Sahagun – Leon

02.05.06

Le train est à l’heure, nous aussi. Nous avons fait la queue parmi un nombre non négligeable de pèlerins qui ont eu le même réflexe que nous devant l’immensité de l’étape. Seulement deux d’entre eux descendront avec nous à El Burgo Ranero dont la gare ne se trouve pas en ville mais au milieu des champs. Les autres vont à Burgos ou ailleurs.
Nous rejoignons le Chemin puis commençons cette longue suite d’arbres plantés par une fondation espagnole et dont le but semble être de donner de l’ombre aux marcheurs.
Ces marcheurs avancent sur une piste relativement plate et non caillouteuse mais ne profiteront pas d’une ombre convenable avant une bonne génération !
Le Chemin longe le bord d’une route sur laquelle, en dix kilomètres, nous ne verrons que deux voitures. Et c’est toujours tout droit ou quasiment. Long et monotone. De temps en temps, nous dépassons un ou une pèlerin(e) avec lequel nous échangeons machinalement quelques mots, au gré de la langue parlée par l’intéressé(e).
Nous finissons par arriver à Mansillas de la Mulas qui nous accueille par une jolie sculpture de bronze représentant des pèlerins se reposant sur un banc.

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La traversée du village est tout aussi sympathique. C’est le jour de marché et c’est l’heure de déjeuner.
Nous nous arrêterons dans le village, sur le Chemin qui le traverse pour manger un menu del dia, installés dans le restaurant avant que la cuisinière n’arrive. Il faut dire qu’il est 13h30 et nous avons quasiment terminé quand les clients espagnols, ouvriers de chantiers voisins, arrivent pour le repas. Le patron me fait comprendre alors qu’il est temps que je remette mes chaussures de marche que j’avais ôtées.
Et nous repartons vers Léon.

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Il s’ensuit une longue ligne droite qui semble sans fin, à gauche de la route nationale sur laquelle le trafic est incessant. Et il fait chaud, et la tendinite tire, et je ne sais plus comment poser mon pied, dont la douleur s’était estompée le temps du repas.
Nous avançons au point convenu la veille et nous nous arrêtons à un abri de bus. Nous sommes rattrapés par des pèlerins qui, de l’autre côté de la route, nous demandent s’il y a quelque chose à faire pour nous (des anglo-saxons, jeunes, en couple). Non merci, Buen Camino !
Le car arrive enfin à 16h. Entretemps, j’ai entamé la conversation avec une dame qui est venue prendre le bus. En route pour Léon dont nous ne connaissons rien.
Mais laissons le destin à notre bonne étoile ! A la gare routière, au moment où nous descendons du car, une dame s’adresse à Odile en français et lui propose de nous aider à quelque chose. Méfiant, je laisse faire et me rend compte que cette dame ne cherche vraiment qu’à nous aider. Elle nous conduit plutôt que nous accompagne au centre ville de Léon et nous amène dans une agence Halcon dont j’ignorais totalement l’existence avant de la rencontrer. Elle nous a expliqué en chemin que l’on peut acheter des « vouchers », sorte de tickets prépayés, destinés à payer des nuitées d’hôtel pour des tarifs qui approchent les 50 % de réduction dans la plupart des cas. Elle nous a auparavant conduits à un hôtel proche de la cathédrale où elle a dormi elle-même. Comme nous resterons deux nuits, nous avons trouvé que la chambre était trop exigüe. Nous choisirons l’hôtel Paris, très bien placé, calle Ancha, à un jet de pierre de la Cathédrale et de la vieille ville. Très belle chambre, très confortable pour 50 euros la nuit, au lieu de 70, grâce aux vouchers. Elle nous accompagne même à l’hôtel et nous installe presque puis elle disparaît. Nous avons oublié son prénom et nous souvenons juste d’elle, en dehors de son visage, du fait qu’elle vive en Suisse alémanique et qu’elle soit originaire de Léon. Il n’y a peu être que sur le Chemin que l’on rencontre des personnes comme cela. Cela donne à réfléchir sur sa propre conduite égoïste, dans certaines situations.

Nous sacrifierons au rituel, car même si nous avons pris aujourd’hui et le train et le bus, nos avons quand même fait nos 30 kms au soleil.
Curieusement, la tendinite va un peu mieux (va comprendre !) et nous effectuons une tournée de visite dans Léon, qui est une très belle ville. Une terrasse de bar nous verra nous écrouler devant une bière, le temps de récupérer un peu avant de continuer notre errance empreinte de curiosité de voir ou revoir une grande ville avec de l’animation. Et en Espagne, il n’en manque pas d’animation !
Dîner et au lit (avec l’animation justement de la rue piétonne en dessous !)

www.hotelparisleon.com/

Lendemain – repos

Tranquilles, ce matin pour la visite de Léon. Arrêt à l’office du tourisme qui semble dénué de tout puis visite de la Cathédrale, autre moment fort à l’instar de la visite de celle de Burgos.
Un coup d’œil au « pèlerin de bronze » qui est « assis » devant le Parador, ancien Hostal de San Marcos, pure merveille plateresque.
Plus prosaïquement, nous décidons, pensant au lendemain et forts de l’expériences des vouchers Halcon, d’aller en acheter d’autres au gré des villes que nous aurons à traverser plus loin. Lors de notre visite à la Cathédrale, les crédentiales ont été tamponnées, voila pour les parties « administratives et financières ».
Le temps s’écoule et les corps se reposent. A la sortie du soir, et l’errance qui préside à la recherche du restaurant et de guerre lasse, nous entrons dans un bar restaurant qui ne paye pas de mine et montons à l’étage où se trouve le « comedor ».Il s’agit du « restaurante El Llar », plaza San Martin 9, dans le Barrio Humido (vieille ville) de Léon 987 25 42 87. Excellentissime. L’accueil chaleureux, belle salle simple, nous sommes dans un coin de cette salle et le repas commence :

1. un plat de dégustation de Ibericos (charcuterie)
2. Poireaux nature
3. une daurade aux pommes
4. une morue à la tomate
5. une bouteille de vin rouge de la Rioja
6. une bouteille d’eau gazeuse

Euros 53.40 TTC

Il fait frais, retour à l’hôtel où la seconde nuit sera plus tranquille, surtout dans la rue. Il est 23h.