Siena – Buonconvento

Nous revoici sur le Chemin vers Rome. La lecture de divers sites et celle du guide de la « Guida alla Via Francigena » de Monica d’Atti et Franco Ciniti (Editions Terre di Mezzo – Milano – 17 €) nous ont réconciliés avec la route de Rome.
Lors de notre dernière étape, à Volterra, ville magnifique par ailleurs, nous étions quelque peu dépités et « dégoûtés » de la route que nous avions suivie, à partir de l’étape avant Pise, cette route n’offrant aucun répit vis à vis des autos. Danger permanent de se faire renverser.
Plusieurs mois ont passé, et la lecture du guide pré-cité nous a démontré que nous avions fait « fausse route »…en voulant aller au plus court.
Nous aurions dû, après La Spezia ou Marina di Carrara remonter sur la Via Francigena à Sarzana.
Le Chemin est balisé (plus ou moins bien, ai-je lu) et certainement plus tranquille que la voie que nous avions suivie.

Nous avons donc rejoint, en train, la ville de Sienne. Pour bien faire, nous aurions dû, rejoindre Volterra, en train aussi, puis marcher sur la même route dangereuse jusqu’à Colle Val d’Elsa pour retrouver la Francigena une étape avant Sienne. De la sorte, nous aurions scrupuleusement respecté le trajet géographique… mais pris des risques inutiles pour rejoindre jusqu’à Colle Val d’Elsa.

Nous voici, à la gare de Sienne. Bon de se dégourdir les jambes après six heures et demie de voyage. Nous entamons la montée vers la ville, cherchons la chambre d’hôte que nous avons réservée, nous perdons, demandons notre chemin, traversons la quasi totalité de la vieille ville pour arriver à la porte Camoglia.

Après avoir franchi la porte de la ville, nous descendons à gauche. A une centaine de mètres de là, se trouve le logement.
Accueil souriant. Le Bed and Breakfast  a été rénové il y a peu et est complet. Nous nous verrons attribuer une chambre impeccable et propre mais sans fenêtres. La lumière extérieure vient par une petite baie au dessus de la porte d’accès qui donne sur la cour intérieure du BB.
Pas contents, mais l’on nous répond, gentiment, que j’avais demandé une chambre à deux lits et qu’il n’y avait que celle-ci de disponible. Dont acte. On fera avec. (80 euros)

Le gérant nous renseigne sur la ville, que nous connaissons déjà, nous indique un restaurant et nous voila partis user un peu les chaussures sur les pavés siennois. Nous tenterons de visiter le Duomo mais c’est fermé, d’ailleurs tout est fermé car il est 19h.
Promenade jusqu’à la Piazza del Campo au dessous de laquelle nous trouverons le restaurant indiqué par le gérant du BB mais nous paraît bien « touristique ». Nous reviendrons dîner à quelques centaines de mètres de notre logement. Bien et bon. Premiers verres de Chianti !

La nuit s’avèrera tranquille même sans fenêtres à la chambre. Petit déjeuner et hop ! dans le bus ! Eh oui, c’est notre première étape, elle est longue, les jambes sont quelque peu rouillées alors nous allons prendre la ligne 002 jusqu’à Isola d’Arbia, presque 10 kms. Au lieu de faire étape à Ponte d’Arbia, comme recommandé par le guide, nous poursuivrons jusqu’à Buonconvento.
Notre première étape sera de 21 kms, bonne mise en jambe.

Nous découvrons nos premiers signes « romieux »

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(pour information, la flèche est blanche vers Rome et jaune vers Santiago. Le Chemin est balisé dans les deux sens)

et de beaux chemins blancs, nos premiers aussi, qui nous mènent de fermes en fermes, par Ponte a Tressa, Grancia di Cuna, et enfin Ponte d’Arbia. Ce chemin, en comparaison avec celui que nous avons accompli jusqu’ici est un véritable bonheur. Pas d’autos, calme, on se croirait sur le Camino de Santiago !
Nous cherchons un endroit pour manger quelque chose de chaud à Ponte d’Arbia. Force est de constater que l’offre est loin d’être abondante ! Nous trouverons notre bonheur sur le bord de la nationale où nous mangerons chacun une sorte de pissaladière réchauffée, en terrasse, en regardant passer les autos. Je ne voudrais pas avoir été obligé de faire étape (comme le recommande le guide) à Ponte d’Arbia, car le village ne semble pas avoir grand chose à offrir.

Le soleil est là et nous continuons notre première étape. Les jambes vont bien, les pieds aussi, le moral est là, on avance ! Beau chemin.

 

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Le train nous procure une modeste distraction et l’on continue à longer la voie sur le petit chemin qui rejoindra bientôt une route blanche.

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Puis nous arriverons à Buonconvento.

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Nous avons réservé une chambre à l’hôtel Ghibellino, rue Dante Alighieri. Avant, il nous faut reprendre les réflexes de pèlerins et chercher à collecter le « timbro » que les espagnols appellent « sello ». C’est l’Office du Tourisme de la petite ville qui nous donnera notre premier « timbro » francigène.
Nous nous installerons à l’hôtel après un accueil fort aimable dans une chambre au rez de chaussée sur cour bien tranquille.

Comme il fait encore doux en cette mi-octobre 2008, une glace s’impose, Italie oblige. Nous irons la déguster sur un banc, au pied des remparts.

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L’idée me vient d’aller demander mon chemin pour demain à un couple d’anciens assis sur un banc non loin. Alors là, la scène devient surréaliste. Ils ont bien compris la question, y répondent avec force détails et anecdotes mais je ne comprends strictement rien.
Pourtant, je parle, lis et comprends convenablement l’italien mais là….

Grazie mille, buona serata et nous en resterons là. Nous irons dîner dans un restaurant qui semble connu car quasiment complet. Nous aurons eu la chance d’avoir la dernière table libre ! Oeufs aux truffes blanches, pâtes aux truffes blanches et un petit rouge du coin, pas méchant.

Retour de bonne humeur à l’albergo, bonne humeur car le pas du pèlerin, au terme de la première étape de notre dernier tronçon vers Rome, est toujours bon malgré le temps qui passe, le soleil est avec nous, nous avons bien dîné et l’hôtel semble confortable. What else, comme dit l’autre ?

 

www.hotelghibellino.it