Belorado – Atapuerca

24.04.06

Ce matin, la jambe tire un peu plus qu’hier. Cliptol encore et encore.
Préoccupant car l’étape d’aujourd’hui, même si elle n’est annoncée que pour environ 32 kms, prévoit la traversée des monts Oca et devrait être assez physique.
De plus pour le moral, regardant par la fenêtre pour m’assurer du temps à venir, je vois un pèlerin que nous connaissons de vue qui boîte bas et qui fait du stop devant l’hôtel.
Je le vois cesser et prendre le chemin que nous allons prendre dans quelques minutes à notre tour. Je suppose qu’il a été pris un peu plus loin car nous ne l’avons pas rattrapé.

La route N120 est toujours aussi près de notre Chemin mais sans nous ennuyer.

 

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Derrière le pèlerin, en second plan, le sanctuaire de Virgen de la Pena (hors chemin)
Au contraire, de temps en temps, le passage des camions nous apporte un peu de distraction. Les bords du chemin étant seulement couverts de blés naissants, la monotonie s’installe rapidement.

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Eglise de Viloria, village de naissance de Sto Domingo de la Calzada

Presque à la moitié de l’étape, nous découvrons les ruines du monastère San Felices de Oca, sur la droite du chemin et, sur notre gauche, devant nous, Villafranca Montes de Oca.

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Sur le parking en entrant dans le village, nous allons à l’épicerie-boulangerie acheter le casse-croûte du midi avant d’attaquer la traversée des landes et forêts qui seront notre environnement jusqu’à bien après San Juan Ortega. Ce ravitaillement s’avère plutôt cher, ce qui se comprend car, une fois, le flot de pèlerins passé, il ne doit y avoir que le rare passage comme clientèle ! Mieux vaut le savoir avant

 

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D’entrée, dès que nous avons passé l’église, cela monte sec et cela continuera sur presque trois kilomètres, quelquefois en remontant le lit de petits ruisseaux au milieu du chemin qui n’aide pas à stabiliser le pas du pèlerin. Beaucoup d’entre eux d’ailleurs peinent et soufflent. Notre cadence reste soutenue sans trop de difficultés malgré la pente. Le plus dur est à venir….

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Le paysage est de toute beauté. Très sauvage, désert, beaucoup de landes et de pins, rien où presque n’arrête le regard.

A 1150 mètres d’altitude, au col de la Pedraja, nous avons une pensée pour les morts de la guerre civile espagnole dont un monument émouvant marque le souvenir dans cet endroit perdu. Et hop, le chemin plonge vers une passerelle tout en bas pour remonter quasiment sous forme d’un mur qui nous ramène à la même hauteur que le monument.
Puis ce sera une succession de pistes sur cinq kilomètres avec strictement aucun endroit pour s’asseoir si ce n’est au sol. En fait, nous avançons plutôt bien, malgré la jambe qui tire de plus en plus et dont je ne sais plus comment poser le pied , et c’est en marchant que nous mangerons si ce n’est l’inverse…

De plus en plus mal. Nous descendons doucement vers San Juan Ortega dont, au détour d’un virage, nous voyons les toits.
Au bout du chemin, à gauche, sur la photo.

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Il fait particulièrement chaud au long de cette étape et une fois la visite payée au Monastère et la crédentiale tamponnée à l’auberge des pèlerins, nous allons nous rafraîchir au bar qui semble être intégré aux locaux religieux.

Accueil de m…, service de m…On se demande de quoi vivrait le propriétaire ou le gérant s’il n’y avait les pèlerins mais apparemment c’est le cadet de ses soucis. Nous nous installons en terrasse au soleil le temps de boire notre consommation et nous repartons. Nous avons noté, sur cette même terrasse, un couple d’anglophones d’environ 35 ans que nous connaissons de vue. Comme nous ne dormons pas à San Juan Ortega, nous repartons vers Atapuerca, six kilomètres plus loin. A peine partis, nous sommes rattrapés par le monsieur du couple qui ne marche pas mais fonce littéralement vers l’ouest devant nous. Il est clair que, du fait que l’auberge de San Juan Ortega n’est pas connue pour son confort, beaucoup de pèlerins filent où nous allons pour une halte plus confortable dans une auberge privée. Ajoutons que le bar où nous avons bu est aussi restaurant et que nous avons appris, par la suite, à Burgos, que ce restaurant est une vraie calamité pour les pèlerins affamés et fatigués car le service est particulièrement long, très long. A croire qu’il n’y a qu’une seule casserole dans la cuisine et qu’il faille attendre que la table qui vient d’être servie ait fini pour que le service commence à la vôtre. Caricature pour montrer quelques failles d’organisation dont le pèlerin est souvent la victime silencieuse.

Pendant presque quatre kilomètres, nous avançons dans la lande dans un paysage empreint de sérénité. Puis nous arrivons à Agès, où nous prenons la petite route vers Atapuerca que nous suivons sur 2.5 kms. Cette route me semble interminable d’autant plus que la jambe est de plus en plus difficile à poser au sol. …. Fatigue.

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Nous avons réservé dans une sorte d’auberge, une « casa de turismo rural » qui loue des chambres comme un hôtel, qui sert des dîners et aussi offre les lits d’une petite auberge de pèlerins d’une vingtaine de lits qui semble qui accueillante. Celle d’en bas, sur la route, où nous avons revu notre anglo-saxon assis au soleil, savourant le fait d’avoir trouvé une ou plusieurs places pour ses amis.

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Maison ancienne, plein de charme, où la patronne doit être française. Rituel de douche, jambes en l’air, lessive, sieste, promenade est de mise avant de dîner parmi de nombreux pèlerins qui dorment à côté et profitent de cette bonne table. Après l’effort, le réconfort.
La nuit sera calme et reposante après une bonne dose d’anti-inflammatoires.

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CTR PAPASOL
(en haut du village, près de l’église)
Calle de En medio, 36
947 430320

½ pension pour deux : Euros 85.10