Archives par mot-clé : Santiago

Lavacolla – Santiago

La nuit aura été plus calme que la dernière nuit du pèlerinage de l’an passé. Moins nerveux.
Il est six heures quand nous nous levons.
A six heures et demie, nous sommes en bas, à la cafeteria, devant un veilleur de nuit qui semble plus harassé que nous et qui nous prépare le petit déjeuner à l’espagnole (un croissant et un café et un jus d’orange) et la note. L’étape nous aura coûté 76.08 euros.
Le jour n’est pas levé et nous sommes en train de descendre la nationale pour rejoindre le chemin qui part, en bas, à gauche de la côte.

745

En quittant l’hostal au point du jour !

Nous reconnaissons parfaitement ce parcours qui commence par une belle montée pour arriver sur le plateau qui conduit au Monte de Gozo.
Auparavant, nous saluons les installations de la TV galicienne puis de la TV
régionale du réseau TVE et filons en suivant les flèches, nos dernières, vers Santiago.

749

Filons, c’est le terme car il n’y a plus du tout de douleurs de tendinites ou d’ampoule. C’est « la tête qui marche » et bien !
Nous passerons une dernière fois devant ce monument de ferraille élevé, je crois, à l’occasion de la visite du Pape. Ce n’est vraiment pas beau. Les goûts et les couleurs…

752

Passons devant la « gare de pèlerins » du Monte de Gozo aux proportions énormes pouvant accueillir des milliers d’entre eux, en hébergement et restauration. Et nous descendons, sur Santiago, les marches, puis franchissons le pont sur l’autoroute et saluons le panneau « Santiago » en sacrifiant à la rituelle photo souvenir.

754

755
Les mêmes, un an après ! La prochaine sera celle de l’arrivée par le Camino de la Plata, si Dieu le veut !

Nous franchirons rapidement la banlieue de la ville qui semble ne pas vouloir s’arrêter, renseignerons un pèlerin qui, comme nous l’an passé, semble avoir du mal à s’y retrouver et arriverons à la Cathédrale puis à l’Office des pèlerins au moment précis (9 heures) où il ouvre.

Nous aurons droit à notre Compostela et ressortirons pour nous loger.
Nous avons avec nous la liste des hôtels de Santiago mais ne trouverons que difficilement de la place.
Nous nous installerons à l’hôtel Hesperia Gelmierez dans une chambre sur l’arrière de l’hôtel, chambre qui semble dater et qui n’est guère très avenante. Peinture défraîchie, moquette tachée et vue sur chez la voisine d’en face…
Mais, nous avons une toit et c’est l’essentiel.
Nous revenons à la Cathédrale pour assister à la messe des pèlerins et avons la chance de pouvoir voir le Botafumeiro en action, car il a été commandé (payé) par un car de pèlerins italiens et une délégation de pèlerins de Panama. Beau spectacle à la fin de l’office. L’an dernier, nous n’y avions pas eu droit.

768

770

778

779

Nous irons ensuite acheter les cartes postales rituelles et faire un tour avant de déjeuner. Plus de sac à dos, ni de rythme de marche.
A vrai dire, nous sommes un peu moins déboussolés que l’an passé mais c’est pas encore cela. Il nous faudra quitter Saint Jacques de Compostelle dans deux jours pour être tout à fait revenus à la civilisation.
Après le repas, nous devrons aller trouver la gare routière et acheter nos passages pour Porto où nous passerons deux nuits avant de regagner l’aéroport de Nice. Nous nous perdons et faisons quasiment le tour, par l’ouest, de Santiago pour trouver cette gare routière.
Après-midi, promenade, shopping, bière au soleil.
Dîner de fin de pèlerinage d’une excellente paella dans un restaurant où le concierge de l’hôtel nous a envoyés, restaurant situé un peu plus haut dans la rue et au lit.
Le lendemain, nous repartirons de l’hôtel sac au dos à huit heures.
Nous gagnerons la gare routière par le bon chemin qui remonte le Camino sur une belle distance ce qui nous permettra de saluer les pèlerins qui arrivent en ville, eux aussi, au terme de leur longue marche.

Et le bus nous emmènera vers le Portugal et Porto !

782

 

www.hotelgelmirez.com

Arzua – Lavacolla

Que de monde au petit déjeuner. Le bar est plein de pèlerins et de locaux qui viennent boire le café dans une atmosphère enfumée où le perroquet de la maison lance des cris stridents.
Nous réglons la note et partons dans la fraîcheur matinale mais sous le soleil. Nous traversons la route et attaquons ce beau petit chemin bien tranquille qui traverse de si jolis paysages.
Nous trouverons, pour la première fois depuis notre départ de San Sebastian, notre premier distributeur de boissons gazeuse qui donne une idée du sens du commerce des riverains du Camino…

 

732

Au menu du jour, nous aurons, en alternance, des portions de nationale suivies de petites routes tranquilles et autres chemins, des correidoras aussi qui permettent de franchir les ruisseaux, que du bonheur, sauf sur la nationale, bien sûr.
Il n’empêche que, pour éviter quelques détours faits par le Camino, nous la prendrons quand même cette nationale. Les bas-côtés sont assez larges pour se sentir en sécurité tout en observant les règles de sûreté maximales.
Nous nous arrêterons sous l’auvent de l’entrée d’une maison située sur le bord de route, à droite, pour prendre un semblant de repas.
Nous verrons passer les pèlerins vus hier soir au dîner. Ils portent des sacs à dos que j’appelle « Barbie », c’est à dire contenant bien peu de choses, peut être le nécessaire de la journée. Ils nous saluent et continuent. Nous les dépasserons plus loin, au moment, où, sur une sorte d’aire de repos, à l’endroit où la Junta de Galicia a installé de la documentation touristique, un bus immatriculé au Luxembourg les attend, bouteilles de vin blanc (de Moselle ?) au frais et où ils prendront un panier repas préparé pour eux. Je me dis que le Chemin tuera le Chemin…mais cela est un autre débat.

739

Nous prendrons un café dans un bar sur le bord de la route et repartirons derechef, non sans avoir respecté la règle maison, que nous avons déjà vue affichée à Arzua !

 

738

Nous croiserons une vieille dame sur le Chemin qu’il nous semble avoir déjà rencontrée l’an passé, quasiment au même endroit.

1207

Salcedo passée, nous avons retrouvé cette stèle commémorant la mort d’un pèlerin, il y a quelques années, si près du but…

735

736
Ce n’est pas la première que nous en rencontrons depuis que nous arpentons les Chemins de Compostelle mais cela fait quelque chose, de savoir que quelqu’un est mort, là.
Nous ne passerons pas à St Irène mais resterons sur la route. Nous connaissons déjà. L’auberge de pèlerin est bien visible de la route et elle semble bien accueillante.
Nous avons un bien meilleur pas que l’an dernier où, il faut se le rappeler, à ce stade de la route, nous avions quasiment parcouru 1800 kms. Nous avalons les kilomètres sans sourciller. Les villages se succèdent, nous dépassons quantité de marcheurs, une équipe de télévision japonaise hilare, des jeunes, des moins jeunes, des vaillants et d’autres moins. Les montées et descentes se succèdent aussi et nous arrivons à l’angle des pistes de l’aéroport de Santiago, passons devant la même stèle que l’an passé, situé quasiment au bord de la route, évitons de descendre sur le côté de l’aéroport en remontant à droite et arrivons à San Paio.

743

Nous hésitons à dormir dans ce nouveau trois étoiles qui était fermé l’an dernier. Il semble qu’il ait été repris et redécoré. Nous grimpons le raidillon qui lui fait suite et partons en suivant la route qui mène à l’aéroport. Nous déjeunerons à l’entrée de cet aéroport dans un restaurant sans intérêt pour un repas sans saveur.
Nous descendrons vers Lavacolla en suivant la route qui unit Santiago à l’aéroport et sur la gauche, nous trouverons l’hôtel Garcas dont nous avons trouvé les coordonnées hier soir à Arzua, cet hôtel étant dirigé par le même management que le Suiza.
Accueil pareil que d’habitude. La chambre coûtera 45 euros. Ok.
La chambre est petite et le chauffage ne fonctionne pas. La jeune fille de l’accueil semble ne pas nous croire. Je lui demande de monter, et elle constate que nous avons raison. Perplexe. Elle nous dit que le patron ne va pas tarder à arriver et il traitera le problème.
Odile lui demande de nous procurer un chauffage d’appoint, ce qu’elle fait. Plus tard, dans la soirée, le chauffage viendra dans l’aile du bâtiment où nous sommes.
Une tempête orageuse éclate accompagnée d’un véritable déluge pendant une bonne heure. Afin de laisser Odile se reposer, je suis descendu sur la terrasse couverte et ai conversé avec un couple de pèlerins français qui achèvent leur parcours sur le Francès, parcours entamé il y a plusieurs années et effectué par petits tronçons.
Le repas sera servi vers 20 heures. Il y a moins de pèlerins que je ne l’aurais cru, je pense qu’ils ont dû aller vers le San Paio que nous avions fréquenté l’année dernière. Nous n’y sommes pas allés car, en dépit, d’une excellente cuisine, nous avions trouvé que la chambre n’était pas particulièrement remarquable. D’où notre choix, aujourd’hui, guère meilleur, à vrai dire.
Le repas sera quand même convenable et la nuit aussi, un peu nerveux car, demain, nous serons arrivés à destination.

www.hotelgarcas.com

 

San Paio – Santiago

Il est six heures du matin. Nous sommes debout, la pèlerine n’a pas fermé l’œil de la nuit.
Il est six heures trente du matin. Il fait encore nuit. Nous sommes dehors, sac au dos, lampe électrique à la main, en train de se repérer pour trouver les signaux marquant le chemin.

On monte, comme d’habitude au départ, notre dernière côte pour arriver sur le plateau de Villamaior, petit hameau qui s’éveille. Il bruine légèrement et nous continuons vers notre but.
Nous sommes partis pour effectuer nos dix derniers kilomètres !
Passons devant la TVE de Galice, télévision régionale.
Puis à droite, longue ligne droite vers le Monte do Gozo, gigantesque auberge de pèlerins dans laquelle nous nous félicitons de ne pas nous être arrêtés tellement cela semble immense.
Un peu avant ce complexe, il y a un monument moderne dédié au pèlerinage dont le goût nous semble un peu limite..

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Et nous descendons vers Santiago, quelques dernières marches puis nous franchissons le pont de la voie rapide et entrons en ville, du moins nous franchissons le panneau « Santiago » annonçant le début de la ville.

468

 

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Monument, situé dans le quartier récent de Santiago, auprès duquel passent tous les pèlerins, édifié à la gloire des pèlerins célèbres depuis les temps immémoriaux.

Mais, avant d’arriver à la cathédrale, il nous faudra encore marcher une bonne heure.

0341

Malgré la fatigue, la joie d’être arrivés et sans encombres nous étreint !,
Un café avalé en route accompagné d’une viennoiserie nous tiendra de petit déjeuner.
Et c’est le sac sur le dos que nous entrerons dans la cathédrale, moment d’émotion.

 

470

Un tour rapide de la dite cathédrale et nous en sortons vers les bureaux de l’accueil pèlerin où nous nous ferons tamponner une dernière fois les créanciales puis délivrer, après un scrupuleux examen de nos créanciales, la Compostella. Nous voila diplômés, il nous faut nous loger et penser au retour vers Eze.
Nous allons, confiants, à l’agence Iberia demander un billet retour pour Nice à prix pèlerins.
La dame, peu souriante, nous dit que la réduction pour pèlerins ne s’attribue que sur les vols vers Paris en ce qui concerne la France et non pas Nice. Le prix ordinaire sans réservation anticipée s’appliquera donc et le prix est prohibitif. Il nous faudra trouver un autre moyen pour rentrer au pays.
Nous décidons d’aller chez Halcon une dernière fois et nous y achetons, pour jouissance immédiate, un voucher pour une chambre quatre étoiles à l’hôtel Hespéria (70 euros) puis réservons une voiture pour le jeudi matin. Nous sommes mardi matin. Nous resterons deux nuits à Santiago avant de repartir.

Arrivés à l’hôtel, nous nous installons presque sous les toits dans une chambre sans vue mais bien confortable. Pas de jambes en l’air pour cause d’étape très courte, ni lessive mais douche.
Puis à nouveau dehors pour aller assister à onze heures à la messe des pèlerins où nous retrouvons quantité de visages connus, fatigués mais souriants. Presque soulagés !

Et nous revoilà dehors pour chercher à déjeuner. Ce sera en face de l’hôte de police de Santiago, en terrasse dans un bar restaurant et pour 21 euros pour deux. Simple mais sympa.
Retour à l’hôtel pour sieste. Nous reviendrons à nouveau à la Cathédrale en fin de journée.

Nous nous promènerons en ville, visiterons, découvrirons. Un bon dîner, pour notre arrivée, nous verra déguster une délicieuse zarzuela parfaitement servie.
La fatigue accumulée par ces trente jours de marche se fait maintenant sentir. C’est une sensation d’hébétude qui domine. Nous sommes arrivés à bon port, mais comme nous sommes devenus des machines à marcher, nous ne savons que faire de notre temps, si ce n’est marcher dans Santiago, qui, en passant, est une belle ville pleine de vie.
Alors, c’est presque méthodiquement que nous visitons la ville et revenons doucement à la « civilisation » et retrouvons le bruit, l’animation et le monde.

Notre première nuit à Saint Jacques sera tranquille.
Petit déjeuner quatre étoiles puis promenade en ville.
Je fais goûter des « churros » à Odile qui n’en connaissait pas la saveur puis nous nous promenons dans le parc qui fait face à la Cathédrale sur la colline, en face.
Retour en ville, vitrines, repérage de l’endroit où nous prendrons demain matin la voiture louée la veille, près de la gare de Santiago.
La ville est intéressante comme dit ailleurs mais de là à occuper une journée entière…. Heureusement que ce jour là, qui est férié à Santiago, est le jour où l’on célèbre la langue et la culture propre à la Galice. Il y a donc, le matin, une grande manifestation de sympathisants précédée d’un cortège de locaux en tenues folkloriques et de musique du meilleur effet.
Cela nous occupera jusqu’au déjeuner.
Comme il pleuviote un petit crachin, nous abrégeons notre recherche de restaurant et entrons dans ce qui semble une bonne maison pour ce qui s’avèrera un bon repas paella dégusté en terrasse, quasiment solitaires. Quand nous quitterons l’endroit, la terrasse sera complète.
Une bonne adresse que ce restaurant San Clemente, Rua das Carretas, 21 – 981 565426.
Retour à la Cathédrale, puis dîner sans intérêt culinaire remarquable, en compagnie d’un voisin de table de rencontre, pèlerin breton, qui nous raconte ses exploits quand nous ne lui racontons pas les nôtres. Sympa mais je regrette d’être venu dîner là car même si le repas était acceptable il était plutôt décevant pour notre dernier repas en Galice.

Demain, nous prendrons la voiture, roulerons jusqu’à Gijon puis Castro Urdiales pour y faire étape.
Le lendemain, nous laisserons la voiture à San Sebastian et prendrons le train pour Hendaye.
Dans la gare, nous serons salués par le couple de pèlerin rencontrés à Foncébadon. Ils repartent pour Paris.
Nous irons, nous, à Bayonne, où nous chercherons en vain à louer une voiture à rendre à Nice.
Nous prendrons le train pour Toulouse où nous dormirons à l’hôtel Mercure de la gare avant de reprendre le train à huit heures le lendemain matin pour Nice.
Le retour nous prendrons presque quarante huit heures, bien court pour des pèlerins qui ont marché presque quatre vingt jours pour couvrir la distance.