Atapuerca – Burgos

25.04.06

Comme hier soir, à table, nous dormions déjà, le sommeil n’aura pas été dur à trouver malgré la fatigue.
Au petit déjeuner, tout le monde semble être parti et nous sommes les derniers comme souvent. Le pèlerin se lève tôt, il faut bien que cette règle soit confirmée..

La patronne nous conseille de dormir à l’hôtel Norte à Burgos notre prochaine étape. C’est parti après le petit déjeuner, parti dans le brouillard. Nous montons, et plus nous montons, plus le brouillard s’épaissit. De 100 mètres de visibilité au départ, c’est à peine 20 mètres lorsque nous rattrapons le groupe de pèlerins parti avant nous. Nous voila en tête sans y voir goutte. La pente est forte et caillouteuse et les signes du Chemin assez dispersés.
La tendinite est très douloureuse, vivement que nous arrivions à Burgos.
Nous nous sommes promis une halte de deux nuits au moins à Burgos pour nous reposer car il y a un peu plus d’un mois que nous sommes sur la route à tracer nos 25/30 kms par jour sans se reposer deux nuits au même endroit. Aujourd’hui ce sera seulement 18kms en tout car nous allons raccourcir l’étape.
Nous montons au Termino de Atapuerca, point culminant du parcours puis redescendons dans le brouillard en longeant les fils barbelés de ce qui doit être un camp militaire.

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Cardenuela Riopicco et Quintanilla Riopicco ne présentent aucun intérêt si ce n’est que d’être les derniers villages (presque déserts) que nous trouverons avant l’agglomération de Burgos.
Nous longeons la route une trentaine de mètres plus haut sur ce qui semble être une ancienne voie ferrée désaffectée. Calme, pas d’autos mais concerts de chiens, heureusement enfermés.
Il est à signaler et nous le verrons même davantage un peu plus loin que les chiens espagnols ou du moins ceux que nous avons rencontrés n’ont rien à voir avec les chiens français qui ne pensent qu’à hurler ou à vous agresser, du moins en campagne. Les chiens espagnols sont tranquilles en général et absolument pas agressifs.
Le franchissement de l’autoroute – en dessous- ce fait sans problèmes et nous continuons dans un paysage de travaux publics en cours et autres chantiers. Pas folichon. Devant nous, le village de Castanares.que nous atteignons à 12h.
Nous commençons à spéculer sur la fréquence des bus pour Burgos car la décision est arrêtée.
Un, ma jambe me fait maintenant très mal et deux, traverser à pied des kilomètres de zone industrielle ne nous plaît guère. Trois, il est temps que nous nous arrêtions !
A peine terminées ces considérations, pendant que nous marchons, nous voyons un bus faire demi-tour à son terminus et se garer sur son point de départ. C’est celui là ! en fait, on n’en sait rien, mais quand nous voyons la masse de pèlerins qui l’attendait commencer à monter dedans, il faut courir sur deux cents mètres y compris la traversée de la N120 bien fréquentée à cette heure là. Ca passe, et nous serons les deux derniers à embarquer. Ouf ! Le conducteur doit avoir l’habitude de voir arriver des pèlerins courant vers son bus.
Et pendant huit kilomètres nous traversons la « banlieue » de Burgos et doublons celles et ceux des pèlerins qui avancent vers la ville.
Nous trouvons dans ce bus une bande de quadragénaires mâles originaires de la région de Toulouse dont Burgos est l’étape finale (avant d’y revenir) de ce pèlerinage. Nous les avions déjà rencontrés dans le village de Viloria, il y a quelques jours, où nous avions un peu parlé alors qu’ils s’arrêtaient pour se désaltérer.
Au terminus du bus, il nous faut trouver l’hôtel Norte. Nous partons dans un sens sans plan.
Un monsieu, pas tout jeune, nous arrête, en nous demandant où nous allons. Il est un des responsables de l’Association jacquaire de Burgos et a parcouru plusieurs fois le chemin de St Jacques.
Il décide de nous accompagner à l’hôtel auquel nous tournions le dos. Charmant accueil et chaleureux échanges même si je n’arrivais à comprendre qu’un mot sur trois. Il nous laissera à l’entrée de l’hôtel. Qu’il soit à nouveau remercié ici.
L’hôtel est ancien mais très propre et plein de charme. Nous avons une belle chambre d’angle, très lumineuse.
Contents d’être à Burgos où nous prenons conscience de notre fatigue. Odile se repose après le rituel d’arrivée et je pars chercher l’auberge de pèlerins pour le tampon sur la crédentiale et aussi une pharmacie pour acheter de quoi soigner cette tendinite car je ne suis guère optimiste.
J’ai très mal. L’auberge de pèlerins ne se trouve pas où elle était auparavant mais hors de la ville. Tant pis, on verra plus tard.
La pharmacienne, dont l’officine est en face de l’ancienne auberge (qui abrite maintenant une église), me conseille et me vend une pommade anti-inflammatoire. J’ai des cachets anti-douleur que je n’ai jamais pris dans mon sac.

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Retour à l’hôtel, soins, repos et ensuite sortie pour aller dîner. Il a fait beau mais il fait frais et nous sommes fatigués. Nous tournons un peu pour rejoindre un restaurant sympa, où il n’y a pratiquement que des français à table, dont deux ou trois pèlerins hormis nous.
Servi par un jeune Roumain sympathique, un repas convenable pour pas très cher. Puis, au lit !

www.hotelnorteylondres.com/fr/

Une nuit pour deux avec pdj et taxes : Euros 77.04
Journée de repos à Burgos.
Bonne nuit malgré la jambe qui tire toujours. Crème et re-crème au coucher et au lever.
Petit déjeuner classique espagnol même dans un trois étoiles.
Nous prévoyons d’aller visiter Burgos et surtout la Cathédrale.
Surprise à la réception, nous ne pouvons garder la chambre que nous avons et l’hôtel est complet aujourd’hui. Je demande à ce que l’on me trouve l’équivalent car, hier, la réceptionniste ne nous a rien dit sur cela.
Ce sera l’hôtel Maria-Luisa. Il est à quatre cent mètres. Il nous faut refaire les sacs, et repartir vers un autre quartier. Nous finissons par le trouver sur une grande avenue de Burgos, l’avenida del Cid, 42.(tel 947.228.000 – http://www.hotelrice.com)

L’entrée ressemble à une entrée de cafétéria et il semble que l’hôtel occupe un ou plusieurs étages de l’immeuble qui l’abrite. La chambre est très confortable, très bien meublée et décorée. Il y a tout le confort et le fait que la fenêtre donne sur l’arrière, sur une rue somme toute calme malgré la présence d’une école, la chambre est plus calme que celle que nous avions à l’hôtel Norte y Londres.
Sac posé, nous allons déjeuner dans un bar, repas ouvrier sans intérêt.

www.marialuisahotel.com/
Puis, la visite de la cathédrale et de la ville va nous occuper un bon moment permettant à la tendinite de se maintenir…Cette cathédrale, vieille de huit siècles, est un monument incontournable sur le Chemin. Les guides ou sites spécialisés vous en diront bien plus et bien mieux que je ne pourrais le faire. Magnifique ! Nous y retrouvons des visages pèlerins connus de nous dont la charmante canadienne, rencontrée à Pamplona, dont nous avons déjà parlé.

Nos credenciales sont tamponnées par la réception des magasins de la cathédrale qu’y s’y prêtent aimablement.

Un tour à la gare routière pour repérer les horaires car nous avons un projet.

Le soir, dîner dans un restaurant cher. Il fallait bien se faire plaisir. Non pas que nous cherchions un restaurant pour dépenser notre argent mais tout simplement parce que dans la ville de Burgos quant on est piéton et fatigué, il est difficile de trouver où convenablement dîner. Ce sera au restaurant « la Posada », Plaza Sto Domingo de Guzman, non loin de la Cathédrale, en étage, servi par une charmante sud-américaine comme on en voit beaucoup en Espagne. Odile se souvient encore des artichauts aux amandes….

Au lit à minuit, l’on sent qu’il y a relâchement de la discipline quotidienne.

27.04.06

Petit déjeuner à l’espagnole parmi les fumeurs. La note : Euros 77.36 pour la chambre + deux pdj + une bière au minibar).
Pas de marche aujourd’hui mais du déplacement.
Nous partons, sac au dos, vers la gare routière. Avant un arrêt dans un magasin de sport où Odile achète un « débardeur » d’une marque à bande pour se prémunir contre les chaleurs attendues.
Une fois trouvée la gare routière, nous déposons nos sacs à la consigne. En effet, nous ne reviendrons les prendre que pour prendre le bus vers Castrojeriz, ce qui nous fera sauter une étape, celle de Hornillos del Camino où nous n’avons pas pu trouver de logement hormis l’auberge de pèlerins. Cela ne change rien à notre périple car le fait de n’avoir pas franchi environ 19 kms de Meseta n’enlève rien aux autres 200 kms de Meseta que nous avons effectué.
Equipés mais sans sacs, nous décidons de tuer le temps en allant voir l’auberge de pèlerins qui se trouve dans le parc du Parral et tenter de faire tamponner nos credencials. En fait, nous verrons le bâtiment que nous n’approcherons pas mais irons voir le Monastère voisin sans succès non plus puisque nous arriverons à la fermeture des guichets pour la visite.
Tant pis, retour en ville, par de petites rues calmes. Nous déjeunerons à la Casa Pancho de deux menus du jour à Euros 10.80 chaque (calle San Lorenzo 13/15).
Puis, à nouveau promenade pour entretenir la tendinite et une longue attente à la gare routière dans le manque d’informations le plus complet. Une demi-heure avant l’heure prévue du départ, un guichet s’ouvre et je peux acheter deux passages pour Castrojeriz. A 17h30, on s’en va et une heure après, nous arrivons dans ce village de la Meseta, pratiquement désert. Nous descendons avec une élégante pèlerine brésilienne que nous ne reverrons plus. Elle va à l’auberge de pèlerins et nous à l’Hostal-Restaurante El Meson où nous avons réservé une chambre.

http://www.laposadadecastrojeriz.es/
Bon accueil dans ce bout du monde, chambre très propre et confortable avec des lits régionaux. Manque un peu de lumière dans la chambre mais, cela mis à part, comment en demander plus pour un prix de 50 euros. Très belle maison ancienne.
D’ailleurs, la visite du village nous montrera que tout le village est soit en ruines soit en maisons anciennes. La lumière éclaire le quasi désert qui nous entoure et que nous découvrirons demain. En attendant, nous prendrons le repas à l’hôtel (8 Euros x2) où nous retrouverons à nouveau des visages connus qui dorment à l’auberge de pèlerins mais, à l’heure du dîner, préfèrent s’en éloigner pour des endroits plus tranquilles ou plus intimes comme la salle dans laquelle nous sommes qui est, malgré sa dimension, plutôt propre et bien décorée.
A l’heure où nous dînons, il y a un pèlerin qui mange seul, une table de quatre pèlerins dont notre canadienne, un brésilien et un couple d’une dame et une jeune fille que je crois allemande (germanophone en tout cas) mais qui s’exprime en anglais avec les deux autres. Et nous deux ! Les espagnols que nous avons vu sont arrivés quand nous sommes partis. Nous n’avons pas les mêmes horaires !
Traitements habituels pour la jambe et au lit de bonne heure !
Demain, nous attaquons la Meseta !