La Jonquera – Figueres

17 Septembre 2014.

Nous voici fin prêts. Le réveil (6h50) nous ramène à l’actualité. Douche et petit déjeuner composé de yaourt ou cuajada et jus d’orange. Les sacs sont sur le dos et nous descendons vers la gare routière de Figueres.
Nous avons noté que le car David y Manel de 8h10 nous déposera au centre commercial Gran Junquera trente minutes après.

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C’est un mini-bus de taille modeste qui semble servir, à cette heure, à transporter les travailleurs habitant Figueres au centre commercial. Les sacs à dos, nous dit-on à l’embarquement, doivent aller dans le coffre, derrière le bus. Nous passons notre tour pour nous asseoir et reprenons la queue. Le bus achèvera de se remplir au second arrêt, dans Figueres, puis nous roulerons vers Gran Junquera.

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Arrivés à peu près à l’heure (8h45), nous sommes déposés à quelques dizaines de mètres du centre commercial qui ne semble pas encore ouvert aux clients. Arrêt aux toilettes du dit centre, à l’heure où les équipes de nettoyage finissent leurs tâches. Contournant cet immense ensemble, nous y trouvons un supermarché ouvert dans lequel nous nous fournirons en gâteaux sec, bouteille d’eau et bananes. Il semble que la clientèle, encore rare à cette heure-ci, soit plutôt française, particulièrement pour le tabac dont l’espace de vente semble infini…

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Et ce sont les premiers pas sur ce nouveau Camino, nouveau pour nous deux, bien sûr.

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Kilomètre 0 !
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Nous traversons le carrefour giratoire en laissant passer les nombreux poids lourds puis prenons la route d’Agullana, en suivant bien le bas côté car le trafic automobile des travailleurs est assez dense à cette heure.

Premières centaines de mètres qui nous font quitter le Centre Commercial, passer sous l’autoroute, puis sous les voies du train AVE,
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et après environ 400 mètres sur le bord de la route, virer à gauche sur un petit chemin
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où notre premier concert de chiens commence…mais ne dure pas.
Dernier coup d’oeil sur le départ du Chemin avec une vue sur le château du Col de Panissars, en haut de la butte, et La Jonquera et son autoroute sous laquelle nous venons de passer.
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Nous marchons vers le petit village de l’Estrada, dans le calme et sans plus d’autos. Le chemin est agréable, dégagé.
Le village se traverse en deux minutes et nous descendons sur un chemin aménagé, partagé avec le GR2.

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Puis, nous trouvons ce panneau indicateur, qui n’a pas de lien avec le Camino, sauf la flèche… Il indique que nous venons de la Jonquera et que, si nous continuons tout droit, nous irons à Agullana et en France…
Il faut tenir compte de la flèche jaune peinte sur le support du poteau qui indique une petite sente qui descend vers un ruisseau (Guilla), sente perpendiculaire au chemin sur lequel nous sommes. On devine la sente, sur la photo, entre les deux arbres.

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Le ruisseau (écrevisses de belle taille) se franchit aisément ainsi que la côte qui lui fait face.

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Les pierres permettent un passage au sec. La barrière rouge et blanche n’est qu’un soutien en étai du mur de la belle maison qui menace de tomber en ruine. Il faut monter tout droit dans l’herbe.

S’ensuit une belle marche dans les chênes-liège et nous rejoindrons la route GI 504.

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Nous retrouverons le chemin après avoir parcouru, sur le bord de la route, environ cinq cents mètres. Le pèlerin ne doit pas prendre la première route à droite. Il semble que le passage soit privé et en plus qu’il ne mène pas à Biure. Continuer, donc, sur la route et à droite. Il y a un panneau indicateur. S’ensuit une belle partie de route de terre en descente où l’on remarque, et cela se répètera, des blockhaus mi-enterrés. Guerre civile espagnole ?

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Nous retombons sur une petite route que nous suivons sur un chemin de terre parallèle sur plusieurs centaines de mètres avant de nous trouver devant une sorte de gué que nous ne pouvons franchir. Nous remontons sur la route. Les indications jacquaires montrent que le chemin part à droite de cette route. Il faut les oublier car la destination indiquée est un autre village. Au contraire, il faut aller sur la gauche en légère descente. A titre de repère, au loin, se détachent les ruines du château Roig et une sorte de casernement plus près, dans la pente. Un autre blockhaus se trouve, sur la droite, un peu plus bas.

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Le Camino descend vers un ruisseau par une sente de pierres roulantes fort désagréables au pied du pèlerin, pour atteindre le dit ruisseau dans une sorte de dépôts alluvionnaires de sable et remonter, bien sûr, de l’autre côté…

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Nous arrivons à Biure après avoir longé un petit ruisseau, en sous bois. Le Chemin débouche sur une route, au pied du village. Il indique de partir à droite. Nous choisirons d’entrer dans Biure, premier village important, afin de recevoir un sello.IMG_0715
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La Mairie est fermée. Interrogeons la postière qui n’a pas de sello mais demande à l’institutrice qui accepte de tamponner nos créanciales. Bien pratique, chacune de ces personnes se trouve dans la pièce à-côté.
Et nous reprenons notre marche, en descente, vers la route que nous avons quitté au pied du village.

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Sur la route, que le chemin nous indique de suivre, nous marcherons trois cent mètres puis virerons à droite, en montée vers le cimetière. Le cimetière atteint, nous voila engagés sur un chemin caillouteux et bien pentu
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et cela jusqu’à qu’il retrouve une route… que l’on peut prendre dans le village de Biure et qui doit être bien plus facile à marcher, à condition de surveiller un trafic auto plutôt modeste. (route GIV 5043). C’est après avoir bien sué que nous nous en rendrons compte…
En haut, donc, sur la route, à gauche sur 150m, et tourner à gauche sur un chemin de terre. Etant donné que la zone a dû brûler, les panneaux semblent avoir souffert et celui qui indique le bon chemin vers Figueres est devenu illisible.

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Ce chemin longe l’espace dédié au Sanctuaire Mare de Déu del Roure dont les travaux de rénovation semblent bien avancer.

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Nous sortons de la zone du sanctuaire, sans y avoir pénétré, en suivant la clôture.

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La descente vers Pont de Molins s’effectuera par un accès cimenté qui a dû, selon nous, être coulé pour permettre l’accès au sanctuaire. Devant nous, le pont de la voie ferrée de l’AVE qui mène de Barcelone à la France.
La traversée de Pont de Molins n’appelle pas de commentaires. Personne en vue. Nous franchissons, suivant les indications jacquaires, la rivière sur le pont et continuons. Deux cent mètres plus loin, avant de rejoindre la N2, le chemin part à droite. Le pèlerin ne regarde pas en l’air mais plutôt les cailloux qui jonchent le sol et continue de monter… pour mieux redescendre car c’est une impasse. Il faut comprendre que le Camino va longer la N2 et c’est vers elle qu’il faut tendre. Nous nous apercevons de notre erreur une fois redescendus et trouvons l’indication par une flèche jaune de la direction à prendre.IMG_0745IMG_0746IMG_0747

 

Au bout du bout du chemin, après avoir longé une usine de traverses en béton qui semble fermée, nous débouchons sur un espace abritant un restaurant de routiers, une station service, et à gauche, un peu plus bas, la N2. Aucune indication jacquaire ! Pas simple.
Nous choisissons la direction indiquée par le guide édité par la province de Catalogne, c’est à dire descendre à la N2 et la longer sur 600 mètres. Beaucoup de trafic et le pèlerin fait profil bas en espérant ne pas avoir de problèmes avec ce trafic. Dès que possible, nous prenons une rue parallèle à la N2, nous disant que cette N2 va à Figueres… Surprise, à un croisement, nous trouvons une marque jaune qui indique de tourner à gauche pour rejoindre la N2 que nous pouvons traverser sans risques. D’autres faibles marques jaunes délavées nous « disent » de monter sur une sorte de route-pont que nous suivons sur le bas côté en surveillant nos arrières. Nous sommes de l’autre côté de la N2 donc et redescendons au niveau du sol pour trouver, sur la droite, une flèche qui nous indique la route de Vilabertran.

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Nous retrouvons, quelques mètres plus loin, le marquage jacquaire.

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puis, au delà des champs de maïs, nous apercevrons le clocher de l’église du monastère

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Il est 15H passées quand nous entrons dans le village de Vilabertran où se rejoignent les deux chemins, celui de la Jonquera et celui de San Pere de Ribes.

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Pas de chance, le monastère est fermé à la visite bien que nous soyons présents aux horaires indiqués. Va comprendre !

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Nous tentons le coup dans un bar et sommes heureux de nous voir servir un plat d’ibericos et un autre de fromage. Les jambes tirent pas mal mais il nous faut encore parcourir quelques kilomètres avant d’arriver.

Nous nous perdrons, faute de marquage, à la sortie de Vilabertran, marcherons en parcourant une belle boucle supplémentaire pour enfin retrouver le chemin. Notons que le marquage n’est plus en l’air mais au sol.

Même si les jambes tirent pas mal comme dit plus haut, nous ne sommes pas trop fatigués pour cette première étape qui aura dépassé les trente kilomètres.

Nous retrouvons notre hôtel après être passés, sans faire de détour, par l’office du Tourisme qui apposera le sello sur la créanciale.

Jambes en l’air, comme toujours, douche, lessive, préparation de l’étape de demain et repos.

Bon dîner chez « El pelegri », restaurant de l’hôtel Pirineos.

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Le pèlerin, à l’apéritif, accuse le coup des 30 et quelques kilomètres parcourus ce jour pour la première étape, c’est peut être beaucoup…
Les ampoules arrivent…
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Hôtel Pirineos
http://www.hotelpirineospelegri.com/
€ 127,30 pour deux nuits sans pdj
Repas €15 par personne vin en sus.
Très bon accueil, bons repas, bruit de trafic auto incessant.