San Paio – Santiago

Il est six heures du matin. Nous sommes debout, la pèlerine n’a pas fermé l’œil de la nuit.
Il est six heures trente du matin. Il fait encore nuit. Nous sommes dehors, sac au dos, lampe électrique à la main, en train de se repérer pour trouver les signaux marquant le chemin.

On monte, comme d’habitude au départ, notre dernière côte pour arriver sur le plateau de Villamaior, petit hameau qui s’éveille. Il bruine légèrement et nous continuons vers notre but.
Nous sommes partis pour effectuer nos dix derniers kilomètres !
Passons devant la TVE de Galice, télévision régionale.
Puis à droite, longue ligne droite vers le Monte do Gozo, gigantesque auberge de pèlerins dans laquelle nous nous félicitons de ne pas nous être arrêtés tellement cela semble immense.
Un peu avant ce complexe, il y a un monument moderne dédié au pèlerinage dont le goût nous semble un peu limite..

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Et nous descendons vers Santiago, quelques dernières marches puis nous franchissons le pont de la voie rapide et entrons en ville, du moins nous franchissons le panneau « Santiago » annonçant le début de la ville.

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Monument, situé dans le quartier récent de Santiago, auprès duquel passent tous les pèlerins, édifié à la gloire des pèlerins célèbres depuis les temps immémoriaux.

Mais, avant d’arriver à la cathédrale, il nous faudra encore marcher une bonne heure.

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Malgré la fatigue, la joie d’être arrivés et sans encombres nous étreint !,
Un café avalé en route accompagné d’une viennoiserie nous tiendra de petit déjeuner.
Et c’est le sac sur le dos que nous entrerons dans la cathédrale, moment d’émotion.

 

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Un tour rapide de la dite cathédrale et nous en sortons vers les bureaux de l’accueil pèlerin où nous nous ferons tamponner une dernière fois les créanciales puis délivrer, après un scrupuleux examen de nos créanciales, la Compostella. Nous voila diplômés, il nous faut nous loger et penser au retour vers Eze.
Nous allons, confiants, à l’agence Iberia demander un billet retour pour Nice à prix pèlerins.
La dame, peu souriante, nous dit que la réduction pour pèlerins ne s’attribue que sur les vols vers Paris en ce qui concerne la France et non pas Nice. Le prix ordinaire sans réservation anticipée s’appliquera donc et le prix est prohibitif. Il nous faudra trouver un autre moyen pour rentrer au pays.
Nous décidons d’aller chez Halcon une dernière fois et nous y achetons, pour jouissance immédiate, un voucher pour une chambre quatre étoiles à l’hôtel Hespéria (70 euros) puis réservons une voiture pour le jeudi matin. Nous sommes mardi matin. Nous resterons deux nuits à Santiago avant de repartir.

Arrivés à l’hôtel, nous nous installons presque sous les toits dans une chambre sans vue mais bien confortable. Pas de jambes en l’air pour cause d’étape très courte, ni lessive mais douche.
Puis à nouveau dehors pour aller assister à onze heures à la messe des pèlerins où nous retrouvons quantité de visages connus, fatigués mais souriants. Presque soulagés !

Et nous revoilà dehors pour chercher à déjeuner. Ce sera en face de l’hôte de police de Santiago, en terrasse dans un bar restaurant et pour 21 euros pour deux. Simple mais sympa.
Retour à l’hôtel pour sieste. Nous reviendrons à nouveau à la Cathédrale en fin de journée.

Nous nous promènerons en ville, visiterons, découvrirons. Un bon dîner, pour notre arrivée, nous verra déguster une délicieuse zarzuela parfaitement servie.
La fatigue accumulée par ces trente jours de marche se fait maintenant sentir. C’est une sensation d’hébétude qui domine. Nous sommes arrivés à bon port, mais comme nous sommes devenus des machines à marcher, nous ne savons que faire de notre temps, si ce n’est marcher dans Santiago, qui, en passant, est une belle ville pleine de vie.
Alors, c’est presque méthodiquement que nous visitons la ville et revenons doucement à la « civilisation » et retrouvons le bruit, l’animation et le monde.

Notre première nuit à Saint Jacques sera tranquille.
Petit déjeuner quatre étoiles puis promenade en ville.
Je fais goûter des « churros » à Odile qui n’en connaissait pas la saveur puis nous nous promenons dans le parc qui fait face à la Cathédrale sur la colline, en face.
Retour en ville, vitrines, repérage de l’endroit où nous prendrons demain matin la voiture louée la veille, près de la gare de Santiago.
La ville est intéressante comme dit ailleurs mais de là à occuper une journée entière…. Heureusement que ce jour là, qui est férié à Santiago, est le jour où l’on célèbre la langue et la culture propre à la Galice. Il y a donc, le matin, une grande manifestation de sympathisants précédée d’un cortège de locaux en tenues folkloriques et de musique du meilleur effet.
Cela nous occupera jusqu’au déjeuner.
Comme il pleuviote un petit crachin, nous abrégeons notre recherche de restaurant et entrons dans ce qui semble une bonne maison pour ce qui s’avèrera un bon repas paella dégusté en terrasse, quasiment solitaires. Quand nous quitterons l’endroit, la terrasse sera complète.
Une bonne adresse que ce restaurant San Clemente, Rua das Carretas, 21 – 981 565426.
Retour à la Cathédrale, puis dîner sans intérêt culinaire remarquable, en compagnie d’un voisin de table de rencontre, pèlerin breton, qui nous raconte ses exploits quand nous ne lui racontons pas les nôtres. Sympa mais je regrette d’être venu dîner là car même si le repas était acceptable il était plutôt décevant pour notre dernier repas en Galice.

Demain, nous prendrons la voiture, roulerons jusqu’à Gijon puis Castro Urdiales pour y faire étape.
Le lendemain, nous laisserons la voiture à San Sebastian et prendrons le train pour Hendaye.
Dans la gare, nous serons salués par le couple de pèlerin rencontrés à Foncébadon. Ils repartent pour Paris.
Nous irons, nous, à Bayonne, où nous chercherons en vain à louer une voiture à rendre à Nice.
Nous prendrons le train pour Toulouse où nous dormirons à l’hôtel Mercure de la gare avant de reprendre le train à huit heures le lendemain matin pour Nice.
Le retour nous prendrons presque quarante huit heures, bien court pour des pèlerins qui ont marché presque quatre vingt jours pour couvrir la distance.