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Vinhais – A Gudina

Loin de nous l’idée de décourager le lecteur mais la pèlerine se plaint de plus en plus de ses ampoules. Malgré des soins quotidiens et des protections adéquates, les plaies au talon d’Achille suppurent. Les doses d’alcool mises dessus ne servent, semble-t-il, qu’à creuser la plaie.
Nous achèterons de la Bétadine à notre prochaine halte. Aujourd’hui, il était prévu de rejoindre A Gudina à pied, hors chemin, pour rejoindre à nouveau le Camino de la Plata que nous avons abandonné à Zamora.
Mais la situation décrite plus haut montre bien que cela ne sera pas possible.
Toujours décidée à ne pas abandonner, la pèlerine persiste.
Nous en ferons une bonne partie en taxi. Nous rejoindrons la frontière espagnole en taxi. Bof, alors puisque nous serons dans la voiture pourquoi ne pas rejoindre A Mezquita en auto et nous terminerons à pied les vingt trois kilomètres restant ?
C’est voté.
L’hôtel, au départ, nous agace un peu car son terminal de carte bleue ne fonctionne pas et le patron étant parti, la femme de ménage ne semble pas prête à agir pour faire quelque chose. Je finis par régler en cash, pas content car je ne suis jamais convaincu, dans ces cas là, que la panne soit une véritable panne et le cash étant tellement attractif…On a eu déjà le coup à plusieurs reprises dans d’autres marches !
A l’office du tourisme, il y a un arrêt de taxis. Je demande, comme à Bragança, une estimation du prix. 25 € me répond-il, mas o menos.
Pas le choix et pas envie que la situation empire au niveau des pieds pour la pèlerine et pour le pèlerin dont l’unique ampoule lui donne du fil à retordre car elle ne veut pas sécher. Nous rachetons encore du sparadrap, de l’eau et embarquons pour l’Espagne.
Pourquoi remonter vers le Nord alors que le chemin continue vers l’ouest ? C’est tout simplement parce que le prochain endroit pour dormir est situé à 49 kilomètres très « montagneux » et qu’il est écrit qu’il n’y a aucun point de ravitaillement.
Le taxi nous dépose à l’entrée du village et repart avec ses 25€ tels qu’affichés par le compteur. Les chauffeurs ont l’habitude des courses et connaissent les prix. Ils sont, selon toute évidence, honnêtes.
Il fait beau et bien plus doux qu’à Vinhais.

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Nous suivons la route qui nous a amenés du Portugal, marchant vers O Pereiro où nous trouverons le chemin de la Plata et ses flèches jaunes quelques dizaines de mètre plus bas.

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Le village est bien modeste et bien tranquille.

 

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Belle progression dans une belle lande de genêts et aussi de bruyères.

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Par endroits, la lande a été brûlée sur de grandes surfaces.

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Nous cheminons sur une belle piste par moments, puis sur un terrain accidenté couvert de pierre de grès.
A l’heure du repas, nous nous arrêterons à proximité du village de O Canizal, sur une longue et large pierre plate au soleil. Casse croûte rapide.
Les pieds sèchent au soleil, les chaussettes et les chaussures aussi.
Au moment de repartir, nous voyons arriver deux pèlerins. Ils sont encore loin mais marchent d’un bon pas.
Nous suivrons une pancarte indiquant un bar à droite, à deux cents mètres pour y prendre un café. Après être passés, pas très fiers, devant un chien loup qui aboie fort et pourrait très bien franchir le muret derrière lequel il se trouve, nous nous dirigeons vers le bar Alfes. Un seul pèlerin nous y rejoindra. Il dit au patron qu’il vient de Santander, il ne nous adresse pas la parole. Nous verrons, plus tard, l’autre pèlerin à l’entrée d’A Gudina, qui semble l’attendre devant le centre de santé qui doit héberger les pèlerins.
Le patron lui dit qu’il n’est pas nécessaire de rejoindre le chemin pour repartir mais de suivre la nationale sur laquelle est le bar car le dit chemin rejoint la nationale à la sortie d’O Canizal. Pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Sortant du bar, le pèlerin nous rattrape, sans sac, et nous donne à chacun une flèche jaunes en carton montée sur une épingle à linge. Merci mais pas compris pourquoi ce geste. Ce n’est que deux jours après, en y repensant, que nous avons compris que le « cadeau » était d’origine du patron et non pas du pèlerin.
La proximité de l’autoroute fait que, comme souvent, la nationale est bien calme et nous avançons sans problèmes de trafic.
Nous saluons le passage du Alto de Canizo

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(comme planté en haut du col…)

et descendons sur A Gudina après avoir traversé le pont qui franchit l’autoroute.

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A droite, la gare. En face, deux hôtels et comme d’habitude, le nôtre est situé à l’opposé de la petite ville. Nous suivrons la route jusqu’à ce dernier.
Installation après un accueil aimable. C’est le plus fort de l’activité du déjeuner (à 14h30) et comme nous avons « déjeuné » sur la pierre à O Canizal, nous montons effectuer nos travaux habituels en chambre.
Nous ressortirons en fin d’après-midi car il nous faut trouver où recevoir le sello. L’auberge de pèlerins est l’objectif tout trouvé. Elle se trouve, à un carrefour à droite, en entrant dans la petite ville.
Nous n’aurons pas à y aller car, passant dans la partie ancienne d’A Gudina, devant l’église San Pedro nous y entrons et une dame qui allait fermer l’église nous dit de « nous tamponner » tout seuls, le sello étant sur une chaise au premier rang. Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous remarquerons les deux stèles qui marquent les deux routes du Camino, celle par Verin et l’autre par la montagne. C’est celle de la montagne que nous suivrons (photo prise dans le brouillard, le lendemain matin en allant à la gare).

 

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Nous rentrerons à l’hôtel pour y dîner après avoir acheté chez un boulanger un gros gâteau que nous mangerons encore trois jours après. Il nous reste de quoi manger notre petit déjeuner en chambre.
L’hôtel Bruma 2 est récent, propre et calme. Le dîner fut copieux. 16 € par personne, vin compris, ce qui est cher pour le coin et pour le pèlerin et la chambre 54 € sans petit déjeuner car nous partirons avant l’heure du service demain matin.

http://www.hotelbruma.es/

Bragança – Vinhais

La nuit aura été excellente, le confort idéal et le lit très confortable.
Le petit déjeuner est compris dans le prix (élevé) de la chambre et nous en profiterons et même y ferons des provisions pour le repas de midi.
Nous partons en ville pour y acheter de l’eau.

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Tant qu’on est dans la dépense, nous décidons d’acheter des compeed pour trois jours et de s’offrir le taxi jusqu’à Castrelos ce qui raccourcira sérieusement les trente kilomètres signalés par Mme Raju dans son guide.
La station de taxi regorge de candidats pour nous transporter et je m’adresse à un groupe de trois (diviser pour mieux régner) taximen brangançais pour leur demander leur estimation du trajet qui m’intéresse. Plus ou moins 15 € m’entend-je répondre.
On y va avec le compteur qui s’enclenche à la sortie de la ville. Intra-muros, quelle que soit la distance, cela semble être prix unique. Nous sommes déposés à l’entrée est du village et réglons 15 €. Réglos les gars !
Un roquet vient nous faire comprendre (de loin) qu’il ne faut pas rester là, ce qui n’est d’ailleurs pas dans nos intentions.
Nous traversons Castrelos, saluant les rares passants.

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Le chemin est une belle piste et le fléchage est convenable.

Voici les bâtiments blancs qui semblaient intriguer Mme Raju, dans son guide, il s’agit de pigeonniers.

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Castrelos étant sur la hauteur, le chemin nous mène auprès de la rivière que nous traversons sur un pont de béton devant une maison (vide) blanche artistiquement décorée et comportant des identifications jacquaires.

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De la rivière, il nous faut monter vers la route nationale, puis la traverser, et continuer à monter, parfois raide, sur Soeira par une piste au début et, au delà de la route, par un chemin tantôt de terre, tantôt pavé.
Marquage douteux mais une petite route goudronnée nous amène au village, chemin ou pas chemin.

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L’unique bar est fermé. La boulangère itinérante présente dans le village à ce moment là ne vend rien d’autre que du pain, ce qui n’a rien de surprenant. Elle vend bien une unique sorte de gâteaux mais par kilogramme. Une gajeure pour un pèlerin…
Soeira est aussi bien calme, heureusement que nous passons en même temps que la boulangère pour voir quelques personnes qui nous saluent aimablement.

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S’ensuit une belle descente vers la rivière Tuela que nous franchissons sur un nouveau pont roman

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puis le chemin nous ramène sur la N103. Nous nous demandons si le bar en dessous est ouvert, ce qui est le cas, mais n’osons descendre car le guide Raju nous dit que descendre implique, soit de remonter par où on est descendu soit longer la rivière et remonter plus loin. Remonter nous ramènera automatiquement sur la N103.
Conseil rapide. Nous décidons de casser la croûte assis sur une grosse pierre et de continuer par la N103 qui monte tout autant et nous amène à Vilaverde, village en quasi ruine, bar « fermé » nous dit une ancienne d’un ton peu aimable alors qu’elle en est sur le seuil. On dira qu’il est en travaux…
A la sortie du village, encore plus haut, nous sommes salués par deux personnes qui descendent d’une petite fourgonnette. Il s’agit, selon moi d’employés administratifs qui sont en charge de préparer l’installation de panneaux d’accueil pour les pèlerins. Après nous avoir pris en photo, ils nous donneront un petit fascicule Prata de la frontière espagnole à l’est à la frontière espagnole à l’ouest.
Toujours plus haut, nous nous orientons vers Santa Cruz en suivant la route puis à gauche suivant une piste qui descend.
Là, surprise ! De l’eau vient d’un pré à droite, descend doucement, au début, le chemin de terre, puis devient un véritable ruisseau sur plusieurs dizaines de mètres. Nous montons sur le talus à droite, longeant le chemin dans le pré et cela passe. En bas, il y a un ru que l’on passe sur des dalles de pierre puis une remontée mal indiquée. La flèche, que nous verrons plus tard, est dans la végétation. Résultat, le pèlerin part à gauche pour « voir » et revient après avoir trouvé la N103. La pèlerine qui souffre toujours et encore de ses ampoules n’est pas descendue et a attendu.
On monte, on monte, plateau et on redescend vers Vinhais.
Encore un troupeau de mouton, son berger qui mange les figues d’un beau figuier et son patou, pas fin celui là non plus, ce qui lui vaudra une engueulade en portugais. Pas de menace nous concernant (de la part du patou !)
La longue descente vers Vinhais ne plait pas à la pèlerine qui souffre encore plus dès que cela descend.

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La mairie de Vinhais nous donnera un sello et un « pin ». Quelques mètres plus loin, nous nous attablerons à une terrasse ensoleillée pour une boisson
(bière et coca light 2 € !). Repos et « déchaussage » sont de règle, nous sommes dehors, nous en profitons.
Un peu de ravitaillement dans un mini-market, un tampon plus lisible reçu à l’office du tourisme pour la créanciale et nous voici à notre hôtel qui est, comme toujours, à l’opposé de la ville.
Fermé mais en sonnant on vient. L’hôtel semble vide mais la chambre est disponible. Installation, jambes en l’air, soins, douche et repos. Nous sommes au Portugal, une heure en avance sur l’Espagne, et le patron nous sert à 19h30. Pour nous, du jamais vu et c’est tant mieux.
Le dîner sera très bon et pas cher. Vin du coin, super et pas fort.
Hôtel présenté par chacun dans le bourg comme le meilleur de Vinhais. Il n’y en a que deux, l’autre étant une pension dont l’aspect extérieur n’est guère encourageant.
Simple et propre. Résidencial Cidadela Transmontana (45 € pour deux pdj compris). Repas en sus.

Vue de la chambre .

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Pas d’accueil pèlerin à Vinhais, peut être au Couvent ?