Archives pour l'étiquette A Gudiña

A Gudina – Alberguaria

Lever 6 heures. Petit déjeuner au lit (celui que nous avons acheté hier + les restes de la veille) et à 6h30 sommes en bas. Le patron nous offre un café chacun et nous voilà dehors.
Pourquoi dehors à 6h30 ? Parce que les pieds de la pèlerine ne sont pas beaux et que l’étape, telle que définie dans le guide Rando Editions (et non plus Raju sur cette portion) est longue et montagneuse.
Décision, hier, à table a été prise de raccourcir en train cette fois-ci.
Nous voilà dehors, donc, et surprise, il pleut. La voiture garée devant l’hôtel est couverte de gouttes. En fait, il s’agit de brouillard. Le vent d’est est froid et nous souffle dans le visage alors que nous (re)montons vers la gare.

 

DSC07812
Nous attendrons dans la salle d’attente éclairée d’une gare sans personnel.
Le train est à 7h15 et de rares voyageurs nous rejoignent en silence.
A l’heure dite, le train entre en gare. Nous montons dans l’unique wagon qui est quasiment vide. Le train roule dans l’obscurité et le brouillard.
Le contrôleur-vendeur de billets tardant à venir, après le premier arrêt, j’appuie sur le poussoir « arrêt demandé » car les distances entre les stations ne sont pas grandes. Le contrôleur, ayant compris que nous allons descendre sans payer s’il ne se remue pas, file vers la cabine du chauffeur pour lui dire qu’il y a deux clients pour le prochain arrêt…
A peine ai-je payé que le convoi s’arrête dans la gare de Castrelo do Val-Verin-Campobecerros.
Surréaliste. Nous descendons du wagon avec nos sacs directement sur le ballast, dans l’obscurité complète. Le contrôleur, heureusement, me signale que c’est de l’autre côté de la voie qu’il faut aller pour trouver la gare.
Le train part, on traverse mais comme il fait encore très noir, nous devrons attendre que le jour se lève pour pouvoir trouver notre chemin. Une première tentative s’avère vaine. Assis sur un banc, nous attendons en notant que cette gare peut faire office de logement pour pèlerins. Il y a un numéro à appeler. Nous sommes à deux kms de Campobecerros que nous rejoindrons par une petite route qui débouche sur une autre sur laquelle nous partons à droite.DSC07817

Nous ne traverserons pas Campobecerros car le Camino part immédiatement à gauche vers Portocamba, au prix d’une belle montée.

DSC07818

C’est à Portocamba, village quasiment abandonné, que nous mangerons un peu de gâteau acheté la veille, assis sur un banc auprès d’une fontaine.

DSC07819

DSC07820

Il est relativement tôt et les volets commencent à s’ouvrir dans la partie moderne du village. Les habitants vont donner à manger aux poules dont les poulaillers semblent concentrés sur le côté droit de la petite route qui conduit à la croix des pèlerins morts située au point le plus haut de notre parcours d’aujourd’hui.

DSC07823

S’en suivra une longue descente, sur piste, de plusieurs kilomètres en direction de As Eiras,, descente dans laquelle nous rencontrerons nombre de marquages originaux…DSC07821DSC07825DSC07831DSC07829

puis Laza. Un trio de pèlerins en vélo, nous saluant, nous réveilleront au cours de la descente.
A As Eiras, la pèlerine oubliera momentanément ses bobos aux pieds pour ramasser quantité de noix fraîches récemment tombées. Il y a des bruyères en fleurs et beaucoup de colchiques roses ou mauves.
Encore une belle descente, sur route cette fois, sur Laza où la récolte des patates bat son plein.

DSC07832

Nous nous dirigeons vers la Mairie, puis la Croix Rouge pour obtenir le sello.
La personne qui nous accueille, à ma demande, nous indique un bar sur la place Picota et nous montre le chemin.
Dans le bar, on attaque en espagnol et on finit en français car le propriétaire a travaillé en Suisse (Romande, je suppose). Nous demandons si on peut manger quelque chose de chaud. Il relaie la question à la cuisine qui nous fait monter un escalier bien raide où, nous dit on, il y a une salle.
Non seulement il y a une toute petite salle sur laquelle donne la cuisine mais nous pourrons déjeuner en terrasse privée, dehors.
Il y a une seule table sur laquelle nous aurons droit à une bonne soupe bien chaude, une escalope milanaise frites et poivrons avec tempura d’aubergines, un vin rouge du village, le tout au soleil et pour 9 € chacun.
Le pèlerin ravi

DSC07834

Rassasiés, nous continuerons notre chemin en finissant de traverser Laza, puis prendre la route menant à Soutelo Verde où nous ne verrons pas âme qui vive.
Par contre, s’il n’y a âme qui vive, il y a bien quelqu’un qui a le sens de l’humour ou la nostalgie de son Andalousie.

DSC07838

Belle ermita quand même.DSC07839DSC07842

Le chemin continue à travers les jardins et les vignes. Nous arrivons à Tamicela que nous ne traverserons pas car les flèches nous envoient à gauche, où cela monte pas mal.

DSC07843

Et cela montera pas mal, même fort, pendant presque cinq kilomètres.
Dur, dur. La pèlerine souffre énormément de ses pieds et avance à pas comptés.

DSC07844DSC07845DSC07846

Dernier regard en arrière.

 

Dans les premiers hectomètres de la montée, la pèlerine s’arrête et dit renoncer. Puis, une idée lui vient. Elle me demande mes chaussures de repos. Elles sont légères et très souples et surtout sur-dimensionnées pour elle. Moins de frottements…

DSC07847

Et c’est ainsi qu’elle arrivera à la nationale qui nous nargue depuis plus d’une heure, tout en haut de cette sacrée côte. Le pèlerin, lassé de monter sans visibilité, a décidé d’accélérer et d’aller voir en haut « ce qu’il y a ». Il attendra la pèlerine qui monte lentement, très lentement. On comprend bien pourquoi mais on ne peut rien faire pour elle sauf avancer pour l’entraîner.
Il n’empêche que nous sommes l’un et l’autre épuisés. Moins d’un kilomètre plus loin, nous entrerons dans Alberguaria.

DSC07848DSC07849

Fatigués mais contents car nous avons eu beau temps. Comme cela doit être pénible de monter cette côte caillouteuse sous la pluie.
Nous passerons devant le Rincon del Peregrino, célèbres parmi les pèlerins pour sa collection de coquilles dédicacées pendues au plafond. Nous ne profiterons pas de cela car le bar est fermé car nous sommes peut être, comme disent les cyclistes, hors temps. Peut être ouvre-t-il aux heures de passage du peloton ou bien son jour de fermeture est le jour de notre passage. Tant pis pour lui et pour nous. Santiago est annoncé dans 140 kms.DSC07850

Nous contacterons, au téléphone, la casa rural qui doit nous héberger, la maison Couso Galan. Un couple de jeunes gens vient nous prendre en auto pour parcourir les six kilomètres qui séparent Alberguaria de Couso.
Je crois que nous n’aurions pas pu les parcourir à pied.
Il s’agit d’un petit hameau qui était en ruine et a été repris en main par un industriel de Navarre. Chaque maison, en grès et lauze, à été rebâtie et équipée du meilleur confort.
Les formalités sont vite traitées avec un hôtesse souriante.
Nous aurons la première maison en entrant dans le hameau que traverse un joli petit ruisseau. Notre maison, qui a une vaste terrasse devant la porte, profite du soleil couchant et de ses derniers chauds rayons. Vaste chambre, belle salle de bain. Grand confort. Chauffage électrique.
Nous irons dîner à 20h30, seuls clients du restaurant. Accueillis avec le sourire, nous serons servis par une serveuse agréable et professionnelle.
La cuisine est élaborée et sort de l’ordinaire. Croquettes de chipirons, joue de boeuf pour la pèlerine et loubine pour le pèlerin avec un vin de Vérin et une pana cotta. Il faut signaler que Couso Galan propose un forfait pour les pèlerins qui coûte quelques 93 euros pour deux comprenant la demi pension telle que je la décris plus le transfert auto à partir du chemin et retour à l’endroit où l’on vous a pris. Une bonne adresse pour celles et ceux qui veulent se gâter.
La nuit sera reposante et très calme. Le bonheur du pèlerin pour ainsi dire.

http://www.cousogalan.com/

Vinhais – A Gudina

Loin de nous l’idée de décourager le lecteur mais la pèlerine se plaint de plus en plus de ses ampoules. Malgré des soins quotidiens et des protections adéquates, les plaies au talon d’Achille suppurent. Les doses d’alcool mises dessus ne servent, semble-t-il, qu’à creuser la plaie.
Nous achèterons de la Bétadine à notre prochaine halte. Aujourd’hui, il était prévu de rejoindre A Gudina à pied, hors chemin, pour rejoindre à nouveau le Camino de la Plata que nous avons abandonné à Zamora.
Mais la situation décrite plus haut montre bien que cela ne sera pas possible.
Toujours décidée à ne pas abandonner, la pèlerine persiste.
Nous en ferons une bonne partie en taxi. Nous rejoindrons la frontière espagnole en taxi. Bof, alors puisque nous serons dans la voiture pourquoi ne pas rejoindre A Mezquita en auto et nous terminerons à pied les vingt trois kilomètres restant ?
C’est voté.
L’hôtel, au départ, nous agace un peu car son terminal de carte bleue ne fonctionne pas et le patron étant parti, la femme de ménage ne semble pas prête à agir pour faire quelque chose. Je finis par régler en cash, pas content car je ne suis jamais convaincu, dans ces cas là, que la panne soit une véritable panne et le cash étant tellement attractif…On a eu déjà le coup à plusieurs reprises dans d’autres marches !
A l’office du tourisme, il y a un arrêt de taxis. Je demande, comme à Bragança, une estimation du prix. 25 € me répond-il, mas o menos.
Pas le choix et pas envie que la situation empire au niveau des pieds pour la pèlerine et pour le pèlerin dont l’unique ampoule lui donne du fil à retordre car elle ne veut pas sécher. Nous rachetons encore du sparadrap, de l’eau et embarquons pour l’Espagne.
Pourquoi remonter vers le Nord alors que le chemin continue vers l’ouest ? C’est tout simplement parce que le prochain endroit pour dormir est situé à 49 kilomètres très « montagneux » et qu’il est écrit qu’il n’y a aucun point de ravitaillement.
Le taxi nous dépose à l’entrée du village et repart avec ses 25€ tels qu’affichés par le compteur. Les chauffeurs ont l’habitude des courses et connaissent les prix. Ils sont, selon toute évidence, honnêtes.
Il fait beau et bien plus doux qu’à Vinhais.

DSC07792

Nous suivons la route qui nous a amenés du Portugal, marchant vers O Pereiro où nous trouverons le chemin de la Plata et ses flèches jaunes quelques dizaines de mètre plus bas.

DSC07794

Le village est bien modeste et bien tranquille.

 

DSC07799

Belle progression dans une belle lande de genêts et aussi de bruyères.

DSC07803

Par endroits, la lande a été brûlée sur de grandes surfaces.

DSC07805

DSC07806DSC07807

Nous cheminons sur une belle piste par moments, puis sur un terrain accidenté couvert de pierre de grès.
A l’heure du repas, nous nous arrêterons à proximité du village de O Canizal, sur une longue et large pierre plate au soleil. Casse croûte rapide.
Les pieds sèchent au soleil, les chaussettes et les chaussures aussi.
Au moment de repartir, nous voyons arriver deux pèlerins. Ils sont encore loin mais marchent d’un bon pas.
Nous suivrons une pancarte indiquant un bar à droite, à deux cents mètres pour y prendre un café. Après être passés, pas très fiers, devant un chien loup qui aboie fort et pourrait très bien franchir le muret derrière lequel il se trouve, nous nous dirigeons vers le bar Alfes. Un seul pèlerin nous y rejoindra. Il dit au patron qu’il vient de Santander, il ne nous adresse pas la parole. Nous verrons, plus tard, l’autre pèlerin à l’entrée d’A Gudina, qui semble l’attendre devant le centre de santé qui doit héberger les pèlerins.
Le patron lui dit qu’il n’est pas nécessaire de rejoindre le chemin pour repartir mais de suivre la nationale sur laquelle est le bar car le dit chemin rejoint la nationale à la sortie d’O Canizal. Pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Sortant du bar, le pèlerin nous rattrape, sans sac, et nous donne à chacun une flèche jaunes en carton montée sur une épingle à linge. Merci mais pas compris pourquoi ce geste. Ce n’est que deux jours après, en y repensant, que nous avons compris que le « cadeau » était d’origine du patron et non pas du pèlerin.
La proximité de l’autoroute fait que, comme souvent, la nationale est bien calme et nous avançons sans problèmes de trafic.
Nous saluons le passage du Alto de Canizo

DSC07808
(comme planté en haut du col…)

et descendons sur A Gudina après avoir traversé le pont qui franchit l’autoroute.

DSC07810

A droite, la gare. En face, deux hôtels et comme d’habitude, le nôtre est situé à l’opposé de la petite ville. Nous suivrons la route jusqu’à ce dernier.
Installation après un accueil aimable. C’est le plus fort de l’activité du déjeuner (à 14h30) et comme nous avons « déjeuné » sur la pierre à O Canizal, nous montons effectuer nos travaux habituels en chambre.
Nous ressortirons en fin d’après-midi car il nous faut trouver où recevoir le sello. L’auberge de pèlerins est l’objectif tout trouvé. Elle se trouve, à un carrefour à droite, en entrant dans la petite ville.
Nous n’aurons pas à y aller car, passant dans la partie ancienne d’A Gudina, devant l’église San Pedro nous y entrons et une dame qui allait fermer l’église nous dit de « nous tamponner » tout seuls, le sello étant sur une chaise au premier rang. Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous remarquerons les deux stèles qui marquent les deux routes du Camino, celle par Verin et l’autre par la montagne. C’est celle de la montagne que nous suivrons (photo prise dans le brouillard, le lendemain matin en allant à la gare).

 

DSC07811
Nous rentrerons à l’hôtel pour y dîner après avoir acheté chez un boulanger un gros gâteau que nous mangerons encore trois jours après. Il nous reste de quoi manger notre petit déjeuner en chambre.
L’hôtel Bruma 2 est récent, propre et calme. Le dîner fut copieux. 16 € par personne, vin compris, ce qui est cher pour le coin et pour le pèlerin et la chambre 54 € sans petit déjeuner car nous partirons avant l’heure du service demain matin.

http://www.hotelbruma.es/