Pamiers – Le Mas d’Azil

Départ à 8h 30 de Pamiers par le pont sur l’Ariège en suivant la D10. Cette étape ne restera pas parmi les plus belles. Nous sommes auparavant allés au huit à huit de la place sur laquelle nous avons bu un verre hier pour nos achats traditionnels. Est-ce l’heure matinale ou son état normal mais la caissière à laquelle nous demandons notre chemin en payant nos courses semble tétanisée par la question et n’arrive pas à sortir une réponse cohérente. C’est dans le souvenir de notre promenade d’hier que nous avons trouvé notre chemin.
Longue montée sans trop de trafic sur la route RD 110 que nous avons trouvée sur la gauche.
En haut de cette montée, nous rencontrons un monsieur qui semblait cueillir des plantes sur le bas côté de la route. Je lui demande s’il récolte des plantes médicinales. Que non ! Il récolte des asperges sauvages (repountous en occitan ou quelque chose comme cela)
Il faut, selon lui, les faire bouillir avec du vinaigre et les manger en omelette. Bon appétit !
Un peu plus loin, l’action de la côte précédente et du soleil nous fait enlever les pulls avec lesquels nous démarrons généralement les étapes.

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Beaux paysages, côtes et descentes se succèdent. Nous prenons une petite route à gauche plus tranquille encore que celle sur laquelle nous étions. Nous rencontrons un berger irlandais noir et blanc qui nous semblait garder un modeste troupeau de moutons. Il vient vers nous, flaire, semble se désintéresser. Puis il nous suit à bonne distance. Il se rapproche et vient près de nous. Il nous accompagnera sur plusieurs kilomètres, semblant ignorer des rencontres que nous faisons (un monsieur dont le berger allemand aurait pu en faire une bouchée puis un groupe de chiens de garde heureusement derrière leur enclos dont ce chien semble vouloir nous défendre)
Je dois faire semblant de lui jeter des pierres et lui crier après pour qu’enfin il se lasse de nous suivre. Peut être est il remonté vers le troupeau ?
Nos pas nous amènent à traverser une forêt assez importante, vers Limouzy, où les chenilles processionnaires abondent. J’en écrase des quantités mais la tâche est immense.

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Je finis par me lasser et les laisser processionner à leur guise. Je me rendrai compte dans quelques jours que j’aurais mieux fait de passer mon chemin sans en écraser une seule.
Nous descendons maintenant sur Montségur Plantaurel. Belle région, très accidentée et très verte. Calme complet. Au détour d’un virage, surprise, à proximité de la ferme de Moulat.
Deux gros bergers pyrénéens, patous, sales, l’un ayant une chaîne brisée autour du cou, nous attendent un peu plus bas au milieu de la route en aboyant copieusement sinon furieusement.
Sortie du bâton télescopique, réglage à 1m30, et on avance doucement …. Odile suit de près et respire profondément, apparemment terrorisée. Plus nous avançons, plus les aboiements se renforcent et un des deux chiens commencent à nous tourner autour en aboyant.
Je tiens le bâton en arrière pour le dissuader d’attaquer ce qu’il ne fera d’ailleurs pas. Dès que nous avons franchi les limites de leur domaine, ils se calment. La caravane est passée, Odile respire à fond et la marche reprend sur un pas plus léger.
Nous atteignons Montségur Plantaurel et cassons la croûte à proximité d’une maison de séjour et en face de l’école maternelle où Odile va demander de l’eau. Les enfants lui demandent « où allez vous ». Elle répond à St Jacques de Compostelle et l’un d’entre eux dit « Oh, c’est loin çà !». Comme le village est situé sur le chemin historique, les enfants ont dû avoir droit à une petite leçon sur le sujet.
Nous reprenons la route par une longue ascension, avec le soleil toujours à gauche, et pas de café ouvert pour faire passer notre casse-croûte, ni de fontaine. Nous longerons dans cette montée, sur la gauche de la route, un joli torrent dans lequel nous n’hésiterons pas à tremper nos pieds échauffés dans l’eau fraîche. C’est vrai que cela fait du bien. Il semble que l’on sent le sang refluer vers le haut….
Longue descente vers le Mas d’Azil. A droite en arrivant, l’office du tourisme où une jeune fille tamponne nos crédentials sans sourciller et nous donne un accueil fort aimable. Puis, nous continuons vers le centre du village, vers l’hôtel Gardel où nous avons réservé notre étape. Fermé. Nous attendons une bonne heure dehors mais il fait bon au soleil.

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La patronne nous accueille gentiment et nous indique notre chambre qui donne sur la place du village. Cette chambre a dû être rénovée à la fin des années soixante et à vrai dire quand on arrive fatigués, désireux de confort, cela surprend !
Nous en verrons d’autres ! Nous sommes apparemment les seuls clients de l’hôtel. Douche et jambes en l’air et à 19h 30, comme convenu, nous descendons dîner. Excellente charcuterie, excellent cassoulet, notre premier depuis le départ, et une glace accompagnée de vin rouge en carafe. La propriétaire nous fait l’honneur de sa sympathique conversation. Pendant ce temps, sa fille re-mettra la télévision en marche dans notre chambre et nous pourrons consulter la météo, ce qui est devenu, entre-autres un sujet de préoccupation quotidien.
La nuit sera bonne et le petit déjeuner du même acabit que le dîner de la veille.

Notre étape : Hôtel Gardel, place du Champ de mars – LE MAS D’AZIL 05.61.69.90.05
Euros 70 pour la demi-pension pour deux.