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Zafra – Villafranca de los Barros

Il est 9h15 en ce beau lundi 15 Mars 2010. Nous quittons notre logement et montons vers la station de bus que nous connaissons bien maintenant. Nous la laisserons sur la droite pour continuer vers la Torre San Francisco.

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Le goudron nous fait passer, sur la droite, devant une « urbanizacion » comme seuls les promoteurs espagnols savent les faire. Tout le monde est bien entassé pour un prix minimum et un profit maximum pour le promoteur, on peut l’imaginer.
Nous continuer la douce ascension vers les antennes relais, sur une petite route sympathique, au son de multiples aboiements provenant de ce qui semble être des résidences secondaires. Malgré ces aboiements, heureusement les bêtes sont pour la plupart attachées et derrières des grillages, nous progressons dans un cadre charmant.

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Le sommet de cette colline nous permettra une jolie vue sur los Santos de Maimona dans laquelle nous entrons par une « urbanizacion » un peu plus réussie que celle vue à la sortie de Zafra, trois quarts d’heure avant.
C’est dans ce village que nous procédons à notre ravitaillement du jour, nous perdant, demandant notre chemin à des gens de rencontre fort sympathiques et aidants. Il faut dire que le balisage est fait, souvent ici, non pas au sol mais sur le bord extérieur du trottoir, ce que notre oeil aiguisé n’avait pas encore saisi ! Donc, contrairement à l’habitude, bien regarder au sol.
Une dame nous remettra sur le bon chemin. Et deux messieurs à qui nous n’avions rien demandé, nous indiquent spontanément la voie à suivre. On ne doit pas être les seuls à se perdre, de toute évidence…

Après le pont sur le rio Rivera de Robledillo, nous montons un chemin bien défoncé longé par un ruisselet malodorant qui semble draîner un élevage de porcs situé plus haut. Ca passe quand même.
Au point haut, nous découvrons un superbe chemin comme on les aime. Chemin blanc bien draîné, net, facile à marcher et large entouré de vignes, d’arbres fruitiers ou oliviers et offrant une magnifique vue relativement lointaine.

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Le pèlerin croisera deux puits qui semblent bien anciens.
Puis, l’environnement immédiat change. Nous allons marcher sur une piste de terre rouge, cernée par de hauts grillages de chaque côté au delà desquels nous pourrons admirer les bonds magnifiques de lièvres filant ventre à terre. Il est évident que les grillages, dans lesquels des passages sont aménagés, ne les empêchent pas, eux, de passer d’un côté ou de l’autre de notre chemin.
Notre repas de midi, à base de pain et de fromage, se fera sur deux hitos situés à l’embranchement qui conduit, à droite, vers un Albergue Turistico, quelques centaines de mètres plus loin.

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A cet endroit, il semble que les magniques oliviers qui nous entourent soient menacés par la construction d’une raffinerie de pétrole. Nombre d’écrits sur les rares constructions montrent la colère des locaux. A ce sujet, je me souviens avoir lu, sur le site de l’association jacquaire de Séville, qu’une manifestation avait été organisée pour dénoncer ce projet.

Nous n’irons pas plus à cet albergue qu’aux autres et passerons notre chemin, une fois la collation faite. Nos pas nous ramèneront à la N630 qui nous fera entrer dans Villafranca de los Barros après avoir franchi le chemin de fer.

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Nous passerons sur l’autoroute, suivrons les flèches sur un chemin blanc bien tranquille et entrerons dans une ville déserte à 15h00, heure du repas pour les autochtones.

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Quelques pas de plus pour trouver et nous nous installerons à l’hôtel Diana. Accueil aimable. Chambre convenable avec tout le confort. Nous demanderons des couvertures supplémentaires. Le chauffage soufflant sera mis en route car, malgré le soleil, la température, à cause du vent qui ne nous lâche pas depuis Séville, est plutôt fraîche, la journée avançant.
Activités habituelle des pèlerins à l’étape, lessive, douche et jambes en l’air.
Repos, télé, météo et nous revoilà dehors pour un tour dans un bourg qui s’anime un peu. Un pâtissier calmera notre fringale, une bouteille d’eau étanchera notre soif et nous rentrerons à l’hôtel, car, à part l’église qui est fermée comme toujours ou presque, il n’y a pas grand chose à voir.
Dîner minable. No comment. Nous avons dû faire le mauvais choix, l’un l’autre, car à la table à côté, les convives semblent se régaler.
La nuit sera bonne.

 

http://hoteldiana.es

Monesterio – Fuente de Cantos

Départ de l’hôtel Moya à 8h50. Plus de bobos, ni de gorge ni de ventre.
Dans le bourg, nous achèterons le ravitaillement des pèlerins pour midi chez El Arbol dont nous sommes devenus de fidèles clients.
9h15, nous quittons Monesterio en laissant sur la gauche l’hostal Leo que nous photographions car il semble neuf et tranche (peut-être) sur la qualité des hôtels proposés ici.

 

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Cette première partie de cheminement est un vrai bonheur.

 

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DSC06917Chemin sec et souple, entouré de murets en pierre sèche. Vent de face, encore et toujours, bien frais. Nous ne quitterons pas les deux polaires et les gants au cours de l’étape.
Le chemin est rythmé par le passage de nombreuses barrières canadiennes, certaines ouvertes d’autres non. Nous marchons sur le plateau et finirons par « déjeuner » assis sur un hito. Au loin, la tâche blanche du village de Fuente de Cantos se détache à l’horizon.

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Une longue descente nous conduira à un nouvel arroyo, franchi sans difficultés pour une fois (celui qui est « à sec » dans le guide) puis après une petite côte, redescendrons vers l’arroyo Bodion Chico.
Au loin, deux petites silhouettes se détachent. Nous pensons à deux pèlerins assis. Il s’agit d’un couple de grandes cigognes qui s’enfuient à notre approche en même temps que compères Renard passent en trombe par notre côté gauche. Devant l’arroyo, nous devons nous déchausser car il y a de la profondeur. Le courant est fort et l’eau monte à nos genoux. Pieds nus, les pierres sont glissantes et le secours du bâton n’est pas inutile.

 

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Séchage des pieds et pique-nique de repos. Nous repartons quant une pèlerine que nous retrouverons plus tard arrive et prépare sa traversée.
Avant l’entrée de Fuente de Cantos, nous devrons à nouveau nous déchausser pour franchir un arroyo, le dernier de la journée. Quelques centaines de mètres avant, nous aurons remarqué le balisage privé affiché à l’extérieur d’une villa qui nous montrera, si nécessaire, que nous suivons la bonne route.

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Fuente de Cantos sera atteint à 15h00. Nous chercherons l’auberge de pèlerins sans succès. Il faut dire que nous sommes fatigués et savons que nous ne dormirons pas ici, car au moment où nous avons préparé notre voyage, aucun logement n’était disponible en ville, à cause d’une noce. La Policia civil tamponnera nos créanciales et nous attendrons à la station de bus que le bus vers Zafra arrive à 17h20.
A Zafra, nous descendons de la gare des bus vers la ville et cherchons notre logement. La providence fait que nous croisons le chemin d’une dame qui sort des vêpres et habite à côté de notre destination. Elle nous y conduit non sans nous avoir proposé son toit.
Nous sommes accueillis, à la Casa Ruy y Lopez, par une jeune fille volubile, propos dont nous avons du mal à comprendre le sens surtout quand elle explique la gestion des clés de la maison. On finira par y arriver. Il faut dire que la marche « endort » l’esprit et le pèlerin a besoin d’un « certain délai » pour revenir à la vie ordinaire…
Belle chambre confortable et bien décorée avec un chauffage poussif. Très chaud dans l’entrée et faible dans la chambre proprement dite et inexistant dans la salle d’eau. On s’en accommodera.
Installation et repos, lessive, douche, etc..le quotidien du pèlerin.
Nous ressortirons, malgré le froid, traverserons la vieille ville en quête de restaurant mais il est encore un peu tôt.

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Enfin, à 20h45, nous dînerons chez Elias, en face de chez Josefina, de jamon de bellota, de secreto et de prensa de porc (pour changer) et d’une bouteille de Tentudia 2000 de derrière les fagots. Nous avons bien été accueillis et Elias nous a, d’autorité, installé un chauffage d’appoint à l’entrée de la petite pièce où nous avons dîné. La nuit fût bonne.

 

Café Bar Elias, Calle Lopez Asme 6 Zafra, Provincia de Badajoz +34 924 55 51 32