Santoña – Santander

La nuit aura été calme. Nous sommes apparemment les seuls clients de l’hôtel. La chambre est simple mais propose tout le confort nécessaire.
Nous descendons prendre le petit déjeuner servi par le gardien de nuit dans le bar adjacent à la réception.
Bien entendu, il ne sait pas se servir du terminal Visa, donc, le pèlerin sortira en cash les 75 euros prévus.
Il est 8h15 quand nous quittons l’hôtel, prêts à en découdre, car hier, en dehors de s’être bien fait mouiller, nous ne nous sommes guère fatigués.
Cela nous aura permis de nous reposer un peu après quelques premières étapes plutôt physiques.
Il fait bien gris et brumeux. Nous traversons Santoña en tentant de nous remettre sur le Camino car les indications sont rares pour ne pas dire inexistantes. Nous nous repérons grâce à notre topo.
Comme chaque jour, j’ai déchiré la page de l’étape à faire et l’ai glissée dans une sorte de protection confectionnée avec une housse de document en plastique que je suspend à mon cou à l’aide de fil plastique de jardinier.
Bien pratique sinon élégant. J’ai pensé à confectionner cela juste avant de partir, car lors de notre premier pèlerinage, je roulais les feuilles « du jour » dans ma poche et à la fin de l’étape, me retrouvais avec un torchon inexploitable…
Donc, nous suivrons la route se dirige vers la plage de Berria et qui traverse des marais, le bas-côté étant tout à fait praticable et le trafic bien dispersé. Comme il fait frais, le pas est vaillant et presque cadencé sur le goudron cantabrique.

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Nous quittons la route de Santander dans un petit bourg qui s’éveille (il est neuf heures !) au vu de l’activité autour de la boulangerie. Peut être attend-on la fournée.. A droite, en suivant le topo, sur une autre route assez tranquille. A un moment, le topo nous indique de tourner à gauche sur un tout petit chemin goudronné. Nous nous exécutons et, heureusement, sommes arrêtés par une mémé qui est sortie de chez elle pour nous dire que nous n’étions pas du tout dans la bonne direction. Bon, marche arrière, retour à la route et nous trouverons le chemin prévu bien plus loin que l’indication donnée par le guide.
A gauche toute, sur une petite route qui traverse, dans sa longueur, un lotissement de maisons modernes sans aucun trafic. Le lotissement traversé s’ensuit sur plusieurs kilomètres une route de campagne bien paisible. Pas de bruit donc, et la brume commence à se lever mais c’est pour nous montrer qu’il pourrait bien pleuvoir..

Nous traversons de petits bourgs tranquilles sans circulation aucune et, l’heure du casse-croûte venant, nous arrêterons sous un abri-bus qui offre des sièges pour consommer quelques figues sèches et nous hydrater. Nous repartons pour une belle montée vers Pelayo. Avant la montée, le Chemin passe devant une belle maison très ancienne et traverse sur un pont médiéval une petite rivière à l’eau bien claire.
A droite et à nous la côte. La signalisation jacquaire est bien rare sur cette étape et il faut être bien vigilant quand aux indications du guide.
Bon, c’est pas par là car, même si cela était le cas, les trois chiens en travers du chemin nous en dissuadent. Donc à gauche. Nous montons jusqu’à une ferme, d’abord accueillis par un chien, encore, mais qui reste à distance et un grand-père à l’âge canonique qui nous demande où nous allons. Il nous indique le Chemin mais comme nous n’avons pas tout compris, nous en prenons un autre qui nous fait faire un bon détour autour du village et retomber sur la bonne route par hasard et c’est tant mieux.
Ca monte toujours pas mal. Nous passons devant un camping et commence le mauvais temps. Alerte, ponchos et guêtres ! Avec en prime, un bon vent de face, le plus désagréable de tous. Gros crachin, et nous descendons sur la route entre de beaux eucalyptus.

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Et la caravane avance.

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Nous atteignons l’église de Santa Maria de Bareyo et sur la gauche découvrons un restaurant auquel nous ne pourrons accéder tellement les molosses qui en gardent la porte sont agressifs.
Bizarre. Nous nous éloignons et faisons le tour de l’église pour trouver un endroit pour manger nos casse-croûtes. Les chiens aboient mais ne nous voient plus. Nous nous assiérons à l’abri de l’auvent de l’église. Il fait froid, les bancs de pierre sont humides, l’église est fermée et l’on voit, à ce qu’ils y ont laissé, que les chiens ont l’habitude de venir par là. Nous ne nous attarderons pas. Nous repartons, cependant, sans les ponchos mais avec les polaires que nous n’aurons pas quitté depuis ce matin.
C’est la journée des chiens après la journée surprises d’hier.
Quelques centaines de mètres plus loin, un chien noir m’a repéré. Odile est passée à une dizaine de mètres de lui sans qu’il n’y ait eu de réaction mais, moi, j’ai droit à de féroces aboiements suivis d’une tentative (de loin) d’attaque prudente. Je fais semblant de ramasser une pierre mais, il doit savoir qu’il n’y en a pas sur la route, il ignore le geste et se rapproche encore. Le bâton s’impose, pas en l’air mais en direction du museau et je progresse ainsi en reculant lentement pendant une dizaine de mètres, en fait, jusqu’à ce que le chien « admette » que l’intrus a quitté son périmètre de surveillance.
Tout est bien qui finit bien, un peu d’adrénaline pour moi et de distraction pour lui.

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Nous nous retrouvons sur une route importante en direction de Somo qui laisse revenir des souvenirs de Castille car nous la suivons sur un « carri-bici », sorte de voie pour cyclistes et piétons qui n’en finit pas.
Galizano-Somo, presque six kilomètres de ligne droite. Rien à gauche, rien à droite.

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Le soleil est timidement revenu et nous allégerons la tenue.
Nous atteignons enfin la descente vers Somo où nous allons prendre le bateau qui nous fera éviter presque vingt kilomètres de zone industrielle pour rejoindre Santander.
Achat en-cas et eau en bouteille au supermarché à droite en descendant. Nous filons droit devant nous vers la mer, pensant trouver un chemin longeant la mer. Peine perdue, il nous faut retourner un peu sur nos pas et suivre des rues sans intérêt qui nous feront arriver, non sans mal, à l’embarcadère du petit bateau qui lie Santander à Somo.

Par chance, nous n’attendrons pas longtemps car nous voyons le bateau faire route vers nous. C’est une navette et pour 2.20 euros nous éviterons tous les kilomètres évoqués ci-dessus.

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La navette est presque vide et elle nous dépose sur le quai principal de Santander quasiment devant l’office du tourisme qui nous donnera le sello sur la credencial.

La croisière s’amuse !

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Il fait beau, maintenant, et nous nous dirigeons vers l’hôtel que nous avons réservé. Nous avons marché 32 kms et sommes un peu fatigués.
Nous nous installons dans un établissement très ancien mais propre tenu par deux dames plus très jeunes mais aimables. Repos, lessive, jambes en l’air, douche, dans l’ordre ou le désordre…
Nous ressortons et nous trouvons en bas de l’escalier dans une foule de CRS espagnols. Surprise. Heureusement, ce comité d’accueil ne nous est pas destiné mais aux supporters de football qui se rendront ce soir au match Real Madrid/Santander… en fait, les CRS dorment dans notre hôtel. Nous n’aurons aucune nuisance dans l’établissement créée par la présence de ces messieurs et c’est tant mieux.
Nous sortons donc pour nous rendre à la gare. Nous avons décidé, comme l’an passé sur le Francès, de ne pas sortir de la ville, à pied, mais en train, demain matin. Une bière à la terrasse d’un café nous désaltère en regardant passer une noce bien élégante qui sort de la cathédrale et une manifestation tiers mondialiste bon enfant. Un goéland nous manque de peu en larguant un peu de guano en passant, ce n’est que partie remise pour un endroit plus à l’ouest au bord de mer…dans quelques jours !
Tournicotons dans Santander pour dîner mais nous sommes bien peu vaillants. Nous nous installerons, les premiers clients de la soirée, au restaurant « Castellana » où nous mangerons pour l’une des artichauts au jambon et de piments farcis et du chorizo et queue de boeuf pour l’autre, vin rouge, le tout pour 41 euros. Service aimable et rapide.
En sortant, nous nous dépêchons de rentrer nous coucher. Il est 23 heures. Aspirine pour les courbatures et une première ampoule à signaler.

Hôtel Mexicana
Juan de Herrera 3 (très central)
34 942 222 354
49 euros avec les deux pdj

www.hostallamexicana.com