Markina-Xemein – Gernika

Il est neuf heures quand nous nous mettons en route pour Gernika, ville martyre. Un petit crachin accompagne nos premiers mètres et les ponchos ressortent car les hauteurs environnantes sont bien coiffées de nuages. On enlève trois cents mètres plus loin…
Il semble qu’il s’agisse des derniers éléments d’une belle pluie qui est tombée cette nuit.
Après le franchissement du pont évoqué la veille, nous retrouvons une des rues principales de Markina et entrons dans la charcuterie qui nous fait face. Achats donc, jambon (dont une portion offerte par le charcutier au vu de notre statut de pèlerins) fromage, pain, eau en bouteille. Et nous sommes, en sortant, encouragés d’un « Buen Camino » prononcé avec conviction par la charcutière. Cela fait plaisir et encourage.
Gracias y adios !
Traversons le village, passons devant de belles demeures anciennes et prenons la route de Bilbao que nous suivrons sur deux kilomètres en passant devant une jolie chapelle « moyen-âgeuse » bien restaurée (Humilladero). A droite, direction Bolibar.
Notre « topo » nous dit de suivre le chemin qui monte à travers bois mais le départ bien boueux à la suite de la pluie de la nuit, nous incite à rester sur la petite route où il n’y a guère de circulation. Bien nous en a pris, nous l’apprendrons plus haut.
La traversée de Bolibar avec ses quatre bâtiments multicolores, ses vieilles maisons y inclue celle du libérateur Simon même nom, est un plaisir.

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Eglise de Bolibar
Et nous continuons notre ascension qui est bien constante mais modeste pour, à la sortie de Bolibar nous heurter à une calade bien pentue, celle-là qui est le chemin ancien qui rejoignait le monastère de Zenarruza.
Bien boueuse, bien glissante, cette « calzada » nous ramène à la route et une centaine de mètres plus haut, sur la gauche, nous découvrons le monastère.

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Il y a une structure d’accueil pour pèlerins. Nous nous contenterons d’un coup d’oeil rapide à l’intérieur de l’église, la porte étant ouverte pour cause de livraison d’un retable restauré. Un coup de sello sur la crendencial et nous sommes prêts à repartir quand nous voyons arriver nos dames pèlerins qui semblent éreintées. Elles sont parties bien avant nous de Markina et ont suivi le chemin dans la forêt, s’enfonçant dans la boue et les fondrières. Elles sont bien fatiguées et crottées.
Pour nous, commencera un parcours rendu très difficile par la pluie de la nuit, identique à celui que les dames ont vécu et qui semble sans fin. Terrain difficile, glissant, fangeux, tout particulièrement à la sortie d’une ferme où nous sommes dans l’obligation de traverser un bourbier de cinquante mètres de long sans possibilité de l’éviter. S’ensuit un champ piétiné par les vaches qui est devenu un cloaque dans lequel les chaussures du pèlerin s’enfoncent jusqu’à la cheville.
Heureusement qu’après ce passage très difficile, et même si la descente vers le village s’est fait sur un chemin tout aussi boueux et glissant, le soleil est revenu.

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Nous déjeunerons assis sur des rondins au soleil où les chaussettes tenteront de sécher.
Le redémarrage se fera dans la douleur et nous descendrons par la route vers Gernika, entourés de kiwis, évitant le franchissement d’un gué indiqué sur notre topo car l »endroit est devenu, à cause des récentes pluies, impraticable.

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Un peu plus bas, nous trouverons le pont médiéval sur lequel passaient les pèlerins.

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Nous arriverons fatigués à Gernika où le vent froid s’est levé. L’orage gronde dans la zone montagneuse que nous venons de franchir.
Il nous faudra nous vêtir plus chaudement.

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Nous entrons en ville, sonnons à l’hôtel où nous avons réservé. C’est fermé, Il y a un numéro de téléphone. Comme dit nous sommes fatigués et j’appelle pour obtenir notre chambre plus tôt que les 18 heures, heure de ré-ouverture.
L’on me tient, en espagnol, un discours ennuyé qui me fait comprendre que notre réservation n’a pas été enregistrée. Je fais celui qui n’a pas compris ou ne veut pas comprendre et demande à l’hôtelier de venir. Il arrive, apparemment ennuyé et il veut nous conduire à l’auberge de jeunesse à la sortie de la ville. Ce que nous refusons. Merci et pas au revoir.
Nous allons à l’office du tourisme et la personne de permanence nous dit que tout est complet sauf peut être le trois étoiles. On essaye, ça marche, on réserve, et on arrive.
Bel hôtel, en effet, mais il faut avoir les reins solides et du répondant car ce n’est pas donné. Belle chambre, confort trois étoiles même si la déco semble dater.
Rituel habituel, détente, mini-sieste, et nous revoila dehors pour préparer notre étape du lendemain. Tour de ville, achat pâtisserie et shopping à l’Euskadi de Gernika.
Nous dînerons au restaurant situé à côté de l’hôtel faute d’avoir trouvé autre chose. Ce ne sera pas un mauvais choix car pour 14 euros par personne nous aurons des légumes au jambon en entrée, un poisson poêlé et un riz au lait, vin compris.
Cela est cher pour un repas espagnol mais à côté du trois étoiles, il n’y a rien d’autre, nous sommes fatigués et le temps fraîchit de plus en plus.

La pension qui a des trous de mémoire est la pension Akelarré 37 euros. De l’extérieur, pas terrible cependant, pas de regrets.
L’hôtel où nous avons atterri : Hôtel Gernika, calle Carlos Gangoiti Gernika-Lumo tel 00 34 946 250 350

www.hotel-gernika.com