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Sant Esteve d’en Bas – L’Esquirol

Le Mas Rafalot étant un havre de paix, les pèlerins se laissent aller…
Résultat, on ouvre l’oeil à 9heures ! Très, très bien dormi, dirons nous.
Douche et en route. Nous descendons au bureau de notre hôte afin de régler notre dû. Il souhaite tamponner notre créanciale, il en a l’habitude apparemment.
Au moment de partir, je lui demande s’il y a, dans le village, une pharmacie. Je lui explique ma situation. Il se propose spontanément, non seulement de nous conduire à la pharmacie mais de nous conduire à la sortie du village et même au-delà jusqu’à Els Hostalets d’En Bas, nous faisant gagner presque trois kilomètres. Accepté.
Arrêt à la pharmacie pour achat de bétadine, gaze, sparadrap. L’équipement du randonneur. Nous avons encore des cachets anti-inflammatoires.
Merci au chauffeur et nous entreprenons notre marche.
Nous suivrons l’ancien chemin royal qui unissait Vic à Olot.
Faux plat montant, plutôt agréable. Traversons l’espace d’une ferme où un monsieur qui semble très âgé donne à manger à des lapins, accompagné de deux chiens gentils. L’un deux aura droit à un bout de mon croissant conservé de la veille…

Le chien de l'Esquirol

Arrivés à la Casa rural l’Esquirol, le ton change. Le Chemin, qui se faisait gentil, nous faisant oublier les montagnes à franchir, devient plutôt désagréable, au sens propre comme au sens figuré.
C’est le début d’une très longue et très raide montée bien caillouteuse.

Montée caillouteuse 1

Montée caillouteuse 2

La fontaine, aux trois quarts de la montée.

Fontaine vers Olot

Puis, la montée continue avant d’arriver à des lacets. Cette « calade » a été mise en place au 17ème siècle afin de faciliter le transit sur ce chemin royal.
Bien heureusement, le chemin est bien ombragé.

Chemin ombragé vers Olot

Dans la montée comme sur le chemin qui suit, il y a beaucoup de possibilités de se perdre. Vigilance est le fin mot de l’histoire. Le marquage est bon.
Nous passons la ferme de l’Hostalot qui donne son nom au pont qui lui fait suite. Il y a, par là, profusion de panneaux indicateurs de toutes sortes. Il faut suivre « Vic ».

Vers Vic 1

Vers Vic 2

Nous suivrons une petite route bien calme sans aucun trafic. Au Col de Cabra, il vaut mieux être vigilant car le marquage pour le début de la descente vers le pont de la Rotilada est plutôt diffus et traverse une très grande dalle de pierre qui pourrait s’avérer bien glissante… comme le reste de ce passage jusqu’en bas d’ailleurs.

Passage vers Vic

Pour nous donner des ailes avant la descente, nous croiserons une victime de la route (ou d’un bâton) que nous préférons voir comme cela plutôt que devant nos chaussures, sur le chemin.

couleuvre vers VicLa chemin de la descente semble retrouver un peu d’ordre et prend des airs de Galice.

verdure vers VicA droite, en bas, au pont, et en route pour Cantonigros que nous traverserons à la recherche d’un restaurant.

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On finit par nous en indiquer un qui se trouve, bien sûr, à proximité d’un point où nous sommes passés en arrivant « mais plus haut » ! Ah, bon… Nous remontons donc et trouvons sur le bord de la route que nous avons quitté en arrivant à Cantonigros, la Braseria Cal Carreter. Il est un peu tard mais nous sommes servis. Bon repas pour pas très cher et bien reçus.Salade aux cèpes et aux lardons, œufs frites, lait caillé au miel, vin, eau, cafés. 22 €.
Nous serons quasiment les derniers à sortir de l’établissement avant de reprendre la route, traversant à nouveau Cantonigros.
La tendinite qui s’est reposée à table se réveillera pendant l’heure de marche nécessaire à la descente à l’Esquirol appelé aussi Santa Maria de Corco.
Le chemin est fait de longues dalles de pierres plates et pierres roulantes dont nous n’apprécions que peu la présence. Cela doit être bien dangereux en temps de pluie. Pour nous, c’est couvert sans pluie.

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Et voilà notre destination, tout au bout de la ligne droite.

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Le franchissement du pont mène à la route qui traverse le village.
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En face de la voiture blanche, nous tournerons à gauche vers la Mairie et notre hôtel.
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Nous arrivons enfin à notre hôtel. Surprise, c’est fermé. Un jeune homme qui arrive quasiment en même temps que nous, prend l’initiative d’appeler le numéro indiqué sur la porte et quelques minutes après, arrive un dame qui semble en charge de l’hôtel quand il est fermé. Elle me dira, par la suite, qu’elle est la cuisinière.
Installation. La chambre est bien moche, elle me rappelle des chambres utilisées sur le Camino Francès, en pleine Meseta. Rien de superflu. Salle de douche et toilettes sur 2m2. Tout en béton et carrelage. Lits jumeaux de petite taille. Prix 50€ sans petit déjeuner… Le pire c’est qu’il n’y a rien d’autre. De plus, le restaurant est « cerrado ».
Nous sommes fatigués, cette chambre conviendra. Nous n’avons même pas ouvert la télé. Heureusement que l’hôtel est quasiment vide car les cloisons semblent bien fines.
Nous ressortirons pour dîner, claudiquant un peu, sans avoir trop faim.
Le Bar Rovi Snack acceptera, avec le sourire, de nous servir le devenu traditionnel ibericos + queso avec un coup de rouge. Ils sont bien aimables et bien accueillants. Après une étape comme celle-ci, cela fait du bien au pèlerin.

Hostal Collsacabra
Le prix est prohibitif pour le service fourni. Comme il semble ne pas y avoir de concurrence…je dois regretter que cet établissement soit un passage obligé pour le pèlerin.

Amer – Sant Esteve d’En Bas

Bilan de la nuit : une qui a mal dormi pour cause de bruits d’extracteur d’air/odeurs et bruits de portes, un qui a bien dormi grâce aux bouchons d’oreille.
Il fait un peu frais ce matin, le petit déjeuner compris dans le prix de la chambre se prend à l’intérieur. Belles tartines, beurre et confiture (industrielle) et jus d’orange frais. Et deux croissants dont un nous sauvera la mise le lendemain matin.
Et à 9h15, comme c’est quasiment devenu une habitude, nous voila en route.
Trente mètres après la sortie de l’hôtel, nous montons à gauche, sur une petite route goudronnée pour rejoindre la Voie Verte que nous aurions pu prendre hier en arrivant au lieu de suivre la route en plein soleil.
Nous devrons traverser l’usine d’embouteillage d’eau de source avant d’y accéder.

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Comme indiqué, il faut partir sur la Ruta del Carrilet, vers Olot. Le panneau ne mentionne pas de Camino, mais c’est la bonne route…en ascension légère sur la quasi totalité du parcours d’environ 200m d’altitude à 600m.

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Le temps est couvert mais il fait chaud. Immense forêt de hêtres dont on ne voit pas la fin sur la gauche du chemin.
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Beaucoup de cyclistes encore qui nous saluent.

Après une progression sur pas mal de lignes droites, le chemin nous amène à Les Planes d’Hostoles, où, selon les indications du guide de la Communauté de Catalogne, pour éviter un détour de la Via Verde, nous entrons dans le village pour suivre la rue/route qui le traverse. Pas un chat.

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A la sortie du village, nous montons en pente douce vers le cimetière où il nous faut tourner à droite pour rejoindre la Via Verde.

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Avant, nous saluerons le village avant de le quitter.

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Et de continuer à cheminer avec une piste qui continue, elle, à accentuer la pente. Nous entrerons à Sant Feliu de Pallerols, pays des Pescalunas, que nous traverserons toujours dans la même tranquillité. C’est peut être parce que nous sommes dimanche qu’il y a si peu de gens dehors.

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A la sortie de l’agglomération, sur une belle place, se trouve l’ancienne gare du Carrilet, devenue centre d’information et bar. Il y a un peu de monde.

Nous n’avons pas pris beaucoup de photos sur la partie suivante car, pour la première fois, la pluie menace. Les réflexes du bon pèlerin font que, spontanément, aux premières gouttes, le parapluie et l’imperméable sont sortis et enfilé. Trois cents mètres après, c’est terminé. Il ne pleuvra plus de la journée…

Pour une vue plus détaillée de cette partie du Chemin, n’hésitez pas à jeter un coup d’oeil sur ce site qui en montre de belles photos.
http://passes-montagnes.fr/htlm1/pistevertecarrilet_5.htm

Vous y verrez ces mêmes ânes que tous les pèlerins de passage doivent avoir vus ou photographiés. Il faut dire qu’ils sont bien attendrissants.

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L’ancienne voie de chemin de fer que nous suivons depuis ce matin se heurte à la route C63, la longe puis devient C63. Le Chemin, lui, monte à gauche sur une ancienne route goudronnée sur une pente assez forte. Nous atteignons le Col de Bas (591m) et sommes au point le plus haut de la journée. La descente est assez longue mais pas trop pentue. La tendinite du mollet n’aime vraiment pas cela. En effet, les ampoules se sont « éteintes » mais la mauvaise position du pied, en marchant, a lancé une tendinite qui a commencé hier, par un point très douloureux au milieu du muscle arrière du mollet. Un petit coup d’oeil, quand même, au panneau annonçant la « mer de fossiles » au début de la descente du col.
Nous atteignons à nouveau la C63 quittée il y a presque une heure, virons à droite et tombons, littéralement, sur le bar Casilla. Une chance. Le bâtiment ressemble à une gare ou un passage à niveau du temps du Carrilet.
On veut bien nous servir à déjeuner bien qu’il soit 15h. A vrai dire, arriveront des clients jusqu’à 16h. Melon, agneau aux poivrons cafés, vin
22 € pour deux. Commande prise par une jeune fille parfaitement francophone et souriante.
Après le repas, la tendinite chante bien fort, le pèlerin pas. Le Chemin descend maintenant à nouveau, ceci explique celà. Nous suivons notre voie ferrée abandonnée, passons sous nombre de ponts, puis débouchons sur la C63, une fois de plus.
Nous allons passer en dessous au prix d’une belle boucle dont la signalisation nous a semblé un peu faible. Un peu de terre, du goudron, puis nous retrouvons la terre jusqu’à l’entrée de la commune de Sant Estève d’En Bas.

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Arrivés à proximité de l’ancienne usine dont la cheminée se détache sur le ciel, nous abandonnons le Camino pour monter à droite vers l’entrée du village, par la route. En effet, le Camino fait un long détour, suivant l’ancienne voie de chemin de fer.

Nous entrons dans le village et tentons de nous diriger vers l’endroit où nous avons réservé la nuit. Nous savons qu’il est « en haut » du village.
Comme c’est jour de fête, il y a un peu plus d’animation qu’il doit y avoir un dimanche après midi. J’ose entrer dans le jardin d’une maison où je vois, dans le sous sol une table entourée de convives qui parlent fort. Je me dirige vers eux et les conversations s’éteignent. Je suis scruté, je le sens et je fais un signe de paix et dis un grand bonjour en espagnol. L’ambiance se relâche un peu. Je dis où je veux aller et celui qui semble être le doyen de la table se lève et m’entraîne vers la rue en me montrant la maison que nous cherchons. Au dessus de chez lui, un peu à gauche. Prenez le chemin qui est là, vous verrez c’est facile à trouver. Merci. Et il m’invite à la crémation de l’âne (en carton !) qui aura lieu ce soir à 18h mais me dit pas où. Il m’a montré l’église, sans plus. Nous n’irons malheureusement pas pour cause de tendinite à reposer.
Nous sommes bien reçus par notre hôte qui nous conduit à un appartement de 80m2. Belle chambre calme, grand salon cuisine salle à manger et salle de douche de belle taille aussi. Il y a un beau pain de campagne et une belle saucisses sèche sur la table de la salle à manger.
Repos, lessive, jambes en l’air. Quand cela est fait, il nous faut sortir pour trouver où dîner, un dimanche soir, dans un village en fête. Après avoir cherché et interrogé quelques passants, nous devons constater qu’il n’y a que le bar du stade qui est ouvert.
On nous servira du jambon et du fromage, un coup de vin rouge pour pas grand chose. Demain, pas de petit déjeuner, c’est fermé…
Retour à notre logement de bonne heure. La nuit sera excellente et bien tranquille.

Mas Rafalot
17176 Sant Esteve d’en Bas