Pamplona – Puente la Reina

16.04.06

Nuit pluvieuse comme attendu. Le lit étant dans une sous-pente de la pièce nous avons eu quelques difficultés à trouver de l’air. Mais, au vu de la fatigue accumulée, nous avons cependant dormi.
Comme d’habitude, départ à 8h30, cela deviendra quasiment mécanique.
Nous enfilons les ponchos et les guêtres dans le hall de réception de l’hôtel car il bruine.
Il nous faudra environ trois kilomètres de marche en ville, sur de larges avenues aux larges trottoirs ici aussi, pour sortir de Pamplona.
Avant la sortie de la ville, nous nous sommes ravitaillés dans une pâtisserie.
Attaquons la NA 6000 qui nous conduira à Cizur Menor.

Nous sommes rattrapés par un pèlerin qui va d’un bon pas et qui nous servira de « lièvre » sur quelques kilomètres. Puis, une canadienne nous interpelle nous demandant s’il y a de l’eau sur le chemin que nous allons prendre. Elle démarre, c’est sa première étape. Je lui réponds que je n’en sais rien mais dans le doute il serait plus sage de s’en procurer avant d’attaquer le franchissement de la Sierra del Pardon qui nous atttend aujourd’hui. Elle acquiesce et s’en va en quête d’une bouteille d’eau à la lisière de Pamplona.
Nous la reverrons souvent et finirons le pèlerinage en même temps qu’elle à Santiago !
Nous avançons vers Cizur Menor toujours sous la pluie. Le village franchi, notre chemin devient une bourbier où les chaussures collent.
Graduellement, nous montons en pente douce dans la boue.

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Même les bas-côtés herbeux sont devenus fangeux ! La pluie sur le goudron est acceptable. Mais cette fange va nous accompagner pendant environ quatre kilomètres quasiment jusqu’au sommet que nous devons franchir. Encore une fois, la glaise détrempée est extrêmement glissante. Marcher dans le champ à côté n’apporte pas plus de confort car l’on s’y enfonce encore plus. Nombre de pèlerins glissent et tombent. Il faut avancer.

Nous prenons un peu d’eau à une fontaine sur la gauche puis arrivons au sommet de notre obstacle du jour.

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Les éoliennes brassent le vent qui souffle fort, cinglant les visages de rafales de pluie. Les groupes de pèlerins forgés dans la ferraille qui marquent le sommet rouillent dans l’indifférence générale. Sourire quand je lis sur le guide Grégoire-Laborde-Balen, qu’à cet endroit, il faut savourer la vue…Ils ont dû passer par grand soleil !

 

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La descente s’avère quasiment dangeureuse. Trois kilomètres environ de descente d’abord sur des sentiers caillouteux où les pierres roulent sous les chaussures et la terre est, bien sûr, détrempée. Il faut bien se servir du bâton pour ne pas perdre l’équilibre, entraîné par le poids du sac. En bas de cette descente, nous rattrapons un groupe d’espagnols qui avance à pas comptés. Nous les suivrons jusqu’à Uterga, non sans avoir à nouveau marché sur des chemins bordant des champs d’asperges où le sol est devenu, comme de l’autre côté, un bourbier collant.

 

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L’attrait du refuge de pèlerins d’Uterga qui abrite un restaurant devient irrésistible. Nous laissons les sacs et ponchos dehors sous l’auvent et entrons dans une pièce où nous retrouvons, déjà, des visages connus comme les espagnols de San Sebastian que nous avons connus à Larrasoana. Repas reconstituant en prenant le menu du Pèlerin, un peu de chaleur des radiateurs et une forte odeur de chien mouillé. Il fait bon manger chaud même avec les pieds froids et mouillés.

Pas le courage de continuer dans la boue. Nous décidons de suivre la route qui mène à Puente la Reina.où le Chemin d’Arles rejoint notre Camino Francès. S’il n’y avait pas eu de neige au dessus d’Oloron Ste Marie, c’est par là que nous serions arrivés, ayant franchi le Somport.

Nous traversons le beau village d’Obanos et descendons, encore un peu de boue, vers notre destination du jour. Nous ferons tamponner notre credencial à l’auberge de pèlerins et continuerons dans la ville, dans la Calle Mayor, vers notre hôtel « Hôtel Rural ».

 

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Très bien. Ancien, maison du 17ème siècle, bien meublé et surtout chauffé. Je demande de vieux journaux au patron. Ils me servent à en bourrer les chaussures trempées afin que l’humidité en soit absorbée plus vite. Il fait beau mais un petit vent frais nous force à abréger la petite promenade qui s’en est suivie pour attendre l’heure du dîner au chaud.

Le restaurant de l’hôtel dont la carte semblait prometteuse est fermé. Le patron nous en indique un autre où nous nous sommes véritablement régalés de plats simples et copieux arrosé d’un rouge navarrais.

Au lit de bonne heure, comme il se doit après une étape pareille. Nous commençons à nous habituer à marcher dans des conditions plus difficiles, eu égard au climat, qu’en France.
Nous verrons que le mauvais temps nous quittera pratiquement définitivement à la sortie de la Navarre et ce jusqu’à notre destination finale.

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