Archives pour l'étiquette l’Esquirol

L’Esquirol – Vic

La nuit aura été calme me dit la pèlerine, jusqu’au flux des travailleurs, pas très tôt quand même. En ce qui me concerne, bouchons d’oreilles obligent, je n’ai rien entendu.
Nous descendons au petit déjeuner. Le serveur (patron?) n’est pas très aimable ni souriant. Il nous facture 7,50 euros par personne pour des tartines de pain de l’avant veille (puisque le restaurant était fermé), de la confiture industrielle, du beurre et café « solo ». C’est possiblement l’adjonction de deux jus d’orange frais qui a fait monter ainsi la facture.
Nous fuyons plutôt que ne quittons l’établissement ! Nous nous disons que cette chambre d’hôtel vaut 25 € et pas les 50 € que nous avons payé.
L’hôtel semble dater d’une autre génération et est aussi fatigué que les pèlerins.
Nous partons donc et rencontrons deux pèlerins. Salut, rien d’autre. Ce sont les premiers et les derniers. Ils doivent dire la même chose de nous…
Le bar où nous avons dîné est en train d’ouvrir. Nous allons au « supermercado » du coin de la rue pour nous ravitailler en eau et madeleines.

Nous descendons la même rue que nous avons quittée hier, en arrivant, suivant le Chemin Royal vers Vic.
A la sortie du bourg, après une station service, nous descendons légèrement sur la gauche. Je vois bien qu’il y a un chemin qui longe la barrière de sécurité mais il nous semble que notre Camino descend dans les herbes, ce qui est le cas. Erreur funeste. Nous manquons de vigilance et, au lieu de tourner à droite, en bas du pré, nous partons sur la gauche. Nous n’avons pas vu la croix jaune qui indique « mauvais sens », ni la flèche à la peinture bien passée qui indique d’aller à droite sur une grosse pierre.

Si nous avions suivi la route comme dit plus haut, nous aurions retrouvé le chemin plus loin…
Trois heures d’errance, renforcée par la rencontre d’un promeneur avec chiens qui nous indique : ne suivez pas ce chemin, allez plutôt par là, cela arrive au même endroit mais c’est beaucoup plus joli. Nous réaliserons plus tard qu’il n’avait pas compris que nous marchions vers St Jacques de Compostelle.

La flèche (manquée) en question

La Grosse Pierre

Pendant trois heures nous avons tenté de trouver notre chemin, trompés à nouveau par des signes jaunes qui sont de la même couleur que ceux du Camino. Nous nous sommes retrouvés, à nouveau, dans la proche banlieue de l’Esquirol, puis au fond d’un ravin avec une rivière infranchissable, devant la cour d’une école où personne ne savait où se trouve le Camino, bref, bien perdus.

La pèlerine recommande de revenir à l’endroit où le promeneur nous a induit en erreur après que nous nous soyons nous-mêmes trompés.
C’est un ramasseur de champignons qui va nous indiquer le chemin. Il y a donc trois heures que nous cherchons. Puis, tout s’éclaire.
Nous retrouvons le bon marquage !

Descente vers Vic

Nous descendons sur Roda de Ter sur un mauvais chemin de dalles de pierres et pierres roulantes comme hier. Certaines parties du chemin sont défoncées, ce n’est vraiment pas agréable d’autant plus que nous avons marché trois heures dans l’errance mais que la tendinite s’est bien réveillée et que cela descendra quasiment sur tout le trajet.

Chemin caillouteux vers VicAutre chemin caillouteux vers Vic

A qui sont ces chaussettes, oubliées par un pèlerin, vraisemblablement.

Chaussettes de Pelerin sur la route de Vic

L’arrivée dans Roda de Ter nous trouvera fatigués, démotivés.

Arrivee a Roda de Ter

Nous trouverons un arrêt de bus nous indiquant un bus à 15h07 pour Vic, notre destination. Il y a encore neuf kilomètres à parcourir… Nous nous contenterons d’atteindre l’arrêt de bus suivant, à un kilomètre de là, en ville et prendrons ce bus.

Nous déjeunerons près de l’office de tourisme de Vic qui ouvre à 16h, recevrons le sello, puis irons rejoindre notre hôtel, à côté de l’hôpital de Vic.
Il s’agit d’un séminaire qui accueille des touristes et des pensionnaires dans une structure très moderne, tant pour l’habitat que pour la partie restaurant.
Bon accueil. Belle chambre récente bien équipée et très calme. Le repas sera moins attrayant, plus près du restau U que de la taverne sympathique.
En fait, ce n’est pas bon. Il faut acheter ses repas à la réception (17€ pour deux). Ce montant est porté sur la carte magnétique et le client passe au tourniquet d’accès avec cette carte. Comme il est entré, il peut manger…

Francis a Roda de Ter
La nuit sera difficile pour le pèlerin, réveillé à plusieurs reprises par le mollet et les ampoules (en voie de guérison) qui finissent par lui faire comprendre qu’il faut s’arrêter là…
Au petit matin, le pèlerin avise (gentiment) la pèlerine de la situation. Elle comprend bien que je n’irai guère plus loin…
L’iPhone et le wifi sont bien utiles dans ce cas. J’annule les réservations des étapes suivantes. J’achète, en ligne, un forfait Orange pour avoir Internet en permanence pour le reste de notre séjour. Nous avons encore une semaine de séjour en Espagne avant de rentrer chez nous.
Nous partirons pour Zaragoza via Barcelona. Il y a longtemps que nous pensons visiter cette ville et voir comment est le Camino en Aragon car nous devrions, lors de notre reprise, passer par Huesca.
Le petit déjeuner est convenable par rapport au dîner de la veille. Nous rendons nos cartes d’accès et quittons l’établissement. A suivre….

Sant Esteve d’en Bas – L’Esquirol

Le Mas Rafalot étant un havre de paix, les pèlerins se laissent aller…
Résultat, on ouvre l’oeil à 9heures ! Très, très bien dormi, dirons nous.
Douche et en route. Nous descendons au bureau de notre hôte afin de régler notre dû. Il souhaite tamponner notre créanciale, il en a l’habitude apparemment.
Au moment de partir, je lui demande s’il y a, dans le village, une pharmacie. Je lui explique ma situation. Il se propose spontanément, non seulement de nous conduire à la pharmacie mais de nous conduire à la sortie du village et même au-delà jusqu’à Els Hostalets d’En Bas, nous faisant gagner presque trois kilomètres. Accepté.
Arrêt à la pharmacie pour achat de bétadine, gaze, sparadrap. L’équipement du randonneur. Nous avons encore des cachets anti-inflammatoires.
Merci au chauffeur et nous entreprenons notre marche.
Nous suivrons l’ancien chemin royal qui unissait Vic à Olot.
Faux plat montant, plutôt agréable. Traversons l’espace d’une ferme où un monsieur qui semble très âgé donne à manger à des lapins, accompagné de deux chiens gentils. L’un deux aura droit à un bout de mon croissant conservé de la veille…

Le chien de l'Esquirol

Arrivés à la Casa rural l’Esquirol, le ton change. Le Chemin, qui se faisait gentil, nous faisant oublier les montagnes à franchir, devient plutôt désagréable, au sens propre comme au sens figuré.
C’est le début d’une très longue et très raide montée bien caillouteuse.

Montée caillouteuse 1

Montée caillouteuse 2

La fontaine, aux trois quarts de la montée.

Fontaine vers Olot

Puis, la montée continue avant d’arriver à des lacets. Cette « calade » a été mise en place au 17ème siècle afin de faciliter le transit sur ce chemin royal.
Bien heureusement, le chemin est bien ombragé.

Chemin ombragé vers Olot

Dans la montée comme sur le chemin qui suit, il y a beaucoup de possibilités de se perdre. Vigilance est le fin mot de l’histoire. Le marquage est bon.
Nous passons la ferme de l’Hostalot qui donne son nom au pont qui lui fait suite. Il y a, par là, profusion de panneaux indicateurs de toutes sortes. Il faut suivre « Vic ».

Vers Vic 1

Vers Vic 2

Nous suivrons une petite route bien calme sans aucun trafic. Au Col de Cabra, il vaut mieux être vigilant car le marquage pour le début de la descente vers le pont de la Rotilada est plutôt diffus et traverse une très grande dalle de pierre qui pourrait s’avérer bien glissante… comme le reste de ce passage jusqu’en bas d’ailleurs.

Passage vers Vic

Pour nous donner des ailes avant la descente, nous croiserons une victime de la route (ou d’un bâton) que nous préférons voir comme cela plutôt que devant nos chaussures, sur le chemin.

couleuvre vers VicLa chemin de la descente semble retrouver un peu d’ordre et prend des airs de Galice.

verdure vers VicA droite, en bas, au pont, et en route pour Cantonigros que nous traverserons à la recherche d’un restaurant.

IMG_1031

On finit par nous en indiquer un qui se trouve, bien sûr, à proximité d’un point où nous sommes passés en arrivant « mais plus haut » ! Ah, bon… Nous remontons donc et trouvons sur le bord de la route que nous avons quitté en arrivant à Cantonigros, la Braseria Cal Carreter. Il est un peu tard mais nous sommes servis. Bon repas pour pas très cher et bien reçus.Salade aux cèpes et aux lardons, œufs frites, lait caillé au miel, vin, eau, cafés. 22 €.
Nous serons quasiment les derniers à sortir de l’établissement avant de reprendre la route, traversant à nouveau Cantonigros.
La tendinite qui s’est reposée à table se réveillera pendant l’heure de marche nécessaire à la descente à l’Esquirol appelé aussi Santa Maria de Corco.
Le chemin est fait de longues dalles de pierres plates et pierres roulantes dont nous n’apprécions que peu la présence. Cela doit être bien dangereux en temps de pluie. Pour nous, c’est couvert sans pluie.

IMG_1037

IMG_1039

Et voilà notre destination, tout au bout de la ligne droite.

IMG_1040

Le franchissement du pont mène à la route qui traverse le village.
IMG_1042
En face de la voiture blanche, nous tournerons à gauche vers la Mairie et notre hôtel.
IMG_1043

Nous arrivons enfin à notre hôtel. Surprise, c’est fermé. Un jeune homme qui arrive quasiment en même temps que nous, prend l’initiative d’appeler le numéro indiqué sur la porte et quelques minutes après, arrive un dame qui semble en charge de l’hôtel quand il est fermé. Elle me dira, par la suite, qu’elle est la cuisinière.
Installation. La chambre est bien moche, elle me rappelle des chambres utilisées sur le Camino Francès, en pleine Meseta. Rien de superflu. Salle de douche et toilettes sur 2m2. Tout en béton et carrelage. Lits jumeaux de petite taille. Prix 50€ sans petit déjeuner… Le pire c’est qu’il n’y a rien d’autre. De plus, le restaurant est « cerrado ».
Nous sommes fatigués, cette chambre conviendra. Nous n’avons même pas ouvert la télé. Heureusement que l’hôtel est quasiment vide car les cloisons semblent bien fines.
Nous ressortirons pour dîner, claudiquant un peu, sans avoir trop faim.
Le Bar Rovi Snack acceptera, avec le sourire, de nous servir le devenu traditionnel ibericos + queso avec un coup de rouge. Ils sont bien aimables et bien accueillants. Après une étape comme celle-ci, cela fait du bien au pèlerin.

Hostal Collsacabra
Le prix est prohibitif pour le service fourni. Comme il semble ne pas y avoir de concurrence…je dois regretter que cet établissement soit un passage obligé pour le pèlerin.