est midi.
Au rond point de l’autoroute, nous continuerons vers Baños de Montemayor, laissant à droite la route vers Hervàs.
Là, nous marcherons sur le bas-côté de la route mais le trafic est modeste.
Nous entrerons dans le bourg de Baños de Montemayor par la voie romaine, belle pente, puis irons nous installer sur un banc, à l’abri du vent pour « déjeuner ».

DSC07161
Quelques dizaines de mètres en dessous de notre banc, un « authentique graveur romain » est en train de préparer quelques bornes miliaires d’époque qui orneront bientôt le Chemin dans le village..

DSC07163 Achat d’une bouteille d’eau dans le bourg et nous attaquons la « calzada reconstituée ». Belle pente aussi avec de jolies vues sur le patelin en arrière, avec au fond la retenue d’eau de la vallée de l’Ambroz.DSC07168

 

 

 

 

DSC07169
Puis, nous sortirons d’Extremadura, que nous avons traversé du Sud au Nord et entrerons en Castille avant d’arriver au pied de Puerto de Bejar où nous attendrons le bus pour Béjar.

DSC07171
Difficile de trouver l’arrêt du bus. Accueil « frais » dans le bistrot Adriano qui se trouve en face du dit arrêt, bistrot tenu par une octogénaire qui, je l’imagine, doit souvent répondre à la même question depuis le temps qu’elle est là.

DSC07173
Nous attendons, prêts à patienter les quasi deux heures qui sont devant nous. Le stop ne marche pas, le rare trafic préférant ignorer ces voyageurs à sac à dos. Assis depuis un bon moment sur le bord de la route, nous voyons, un peu plus haut arriver Jacky, qui, après un moment d’hésitation, vient nous rejoindre. Il s’assied avec nous pour se reposer un peu et nous échangeons des histoires de pèlerins pendant quelques minutes car, soudain, un bus non prévu se profile sur la route. Au dernier moment, dans le doute, je fais un signe au chauffeur qui s’arrête rapidement. Au revoir Jacky, en catastrophe… et nous voici dans le bus pour Bejar qui n’est qu’à dix kms plus bas.
Le bus ne s’arrête même pas à Cantagallo (Chante coq) et nous voila à Bejar. Pas très joli comme ville. L’office du Tourisme fermé bien sûr a laissé en vitrine un plan de la ville que je peux consulter et y identifier l’adresse de notre hôtel. Oui, c’est bien de la neige qui orne les sommets !

DSC07174
Il faut traverser la ville d’est en ouest pour arriver dans la partie la plus ancienne qui, elle, n’est pas dépourvue de charme.

DSC07175
Nous nous installerons, effectuerons notre routine quotidienne de soins, lessive et détente, puis ressortirons pour acheter les ingrédients du repas de lendemain midi Il fait vraiment très frais. Le vent est insistant et désagréable.
Notre halte pour ce soir est très accueillante et confortable. Dîner à 12 € vin compris comme sur le Camino.
C’est l’Hospederia Real de Bejar, photo prise de face sur la place.

 

DSC07176
La nuit sera tranquille.

www.hospederiarealdebejar.com

Galisteo – Jarilla

Lever de bonne heure. Le patron est au bar et nous prépare les cafés et tostadas règlementaires. Nous réglons la note de l’étape. Total 47 euros.
Puis nous montons aux remparts et redescendons de l’autre côté. En route pour Carcaboso. Nous franchirons le pont du 16ème siècle sur le Jerte et ne quittterons pas la petite route jusqu’à Carcaboso. La brume est dense à la sortie de Galisteo mais se lève à proximité d’Aldehuela del Jerte. Parcours sur route ne présentant guère d’intérêt.

A Carcaboso, nous irons saluer l’église de Santiago, fermée à cette heure matinale.

DSC07121
Nous irons prendre un nouveau petit déjeuner au bar d’Elena, dame bien connue des pèlerins de cette Via de la Plata.

 

DSC07122
Elle nous sert nos cafés et nous donne quatre oeufs durs. Je paie les cafés mais elle ne veut absolument pas que je paie les oeufs. D’autres pèlerins rencontrés plus tard ont aussi reçu leurs oeufs. Quelle générosité.
Nous saluons deux pèlerines, l’une belge et l’autre allemande (Nimègue -Pays-Bas- et Francfort) en partant et continuons notre route, après que dame Elena soit sortie sur le trottoir nous indiquer le chemin à prendre. Bises à la pèlerine et salut au pèlerin. Quel accueil ! Cela ne m’étonne pas qu’Elena soit si connue et appréciée.
La traversée et la sortie de Carcaboso sont vraiment sympa. Chemin blanc bien tranquille. Un dernier coup d’oeil à Carcaboso.

DSC07125

 

DSC07126

DSC07128
Prairies dont nous longeons les murets avec quantité de champs détrempés et d’arroyos qui nous obligent à effectuer des sondages et détours afin de ne pas nous déchausser ou tout simplement nous tremper les chaussures. C’est vraiment très beau. Les points « mouillés » des prés sont identifiables par la présence de milliers de petites fleurs blanches ce qui signifie « détour » pour le pèlerins ou bien « contournement ».

 

 

DSC07134
Nous continuons de suivre le muret, tantôt à gauche, tantôt à droite et arriverons à la route reliant Santibañez el Bajo à Plasencia, route que nous traverserons à l’entrée de la ferme de Venta Quemada.

 

DSC07135
On sent que l’on s’approche d’un lieu touristique car nous ne traversons plus les arroyos à gué (ou pieds nus) mais sur des cubes « hitos ».

 

DSC07137
Depuis Venta Quemada jusqu’à l’Arco de Caparra, nous en passerons trois ou quatre.

 

DSC07139

 

DSC07140

 

DSC07141

 

DSC07142

Cette photo a été prise sur le Camino passant sous l’Arc, la partie derrière le grillage étant zone de fouilles.

Nous arriverons à 13h45 à l’Arc, en avance sur le rendez vous que nous avons pris avec la voiture de l’hôtel Asturias qui viendra nous prendre à 14h30. Les pèlerines vues ce matin à Carcaboso seront du voyage aussi.
Au cas où, nous avons identifié ce vêtement laissé sur une pierre, juste après l’Arc de Caparra. Il est accompagné d’une carte de visite d’un taxi de Galisteo.

 

DSC07147

La voiture arrive à 15h00. Mercedes Vito grenat, flambant neuf. Le chauffeur nous parle du Camino, de l’endroit où le rejoindre demain matin, etc.. tout en nous amenant à notre étape pour ce soir.
L’accueil est vraiment chaleureux. Ils savent que nous sommes fatigués et ne perdent pas de temps pour la paperasse. Nous filons dans notre chambre qui a vue sur le parking des camions mais est au soleil, point important quand on parle de séchage de lessive…
Nous redescendons pour déjeuner.. à 15h50 ! Nul besoin de dire que la cuisinière va au plus pressé. Et sert ce qui lui fera gagner du temps car elle finit son service à 16h00. Le repas au menu pèlerin ne nous laissera pas de souvenir grandiose.
Nous dînerons, au même menu, à 20h. Là, la cuisinière a le temps et la soupe et la truite seront dévorées en un clin d’oeil.
En attendant, nous installerons, à l’extérieur, sous un auvent, une table et des chaises et profiterons du soleil en attendant le repas. Nous dînons avec les deux pèlerines qui dorment à l’hôtel ainsi qu’avec un sympathique pèlerin français de Sète, Jacky, qui vient de nous rejoindre. A 22h, nous irons nous dormir quand les routiers commencent à s’arrêter pour dîner.
La nuit sera calme. Le vitrage isolant a joué son rôle et nous découvrirons, au petit matin, le parking rempli de camions qui ont « dormi » là.

 

http://www.hostalasturias.es/

Càceres – Galisteo

Après une journée de repos qui a permis la visite de Càceres, nous sommes sur le départ, à nouveau. Un rapide coup d’oeil par la fenêtre, le temps est un peu couvert avec beaucoup de vent. Même temps qu’hier. Un coup d’oeil à la météo de la chaîne 1, pluie en perspective sur toute l’Extremadure.
Bon, allons déjeuner, on verra après. Le petit déjeuner s’avèrera un conseil stratégique réunissant les deux pèlerins concernés. Il va pleuvoir, l’étape ne propose pas de logement du type que nous cherchons.
On règle la note et nous partons vers la gare de Càceres. On va sauter l’étape et rejoindre Cañaveral en train. C’est parti ! Une centaine de mètres après avoir quitté l’hôtel, une violent orage se déchaîne. Le déluge. Nous attendrons.
Cela se calme et nous pouvons rejoindre la gare équipés de nos ponchos.
Le train roulera jusqu’à Cañaveral sous la pluie et nous déposera à 10h00, à la gare de destination où le soleil remontre son nez. Il ne nous quittera pas jusqu’à Galisteo.
Une vue de Cañaveral.

DSC07060
Nous rejoindrons la N630, saluons au passage l’ermita de San Cristobal

DSC07062
et décidons de rester sur le bord de route sans suivre le chemin balisé car, orage oblige, le terrain semble bien boueux. Monter un chemin à la boue collante pour redescendre de l’autre côté et retrouver la N630 ne nous tente guère.
La nationale s’avèrera bien tranquille, proximité de l’autoroute oblige. En effet, nombre des routes nationales sont bordées par une autoroute qui absorbe la quasi totalité du trafic de passage.

 

DSC07063
Elle nous mènera à Grimaldo, village tout en longueur, où deux personnes, les deux seules rencontrées, semblent vouloir nous installer à l’auberge de pèlerins, situé immédiatement à côté d’un bar dans lequel nous ne sommes pas entrés. Il est bien tôt pour cela…et il y a encore de la route !DSC07068DSC07069
Un peu plus loin, à la sortie de Grimaldo, à proximité d’un manoir flanqué d’une belle chapelle romane, nous ferons une petit halte de repos.
Nous reprendrons la direction du Camino en suivant, à gauche, la route vers Holguera. Une fois l’autoroute passé, à droite, nous franchirons notre première barrière, retrouvant ici même la Via de la Plata.

 

DSC07070
A nouveau beaucoup d’eau dans les prés et sur le chemin.

DSC07072
Les paysages sont magnifiques, rendus encore plus attractifs par le soleil et l’odeur des fleurs des champs. Paix et solitude, d’autant plus que le Chemin tend à s’éloigner de l’autoroute. Il y a toujours beaucoup d’endroits très humides, voire boueux. Mais la caravane passe.
Nous aurons la chance de voir passer, à petite distance, une harde de chevreuils de peut être 25 individus. Beau, très beau spectacle, d’autant plus que l’un deux s’arrête et nous fixe du regard pendant quelques minutes. De nombreux rapaces tournent au loin. Grand calme.

 

DSC07081
L’oeil exercé trouvera deux des chevreuils entre deux arbres, dans la partie droite de l’image, à gauche du poteau vert !

DSC07084

DSC07086

 

DSC07091
Nos pas nous conduiront vers le barrage de Riolobos.

 

DSC07094DSC07095Une pomme mangée sur un hito et nous remonterons la route de Riolobos pour tourner à gauche vers la finca Valparaiso puis une très longue descente en direction du canal d’irrigation.
Après le dernier (?) élevage de cochons, prudence sur le flèchage. Il faut franchir une barrière canadienne qui est fermée et où indiqué que le passage est interdit mais que les pèlerins peuvent passer…Continuer entre deux bâtiments. Tout droit, chemin défoncé et inondé, du moins pour nous.

 

DSC07096

 

DSC07097
Nous rattraperons un pèlerin espagnol qui semble exténué et qui s’interroge sur la route à suivre. A l’endroit où il se trouve, un hito indique d’aller tout droit (vers San Gil) alors qu’il faut tourner à gauche pour rejoindre Galisteo, en prenant bien soin de grimper un raidillon bien pentu avant d’y arriver.

 

DSC07100
La grimpette est à gauche !
Belle descente sympa d’où l’on voit bien les remparts de la petite ville de Galisteo.

 

DSC07101

 

 

DSC07103DSC07115Nous avons réservé une chambre à Galisteo, au bar los Emigrantes
C’est, en fait, le premier bar, à un coin de rue, que l’on rencontre en entrant dans le faubourg de Galisteo.
Nous sommes dimanche après-midi et le bar est plein, la terrasse est animée par des joueurs de cartes. Nous nous installons dans notre chambre.
Deux lits, une TV dont nous ne nous servirons pas, un chauffage soufflant.
Rien d’autre. 20€. La salle de bains et les toilettes se partagent avec les voisins. Accueil aimable.
Nous irons visiter Galisteo ainsi que son église mudéjar Nuestra Senora de la Asuncion qui est ouverte car l’on s’ y apprête pour le défilé pascal et d’où les cigognes scrutent (en vain)  l’arrivée d’autres pèlerins.

 

DSC07109

 

 

 

DSC07107

 

DSC07112
Chacun nous salue dans la rue.
Dîner au comedor du bar. Menu du dimanche à 12€. Il y a un menu pèlerin à 9€. Bonne nourriture simple. La nuit sera animée, au moins jusqu’à minuit à cause du bar, puis un orage viendra compléter l’humidité ambiante. Les pèlerins dormiront quand même.

Alcuescar – Caceres

Il pleut bien fort. Le petit déjeuner camping a été englouti et nous voila prêts à partir.
Nous cherchons un moyen de transport car Aldea de Caño ne peut nous héberger, la seule casa rural étant complète. Il nous faut sauter cette étape. Mais, aujourd’hui, c’est la St Joseph, fête des pères en Extremadura, et il n’y a pas de bus…
Rapide négociation avec la logeuse. Elle nous dit, taxi 30€, moi 20€.
Banco, nous voilà dans la voiture, les sacs dans le coffre, en route pour Aldea del Caño que nous atteignons rapidement puisqu’elle prend l’autoroute pour parcourir les 15 ou 16 kms qui séparent les deux villages.
Nous quittons sans regret ce vllage d’Alcuescar où nous avons clairement le sentiment de s’être fait « avoir », où l’ambiance pampa se faisait vraiment sentir et au bas duquel, près de l’endroit où se trouve l’albergue, les hostales et bars, deux dans la même rue, nous donnaient une impression de bout du monde. Peut être que le logement pèlerin du monastère aurait été mille fois mieux.
Alors quitte à payer 20€, je demande à la logeuse, une fois en route, qu’elle nous conduise à l’aérodrome de Fuente de Cantos qui se trouve un peu au nord du village, six kilomètres plus haut. Elle ne peut refuser et n’ose pas demander de supplément et elle fait bien car la riposte était prête…
Nous nous séparons (la bise svp ! c’est beau le sens du commerce) et traversons l’aérodrome dont on devine les bâtiments dans la brume, puis continuons sur un chemin caillouteux et défoncé.

DSC07014
Il fait très gris et la pluie s’est transformée en petit crachin.

 

DSC07016

Nous rencontrons quelques arroyos que nous franchissons sur des cubes de granit. Bonne attention portée au pèlerin. Merci à la Junta.

DSC07017

 

DSC07018
Curiosité en route, un système d’irrigation entre un point d’eau et un petit étang établi à partir de sarcophages romains mis bout à bout. Ceci à gauche du Chemin.

 

DSC07019Un peu plus loin, à droite, deux bornes miliaires.
Valdesalor se montre devant nous.

DSC07024

 

Une légère descente nous conduira au pont romain, lui aussi précédé de ces cubes qui aident à franchir les zones d’eau.

 

DSC07021

Pas un chat sur notre traversée de Valdesalor

Nous longeons la N630 jusqu’à la gasolinera puis partons sur la droite rejoindre un pont qui franchit l’autoroute, laissant les flèches aller buter sur cette même autoroute. De l’autre côté, nous continuons vers Càceres. Nous suivrons une route montante, la laisserons et passerons sous la N630, puis remonterons vers le col des Camellas en suivant bien la clôture du pré en face pour monter vers le Col. Ne pas monter à droite immédiatement en sortant du mini tunnel qui passe sous la N630 ! Cul de sac qui revient sur la route.
Au col, traverser la N630 et, en face, au terme d’un plateau balayé par le vent, Càceres vous salue.

 

DSC07024
Il bruinait, et le vent nous agaçait, les bâtiments que l’on voit ne sont pas beaux. L’entrée dans la ville par le Camino ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Long cheminement qui nous fera passer devant l’hôpital San Francisco et finalement accéder à l’entrée de la vieille ville, ayant remarqué le vestige de pont qui orne le centre d’un carrefour giratoire.

 

DSC07029
Installation à l’hôtel puis nous ressortons pour un plat d’ibericos/fromages servi à 16h00.
Retour à l’hôtel et repos après les rites habituels. Cette étape sera une étape de repos. Demain, nous irons visiter la vieille ville, sans sac sur le dos.