Burgos (Castrojeriz) – Fromista

28.04.06

Petit déjeuner à proximité du patron, plutôt bougon, ce matin.
Petit déjeuner encore plus espagnol que d’habitude, aujourd’hui.
La jambe est douloureuse. Il fait beau.

450

Nous en avons, d’après le guide dont je déchire les pages au fur et à mesure que nous avançons, pour 26.1kms. Ce qui est nouveau, c’est que nous allons marcher au milieu de rien, sinon les éternels blés en croissance de chaque côté du chemin.

Devant nous, et aussi plus tard, derrière nous, nous voyons les pèlerins qui avancent au gré de cette pente plutôt raide pour le départ. D’ailleurs, à ce moment là, je pense que nous attaquons généralement depuis le début de notre parcours, les étapes espagnoles, par des côtes, au même titre qu’il semble que les hôteliers mettent un point d’honneur à nous faire dormir dans la chambre la plus élevée en étage, à notre arrivée et cela tant en Espagne qu’en France !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Après un peu plus d’un kilomètre d’une montée sévère, nous voila enfin, en haut, sur le plateau de Mostelares où le vent froid nous accueille et ne nous quittera pas jusqu’à la fin de l’étape. Le paysage se décrit en quelques mots : Plateau désert, lignes droites de terre battue, blés verts ondulant au vent. Rien d’autre à dire, encore moins sur le village désert que nous traversons avant d’arriver à Itero de la Vega, à mi-chemin de l’étape, où nous achetons de quoi manger. Demi-pain, fromage, fruit.

Nous mangerons un en-cas à la sortie du village, dans un coin abrité du vent ou à peu près.
Et nous repartons pour le prochain village, Boadilla del Camino, à environ 8 kilomètres dans ce désert ondulant et froid.

449

En haut d’un côte, sur le côté droit du chemin, nous voyons un tout petit re-plat, qui est à l’abri du vent et au soleil. Pas le temps de réfléchir, nous occupons l’espace. Cela ressemble, sous certains aspects, à l’abri que nous avions trouvé en franchissant le col de Roncevaux.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 
Passe un senior britannique qui ne nous dit rien d’autre, sans s’arrêter, que « Marcher, toujours marcher » en espagnol. Puis, un français qui tient un bâton de marche à l’autre bout duquel se trouve un pèlerin aveugle qu’il aide à s’orienter. Ils viennent d’Arles et sont partis de St Jean Pied de Port. Nous les reverrons à Boadilla del Camino en train de chercher à s’installer à l’auberge de pèlerins.
Le reste de l’étape est du même acabit, c’est-à-dire vent froid et chemin relativement plat et caillouteux.

 

448

Après Boadilla, nous trouverons le canal de Castille qui variera un peu le paysage, toujours sous le même vent, heureusement de dos, puis nous franchirons les écluses de Fromista.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

J’ai réservé une chambre à l’Hôtel San Martin qui n’est pas bien difficile de trouver tant le village est petit. De toute façon, il est à côté de l’auberge des pèlerins et devant la magnifique église romane du même nom.

447

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Accueil aimable, l’hôtel sera vite plein car les pèlerins arrivent.
Heureusement que j’ai réservé !
Chambre simple mais propre. Elle donne sur la place et sur l’église romane.

Rituel effectué, nous sortons à la recherche de la pharmacie où le pharmacien, à l’écoute des symptômes ressentis par le pèlerin que je suis, me dire que le meilleur moyen de traiter la tendinite, c’est d’arrêter de marcher ! Je luis demande quel est l’alternative. Il répond : des anti-inflammatoires et un mollet fortement bandé. Banco, je lui achète deux bandes élastiques, nous verrons bien ! En revenant, je vais à l’auberge tamponner moi-même nos credenciales car il semble qu’arrivent nombre de pèlerins à cette heure là et j’imagine que l’hospitalero a autre chose à faire que de tamponner les credenciales.
Le dîner s’avèrera catastrophique. A huit heures, heure d’ouverture de la cuisine, nous sommes à pied d’œuvre dans un bar qui sert des menus à huit euros qui semble être le seul ouvert ce soir là.
Nous mangerons dans une salle en longueur à l’étage au-dessus du bar, dans la fumée qui stagne au plafond, fumée produite par une cinquantaine de jeunes clients qui fument au bar.
Le repas en soi est minable et expédié en trente minutes maximum.
Nous sommes contents de retrouver le vent dehors qui a encore plus fraîchi mais au moins nous enlèvera cette odeur de tabac. Retour au bercail et au lit.

Nous aurons le lendemain l’explication de la présence de tant de jeunes dans ce bar quand nous apprendrons que Fromista est dans sa semaine de fêtes qui suit Pâques et célèbrait ce soir là un saint local. Ils ont célébré toute la nuit sur la place devant notre fenêtre à chanter et danser, heureusement sans musique ! Et au matin, quand les premiers pèlerins sont sortis de l’auberge vers 6h00, cela a donné une longue suite de « Buen camino ! » bien sympathiques mais bien énervants pour qui n’a pas ou peu dormi comme mon épouse et, j’imagine, bon nombre de pèlerins du refuge !

 

www.hotelsanmartin.es

Hôtel San Martin
Plaza San Martin 7
FROMISTA (Palencia)
979 81 00 00
Chambre et pdj 47.80 euros