Granada – Atarfe

Et c’est parti !
Avant de démarrer la narration de notre marche test, un mot sur Grenade.
Nous sommes arrivés l’avant veille de notre premier jour de marche en fin d’après-midi. Le bus venant de l’aéroport nous a déposés à son terminus d’où nous avons vingt minutes de marche pour rejoindre l’hôtel que nous avons réservé.
Nous « déballons » nos sacs sur le banc d’un arrêt de bus. En effet, afin de les protéger pendant le transport aérien, nous les mettons chacun dans un sac à gravats blanc. De la sorte, il n’y a pas de risque que les bretelles ou autres se prennent dans les carrousels à bagage ou que des personnes mal intentionnées puisent à l’intérieur des mêmes sacs.
Une dame âgée et handicapée veut s’asseoir. Je déplace mon sac et lui dit que nous partons pour Santiago. Elle me répond en français « Bon voyage « !
Nous nous mettons en marche vers l’hôtel, prenant de l’eau à une fontaine, tout va bien. Il est bon de se dégourdir les jambes après le voyage en avion.

www.maciarealalhambra.com
Nous longeons , en le remontant sur sa rive gauche, le Genil, petit torrent qui descend de la Sierra Nevada.
Quelques gouttes de pluie commencent à tomber. Cela ne durera pas.
Pendant que je pense à sortir le parapluie, surprise, surprise. En avançant, je sens que la chaussure droite qui a déjà un Camino à son actif, semble commencer à bailler à l’avant. Puis, quelques mètres plus loin, tout lâche. La semelle droite s’est décollée.
Nous ne sommes pas encore arrivés à l’hôtel que je dois penser demain à faire réparer ou à changer cette paire de chaussures.
Nous irons porter les chaussures le soir même à un cordonnier de rencontre. Nous devrons les reprendre le lendemain à 14h. Mais, entretemps, nous changerons d’idée et j’achèterai une nouvelle paire au Corte Ingles. Le jour du départ, je reviens chez le cordonnier, règle les quatre euros de facture et nous voila en route, chaussures neuves aux pieds et chaussures réparées sur le sac. Ces chaussures resteront à Alcaudete où elles serviront bien à quelqu’un ! Assez de les porter sur le sac.
Hier soir, nous sommes allés assister à un spectacle de flamenco au cabaret Arte de Flamenco, spectacle magnifique, à recommander. Nous avions choisi cet établissement car il ne proposait pas de dîner pendant le spectacle. Vraiment super !

Nous voila donc, au départ de cette première étape, descendant du bus Nr33 qui nous a amenés de l’hôtel au point le plus près de notre chemin.
Nous montons vers le point de départ du Camino Mozarabe, tout d’abord par la Cuesta del Pescado, où l’on tourne en haut à droite

 

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puis le Calejon del Senor

 

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pour tourner à gauche dans la (cela ne s’invente pas) Calle Santiago où se trouve le couvent des soeurs Comendadoras de Santiago.

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La veille, nous avons frappé à la porte du dit couvent, au 20 de la rue Santiago, sous une porte en renfoncement, et une souriante et furtive soeur a pris nos créanciales et refermé la porte pour revenir deux minutes plus tard et nous tendre les créanciales avec les sellos  apposés et vivement refermer la porte. Merci et adieu.
La porte de la rue

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puis, deux marches et la porte pour obtenir le sésame du pèlerin.

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Devant la porte principale du couvent, en hauteur se trouve cette plaque qui indique le départ du pèlerinage vers Santiago.

 

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Et nous voilà partis pour traverser Grenade, dans le calme d’un samedi matin. Le fléchage est bien visible mais la vigilance doit rester de mise.

Placette au nom prédestiné

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A plusieurs reprises, j’ai pu me féliciter d’avoir imprimé la description de parcours grenadin mise en ligne par la Federation Espagnole des Associations des Amis du Camino de Santiago.
http://caminosantiago.org/cpperegrino/caminos/etapa.asp?EtapaId=258&CaminoId=13
Nous passons devant la Cathédrale où les premiers touristes commencent à arriver.
Nous profiterons de notre passage devant l’hôpital San Juan de Dios pour faire un arrêt pipi salutaire et rejoindrons la Grenade moderne en descendant la promenade del Triunfo.

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Notre objectif est Maracena.

 

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Nous y arriverons sans trop de difficultés même si la traversée de quartiers nouveaux, amenant de belles avenues bien droites, n’a pas beaucoup inspiré le marqueur du Camino.
Enfin, nous arriverons à franchir la ligne de chemin de fer par la passerelle pour entrer dans et traverser Maracena. Petite banlieue pas bien riche mais plutôt tranquille. Nous ferons un arrêt dans une épicerie pour acheter bananes et bouteille d’eau. Une personne nous encourage en nous montrant la direction du Camino.
Excellent accueil à la policial local où je suis allé demander où trouver un marchand d’appareils photos qui me dira que je dois retourner à Grenade pour acheter un chargeur de batterie pour l’appareil à photo qui, inexplicablement, est à court d’énergie alors qu’il a été chargé deux ou trois jours avant. Nous prendrons les photos avec l’iphone, désormais.
Ce détour photographique fait que nous perdons notre chemin et tournons un peu en rond pendant quelques minutes. Nous demandons à un passant qui nous envoie à contre sens, c’est à dire vers le sud, alors que, chaque jour, nous devrons marcher sans cesse vers le nord.
On continue et la providence nous remet sur le bon chemin à la sortie de Maracena devant une sorte de dispensaire public.

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Le chemin d’Atarfe est, alternativement, de bitume et de terre avec pas mal d’ornières et passe entre des zones maraîchères sans grand intérêt. Il y a quelques promeneurs qui nous saluent. Nous marchons sur le Camino de los Eriales qui nous amène à Atarfe.
La découverte, avant Atarfe, de ce chantier qui traverse littéralement le Camino nous fera penser que, dans quelques temps, les pèlerins auront un détour à faire, à moins que la Providence y pourvoie…

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« L’oeuvre d’art » qui trône à l’entrée de la ville, du moins à celle où nous arrivons, nous sert de mire et nous pénétrons dans Atarfe où nous aurons grand mal à trouver un restaurant

 

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Nous allons quasiment à la sortie du village (grosse ambiance !)

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pour, enfin, retourner sur nos pas, en « ville », pour finir par demander à un bar qui ne peut pas nous servir à manger mais nous indique, à quelques pas de là, un établissement qui, selon lui, est bon. Je l’ai vu en passant devant le porche mais ai cru qu’il était fermé. Il fallait descendre dans la cour et tourner à gauche.
Il s’appelle « El Porton ». Repas d’ibéricos et d’une assiette « alpujarrana », mélange d’un peu de tout. Vin au verre dont on oubliera le nom du viticulteur. Alimentaire, rien de plus.
Et nous retraçons le parcours déjà vu pour sortir d’Atarfe.
Premières gouttes, la pèlerine s’équipe dans le tunnel qui passe sous la A92. Cinquante mètres après, à la sortie du tunnel, que l’on voit droit devant, il ne pleut plus…

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De l’autre côté du tunnel, et jusqu’à trouver la N432, c’est sale et moche. Beaucoup de décharges sauvages, de gravats, des usines abandonnées. Le ciel est menaçant.

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Nous apprendrons le soir, à l’étape, qu’il s’agit d’une cimenterie et d’une ancienne huilerie. Au coude de la route, des indications montrant la présence des ruines d’un village arabe.

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Nous atteignons la N432 que nous traversons avec prudence pour tomber sur les travaux du chemin de fer

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que nous traversons aussi et marchons, tout droit, au milieu de cultures d’asperges et des amandiers en fleurs

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. Une dame veut nous remettre sur le Camino (qui part à droite à peine franchie la voie ferrée) et ne va pas tout droit comme nous. Nous lui disons que nous allons dormir un kilomètre devant et reprendrons le Camino au passage à niveau demain. Nous parlons brièvement du Camino qu’elle dit trouver très beau (elle a dû en faire un autre parce qu’elle ne semblait pas parler de celui-ci).
Et nous voilà arrivés au terme de notre première étape. Pas trop fatigués.

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