Viterbo – Sutri

Ce matin, il ne fait pas beau. C’est à l’abri que nous attendrons le bus. Il nous conduira à San Martino al Cimino. Il y a plusieurs raisons à cela.
La première est que l’étape du jour fait 28 kms, ce qui n’est pas, pour nous rédhibitoire, mais la fatigue de ces derniers jours se fait sentir. La deuxième est que la sortie des villes n’est guère agréable et que nous sommes à l’heure de l’embauche, il y a beaucoup d’autos.
Donc, nous descendrons du bus à San Martino al Cimino.
Le bus nous laisse devant la porte de la ville mais pas la bonne. Nous aurions dû rester dans le bus et aller jusqu’au terminal qui se trouve, tout en haut du village, près de la porte par laquelle sort la route vers Rome.

La porte de « sortie »
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En bons pèlerins, nous traverserons le village en montant la forte pente, achèterons de l’eau à droite en montant donc, puis continuerons de monter en direction du lac de Vico.

 

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Belle pente, mais nous y allons de bon coeur. Nous suivrons, arrivés à la statue de la Vierge, vers la droite et continuerons sur plusieurs kilomètres sur un chemin en terre de toute beauté. Calme, entouré de hêtres magnifiques.

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Le chemin monte et descend dans le calme. Nous rencontrerons un sympathique chercheur de champignons qui se fait un plaisir de nous montrer sa cueillette et nous explique où les trouver et comment les acommoder.

 

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Puis, nous descendrons hors de cette forêt pour rejoindre le carrefour de Casaletto, au delà duquel continue notre chemin vers Ronciglione puis Sutri.

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Beaux vergers couverts de noisetiers, toujours sur une route bien calme, si ce n’est un très modeste trafic automobile local. Nos pas nous ramènent sur la Cassia par laquelle nous entrerons dans Ronciglione qui ne présente guère d’intérêt si ce n’est cette vue, à la sortie de la ville, sur la gauche, un peu avant la porte de sortie de ville.

 

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Nous n’aurons vu aucun restaurant ou trattoria ou pizzeria en traversant la ville mais, ouf, en voici un, sur la gauche un peu plus bas. Fort simple mais nous mangerons en terrasse, aidant ce pauvre chaton à trouver sa pitance. Peut être se souvient-il de nous ?

 

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Les sacs à nouveau sur le dos et nous descendons vers la SP 83 qui file vers Sutri qui nous semble, aujourd’hui, au bout du monde. Nous longerons la route qui n’est pas trop « trafficata » comme disent les italiens et arriverons à Sutri, notre halte vers 15h30.
Traversés les « faubourgs », nous entrerons dans la vieille ville et recevrons le timbre à l’office du tourisme qui nous accueille d’un aimable sourire.

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Maintenant, il nous faut rejoindre le logis de ce soir.
Lors de la réservation, comme à Acquapendente, je n’ai pas bien quantifié la distance entre le centre ville et le lieu de séjour. Il nous faut monter sur deux kilomètres. C’est parti, même si la fatigue est bien là.
Nous chercherons l’adresse sans trouver d’indication.
Au bout de la route, je sonne à la dernière maison.
Un monsieur m’ouvre, comprend notre problème et, sans que je ne le lui demande, appelle le numéro de notre logement. J’avais un portable dans le sac mais n’ai même pas pensé à l’utiliser…. fatigué, fatigué !
Et voila notre hôte qui arrive avec sa voiture et nous conduit à sa maison. Il nous précise qu’il a « oublié » ou « pas eu le temps » de poser le panneau annonçant le bed and breakfast.
Beau logement, salle à manger, chambre et salle de bains (€60) et indépendance totale. La pèlerine s’allonge et s’endort, le pèlerin somnole dans la salle à manger/salon. Mais, il faut aller dîner et les pèlerins n’ont qu’une modeste lampe/stylo qui n’éclaire rien ou presque. Je demande une lampe à notre hôte qui en a bien une mais qui ne fonctionne pas ou plus.
Bon, alors, dans le noir, à gauche, puis à gauche puis tout droit, sur la route déserte et accompagnés d’aboiements de chiens plutôt peu arrangeants !

Nous arrivons aux abords du village où un « Conad », chaîne du supermarchés italiens,  est en train de fermer.
La pèlerine pense à acheter une lampe torche de taille convenable. Il en reste une qui semble être en stock depuis un moment.
Nous revoici dehors munis d’une lampe au moment où l’éclairage public éclaire nos pas…nous sommes dans le village !
Nous dînerons dans un modeste restaurant qui nous a été recommandé par notre hôte et qu’il a réservé pour nous.
Vieille maison, magnifiques cèpes tous frais en vitrine.
Je demande une fricassée de cèpes et la serveuse me répond que non, ils sont réservés pour demain. Bon.
Finalement, la cuisinière dit que nous y avons droit. Ah ! bon ! Nous sommes bien, bien fatigués à cette heure-ci et le repas nous semble bien fade même si les cèpes sont bons.
Le retour se fera dans le silence de la nuit et à peine les limites de l’éclairage public franchies, la lampe achetée deux heures avant lâche d’un seul coup. Nous revoila dans le noir.

Nous finirons par trouver notre toit après avoir, à nouveau, parcouru la route sous les même aboiements qu’à l’aller. Pas rassurant.

Avant de sombrer dans le sommeil, et après toutes ces vicissitudes et devant l’étape de demain, un mini conseil entre pèlerins finit par conclure ce qui suit :

1) la fatigue est bien là
2) Rome n’est plus très loin
3) l’accès à Rome, à pied, nous semble bien compliqué
4) à une dizaine de kilomètres de Sutri, il y a une gare où passe une ligne qui va à Rome.

Conclusion : On s’arrêtera de marcher à cette gare et on file à Rome en train. Nous tricherons sur 50 kms environ mais :

1) il y a de plus en plus de voitures
2) nous allons traverser, si nous continuons à pied, quantité de banlieues inintéressantes (ce que nous vérifierons le lendemain en train)
3) nous marchons à nouveau sur des bords de routes qui nous rappellent de mauvais souvenirs.

Basta e buona notte !