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Allariz – Ourense

Beau temps frais. Nous descendons prendre le petit déjeuner servis par une dame aimable. Puis, c’est le moment de régler la note et la patronne, peu souriante mais polie, me dit qu’elle préfère du cash lorsque qu’elle me tend mon compte. Désolé, pas de cash. Cela ressemble à l’étape de Vinhais…
Ce coup-ci, je tiens bon et, finalement, la carte bleue fonctionne.

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Départ dans la foulée, nous recevons un « hasta luego » du bout des lèvres et allons chercher de l’eau, traversons la vieille ville d’Allariz

 

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et c’est parti pour Ourense, notre première grande ville espagnole depuis Zamora.
Sans compter la portugaise Bragança, bien sûr, qui n’est cependant pas de la taille d’Ourense.

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Dernier coup d’oeil sur Allariz en franchissant le pont roman.

 

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Chemin large en sortie de ville, traversons une sorte de zone d’activités que l’on ne peut qualifier d’industrielle, passons sous l’autoroute. Le marquage est bon et nous conduit à Santa Marina de Augas Santas puis Pereiras que nous atteignons après une descente soutenue, entourés de moucherons qui nous rappellent notre passage en vallée d’Aliste, il y a quelques jours déjà, où, là, c’étaient des mouches qui nous tournaient autour.

 

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A Pereiras, arrêt à un abri-bus pour profiter du banc qui se trouve à côté.
Nous mangerons notre en-cas, déchausserons les pèlerins. Repos après presque trois heures de route. La pèlerine ne se plaint pas de ses pieds, ce qui est signe que la bétadine de Vilar do Bario agit mieux que l’alcool pour sécher les plaies.

Entre Pereiras et La Castellana (et son nid de cigogne),

 

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surprise pour le pèlerin ! Une magnifique zone de repos spécialement dédiée aux pèlerins, avec fontaine, abri pluie/soleil, bancs et cartes et indications utiles.

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Nous continuerons à traverser la zone industrielle déserte, ce samedi, qui précède l’arrivée à Ourense,

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virerons à gauche au stop puis à droite au rond point, saluerons la flèche géante

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et ferons notre entrée à San Ciprian das Vinas que nous traverserons et monterons la dernière côte vers Ourense.
Pas fâchés de voir, en haut de cette côte, l’hôtel Aurense dans lequel nous avons réservé.
Installation après un accueil sympa et travaux habituels des pèlerins dans le domaine de la lessive, du repos, de la douche et autres travaux de pieds.
Ceci fait, départ pour la ville qui est encore à cinq ou six kilomètres. La réception nous dit qu’il y a un bus dont le terminus est tout à côté. L’hôtel a même un bus mais qui est de fréquence moindre.
Va pour le bus municipal et nous nous retrouvons dans une ville quasi déserte. L’activité reviendra avec l’ouverture des magasins à 17h00.

 

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Nous avons bien vu l’indication routière de l’Auberge des Pèlerins mais c’est tout en haut d’une colline et c’est à la Cathédrale que nous irons recueillir notre sello. Chance, elle ouvre quand nous nous présentons.
Un petit tour dans la vieille ville d’ Ourense, puis une halte au Carrefour Market pour acheter le repas de midi pour demain. Et nous rentrons à l’hôtel avec un autre bus en sens inverse. Nous notons que le temps est menaçant et que, par moments, souffle un vent fort venant du sud.
Comme le restaurant est fermé pour cause de noce dans l’établissement, nous dînons à la cafétaria du pire repas depuis notre départ de Zamora.
Tant pis, nous n’avions pas le courage d’attendre en ville l’heure du dîner.
Malgré la présence d’une noce important en nombre de convives dans l’hôtel, nous ne souffrirons guère du bruit. A minuit, nombre des chambres ont retrouvé leurs occupants.

 

http://www.eurostarsauriense.com/

Zamora – Muelas del Pan

Muelas del Pan n’est pas une étape prévue sur la Via de la Plata espagnole mais elle figure dans la liste des étapes du Camino Portugues de la Plata.
En effet, nous avons choisi de prendre cette variante pour deux raisons.
La première est que nous ne dormons pas dans les auberges de pèlerins mais dans les hôtels simples, quand il y en a. Notre travail de préparation a montré que ces établissements, mises à part quelques casas rurales, sont plutôt rares entre Zamora et Ourense. Etant en année jacquaire, redoutant une fréquentation en nombre supérieure aux autres années, nous n’avons pas voulu prendre de risque.
L’autre raison est que nous n’avons que peu d’idée de ce que peut représenter cette route, annoncée comme physique et solitaire par le guide de Alison Raju 2005 (Confraternity of Saint James). Par contre, un peu de Google nous montre qu’il existe quelques petits hôtels ou casa rurales aux endroits où nous prévoyons de faire étape.
Aujourd’hui, comme hier, petit déjeuner dans la chambre. Celui que nous avons acheté hier soir au magasin El Arbol…
Nous traversons Zamora parmi les gens qui rejoignent leur travail et descendons vers le début de la route d’Almaraz del Duero, après avoir acheté du pain à proximité de la Cathédrale.

 

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Le guide Raju nous mènera au bon endroit. Rédigé en anglais, ce guide peu cher, léger et d’un maniement facile, a pour inconvénient de beaucoup utiliser des abréviations avec lesquelles nous devons nous familiariser.
Trottoir jusqu’au Collège, route tranquille. Suivons sur le côté gauche de la route notre cheminement, passant devant la prison dont on ne sait si elle est encore occupée ou non. Toujours peu de trafic, de belles côtes.

Dernier coup d’oeil en arrière. On ne voit déjà plus Zamora.

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Par contre, on rencontre des chênes-liège bizarrement taillés.

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Nous sommes dans les première montées d’un parcours qui ne fera que prendre de l’altitude pendant les étapes suivantes même si c’est en pente relativement douce. J’imaginais, sur la carte, ou Google Earth, trouver un chemin caillouteux. C’est une route bien goudronnée qui nous mène vers notre destination.
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La route, après environ douze kilomètres, se retrécit et devient plus sinueuse, longeant un ruisseau au sortir d’une zone boisée.
Une belle ferme sur la droite avec de beaux chiens qui, heureusement, sont loin et ne paraissent pas intéressés par les pèlerins. Après cette ferme, nous remontons sur le plateau pour atteindre le cingle du Duero qui me servait de repère pour identifier l’endroit où nous devions abandonner la route pour entamer la longue montée vers le haut de la rive droite du Duero, sur un chemin caillouteux.

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On casse la croûte dans un magnifique paysage, sur le bord du fleuve.

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L’appétit rassasié, nous attaquons la montée après un moment de doute quant à savoir si c’est la bonne piste. Le choix s’avèrera le bon. Il faut dire que j’avais pris quantité de notes pour identifier le point à ne pas manquer.
La piste se trouve juste après le pont en béton qui double le petit pont roman qui est hors d’usage depuis longtemps.

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Le paysage est magnifique. Pas un toit en vue, que de la verdure, essentiellement des genêts et des cistes. Le vent est constant mais pas gênant.

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La découverte, une fois en haut du plateau, au loin, à droite, de la vision de la route Zamora – Bragance nous rassurera définitivement sur notre choix. Nous sommes sur la bonne piste mais hors Camino, bien sûr. Nous n’avons pas souhaité suivre le chemin officiel car, au terme de sa première étape, il n’offre pas de solution de logement. Nous ne verrons pas l’église de San Pedro de la Nave et le regrettons.
Lorsque notre piste débouche sur la route qui relie Almaraz à la nationale, cela se compliquera un peu car j’avais prévu de traverser 200 mètres de champs environ pour retrouver une autre piste qui mène à Muelas del Pan.
Problème, la topographie des lieux ne permet pas de le faire car nous ne pouvons pas situer l’endroit où la rejoindre.. Nous suivrons une piste qui longe la route, sur sa gauche, sur laquelle nous venons de déboucher et va vers le nord. Arrivés à un vallon, à quelques centaines de mètres de la nationale, nous partons sur la gauche pour tenter de trouver un chemin parallèle à cette nationale.
Il nous faudra descendre dans le dit vallon, nous perdre devant une ferme abandonnée, remonter de l’autre côté du même vallon… c’est notre deuxième journée de marche et les jambes ne sont pas encore au top. Cela trainaille un peu. Longue piste bien droite qui nous conduira à destination.

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Muelas del Pan ou plutôt ses « quartiers » est, sont en vue mais le village est très étendu.
Nous ne verrons âme qui vive que quasiment arrivés à destination où une jeune femme nous indiquera la casa rural qui nous attend une centaine de mètres plus bas. Là, nous retrouverons le Camino « officiel » qui vient de San Pedro de la Nave. Nous trouverons aussi notre premier « mojon » installé à l’entrée de chaque village de cette route. Le pèlerin est content d’être arrivé.

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L’accueil de notre hôte est vraiment très chaleureux, presque amical. La maison est simple mais propre et le chauffage fonctionne. A vrai dire, après une journée de marche, le pèlerin est content de trouver un peu de confort, fût-il modeste.
Le dîner se fera dans la grande salle du bar sous une télévision immanquable par sa taille et le son.
Ibéricos, lomo et glace + tinto.
L’hôtel est complet (dix chambres ?) car Muelas del Pan organise ces jours là, un concours de pêche. Les pêcheurs se levant tôt, les pèlerins profiteront du bruit pour se lever aussi mais un peu plus tard, le patron ayant annoncé le petit déjeuner pour 8h30. Ajoutons que, malgré le fait d’avoir eu une chambre sur la route, nous n’avons pas eu à souffrir du bruit extérieur car il n’est probablement pas passé une  seule voiture au cours de la nuit.
A l’heure dite, nous frapperons à la porte du restaurant où nous avons dîné la veille au soir qui se trouve à côté de l’endroit où l’on dort et le patron nous servira un petit déjeuner fort copieux, nous proposera l’accès à internet et de nous préparer des bocadillos pour le déjeuner. Nous avons ce qu’il faut, merci.
Depuis le temps que nous marchons, particulièrement en Espagne, je crois que c’est la première fois que nous rencontrons un hôte aussi sympathique et souriant, cela méritait d’être dit. Ce n’est pas très courant dans ce pays. Nous encourageons les pèlerins à faire étape chez lui. Très bon souvenir d’une étape simple mais chaleureuse.
Casa El Vedal 60 euros tout compris y inclus la bière et le coke light bus en arrivant.

http://www.elvedal.com/

Villanueva de Campean – Zamora

Comme prévu au printemps dernier, nous repartons pour achever notre marche. Nous sommes le 23 Septembre 2010. Nous sommes arrivés à Zamora la veille au soir et prenons ce matin un bus omnibus dont la destination est Salamanca, pour rejoindre Corrales puis, à pied, retrouver le chemin au nord de Villanueva de Campean qui se trouve 20 kms au sud de Zamora.

 

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Corrales nous accueille par ses rues désertes, en apparence seulement.

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Nous voyons bien que, derrière les rideaux à peine soulevés, un oeil inquisiteur nous observe.
Nous trouverons, par hasard, une boulangerie ouverte où nous achèterons un pain. Nous traverserons le fournil puis l’arrière cour pour sortir par l’autre rue, suivant les recommandations de la boulangère. Elle nous fait passer par là pour que nous trouvions plus facilement l’épicier du village.
Nous y achèterons le casse croûte du jour (fromage, blanc de poulet, bananes et eau).
Un policier municipal nous indiquera la mairie afin que nous y recevions le sello local. Même si Corrales n’est pas tout à fait sur le Chemin, la mairie semble avoir l’habitude de tamponner les créanciales.

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Il fait un peu frais mais beau. Nous retraverserons la route nationale et suivrons la petite route bien tranquille qui mène à Casaseca de Campean où nous trouverons un café ouvert qui nous propose un café « casero » qui sort de la cafetière mais qui est tiède. Prétexte pour se reposer les jambes après les premiers kilomètres.

 

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Le Chemin se trouve quelque part, par là, nous dit on, en nous montrant la petite route qui mène à San Marcial. Nous suivrons et rattraperons un grand père qui part au jardin. Il nous confirme que nous sommes sur la bonne voie pour retrouver le camino, un peu plus loin après le pont sur l’arroyo nous dit-il.
C’est bête à dire, mais la vue des flèches jaunes et d’un hito nous remplit de joie. Nous avons l’impression de retrouver un ami !
Gaillards, nous y allons d’un bon pied d’autant que le chemin que nous foulons est bien plat, sablonneux et large. Le bonheur de la pèlerine et du pèlerin.

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Nous découvrons, au fur et à mesure de notre progression vers Zamora, divers repères jacquaires installés par l’Association Ramos qui, même neufs, semblent attirer les inconséquent(e)s qui ne savent pas mettre leurs déchets dans leur sac et les jeter à l’étape…

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Et voici deux pèlerins à vélo, nos premiers, depuis le printemps, « buen camino ». Puis, un autre à pied qui nous salue de même.

Le repas se prendra selon les moyens du bord. Dans la première partie de notre cheminement au printemps, nous étions grands utilisateurs des hitos du chemin. Là, ce sera de la buse d’arrivée d’eau, qui, finalement, se trouve à la bonne hauteur et à l’abri du vent.

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Puis, nous rencontrerons nos premiers colchiques qui, comme dit la chanson…. Nous en trouverons davantage vers la frontière portugaise et d’encore plus gros, lorsque nous reviendrons sur le chemin de la Plata, après A Gudina.

Les abreuvoirs à mouton, façon récupération, nous auront fait sourire d’autant plus que les chiens qui montent la garde sont tenus par de solides chaînes.

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Plus avant, nous aurons la surprise de rencontrer cet ensemble monumental jacquaire (Association Ramos) composé de trois stèles de belle dimension qui semblent jaillies de nulle part.

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En approchant de la ville, nous rencontrerons un autre signal d’autant plus étrange que la voie de chemin de fer est parallèle à la piste et que le croisement devant nous est une autre piste, qui, elle, croise le chemin de fer !

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Intéressant, mais ce n’est pas la route que nous suivrons dans les jours à venir.

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Nous entrerons dans Zamora par le pont de pierre qui offre une très belle vue sur le Duero et ses moulins restaurés, au pied de l’ensemble du château et de la Cathédrale.DSC07694

C’est pour nous une journée de reprise, ce qui nous fait trouver la montée vers l’auberge de pèlerins un peu dure. L’hospitalera nous reçoit en anglais, tamponne nos créanciales et nous demande si nous voulons loger. Non, merci, nous avons une réservation dans un hôtel de la ville haute, près de la station des bus.
Nous nous y installerons et après être ressortis pour acheter notre petit déjeuner du lendemain tout en visitant la partie historique de Zamora.

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Un peu d’art moderne urbain

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Le temps s’est mis à fraîchir et la pluie menace. Nous dînerons à l’hôtel au menu del dia.

Hôtel AC, très confortable 62,50 Euros. Menu 16 euros vin compris.