Archives de catégorie : Camino Francès

San Paio – Santiago

Il est six heures du matin. Nous sommes debout, la pèlerine n’a pas fermé l’œil de la nuit.
Il est six heures trente du matin. Il fait encore nuit. Nous sommes dehors, sac au dos, lampe électrique à la main, en train de se repérer pour trouver les signaux marquant le chemin.

On monte, comme d’habitude au départ, notre dernière côte pour arriver sur le plateau de Villamaior, petit hameau qui s’éveille. Il bruine légèrement et nous continuons vers notre but.
Nous sommes partis pour effectuer nos dix derniers kilomètres !
Passons devant la TVE de Galice, télévision régionale.
Puis à droite, longue ligne droite vers le Monte do Gozo, gigantesque auberge de pèlerins dans laquelle nous nous félicitons de ne pas nous être arrêtés tellement cela semble immense.
Un peu avant ce complexe, il y a un monument moderne dédié au pèlerinage dont le goût nous semble un peu limite..

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Et nous descendons vers Santiago, quelques dernières marches puis nous franchissons le pont de la voie rapide et entrons en ville, du moins nous franchissons le panneau « Santiago » annonçant le début de la ville.

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Monument, situé dans le quartier récent de Santiago, auprès duquel passent tous les pèlerins, édifié à la gloire des pèlerins célèbres depuis les temps immémoriaux.

Mais, avant d’arriver à la cathédrale, il nous faudra encore marcher une bonne heure.

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Malgré la fatigue, la joie d’être arrivés et sans encombres nous étreint !,
Un café avalé en route accompagné d’une viennoiserie nous tiendra de petit déjeuner.
Et c’est le sac sur le dos que nous entrerons dans la cathédrale, moment d’émotion.

 

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Un tour rapide de la dite cathédrale et nous en sortons vers les bureaux de l’accueil pèlerin où nous nous ferons tamponner une dernière fois les créanciales puis délivrer, après un scrupuleux examen de nos créanciales, la Compostella. Nous voila diplômés, il nous faut nous loger et penser au retour vers Eze.
Nous allons, confiants, à l’agence Iberia demander un billet retour pour Nice à prix pèlerins.
La dame, peu souriante, nous dit que la réduction pour pèlerins ne s’attribue que sur les vols vers Paris en ce qui concerne la France et non pas Nice. Le prix ordinaire sans réservation anticipée s’appliquera donc et le prix est prohibitif. Il nous faudra trouver un autre moyen pour rentrer au pays.
Nous décidons d’aller chez Halcon une dernière fois et nous y achetons, pour jouissance immédiate, un voucher pour une chambre quatre étoiles à l’hôtel Hespéria (70 euros) puis réservons une voiture pour le jeudi matin. Nous sommes mardi matin. Nous resterons deux nuits à Santiago avant de repartir.

Arrivés à l’hôtel, nous nous installons presque sous les toits dans une chambre sans vue mais bien confortable. Pas de jambes en l’air pour cause d’étape très courte, ni lessive mais douche.
Puis à nouveau dehors pour aller assister à onze heures à la messe des pèlerins où nous retrouvons quantité de visages connus, fatigués mais souriants. Presque soulagés !

Et nous revoilà dehors pour chercher à déjeuner. Ce sera en face de l’hôte de police de Santiago, en terrasse dans un bar restaurant et pour 21 euros pour deux. Simple mais sympa.
Retour à l’hôtel pour sieste. Nous reviendrons à nouveau à la Cathédrale en fin de journée.

Nous nous promènerons en ville, visiterons, découvrirons. Un bon dîner, pour notre arrivée, nous verra déguster une délicieuse zarzuela parfaitement servie.
La fatigue accumulée par ces trente jours de marche se fait maintenant sentir. C’est une sensation d’hébétude qui domine. Nous sommes arrivés à bon port, mais comme nous sommes devenus des machines à marcher, nous ne savons que faire de notre temps, si ce n’est marcher dans Santiago, qui, en passant, est une belle ville pleine de vie.
Alors, c’est presque méthodiquement que nous visitons la ville et revenons doucement à la « civilisation » et retrouvons le bruit, l’animation et le monde.

Notre première nuit à Saint Jacques sera tranquille.
Petit déjeuner quatre étoiles puis promenade en ville.
Je fais goûter des « churros » à Odile qui n’en connaissait pas la saveur puis nous nous promenons dans le parc qui fait face à la Cathédrale sur la colline, en face.
Retour en ville, vitrines, repérage de l’endroit où nous prendrons demain matin la voiture louée la veille, près de la gare de Santiago.
La ville est intéressante comme dit ailleurs mais de là à occuper une journée entière…. Heureusement que ce jour là, qui est férié à Santiago, est le jour où l’on célèbre la langue et la culture propre à la Galice. Il y a donc, le matin, une grande manifestation de sympathisants précédée d’un cortège de locaux en tenues folkloriques et de musique du meilleur effet.
Cela nous occupera jusqu’au déjeuner.
Comme il pleuviote un petit crachin, nous abrégeons notre recherche de restaurant et entrons dans ce qui semble une bonne maison pour ce qui s’avèrera un bon repas paella dégusté en terrasse, quasiment solitaires. Quand nous quitterons l’endroit, la terrasse sera complète.
Une bonne adresse que ce restaurant San Clemente, Rua das Carretas, 21 – 981 565426.
Retour à la Cathédrale, puis dîner sans intérêt culinaire remarquable, en compagnie d’un voisin de table de rencontre, pèlerin breton, qui nous raconte ses exploits quand nous ne lui racontons pas les nôtres. Sympa mais je regrette d’être venu dîner là car même si le repas était acceptable il était plutôt décevant pour notre dernier repas en Galice.

Demain, nous prendrons la voiture, roulerons jusqu’à Gijon puis Castro Urdiales pour y faire étape.
Le lendemain, nous laisserons la voiture à San Sebastian et prendrons le train pour Hendaye.
Dans la gare, nous serons salués par le couple de pèlerin rencontrés à Foncébadon. Ils repartent pour Paris.
Nous irons, nous, à Bayonne, où nous chercherons en vain à louer une voiture à rendre à Nice.
Nous prendrons le train pour Toulouse où nous dormirons à l’hôtel Mercure de la gare avant de reprendre le train à huit heures le lendemain matin pour Nice.
Le retour nous prendrons presque quarante huit heures, bien court pour des pèlerins qui ont marché presque quatre vingt jours pour couvrir la distance.

Arzua – San Paio

Il est 8h00. Le petit déjeuner est avalé, la note payée. Il semble que la proximité de la fin du pèlerinage nous fasse manœuvrer un peu plus vite le matin.
Il fait beau et ce matin, nous allons à Lavacolla où, hier soir, nous avons réservé notre étape par téléphone. Lavacolla est l’endroit où, selon les historiens, les pèlerins procédaient à des ablutions soignées et totales, comme le nom l’indique, avant d’entrer à Santiago.
Cela fera environ 27 kilomètres à nouveau.
Le chemin va et vient autour de la nationale 547 dans un très beau paysage de bocages et de forêts d’eucalyptus

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Dans une de ces forêts, nous rattrapons Lorraine et Michel qui sont arrêtés pour une pause. Je donne une bouteille d’eau à l’un et fournit l’adresse de notre halte réservée pour ce soir à l’autre. Nous les retrouverons dans ce même hôtel ce soir.
Toujours des fermes, des chiens apathiques, des odeurs de bouse et des murets.

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Plus que quinze kilomètres…

Toujours de belles côtes même parmi les eucalyptus et nous arrivons au bout des pistes de l’aéroport de Santiago qui nous obligera à un détour par rapport au chemin historique désormais occupé par les pistes d’atterrissage et décollage.

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Le marquage est un peu erratique mais nous continuons au petit bonheur la chance pour arriver, par surprise, devant notre hôtel.

Vite installés après un accueil aimable, nous descendons pour déjeuner. Il est 14h30 et la salle est comble et animée. L’on sent que l’on y mange bien. En effet, nous nous régalerons.
Dernier rituel de jambes en l’air, lessive et douche. Pas de sieste mais une petite promenade/shopping pour le petit déjeuner de demain car nous savons qu’il n’est pas servi à l’heure où nous partirons.
Nous retrouvons, à l’heure de l’apéritif, Lorraine et Michel et pour la première fois depuis notre départ trinquons à ce long périple.
Puis, nous allons dîner avec deux autres pèlerins de leurs amis, table sympathique et pleine de bonne humeur.

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Au fond, à gauche, Michel, au premier plan, à droite, Lorraine.

Coucher de bonne heure, c’est la dernière étape sur le chemin, demain nous serons à Santiago !

Hostal San Paio
Carretera de Santiago
Lavacolla
981 888 205

4 repas, un bière, vin, une chambre double : Euros 79.20

Palas de Rei – Arzua

Les symptômes d’hier ont, heureusement disparu. Les tendinites vont bien mieux.
Il fait beau, il ne reste plus qu’environ 70 kilomètres à parcourir. Malgré la fatigue accumulée, le moral est là. On n’a jamais été si près !

Le petit déjeuner doit être servi à 8heures. Nous descendons à l’heure dite. Le bar est fermé.
Nous sommes tenus d’attendre qu’il ouvre, tout d’abord pour régler notre note, ensuite pour déjeuner et récupérer nos pièces d’identité. Je monte à la boulangerie et reconnais notre hôtelier qui achète du pain et des croissants. Je lui fais signe, il me reconnaît et me dit qu’il arrive. Selon toute évidence, il a eu une panne d’oreiller. Nous ouvrons le bar ensemble et le petit déjeuner classique espagnol est vite avalé, la note vite payée et les cartes d’identité vite récupérées. Au revoir et merci.

Nous partons vers Arzua et avons une trentaine de kilomètres à faire. Même décor de bocages avec toujours pas mal de dénivelés cumulés.

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Supplice ultime, les bornes jacquaires sont disposées tous les cinq cent mètres. De toute façon, on ne les regarde pas.

Mais le paysage nous fait découvrir un arbre qui ne nous quittera pas jusqu’à l’arrivée, l’eucalyptus. Ce sont des forêts entières que nous traverserons, dans la bonne odeur et dans le calme.

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A mi-chemin de l’étape, nous traversons Melide, ville sans intérêt aucun mais qui est animé ce jour là d’une grande foire commerciale et c’est avec difficulté que nous cherchons les flèches jaunes qui, d’habitude, nous permettent d’avancer sans se soucier de regarder la carte.
Et puis, tout ce monde d’un seul coup, quand l’on est habitué à la paix…. En fait, c’est l’avant-goût de ce que l’on éprouve en arrivant à Saint Jacques.
Du bruit, du monde, des voitures, il faudra nous réhabituer.

Contents de sortir de ce tumulte, nous retrouvons nos chemins jusqu’à Arzua. A Melide, le Chemin accueille une partie de celles et ceux qui ont marché sur le Camino del Norte (Primitivo).
La fatigue commence à se faire sentir quand nous passons devant l’auberge de pèlerins de Ribadiso de Baixo car il y a encore de la pente à gravir avant notre étape.
C’est avec satisfaction que nous entrerons dans la ville qui semble tout en longueur et c’est avec mécontentement que nous apprendrons que l’hôtel Suiza dans lequel nous avons une réservation est de l’autre côté de la ville, peut être à trois kilomètres. De tout façon, ce que nous marchons aujourd’hui n’aura pas à être parcouru demain ! Quand même, nous aurons marché plus de trente kilomètres aujourd’hui.
En attendant d’arriver à l’hôtel, nous décidons de nous arrêter déjeuner. Donc, à peine entrés en ville, sur la gauche de la route, il y a un bar-restaurant spécialisé dans les « ibéricos ».
C’est là que cela va se faire. Nous commandons une assiette de fromage et une assiette d’ibéricos. Il y en a au moins pour six ! Une bouteille d’Albarino (vin blanc galicien sec) et à nous la bonne chère !
Sur le mur devant moi, il y a un panneau en plusieurs langues demandant aux pèlerins ou marcheurs de ne pas enlever leurs chaussures au sein du restaurant. On comprend que le patron souhaite limiter les odeurs au sein de l’établissement. On comprend aussi que l’on va se régaler quand on voit quatre éléments de la Guardia Civil venir manger une ou deux tapas au bar devant nous.
Nous emporterons les restes de fromage que nous dévorerons le lendemain au cours de l’étape.
En attendant, il nous faut traverser une ville déserte pour atteindre notre hôtel qui se trouve comme prévu à l’autre bout de la ville..
Hôtel impeccable, confortable, calme. Nous dînerons à l’hôtel au vu de notre fatigue et des kilomètres parcourus. Dîner agrémenté avec une conversation avec des « marcheurs/pèlerins » accompagnés d’une voiture que nous reverrons à Santiago et qui n’en reviennent pas de nous, savoir partis de Monaco ou d’à côté de Monaco, et « tout ça, à pied » !

Bonne nuit, pas de problèmes aux jambes ni ailleurs, si ce n’est une fatigue de plus en plus sensible.

Hôtel Suiza
Rio Vello
Carretera 547 Santiago/Lugo km 64
Riovello/Arzua

981 500 908/981 500 862

Demi-pension pour deux 80.05 euros

Portomarin – Palas de Rei

Il est 8h15, nous sommes réglés comme du papier à musique ! Nous quittons le village par la rue principale et descendons vers la fleuve El Mino, traversons la passerelle de la retenue de Belesar et attaquons, pour changer un peu, une longue côte d’un bon kilomètre.
Avant d’attaquer, ô surprise, nous retrouvons notre canadienne francophone « de Pamplona » qui n’a pas l’air très en forme, amaigrie. Elle est accompagnée des personnes avec lesquelles nous l’avions rencontrée il y a quelques temps. Ils ont été victimes d’une intoxication alimentaire dans un restaurant, à une étape. Certains des convives de ce repas ont été obligés d’abandonner et même conduits à l’hôpital pour y être traités avant de repartir ou pas d’ailleurs. Attention au menu du pèlerin dans certaines maisons !
Salutations, à la prochaine et en meilleure forme !
Notre prochaine halte sera Palas de Rei à 25 kilomètres de là. Nous avons réservé à l’hôtel Vilarino. Nous réservons désormais quotidiennement pour l’étape à venir car il y a de plus en plus de monde sur le Chemin. En effet, celles et ceux qui ne marchent que pour obtenir la « Compostella » sont parti(e)s au minimum de Sarria que nous venons de traverser il y a deux jours, car la règle veut que l’on ait fait au moins 100 kms à pied pour bénéficier du précieux document rédigé en latin qui atteste que le récipiendaire a effectué le pèlerinage…

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Le paysage est le même que la veille. Hameaux bouseux, bocages, murets, ruisseaux. Toujours pas mal de dénivelés cumulés même si les pentes tendent à être moins fortes.

Etape calme. A la sortie d’Eirexe, nous voyons, attablés, nos deux canadiens francophones vus à Sarria attablés avec Lorraine. Bon appétit. Je demande si c’est bon, sans quitter la route, et la réponse n’est guère encourageante. On continuera donc.
Bien nous en a pris car à quelques centaines de mètres de là, il faut, repas de Portomarin oblige, que je quitte le chemin pour trouver un taillis complice car les intestins du pèlerin semblent vouloir marquer leur désaccord avec le régime alimentaire subit.
Il y aura trois arrêts comme cela en cinq kilomètres. Cela me fait penser que nous aurons eu de la chance dans notre parcours de n’avoir à subir ce désagrément qu’une seule fois.
C’est dire si la traversée du complexe sportif précédant Palas do Rei où le guide indique la présence de « WC pour pèlerins » aura fait l’objet d’une vigilance particulière sans succès.
Nous n’avons pas vu de panneau indiquant « peregrinos aseos » comme précisé dans le livre.
D’ailleurs, vengeance de la nature, cent mètres plus loin, il m’aura fallu, à nouveau trouver une haie salutaire !
Nous arrivons à Palas de Rei assez fatigués car en plus de ces problèmes il fait de plus en plus chaud. Il est 14h30. L’hôtel s’avère très simple, avec vue sur la campagne et bruits extérieurs de hotte aspirante. Nous descendons déjeuner à l’hôtel, repas sans intérêt. Nous y dînerons aussi car il n’y a que peu d’alternative dans ce village sans intérêt aucun.

https://www.here.com/…/palas…rei/…/pension-vilarino.

Chambre et petits déjeuners 40.60 euros.

Sarria – Portomarin

Il est 8h15 quand nous quittons notre hôtel. Montée à gauche dans la vieille ville. Tiens, il y avait des restaurants que nous n’avons pas vus hier. Notre sac de provisions achetées la veille durant la « promenade/quête de restaurants » est bien plein. Le brouillard ne nous quittera pas de la matinée avec une petite fraîcheur en plus.
Nous suivrons des chemins creux entourés de murets sur la plus grande partie de l’étape.

Les hameaux traversés sont tout aussi bouseux et tranquilles que ceux que nous voyons depuis notre arrivée en Galice.
De temps en temps, la silhouette d’un(e) pèlerin(e) dans la brume vient distraire notre cheminement. Nous nous rattrapons, nous saluons d’un vibrant « Ola » et continuons la route.
Toujours et encore des chemins creux, des murets, du bocage, des chiens endormis et du brouillard.

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(photo de la borne des 100 derniers kilomètres qui porte la trace du passage de certain(e)s !

Sur cette étape, comptant les bornes jacquaires dont le compte à rebours annonce la proximité de la fin du pèlerinage, nous rencontrerons ces « correidoiras » qui sont des sortes de pierres plates juxtaposées afin de permettre au passant de ne pas se mouiller les pieds quand le chemin se confond avec le lit d’un ruisseau. Il y a donc sur le bas côté du passage une sorte de dalle qui longe le courant du petit ruisseau.

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Il y a, sur cette étape, pas mal de dénivelés cumulés dont l’origine se trouve dans le paysage de collines de cette partie de la Galice.
Les maisons sont devenues des blocs de granit carrés couverts de lauzes. Peu d’ouvertures, quelques beaux « horreos », greniers à céréales typiques de la Galice. Ce n’est pas très gai, surtout dans le brouillard.

 

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La douleur des tendinites commence à s’estomper mais est encore présente. Il faut serrer et resserrer les bandes et bien enduire, le matin et quelquefois à l’étape du déjeuner/casse-croûte d’une bonne couche de pommade anti-inflammatoire. Mais on avance !
Nous arrivons à Portomarin à l’heure du déjeuner (espagnol !) et traversons le pont vers la colline sur laquelle la ville a été reconstruite, après la mise en eaux d’un barrage en 1962, barrage qui a fait inonder la vallée dans laquelle se trouvait l’ancien village. Tous les bâtiments historiques ont été démontés et remontés plus haut.

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Nous montons dans le village vers la Pousada de Portomarin.
Nous avons réservé dans cet hôtel très confortable car, l’autre hôtel contacté plus tôt, nous demandait un prix tellement prohibitif (à nos yeux) pour la jouissance d’une terrasse que nous avons décidé de payer plus cher mais pour quelque chose qui le valait. Bien nous en a pris !
Avant d’y parvenir, nous trouvons Michel qui semble être parmi ceux qui arrivent tôt (il part tôt !) qui se rafraîchit à une terrasse. Il est installé à l’auberge de pèlerins voisine.
Installation, rituel habituel.
Puis sortie pour déjeuner. Nous irons dans un petit bar-restaurant. Les calamars, le jambonneau aux navets et le riz au lait, séparés ou ensemble, servis au menu du pèlerin va me jouer un tour qui prendra sa dimension dans l’étape suivante….
La promenade-shopping d’après sieste se fera dans un air frais qui ajoutera à notre fatigue.
Nous dînerons à l’hôtel avec comme voisins de table un couple de pèlerins canadiens anglophones et sexagénaires qui nous diront être venus à la Pousada pour trouver le calme et le repos, lassés qu’ils sont de l’inconfort des auberges de pèlerins dans lesquelles il semble difficile de trouver le repos et la détente. Cela nous sera dit à nouveau par plusieurs personnes.

 

www.pousadadeportomarin.es

Chambre pour deux + petits déjeuners : 65 euros
Dîner vin compris : 43.90 euros.

Triacastela – Sarria

Petit déjeuner à 8h15 au café tenu par notre logeuse. Il est 8h15. Le temps de revenir à l’hostal et de charger les sacs à dos, il est 9h00 quand nous quittons le village.
Nous suivrons une petite route pour commencer et la montée commence. Comme déjà dit dans la description d’une étape précédente, il est rare qu’une étape ne commence pas par une côte plus ou moins pentue comme il est rare que les hôteliers ne nous logent pas à l’étage le plus élevé à notre arrivée. Nous dirons que les meilleures chambres sont dans les étages élevés…
Même bien pentu, ce début d’étape est très beau. Vieilles maisons, horreos (greniers à céréales) en granit, châtaigniers et chênes séculaires, et surtout grand silence. Nous n’avons pas choisi la variante passant par Samos car, après environ 1650 kms de marche, comme au début, nous continuons à tracer tout droit et éviter les fantaisies.
Malgré l’orage du début de la nuit précédente, le chemin n’est pas gras et plutôt souple.
Le pas est bon et nous avalons les dénivelés nombreux de cette étape. Les hameaux tranquilles, aux chemins bien bouseux, se succèdent. De toute façons, on n’y rencontre quasiment jamais personne sauf les chiens endormis et c’est tant mieux.
L’arrivée sur Sarria se fait sans encombre, même si nous longeons la route, mais sur le Chemin, pendant quelques kilomètres. Nous remarquons une magnifique auberge de pèlerins sur la droite de la route non loin de notre arrivée (2/3 kms ?). Il doit être plaisant d’y séjourner tant elle semble accueillante et neuve, donc propre.
Cette étape étant plutôt courte, nous nous devons de rejoindre Sarria où nous avons réservé une chambre à l’hôtel Villa de Sarria. Accueil aimable, chambre en haut comme il se doit mais il y a un ascenseur, vue sur la rivière Rio Pequeño. Propre et réglé avec des vouchers Halcon.
Rituel habituel puis sortie pour déjeuner. Nous tournerons longtemps dans Sarria avant de comprendre que la quasi-totalité des restaurants se trouve sur le bord de la promenade qui longe le Rio Pequeno dans sa traversée de la ville.
Nous nous attablerons à une terrasse pour un repas « menu del dia » classique. A la table voisine, viendront s’asseoir un couple de pèlerins canadiens francophones bien sympathiques avec lesquels nous avions dejà échangé un peu plus haut sur cette étape, à l’occasion d’une halte « jus d’orange frais ».
Puis, nous allons faire un tour sur le haut de Sarria où se trouve la vieille ville. Nous y retrouverons Michel, pèlerin septuagénaire dont nous avons déjà parlé, qui est arrivé tôt à Sarria et qui s’est installé dans une auberge de pèlerins privée dont il dit être le seul client avec un américain pèlerin aussi.
Nous échangeons quelques mots et nous séparons à nouveau. Nous nous retrouverons plus loin sans aucun doute.
Ce soir, au vu de la rareté des restaurants en ville et pour ne pas retourner dîner au même endroit que pour le déjeuner, nous nous offrons le restaurant de l’hôtel Alfonso IX qui semble être la meilleure table de Sarria. Nous mangerons des couteaux (coquillages !) frits, des poissons, glace et vin blanc de Galice pour 60 euros pour deux. Ca remonte le moral !

http://www.tripadvisor.fr/Hotel_Review-g580333-d565444-Reviews-Oca_Villa_de_Sarria-Sarria_Lugo_Province_Galicia.html

O Cebreiro – Triacastela

Nous quittons O Cebreiro à 8h30 après avoir pris le petit-déjeuner que notre hôtesse ne souhaitait pas servir avant cette heure. Nous avons déjeuné dans un bar restaurant où la personne au bar était souriante et accueillante. Et en plus, ils servent aussi des dîners.

Ce matin, comme hier, il fait beau même si un peu frais. Le chemin suit une ligne de crête qui fait que nous montons et descendons pas mal, mais loin de tout trafic et dans la paix la plus totale. Au débouché d’un petit bois, en longeant une ligne à haute tension, nous découvrons un paysage magnifique de verdure et de tranquillité.
Les villages sont quasiment déserts et nous passons en toute tranquillité devant des fermes dans l’indifférence de la gent canine fort nombreuse en ces lieux.

Environ deux heures après notre départ, nous nous trouvons devant un raidillon très pentu que nous devons gravir au sein d’un troupeau de vaches qui chemine dans notre sens.

 

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Le sentier est très étroit et mal aisé, aurait dit La Fontaine, et nous grimpons, de plus en plus essoufflés jusqu’à rencontrer le gardien du troupeau, qui monte à notre vitesse ou à peu près. La seule différence avec nous, hormis le fait qu’il ne porte pas de sac est qu’il doit bien avoir 75 ans !
En haut de ce raidillon, sur la droite, nous nous asseyons à la terrasse d’un bar où nous dégusterons un jus d’orange frais chacun, bien désaltérant, en face de la statue du pèlerin dans la tourmente, ci-dessous.

 

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Nous continuerons au gré de la traversée de petits hameaux bien bouseux et souvent désertés.
Pas de commerces, sinon des bars liés à la présence du Chemin de St Jacques. Le Chemin continue de s’approcher et de s’éloigner de la route LU 634 dont le trafic est tout à fait supportable.
Nous descendrons pendant six ou sept kilomètres vers notre étape, au gré de chemins caillouteux, quelquefois suivant des drailles à moutons sous de très beaux châtaigniers.

L’arrivée à Triacastela se fera sous un beau soleil encore. Il semble que nous fassions parties des premiers arrivés à l’étape car il y a bien peu de monde dans la rue principale pour ne pas dire que la route LU 634 est, elle déserte.
Nous nous dirigeons vers l’hostal dans lequel nous avons réservé où nous trouverons un abri confortable pour seulement 32 euros. Une fois installés, nous allons manger, en terrasse, sous un parasol dans une rue silencieuse, la rue centrale du village. Menu pèlerin à 8 euros.
Sieste, lessive à sécher au soleil et promenade/shopping dans la supérette du village qui ressemble à un drugstore tant on y trouve de tout.
Nous allons à l’église de Triacastela où les tampons jacquaires, à disposition, n’attendent que le pèlerin pour trouver un peu de vie et jouer leur rôle de marqueurs de passage.
Nous ressortirons dîner vers 20h00 dans le restaurant en face de celui que nous avons essayé à midi. Ce restaurant semble recevoir, à l’air libre, la quasi-totalité des pèlerins en étape à Triacastela, ce soir. Faute d’avoir trouvé de la place dehors et aussi, à cause d’un vent tenace, nous décidons de dîner à l’intérieur. Menu pèlerins 8 euros encore. Dîner plutôt ordinaire.
Il faut dire que le menu pèlerin est souvent l’occasion de manger la même chose, d’un restaurant à l’autre, le midi et le soir. Sauf rares exceptions.

Nous rentrons juste avant l’orage qui fût d’une violence et d’une intensité toutes particulières.
Assoupis, nous nous demandons quel temps nous aurons demain mais sombrons vite dans le sommeil réparateur.

Villafranca del Bierzo – O Cebreiro

L’ultime montée avant la Galice

Pour aujourd’hui, le menu sera composé d’une bonne partie de « longe-route », disons jusqu’à mi-chemin, puis d’une bonne grimpette jusqu’au village d’O Cebreiro.

Nous quittons, avec regret, les sourires de la Casa Mendez.

Pendant un peu plus de deux kilomètres, nous marcherons sur le bas-côté de la petite route, dans le calme du matin. Nous sommes partis à 8h30 pour ne pas changer un rythme désormais bien installé.
Puis, nous rejoignons la nationale 6 qui n’est guère plus animée puisque l’autoroute qui est au-dessus de nos têtes et qui nous quittera qu’après Ambasmestas.
Ce qui nous semblera le plus pénible est de marcher sur ce chemin créé de toutes pièces sur le bord de la nationale 6, derrière un muret protecteur. L’intention est louable car le pèlerin est protégé du trafic inon du bruit. Le point du bruit ne nous concerne pas ce matin, car, comme dit plus haut, le trafic est modeste. C’est le dévers qui est notre ennemi et ce pour plus de dix kilomètres.
Le dévers du chemin protégé est identique à celui de la route qui s’avèrera par endroits fort sinueuse. Il en résulte que le pèlerin aura, en marchant, à « contrer » ce dévers par un effort musculaire supplémentaire, point assez désagréable en situation de tendinite…

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Nous pourrons échapper, de temps à temps, à l’occasion de la traversée de villages désormais éloignés de la route de quelques dizaines de mètres, à ce dévers.
L’étape est en montée permanente jusqu’à son terme. Sur les premiers douze kilomètres à peu près, cela monte gentiment mais sans effort de la part du pèlerin.
A Ambasmestas, les choses sérieuses vont commencer.
A Vega de Valcarce, nous entrons dans la pharmacie sur la gauche de la route pour acheter des agrafes pour maintenir les bandes qui serrent maintenant mes deux mollets. Il n’y en a pas, nous prendrons un rouleau de papier adhésif. En effet, devant l’effort à venir, j’ai préféré avoir les jambes bien serrées.
Il fait beau, très beau et la route est devenue bien tranquille depuis que nous avons quitté la N6 et, depuis longtemps, la proximité de l’autoroute. Mais la pente s’accentue.
C’est dans le hameau de las Herrerias de Valcarce (Valcarce est le nom du torrent que nous suivons depuis Villafranca del Bierzo) que nous déjeunerons dans un petit restaurant où nous sommes bien accueillis, sur la droite de la petite route, presque en sortie de village. Une salade, une truite, une tarte de Santiago et un coup de vin rouge – 20 euros pour deux). L’accueil souriant est tellement rare qu’il faut le signaler !

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restaurant à droite au fond de la photo !
S’ensuit une forte côte qui permet une digestion sportive en direction de la Faba. Nous suivrons le conseil du guide Grégoire, Laborde-Balen de rester sur la route en suivant les indications pour cyclistes plutôt que de suivre le chemin balisé qui plonge dans un vallon pour mieux remonter une montagnette bien pentue !

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Cà grimpe et nous avons déjà fait 24 kilomètres et la côte n’est pas près de s’achever ! Nous ne sommes qu’à environ 900 mètres et notre halte est réservée dans le village d’O Cebreiro, à un peu moins de 1300 mètres d’altitude.

 

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Donc les quatre derniers kilomètres nous feront monter de 400 mètres.
Le paysage est splendide et le regard porte loin.

 

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Il sera 16 heures lorsque nous arriverons dans le village destination dont on se demande ce qu’il serait advenu si le Camino n’était pas devenu aussi fréquenté. Nous sommes maintenant en Galice.

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Santa Maria la Real
Nous ne ferons, à partir de demain que perdre de l’altitude, même s’il y aura encore quelques belles grimpettes. Mais, en moyenne, nous descendrons désormais, en cheminant vers St Jacques en saluant les bornes kilométriques qui jalonnent le parcours jusqu’à l’arrivée.

Il y a quelques restaurants, de petits hôtels, une auberge de pèlerins. Il y a aussi une jolie petite église du XI° siècle où nos credenciales seront tamponnées.
Puis, nous nous dirigeons vers la Casa Rural de Turismo Meson Carolo, particulièrement bien placée quant à la vue qu’elle offre sur les paysages environnants. Notre chambre a un petit balcon sur ces paysages et c’est tant mieux. Nous aurons une salle de bains confortable et deux lits anciens douillets. Rite habituel de jambes en l’air, douche et lessive. Voila pour les points positifs. Il faut dire un mot sur le dîner pas bon du tout et sur l’accueil indifférent de nos hôtesses.
Promenade dans le petit hameau au terme d’une étape plutôt fatigante.

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Toit en chaume et galicien d’O’Cebreiro

Il est bon, sur le tard de l’après-midi, d’avoir un peu de chauffage car, la fatigue aidant ainsi que l’altitude, nous commençons à frissonner.
Comme dit plus haut, le dîner ne prendra pas beaucoup de temps ! Notre hôtesse ne veut pas servir le petit déjeuner avant 8h30, bien trop tard pour un pèlerin aguerri. Nous règlerons la note au terme du repas (60 euros – chambre et deux dîners).
Mais, s’il est facile de critiquer après, mais avant d’y arriver, nous étions bien contents de trouver leurs coordonnées sur le guide pour pouvoir réserver !
Une bonne nuit s’ensuivra.

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Ponferrada – Villafranca del Bierzo

Réveil inquiet. Non, il fait beau et même très beau. Par-dessus les toits, la campagne scintille.
Le petit déjeuner fût copieux. Voila de quoi attaquer une belle étape de bonne humeur.
Il nous faut remettre le béret, les gants et un blouson sur les polaires car la pluie de la nuit a amené une belle fraîcheur.
Nous qui marchons ne nous en plaindrons pas. Il nous faut traverser toute la ville de Ponferrada parmi les écoliers qui vont rejoindre leurs pupitres. Pour nous ce sera une nouvelle journée de liberté.
Cette traversée nous prendra bien cinq kilomètres mais elle est assez bien indiquée.
Nous traversons de nombreux petits villages charmants et nous verrons beaucoup de fleurs aux fenêtres et dans les jardins. Il semble que le climat, malgré la fraîcheur du jour, soit plus doux que dans les régions que nous venons de traverser, ce qui expliquerait cette abondant floraison printanière.

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Nous longeons une grande route dans la traversée de Camponaraya où nous achetons quelques aliments pour l’en-cas du midi. Puis à la sortie de cette agglomération, à hauteur de caves vinicoles, nous reprenons le chemin caillouteux, la piste vers Cacabelos , puis après huit kilomètres environ,et après avoir traversé de sympathiques paysages vinicoles, nous arrivons à notre point de destination. Il est 14heures. Nous sommes à Villafranca del Bierzo.
Cette petite ville est vraiment pleine de charmes. Tant sur sa partie haute, à notre arrivée, où nous sommes accueillis par un magnifique château qui doit quelques cicatrices aux troupes napoléoniennes et auparavant, un peu plus haut, une magnifique église romane.
En ville, la rue de l’Agua est un très bel exemple d’architecture moyenâgeuse. Difficile de ne pas tomber sous le charme de Villafranca del Bierzo.
Nous traversons la ville dans sa grande largeur pour franchir le pont sur le rio Burbia. Notre hôtel est un peu plus loin devant nous.
A un coin de rue, sur le chemin de St Jacques qui passe devant, au bord d’un joli torrent se trouve la Casa Mendez. Nous sommes reçus avec un sourire qui nous accompagnera jusqu’au lendemain matin au départ. La chambre est sur le torrent et propose, avec modestie, tout ce dont nous avons besoin, même si le luxe en est absent. Tranquille.
Nous redescendons déjeuner au menu del dia toujours avec le même sourire et une excellente truite.
Nous remontons procéder à notre installation. Odile souhaite faire un petit somme, pas moi, donc j’en profite pour aller en ville, à pied bien sûr, acheter une carte postale, des figues (excellents coupe-faims et anti-coups de barre) et je m’autorise une bière en terrasse.
A mon retour, un amoncellement de valises et de sacs me montre que des pèlerins français sont arrivés. Des gens qui ne marchent pas avec un sac à dos. J’avoue avoir du mal à savoir que penser. Il est certes possible quand on est invalide ou avec un problème de dos de se faire porter son bagage d’un hôtel à l’autre. J’utiliserai ce système si cela m’était nécessaire. Mais, à voir celles et ceux qui pratiquent cela, au moins à l’étape dont je parle, je pense qu’il s’agit plutôt d’un confort. Enfin, à chacun son Chemin !

Le dîner sera aussi bon que le déjeuner et toujours avec le sourire. J’insiste car, après environ 500 kilomètres de marche en Espagne, nous avons plutôt été habitués à des visages fermés, voire distants, sans parler de l’obstacle de la langue.l’Agua, Villafranca del Bierzo,

www.restaurantemendez.com
4 repas, petit déjeuners, la chambre et les sourires : Euros 105,-

Foncebadon – Ponferrada

Il est 8h15, nous ne sommes pas en retard et nous quittons Foncebadon dans la brouillard.

 

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Le spectacle est irréel car dans une demi clarté, les bâtiments effondrés sont encore plus impressionnants.

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En haut du village, un troupeau de moutons broute paisiblement dans un silence complet.
Nous devons monter à 1500 mètres d’altitude, de plus en plus dans le brouillard, pour atteindre la Cruz de Ferro, haut lieu du pèlerinage. La montée est rude vers ce point haut, et le pas est de moins en moins assuré sur les pierres qui roulent sur un chemin plutôt étroit qui serpente entre les bruyères blanches et mauves.
Après une bonne suée matinale, malgré la fraîcheur, nous atteignons la Croix de Fer où nous sacrifierons au rite du lancer du caillou. Dans les temps anciens, la pierre que l’on lançait était à la dimension des péchés que l’on voulait se faire pardonner. Quant on contemple le monticule, nul doute que certains sont montés avec beaucoup à se faire pardonner. Il y a donc un tas de pierre « historique » mais d’une belle dimension. Nous retrouvons là nos voisins de table d’hier soir, qui en sont, si ma mémoire est bonne à leur troisième étape. Ils sont partis de Léon.

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Et dire que chacune des pierres a été amenée ici par les pèlerins qui en jetaient une ou plusieurs pour se faire pardonner leurs fautes. Le plus gros était le péché, la plus grosse sera la pierre !

Nous avançons, toujours dans brouillard, sur un chemin encombré de racines d’arbres qui ne facilitent pas le passage.

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Peu après, nous avons droit, comme toute le monde, je crois, à la hauteur du refuge de Manjarin à un tintement de cloche qui nous salue en passant.

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Pendant à peu près six kilomètres de solitude, nous traverserons toujours dans le brouillard, de beaux paysages de lande plutôt désolés. En plus, brouillard oblige, il ne fait pas très chaud.
De temps en temps, un ou plusieurs pèlerins à bicyclette nous dépasse en nous saluant, cela fait un peu de distraction.

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Nous croisons, quelques centaines de mètres avant d’arriver à El Acebo, peu après le début de cette descente trop pentue à mon goût, un couple de pèlerins qui marchent en sens inverse.
Je suppose qu’ils reviennent de St Jacques à pied, comme on en verra d’autres plus loin.
Le chemin très raide, en descente donc, arrive à l’entrée du village.

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Heureusement qu’il ne pleut pas !

 

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Le village d’El Acebo, que l’on voit ci-dessus, vu d’en haut, abrite de belles maisons bercianes (du Berzio) car nous entrons dans cette région et nous ne la quitterons que pour entrer en Galice.

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Nous ne ferons pratiquement que descendre en suivant de près ou de loin, la petite route LE 142 en passant à
Riego de Ambros où le chemin, franchissant un gué, commence à prendre un aspect de sente de chèvres. Ce n’est pas très agréable pour les chevilles, mais cela passe.
Plus raide encore la descente sur Molinasecca où notre démarche change lorsque nous retrouvons le bitume de la route.
Molinasecca est un joli village-rue, bâti autour du chemin historique de St Jacques. Il est trop tôt pour penser à déjeuner, d’autant plus que c’est ce jour là la fête des Mères et il sera certainement difficile de trouver une table disponible dans les auberges du village.
Nous continuons vers Ponferrada en longeant la LE 142 sur un large trottoir pendant deux kilomètres en faux plat montant où il n’y a strictement rien à voir. Il n’y a qu’à avancer.
Chemin faisant, nous passons devant une plaque commémorant le décès d’un pèlerin anglais sexagénaire sur la droite du chemin. Ce n’est pas la première plaque ni la dernière que nous rencontrerons ! Le chemin semble faire un long détour en descente vers la ville quitte, comme d’habitude, à tout nous faire remonter quelques kilomètres plus loin. Harassés, il fait chaud, nous entrons dans la ville par un pont médiéval et remontons vers le château templier.
Erreur funeste. Au lieu de partir à droite, où se trouve notre hôtel, nous descendons dans la ville nouvelle et avançons sur un bon kilomètre. Qu’il nous faut refaire ensuite en sens inverse quand la troisième personne interrogée, nous dit que notre hôtel doit se trouver dans la vieille ville et non pas par là. Et c’est reparti

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Nous trouverons notre hôtel ½ heure plus tard, par hasard car son entrée se trouve dans une petite ruelle. Neuf, propre, rien à dire de négatif.
Il y a un peu plus de 30 kms que nous marchons. Il est 15h et c’est l’heure de se mettre à table. Repas convenable, pas cher. Pendant le repas, nous voyons arriver Lorraine qui a l’air assez fatiguée. Elle déjeunera à proximité de nous dans la salle de restaurant de l’hôtel.

Puis douche, sieste et le trafic habituel. Promenade pour faire quelques kilomètres de plus. Il fait frais dans cette vieille ville. Nous tuons le temps comme cela vient, en errant plutôt qu’en visitant. L’heure du dîner est arrivée à 20h30, dans la même salle. Il y a, ce soir, quantité de pèlerins qui dînent. Comme nous n’avons pas été capables de trouver l’auberge de pèlerins et surtout que nous étions bien fatigués, c’est l’hôtel qui tamponnera nos créanciales.
Une bonne nuit qui fut animée par de fortes pluies vers 4 heures du matin. Quel temps fera-t-il demain ?

 

www.hotellostemplarios.info

Hôtel Los Templarios
Cale Florez Osorio 3
24400 PONFERRADA (Léon)
987 411 484

Affiché à euros 60, nous avons payé euros 42 grâce aux vouchers Halcon
Les repas nous ont été facturés euros 22.43 pour deux personnes pour déjeuner et idem pour dîner, vin compris.