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Avant de partir Catalàn

Nous revoilà prêts à reprendre le Chemin.
Nous ne souhaitons pas, aujourd’hui, revenir sur le Mozarabe pour cause de saturation d’oliveraies…Fin Mars 2014, nous nous sommes arrêtés à Cordoba, qui était notre objectif et aussi pour cause de douleurs au talon dues à des chaussures neuves et à un mauvais choix de semelles internes. Nous remettrons cela à plus tard, peut-être en alternance avec le Gironès + Catalàn. En effet, nous ne prévoyons pas d’aller jusqu’au bout, c’est à dire à Santiago mais, à terme, à Puente la Reina où nous étions passés lors de notre premier pèlerinage, sur le Francès.
Pour cette fois, si tout va bien, nous prévoyons d’aller à Cervera, quelques kms avant Tarrega où le chemin hésite entre Huesca et Zaragoza. Cette dernière ville permet d’atteindre le Francès à Logroño. Pour nous, ce serait Huesca, puis Santa Cilia de Jaca. Nous n’en sommes pas là !

L’avion nous dépose à Barcelone, le train à Figueres, pays de Dali.
Premiers pas entre la gare AVE de Figueres et la ville où notre hôtel (Pirineos) nous attend. Repérage pour demain matin, à la gare routière, de l’arrêt des bus en partance pour La Junquera. Un bon dîner au restaurant de l’hôtel « El Pelegri », cela ne s’invente pas, dans un décor de coquilles, de statue de pèlerins et autres bâtons de pèlerins toujours. Pas de sello, portant le nom du restaurant, malheureusement ! Bon repas, nous y reviendrons, le lendemain, au terme de notre première étape prévue pour demain.

Pamplona – Puente la Reina

16.04.06

Nuit pluvieuse comme attendu. Le lit étant dans une sous-pente de la pièce nous avons eu quelques difficultés à trouver de l’air. Mais, au vu de la fatigue accumulée, nous avons cependant dormi.
Comme d’habitude, départ à 8h30, cela deviendra quasiment mécanique.
Nous enfilons les ponchos et les guêtres dans le hall de réception de l’hôtel car il bruine.
Il nous faudra environ trois kilomètres de marche en ville, sur de larges avenues aux larges trottoirs ici aussi, pour sortir de Pamplona.
Avant la sortie de la ville, nous nous sommes ravitaillés dans une pâtisserie.
Attaquons la NA 6000 qui nous conduira à Cizur Menor.

Nous sommes rattrapés par un pèlerin qui va d’un bon pas et qui nous servira de « lièvre » sur quelques kilomètres. Puis, une canadienne nous interpelle nous demandant s’il y a de l’eau sur le chemin que nous allons prendre. Elle démarre, c’est sa première étape. Je lui réponds que je n’en sais rien mais dans le doute il serait plus sage de s’en procurer avant d’attaquer le franchissement de la Sierra del Pardon qui nous atttend aujourd’hui. Elle acquiesce et s’en va en quête d’une bouteille d’eau à la lisière de Pamplona.
Nous la reverrons souvent et finirons le pèlerinage en même temps qu’elle à Santiago !
Nous avançons vers Cizur Menor toujours sous la pluie. Le village franchi, notre chemin devient une bourbier où les chaussures collent.
Graduellement, nous montons en pente douce dans la boue.

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Même les bas-côtés herbeux sont devenus fangeux ! La pluie sur le goudron est acceptable. Mais cette fange va nous accompagner pendant environ quatre kilomètres quasiment jusqu’au sommet que nous devons franchir. Encore une fois, la glaise détrempée est extrêmement glissante. Marcher dans le champ à côté n’apporte pas plus de confort car l’on s’y enfonce encore plus. Nombre de pèlerins glissent et tombent. Il faut avancer.

Nous prenons un peu d’eau à une fontaine sur la gauche puis arrivons au sommet de notre obstacle du jour.

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Les éoliennes brassent le vent qui souffle fort, cinglant les visages de rafales de pluie. Les groupes de pèlerins forgés dans la ferraille qui marquent le sommet rouillent dans l’indifférence générale. Sourire quand je lis sur le guide Grégoire-Laborde-Balen, qu’à cet endroit, il faut savourer la vue…Ils ont dû passer par grand soleil !

 

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La descente s’avère quasiment dangeureuse. Trois kilomètres environ de descente d’abord sur des sentiers caillouteux où les pierres roulent sous les chaussures et la terre est, bien sûr, détrempée. Il faut bien se servir du bâton pour ne pas perdre l’équilibre, entraîné par le poids du sac. En bas de cette descente, nous rattrapons un groupe d’espagnols qui avance à pas comptés. Nous les suivrons jusqu’à Uterga, non sans avoir à nouveau marché sur des chemins bordant des champs d’asperges où le sol est devenu, comme de l’autre côté, un bourbier collant.

 

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L’attrait du refuge de pèlerins d’Uterga qui abrite un restaurant devient irrésistible. Nous laissons les sacs et ponchos dehors sous l’auvent et entrons dans une pièce où nous retrouvons, déjà, des visages connus comme les espagnols de San Sebastian que nous avons connus à Larrasoana. Repas reconstituant en prenant le menu du Pèlerin, un peu de chaleur des radiateurs et une forte odeur de chien mouillé. Il fait bon manger chaud même avec les pieds froids et mouillés.

Pas le courage de continuer dans la boue. Nous décidons de suivre la route qui mène à Puente la Reina.où le Chemin d’Arles rejoint notre Camino Francès. S’il n’y avait pas eu de neige au dessus d’Oloron Ste Marie, c’est par là que nous serions arrivés, ayant franchi le Somport.

Nous traversons le beau village d’Obanos et descendons, encore un peu de boue, vers notre destination du jour. Nous ferons tamponner notre credencial à l’auberge de pèlerins et continuerons dans la ville, dans la Calle Mayor, vers notre hôtel « Hôtel Rural ».

 

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Très bien. Ancien, maison du 17ème siècle, bien meublé et surtout chauffé. Je demande de vieux journaux au patron. Ils me servent à en bourrer les chaussures trempées afin que l’humidité en soit absorbée plus vite. Il fait beau mais un petit vent frais nous force à abréger la petite promenade qui s’en est suivie pour attendre l’heure du dîner au chaud.

Le restaurant de l’hôtel dont la carte semblait prometteuse est fermé. Le patron nous en indique un autre où nous nous sommes véritablement régalés de plats simples et copieux arrosé d’un rouge navarrais.

Au lit de bonne heure, comme il se doit après une étape pareille. Nous commençons à nous habituer à marcher dans des conditions plus difficiles, eu égard au climat, qu’en France.
Nous verrons que le mauvais temps nous quittera pratiquement définitivement à la sortie de la Navarre et ce jusqu’à notre destination finale.

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Une chambre double : euros 63.13

Saint-Jean-Pied-de-Port – Roncesvalles

14.04.2006

Après une nuit de sommeil entrecoupé de doutes sur l’étape à venir et à soigner la tendinite toujours douloureuse, l’heure du lever est arrivée. Rituel devenu quotidien de la préparation du sac, douche, soins et vite au petit déjeuner. La descente de l’escalier n’augure rien de bon.
Le petit déjeuner avalé, la note réglée, nous saluons notre hôtesse auprès de laquelle nous nous renseignons pour la direction de la route du col. En effet, par mauvais temps ou problème physique, il est conseillé par les guides de ne pas entreprendre le chemin historique.

Quelques mètres suffisent pour que je me rende compte que, en fin de compte, cela ne va pas si mal que cela. Hésitation, interrogation, accélération puis décision : nous ne suivrons pas la route de Valcarlos mais le chemin historique !

Nous franchissons la Nive mais à la sortie de la vieille ville, par le pont médiéval et non pas sur le pont de la route qui jouxte notre hôtel. Nous sommes à nouveau entrés dans la St Jean Pied de Port historique pour mieux en ressortir deux cent mètres plus loin par la Porte d’Espagne.

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Première montée rude. Nous saluons un groupe de pèlerins accompagnés d’un chien qui prennent de l’eau au départ de l’étape. Nous les retrouverons régulièrement au fil des étapes jusqu’à Puente la Reina. Ils sont italiens.

Le moins que l’on puisse dire est que les premiers kilomètres sont vraiment très physiques.
La tendinite s’est bien réveillée malgré les fréquentes applications de Cliptol. Ca fait mal mais c’est supportable ! Comme nous ne sommes pas dans la partie la plus pentue, mais eux y sont, nous voyons nos premières files de pèlerins sur la petite route vers Honto. La pente se fait plus rude encore mais il fait beau et dans cette première partie du passage du Col le paysage est superbe. Au loin, les vallées sont encore embrumées et le soleil éclaire ce magnifique environnement empreint de paix et de sérénité.

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La jambe tire mais la douleur tend à disparaître. Le rythme de la montée est soutenu et nous rattrapons un couple de jeunes filles juste avant le refuge d’Honto, d’où beaucoup de pèlerins partent pour cette étape de franchissement du col. Ils ont dû monter hier au soir pour être à pied d’œuvre ce matin.

Toujours une pente très soutenue. Nous nous sommes bien entraînés sans le vouloir en passant dans les Baronnies des Pyrénées. Le rythme est là et nous commençons à doubler un grand nombre de personnes.

 

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Il faut dire que nous ne sommes pas seuls en cette veille de Pâques à monter vers l’Espagne. Un point d’eau entouré de chevaux nous ravitaillera en eau fraîche.
A peine franchi le refuge d’Orisson, nous prenons de face un vent très soutenu qui ne nous quittera pas jusqu’au Col de Roncevaux. Très désagréable car parfois violent, il n’est heureusement pas froid.

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Encore environs quatre kilomètres et nous quittons la route du col (RD 428) pour monter un chemin herbeux qui démarre à peu près à la hauteur du monument aux pèlerins sur la droite.
Il est mal tracé mais à suivre la file des pèlerins nous ne nous perdrons pas. Toujours ce vente qui part moment nous déséquilibre et nous force à un effort plus grand pour compenser le poids du sac et sa prise au vent. A peine franchi une barre rocheuse, nous trouvons un endroit relativement abrité de ce maudit vent. Il est 12h30, et nous déjeunons (!) d’une barre de céréales et d’un bout de fromage, sans pain et à un jet de pierre de la première borne frontière franco-espagnole. Saluts aux pèlerins qui passent et qui nous les rendent. Ultreia !

Et c’est reparti ! La jambe tire un peu moins, tant mieux. Nous prenons de l’eau à la fontaine de Roland où un groupe de jeunes espagnols se ravitaille aussi. En effet, de nombreux pèlerins espagnols marchant sur le Camino Francès partent de St Jean-Pied-de-Port.
Nous passons aussi devant la stèle annonçant St Jacques à 760 kilomètres. Ultréia, encore une fois !

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Le chemin continue en longeant un longue barrière métallique mais la couche de feuille épaisse qui cache le sol masque une gadoue bien collante qui s’étend sur plusieurs dizaines de mètres. Il y a un peu de neige sur le bas côté.

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Nous montons encore une côte qui semble être le dernier morceau du Col Lepoeder, point le plus haut du parcours.

Récompense suprême après tant d’heures d’effort, nous découvrons, au loin et en bas, le plateau descendant vers Roncevaux et Burguete. Nous continuons sur la route vers le col de Roncevaux (Ibañeta) qui est à une altitude plus basse que le Lepoeder puis nous trouvons une piste à travers les pins qui descend vers l’Abbatiale que l’on devine en contrebas.

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Nous traversons les bâtiments de l’Abbatiale. Il est 15 heures. Notre hôtel est un peu en amont du bâtiment principal de l’Abbatiale. Il y a beaucoup de monde pour cause de vacances de Pâques (pèlerins et touristes espagnols). La chambre est réservée depuis la veille. Nous continuons nos habitudes prises en France : douche, jambes en l’air, repos. Puis, un petit tour dans Roncevaux où il n’y a rien d’autre que les bâtiments de l’Abbatiale, deux hôtels et l’auberge de pèlerins, bâtiment lugubre.
Il fait bien beau mais un peu frais. Une petite bière en terrasse de l’hôtel. Atmosphère étrange, la jeunesse s’amuse autour de nous, indifférente à notre exploit. En fait d’exploit, il est renouvellé, chaque jour, par des dizaines de pèlerins ! Un peu de modestie, tout de même, ce n’est pas l’Everest que nous avons franchi…
La jambe va mais je crains le moment où tout cela va refroidir. Les pèlerins vont dîner à 19h00. Nous ne les rejoignons pas, n’étant pas encore très au courant des mœurs espagnoles. Nous attendons, bien obligés, qu’ils aient fini pour prendre place. Nous comprendrons qu’il aurait mieux valu dîner avec eux mais nous croyions qu’il fallait dormir à l’auberge des pèlerins pour le faire.
Nous mangerons, mal, pour beaucoup plus cher que nos compagnons de route et nous ne serons servis qu’à 21h00….nous qui avons franchi le Col de Roncevaux aujourd’hui. Eux sont dans le refuge depuis 20h, heure à laquelle l’auberge de pèlerins ferme ses portes pour ne les rouvrir qu’à 6h00 et les refermer à 8h00. Autrement dit, tout le monde doit avoir quitté le gîte le matin à 8h00 sauf exceptions circonstanciées.

Au lit dès le repas fini, soins à la jambe. Lecture du topo de l’étape du lendemain. Bonne nuit qui fût fort ventée. Odile me dira le lendemain, qu’à 5h00 du matin, un déluge s’est abattu sur Roncevaux. Nous en goûterons la suite dans l’étape à venir !

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