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Bandeira – Santiago

Nous prenons un petit déjeuner copieux à l’hôtel Victorino. Servis hier soir par la patronne, c’est le patron qui nous traite…très bien.

 

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C’est une bonne maison que la sienne ! Pour moins de 70 €, nous avons eu une très bonne étape.
Nous quitterons Bandeira par le bus de 9h16 , direction Puente Ulla ce qui nous fera avancer de douze kilomètres sur un total de trente deux.
Si tu veux aller loin, ménage ta monture.
Quelques kilomètres après être parti de Bandeira, le bus s’arrête.
A l’arrêt, une bonne vingtaine de dames endimanchées montent dans un chahut indescriptible. Elles ont toutes plus de cinquante ans et semblent bien excitées à l’idée d’aller à Santiago. Lorsque le bus redémarre, elles se mettent à chanter une sorte de romeria nostalgique. Et cela a pour but de faire oublier par le chauffeur que nous nous arrêtons, du moins théoriquement à Ponte Ulla.
Résultat, se confondant en excuses, il nous débarquera en haut de la côte qui suit Ponte Ulla. Et, heureusement que la dame qui est devant nous s’est rendu compte de la situation, ayant entendu, probablement que Ponte Ulla était notre destination. Elle a signalé notre cas au chauffeur qui était bien ennuyé…
Prenons un café et demandons un sello dans un bar sur le bord de route et comme nous sommes hors chemin, nous suivons la N525 jusqu’à retrouver des indications exploitables que nous comparons avec notre guide Raju. Nous savons que le chemin est à deux kilomètres à droite car nous trouvons des références indiquant la capilla de Santiaguino et nous pouvons voir le Pico Sacro depuis la route.

 

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Nous la suivrons jusqu’à Susana empruntant, dès que possible, les tronçons disponibles de l’ancien tracé.

 

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Puis, montant et descendant les diverses collines rencontrées, nous nous approchons de notre destination finale, traversant de petits hameaux,

 

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passant sous de belles treilles, recevant d’un vendangeur une belle grappe de raisin noir.

 

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A l’arrivée à proximité de l’ermita de Santa Lucia, nous devrons nous équiper « pluie » car il semble que cela se gâte et quelques gouttes arrivent en avertissement. Les belles treilles ne nous protègeront pas !

 

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Belle, ultime et longue montée vers Santiago, destination promise. Mais avant, il faudra passer les travaux de l’AVE, train rapide qui circulera bientôt entre Ourense et Santiago. En hors d’oeuvres, nous est servie une belle côte de boue rouge et comme il a bien plu…
Cette photo a été prise à la fin du bourbier.

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Ensuite, une fois passés sous le pont autoroutier, il nous faut traverser les voies actuelles et futures sur un pont bien encombré en suivant un passage piéton balisé sans lequel l’on n’arriverait jamais.

 

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Encore une côte, sur du goudron et en « banlieue », puis nous découvrirons la Cathédrale devant nous, au loin, en bas, semble-t-il de cette belle voie pavée descendante. C’est quand même plus joli, malgré le temps, que l’arrivée du Camino Francès, non ?

 

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On croit que c’est fini mais non. Il nous faut remonter pour entrer en ville.
En haut, nous nous attablerons pour un repas à 8 €, au bout de la rue do Sar do Afora.
Puis, pour la troisième fois, nous dirigerons vers le Bureau des Pèlerinages de Santiago pour recevoir la Compostela. Lors de nos précédents passages, la file d’attente n’était que de dix personnes peut être. Là, c’est une file qui commence, pour celles et ceux qui connaissent, en bas des escaliers. Nous attendrons notre tour…
Puis, direction l’office du tourisme, non loin de là, pour un plan car nous ne savons pas comment aller à notre hôtel même si nous connaissons bien Santiago et surtout la ville historique.
Très bon accueil à l’hôtel en français et avec le sourire. Vaste chambre dont la moquette pourrait être moins tachée. Vue sur un stade de football de quartier ou d’école et sur le monastère de Belvis. Calme absolu. Résidents tranquilles. La réceptionniste nous recommandera deux restaurants, un pour ce soir, un pour demain soir, établissements peu fréquentés par les touristes, dit elle.
C’est à moitié vrai pour le premier, la Bodeguilla San Roque, en haut, à l’extérieur de la vieille ville. Bonne nourriture. Attention, vite plein.
L’autre nous ne savons pas car nous n’y sommes pas restés car la salle est en quelque sorte en sous sol, sans aération naturelle apparente. Claustrophobes, oubliez ! Les premiers clients assis étaient des japonais…et devant nous, s’installaient quatre scandinaves. En fait, c’est surtout la salle qui nous a fait partir, même si elle est vaste et bien éclairée.
Nous sommes allés dans un restaurant Tafona, à proximité de notre hôtel, lui même restaurant d’hôtel. Menu à 16 € par personne sans le vin. Très bien. Bon endroit pour ceux qui souhaitent (et qui peuvent) fêter leur arrivée à Santiago. Je ne peux résister à me rappeler le dîner : antipasti sous forme de mousse de lentilles aux truffes, lasagne aubergines, salade et croquettes de fromage aux fraises, joue de porc aux pommes fruits pour la pèlerine et filets de loubine, glace au fromage et pain caramelisé. Arrosé par un Rioja de derrière les fagots..à 14 €.
En arrivant à l’hôtel, nous aurons la surprise, d’assister, derrière nos carreaux, à une soirée « bizutage » bon enfant entre garçons d’un côté et filles de l’autre, sur le terrain de foot, avec force démonstrations de force et envoi de paquets de farine et poches plastiques pleine d’eau. Marrant et pas méchant du tout. A minuit, tout est rentré dans l’ordre.
Le lendemain, nous sommes partis à la messe des pèlerins. C’est notre première en année jacquaire et vraisemblablement notre dernière.
Impossible d’entrer dans la cathédrale tellement il y a de monde, essentiellement des pèlerins venus en bus. Nous avons assisté à la messe des pèlerins, tournant le dos à l’autel, ne pouvant trouver une place sauf à s’asseoir sur les margelles des bas de colonnes de la cathédrale. Une foule immense était debout, assistant à la messe, tandis qu’une cohorte de touristes défilait dans la nef, parlant, riant, prenant des photos au flash, etc..
Si nous n’avions pas connu, lors de nos précédents pèlerinages, la cathédrale et la messe des pèlerins en tant normal, nous aurions été fortement déçu de ce que nous avons vécu cette année.

Le lendemain, nous sommes partis à Finisterre, en auto. Fin de l’aventure.
La prochaine ? Le Portugais depuis Porto ? L’an prochain ?

Kilomètre 0 ! Le bout du bout !

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Lalin – Bandeira

Bonne nuit. Le vent a cessé et le ciel est bien dégagé. Pas de pluie mais le temps a beaucoup fraîchi.
Après le petit déjeuner, une fois la note réglée (48 € petit déjeuner compris), nous revoilà dehors.
Pour rejoindre le Camino et ses flèches, il nous faut prendre et suivre la route de Santiago (N525) sur cinq kilomètres environ.

 

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Nous pourrons emprunter le trottoir jusqu’à, quasiment, la fin de la zone industrielle Lalin 2000 et c’est heureux car le trafic automobile est intense pour cause d’embauche du matin.

La zone Lalin 2000 souhaite bon voyage au pèlerin !

 

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Nous suivons la route jusqu’à l’échangeur autoroutier qui précède les travaux de la ligne de chemin de fer rapide. L’endroit n’est guère approprié pour le pèlerin mais, en étant vigilant, on s’en sort.
Une fois l’échangeur passé, nous descendons vers Laxe et passons devant la magnifique auberge de pèlerins de ce tout petit hameau.
L’auberge est le seul bâtiment moderne sur cette photo, à gauche.

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Nous aurions pu rester sur la nationale car, après l’auberge, nous remontons la trouver.
Mais, nous n’aurions pas pu ramasser autant de noix fraîches que nous l’avons fait…
Et de filer en avant, tantôt sur la nationale, tantôt sur une petite route ou un petit chemin qui lui est parallèle, découvrant le chantier de la ligne AVE Ourense-Santiago sans ses rails…

 

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Après Boralla, c’est avec une hésitation certaine que nous prenons, au vu du pont moderne qui est sur notre droite, l’ancienne route qui va nous faire descendre vers le pont de Taboada. Nous craignons que la boue et l’eau nous y attendent et que nous soyons obligés de remonter.
Non, cela se passera bien. Le pont, daté de l’an 982, est bien solide et assez haut par rapport au lit de la rivière. Pas de problème de boue ou d’eau.

 

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Il est d’ailleurs précédé et suivi d’une magnifique et bien conservée, calzada romana que nous empruntons pour remonter vers Taboada dont nous ne verrons pas grand chose. Le chemin se perd au milieu de chênaies magnifiques.

 

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A la sortie de ce petit hameau, une dame qui ramasse des noix viendra à notre rencontre pour nous en offrir. Nous n’en prenons que quelques unes mais elle veut qu’on prenne tout !

Le chemin continue à longer la nationale jusqu’à arriver à Silleda, non sans avoir été détourné par un chantier de bonne taille.

 

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Nous irons à l’auberge pour un sello self service en compagnie de trois bicigrinos portugais. Repas de mauvaise qualité dans une parillada à la sortie de la ville, au même endroit que les portugais d’ailleurs sinon en leur compagnie. Beaucoup de viande trop cuite avec un flan industriel.
Nous continuerons notre chassé croisé avec la nationale jusqu’à Bandeira où nous devons dormir.

 

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Arrivés à 17h00, seuls clients de l’hôtel, nous nous installerons dans une chambre plutôt fraîche, autant dire que les ablutions seront rapidement expédiées. La lessive aussi.
Un petit tour du village nous enseignera que Bandeira, en dehors des camions remorques qui la traversent en quasi permanence, n’a pas grand chose à offrir.
Retour à l’hôtel pour attendre, au frais, l’heure du dîner, 20h30.

 

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A l’heure dite, nous sommes en bas et ma première question est : Peut on avoir un chauffage d’appoint, électrique, par exemple, pour réchauffer l’air de la chambre ? Pas de problème me répond-on, et le voila parti ouvrir la chaudière et monter dans notre chambre pour vérifier si les radiateurs sont bien ouverts. Sympa.
Une bonne soupe, en attendant, va nous réchauffer. Suivie d’un plat de morue au « pimenton » servie pour six personnes avec des pommes de terre.
Une bouteille de rouge et un flan maison à se damner.
Retour dans une chambre chauffée, l’atmosphère peut se détendre !

Ourense – Lalin

Toute la nuit, un véritable déluge s’est abattu sur Ourense et sa région.
Des pluies fortes sans arrêt et un vent féroce qui hurle dans les fenêtres.
La télé du matin parle de la première tempête automnale.
Consultation réciproque des pèlerins. Conclusion : Nous n’allons pas marcher dans ce déluge. Autre conclusion : Nous allons partir d’ici en bus.
Nous attendrons une accalmie, jusqu’à midi presque, et rejoindrons l’arrêt du bus pour partir vers Ourense et, de la gare routière, vers Lalin qui offre davantage de possibilités de logement que la « Estacion de Lalin » qui figure dans les guides mais n’a pas grand chose à offrir.
Attendant le bus, nous parlons à une pèlerine espagnole, de Zaragoza, qui n’en n’est pas à son premier Camino non plus et qui a eu la même idée que nous.
Elle va profiter de l’accalmie pour marcher un peu à partir de Faramontaos jusqu’à Cea. Quelques minutes après sa descente du bus, le déluge reprend avec une intensité extraordinaire. La pluie tombe dru à l’horizontale. Les fenêtres du bus, à chaque virage à gauche ou à droite reçoive un déluge d’eau provenant du toit. Et cela sera ainsi jusqu’à Lalin. Nous avons beaucoup pensé à cette dame qui devait avancer dans des conditions difficiles. Je ne suis même pas certain qu’elle ait eu une réservation à la casa rural dont elle parlait, nous ayant dit, qu’elle non plus, ne dormait pas dans les auberges.

Pendant que nous déjeunons dans un restaurant proche de la gare des bus, le déluge se renforce.

Nous descendrons vers le centre de Lalin pour trouver notre hôtel sans vraiment savoir où il se trouve.

 

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Nous demandons deux fois notre chemin.
Puis arrivons à l’hôtel Pontiñas. Accueil « bof ».
La pèlerine restera dans la chambre pendant que le pèlerin ressort pour aller chercher le sello. Il fera le tour de Lalin, désert, sous le déluge qui ne cesse pas, pour trouver le bureau de la police municipale, fermé. Redescendant vers l’hôtel , la voiture de patrouille passe et va se garer trois cents mètres plus haut. Le pèlerin remonte et frappe à la vitre.
Pas de problème, me dit-on, redescendez au bureau, on arrive !
Je n’attendrai pas longtemps et les deux policiers semblent ravis d’apposer leur timbre sur la créanciale. On parle un peu du camino et aussi de l’endroit où l’on peut manger à Lalin où tout semble fermé en ce dimanche soir.
Allez à la Pulperia San Roque, me dit-on. Je reviens à l’hôtel et motive la pèlerine pour ressortir sous ce déluge, à 20h30 pour dîner. J’étais passé en sortant du bureau de la police pour demander à quelle heure ils servaient.
Bon dîner simple dans ce tout petit restaurant où les patrons ont travaillé en Corse et aussi… en Suisse. Donc, ils connaissent notre langue même s’ils ne la pratiquent pas beaucoup.
Retour à l’hôtel sous le déluge.

 

 

Allariz – Ourense

Beau temps frais. Nous descendons prendre le petit déjeuner servis par une dame aimable. Puis, c’est le moment de régler la note et la patronne, peu souriante mais polie, me dit qu’elle préfère du cash lorsque qu’elle me tend mon compte. Désolé, pas de cash. Cela ressemble à l’étape de Vinhais…
Ce coup-ci, je tiens bon et, finalement, la carte bleue fonctionne.

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Départ dans la foulée, nous recevons un « hasta luego » du bout des lèvres et allons chercher de l’eau, traversons la vieille ville d’Allariz

 

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et c’est parti pour Ourense, notre première grande ville espagnole depuis Zamora.
Sans compter la portugaise Bragança, bien sûr, qui n’est cependant pas de la taille d’Ourense.

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Dernier coup d’oeil sur Allariz en franchissant le pont roman.

 

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Chemin large en sortie de ville, traversons une sorte de zone d’activités que l’on ne peut qualifier d’industrielle, passons sous l’autoroute. Le marquage est bon et nous conduit à Santa Marina de Augas Santas puis Pereiras que nous atteignons après une descente soutenue, entourés de moucherons qui nous rappellent notre passage en vallée d’Aliste, il y a quelques jours déjà, où, là, c’étaient des mouches qui nous tournaient autour.

 

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A Pereiras, arrêt à un abri-bus pour profiter du banc qui se trouve à côté.
Nous mangerons notre en-cas, déchausserons les pèlerins. Repos après presque trois heures de route. La pèlerine ne se plaint pas de ses pieds, ce qui est signe que la bétadine de Vilar do Bario agit mieux que l’alcool pour sécher les plaies.

Entre Pereiras et La Castellana (et son nid de cigogne),

 

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surprise pour le pèlerin ! Une magnifique zone de repos spécialement dédiée aux pèlerins, avec fontaine, abri pluie/soleil, bancs et cartes et indications utiles.

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Nous continuerons à traverser la zone industrielle déserte, ce samedi, qui précède l’arrivée à Ourense,

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virerons à gauche au stop puis à droite au rond point, saluerons la flèche géante

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et ferons notre entrée à San Ciprian das Vinas que nous traverserons et monterons la dernière côte vers Ourense.
Pas fâchés de voir, en haut de cette côte, l’hôtel Aurense dans lequel nous avons réservé.
Installation après un accueil sympa et travaux habituels des pèlerins dans le domaine de la lessive, du repos, de la douche et autres travaux de pieds.
Ceci fait, départ pour la ville qui est encore à cinq ou six kilomètres. La réception nous dit qu’il y a un bus dont le terminus est tout à côté. L’hôtel a même un bus mais qui est de fréquence moindre.
Va pour le bus municipal et nous nous retrouvons dans une ville quasi déserte. L’activité reviendra avec l’ouverture des magasins à 17h00.

 

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Nous avons bien vu l’indication routière de l’Auberge des Pèlerins mais c’est tout en haut d’une colline et c’est à la Cathédrale que nous irons recueillir notre sello. Chance, elle ouvre quand nous nous présentons.
Un petit tour dans la vieille ville d’ Ourense, puis une halte au Carrefour Market pour acheter le repas de midi pour demain. Et nous rentrons à l’hôtel avec un autre bus en sens inverse. Nous notons que le temps est menaçant et que, par moments, souffle un vent fort venant du sud.
Comme le restaurant est fermé pour cause de noce dans l’établissement, nous dînons à la cafétaria du pire repas depuis notre départ de Zamora.
Tant pis, nous n’avions pas le courage d’attendre en ville l’heure du dîner.
Malgré la présence d’une noce important en nombre de convives dans l’hôtel, nous ne souffrirons guère du bruit. A minuit, nombre des chambres ont retrouvé leurs occupants.

 

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Alberguaria – Allariz

Bonne nuit au calme donc.
Petit déjeuner prévu à 8h30 pour les uns, 9h00 pour les autres, les uns étant les hôteliers, les autres étant les pèlerins. Nous finirons par arriver à 9h15.
C’est la première fois que nous traînons autant. Les pieds de la pèlerine y sont bien pour quelque chose…
L’endroit du bar et du breakfast.

 

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Après le petit déjeuner, nous allons tester la bonne volonté de nos hôtes.
Puisque nous avons passé un « contrat » sur le fait que nous serons ramenés au point où nous avons arrêté le chemin hier soir, nous demandons « pouvez vous nous conduire à Vilar do Bario ? » (sous entendu, pas à Alberguaria).
Hier soir, en arrivant, j’avais lancé un ballon d’essai et la réponse n’avait pas eu l’air de choquer.
Notre souriante hôtesse nous dit, en français, qu’il n’y a aucun problème et que la voiture sera prête dans quelques minutes. Aussitôt dit, aussitôt fait.
Nous voila dans la voiture de cette aimable dame et en route pour Vilar do Bario. Nous économiserons 5 kilomètres, c’est toujours cela de pris.
Notre hôtesse a vécu de nombreuses années en Suisse, elle aussi, et est revenue dans son pays, la Galice. Elle aide le propriétaire de Couso Galan à gérer l’entreprise et, ma foi, semble bien le faire.
Vilar do Bario nous offre une pharmacie où nous nous ravitaillerons en pansements, compeed et bétadine. Comme écrit ailleurs, l’alcool fait plus de mal que de bien aux ampoules et la bétadine semble être la bonne solution, ce qui s’avèrera exact au fil des jours.
La pèlerine a décidé de marcher avec les chaussures de repos du pèlerin un jour de plus afin de ménager ses pieds. Elle y gagnera un bon mal de dos car ces chaussures sont à semelle plate

 

Ses chaussures de marche sont dans un sac porté par le pèlerin.
La pharmacie est juste à côté de l’auberge de pèlerins qui semble moderne et confortable mais est déserte à l’heure où nous passons.

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Achat d’eau et en route. Il fait beau et relativement doux. Nous musardons un peu.
Le chemin est plat, au début, et très agréable. Nous traverserons successivement Boveda,

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puis Gomareite,

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Bobadela et Cima de Vila tout au long d’un parcours de pistes en longue ligne droite traversant les champs de patates.

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Puis, nous descendrons au travers de chênaies vers notre destination du jour, non sans avoir cassé la croûte (il reste encore du gâteau d’A Gudina !) dans l’une d’elles.DSC07867DSC07868

L’auberge de Xunqueira est moderne et semble confortable. Elle offre salon, distributeur de boissons, livres, etc… pour la partie que nous en avons vu, car nous cherchions où recevoir le sello.
La mairie de Xunqueira, qui était en train de fermer à notre arrivée, accepte de nous donner le sello et nous repartons en arrière pour tenter de déjeuner dans un petit établissement où d’autres pèlerins sont attablés en terrasse. Pas de terrasse pour nous, à l’intérieur seulement.
Menu à € 8,50. (Bocateria Bejé)
Nous ne continuons pas sur Ourense mais suivons la nationale jusqu’à Allariz, notre étape. La route n’est pas très fréquentée et en relative descente ce qui nous va bien. Chemin faisant, nous rencontrons un pèlerin français cycliste « à pied » car il nous dit avoir un problème technique sur son vélo qui semble dater des années soixante. Il va dormir à l’auberge que nous venons de visiter. Nous le rencontrons car il vient de Verin. Il a pris, à A Gudina, le chemin qui part à gauche, qui est un peu plus long mais moins difficile, a fortiori pour un cycliste. Si nous n’avions pas pris le train, nous aurions pris celui de droite, au départ d’A Gudina.DSC07872
Allariz est une bien belle ville.
Entrée dans la ville, les chaussures de marche de la pèlerine à la main !

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Beaucoup d’atmosphère. Nous chercherons longtemps l’Office du Tourisme pour le sello. Nous finirons par le trouver tout en bas de la ville, au bord de l’eau. Aimable accueil. Un plan nous est donné et la direction de notre hôtel nous est indiquée.
Nous nous installerons à la Casa Rural Torre Lombarda. C’est une ancienne mégisserie qui a été transformée en hôtel.
Les réceptionnistes sont aimables et accueillantes voire bavardes pour l’une au moins. Il ne fait pas très chaud, à cette heure-là, et je demande si je peux avoir un chauffage d’appoint. J’obtiendrai des couvertures.
Nous irons dîner à quelques mètres de l’office du tourisme, dans un restaurant qui occupe lui aussi une mégisserie ré-affectée. Cher et pas terrible. Le dîner sera vite expédié. Pas le choix car l’adresse donnée par l’hôtel pour dîner, ne sert que des tapas « sous la télé qui braille ».
Nous retrouvons notre chambre qui semble être un caisson tout aménagé amené et installé dans un immense étage vide, par un architecte.
Le petit déjeuner sera servi dans la pièce où se trouve un moulin servant à écraser les peaux dans un bain de traitement et où les pas du cheval qui tournait pour le faire fonctionner ont usé le grès jusqu’à creuser un gros sillon.

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La nuit sera bonne et calme… et fraîche.

 

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A Gudina – Alberguaria

Lever 6 heures. Petit déjeuner au lit (celui que nous avons acheté hier + les restes de la veille) et à 6h30 sommes en bas. Le patron nous offre un café chacun et nous voilà dehors.
Pourquoi dehors à 6h30 ? Parce que les pieds de la pèlerine ne sont pas beaux et que l’étape, telle que définie dans le guide Rando Editions (et non plus Raju sur cette portion) est longue et montagneuse.
Décision, hier, à table a été prise de raccourcir en train cette fois-ci.
Nous voilà dehors, donc, et surprise, il pleut. La voiture garée devant l’hôtel est couverte de gouttes. En fait, il s’agit de brouillard. Le vent d’est est froid et nous souffle dans le visage alors que nous (re)montons vers la gare.

 

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Nous attendrons dans la salle d’attente éclairée d’une gare sans personnel.
Le train est à 7h15 et de rares voyageurs nous rejoignent en silence.
A l’heure dite, le train entre en gare. Nous montons dans l’unique wagon qui est quasiment vide. Le train roule dans l’obscurité et le brouillard.
Le contrôleur-vendeur de billets tardant à venir, après le premier arrêt, j’appuie sur le poussoir « arrêt demandé » car les distances entre les stations ne sont pas grandes. Le contrôleur, ayant compris que nous allons descendre sans payer s’il ne se remue pas, file vers la cabine du chauffeur pour lui dire qu’il y a deux clients pour le prochain arrêt…
A peine ai-je payé que le convoi s’arrête dans la gare de Castrelo do Val-Verin-Campobecerros.
Surréaliste. Nous descendons du wagon avec nos sacs directement sur le ballast, dans l’obscurité complète. Le contrôleur, heureusement, me signale que c’est de l’autre côté de la voie qu’il faut aller pour trouver la gare.
Le train part, on traverse mais comme il fait encore très noir, nous devrons attendre que le jour se lève pour pouvoir trouver notre chemin. Une première tentative s’avère vaine. Assis sur un banc, nous attendons en notant que cette gare peut faire office de logement pour pèlerins. Il y a un numéro à appeler. Nous sommes à deux kms de Campobecerros que nous rejoindrons par une petite route qui débouche sur une autre sur laquelle nous partons à droite.DSC07817

Nous ne traverserons pas Campobecerros car le Camino part immédiatement à gauche vers Portocamba, au prix d’une belle montée.

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C’est à Portocamba, village quasiment abandonné, que nous mangerons un peu de gâteau acheté la veille, assis sur un banc auprès d’une fontaine.

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Il est relativement tôt et les volets commencent à s’ouvrir dans la partie moderne du village. Les habitants vont donner à manger aux poules dont les poulaillers semblent concentrés sur le côté droit de la petite route qui conduit à la croix des pèlerins morts située au point le plus haut de notre parcours d’aujourd’hui.

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S’en suivra une longue descente, sur piste, de plusieurs kilomètres en direction de As Eiras,, descente dans laquelle nous rencontrerons nombre de marquages originaux…DSC07821DSC07825DSC07831DSC07829

puis Laza. Un trio de pèlerins en vélo, nous saluant, nous réveilleront au cours de la descente.
A As Eiras, la pèlerine oubliera momentanément ses bobos aux pieds pour ramasser quantité de noix fraîches récemment tombées. Il y a des bruyères en fleurs et beaucoup de colchiques roses ou mauves.
Encore une belle descente, sur route cette fois, sur Laza où la récolte des patates bat son plein.

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Nous nous dirigeons vers la Mairie, puis la Croix Rouge pour obtenir le sello.
La personne qui nous accueille, à ma demande, nous indique un bar sur la place Picota et nous montre le chemin.
Dans le bar, on attaque en espagnol et on finit en français car le propriétaire a travaillé en Suisse (Romande, je suppose). Nous demandons si on peut manger quelque chose de chaud. Il relaie la question à la cuisine qui nous fait monter un escalier bien raide où, nous dit on, il y a une salle.
Non seulement il y a une toute petite salle sur laquelle donne la cuisine mais nous pourrons déjeuner en terrasse privée, dehors.
Il y a une seule table sur laquelle nous aurons droit à une bonne soupe bien chaude, une escalope milanaise frites et poivrons avec tempura d’aubergines, un vin rouge du village, le tout au soleil et pour 9 € chacun.
Le pèlerin ravi

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Rassasiés, nous continuerons notre chemin en finissant de traverser Laza, puis prendre la route menant à Soutelo Verde où nous ne verrons pas âme qui vive.
Par contre, s’il n’y a âme qui vive, il y a bien quelqu’un qui a le sens de l’humour ou la nostalgie de son Andalousie.

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Belle ermita quand même.DSC07839DSC07842

Le chemin continue à travers les jardins et les vignes. Nous arrivons à Tamicela que nous ne traverserons pas car les flèches nous envoient à gauche, où cela monte pas mal.

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Et cela montera pas mal, même fort, pendant presque cinq kilomètres.
Dur, dur. La pèlerine souffre énormément de ses pieds et avance à pas comptés.

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Dernier regard en arrière.

 

Dans les premiers hectomètres de la montée, la pèlerine s’arrête et dit renoncer. Puis, une idée lui vient. Elle me demande mes chaussures de repos. Elles sont légères et très souples et surtout sur-dimensionnées pour elle. Moins de frottements…

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Et c’est ainsi qu’elle arrivera à la nationale qui nous nargue depuis plus d’une heure, tout en haut de cette sacrée côte. Le pèlerin, lassé de monter sans visibilité, a décidé d’accélérer et d’aller voir en haut « ce qu’il y a ». Il attendra la pèlerine qui monte lentement, très lentement. On comprend bien pourquoi mais on ne peut rien faire pour elle sauf avancer pour l’entraîner.
Il n’empêche que nous sommes l’un et l’autre épuisés. Moins d’un kilomètre plus loin, nous entrerons dans Alberguaria.

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Fatigués mais contents car nous avons eu beau temps. Comme cela doit être pénible de monter cette côte caillouteuse sous la pluie.
Nous passerons devant le Rincon del Peregrino, célèbres parmi les pèlerins pour sa collection de coquilles dédicacées pendues au plafond. Nous ne profiterons pas de cela car le bar est fermé car nous sommes peut être, comme disent les cyclistes, hors temps. Peut être ouvre-t-il aux heures de passage du peloton ou bien son jour de fermeture est le jour de notre passage. Tant pis pour lui et pour nous. Santiago est annoncé dans 140 kms.DSC07850

Nous contacterons, au téléphone, la casa rural qui doit nous héberger, la maison Couso Galan. Un couple de jeunes gens vient nous prendre en auto pour parcourir les six kilomètres qui séparent Alberguaria de Couso.
Je crois que nous n’aurions pas pu les parcourir à pied.
Il s’agit d’un petit hameau qui était en ruine et a été repris en main par un industriel de Navarre. Chaque maison, en grès et lauze, à été rebâtie et équipée du meilleur confort.
Les formalités sont vite traitées avec un hôtesse souriante.
Nous aurons la première maison en entrant dans le hameau que traverse un joli petit ruisseau. Notre maison, qui a une vaste terrasse devant la porte, profite du soleil couchant et de ses derniers chauds rayons. Vaste chambre, belle salle de bain. Grand confort. Chauffage électrique.
Nous irons dîner à 20h30, seuls clients du restaurant. Accueillis avec le sourire, nous serons servis par une serveuse agréable et professionnelle.
La cuisine est élaborée et sort de l’ordinaire. Croquettes de chipirons, joue de boeuf pour la pèlerine et loubine pour le pèlerin avec un vin de Vérin et une pana cotta. Il faut signaler que Couso Galan propose un forfait pour les pèlerins qui coûte quelques 93 euros pour deux comprenant la demi pension telle que je la décris plus le transfert auto à partir du chemin et retour à l’endroit où l’on vous a pris. Une bonne adresse pour celles et ceux qui veulent se gâter.
La nuit sera reposante et très calme. Le bonheur du pèlerin pour ainsi dire.

http://www.cousogalan.com/

Vinhais – A Gudina

Loin de nous l’idée de décourager le lecteur mais la pèlerine se plaint de plus en plus de ses ampoules. Malgré des soins quotidiens et des protections adéquates, les plaies au talon d’Achille suppurent. Les doses d’alcool mises dessus ne servent, semble-t-il, qu’à creuser la plaie.
Nous achèterons de la Bétadine à notre prochaine halte. Aujourd’hui, il était prévu de rejoindre A Gudina à pied, hors chemin, pour rejoindre à nouveau le Camino de la Plata que nous avons abandonné à Zamora.
Mais la situation décrite plus haut montre bien que cela ne sera pas possible.
Toujours décidée à ne pas abandonner, la pèlerine persiste.
Nous en ferons une bonne partie en taxi. Nous rejoindrons la frontière espagnole en taxi. Bof, alors puisque nous serons dans la voiture pourquoi ne pas rejoindre A Mezquita en auto et nous terminerons à pied les vingt trois kilomètres restant ?
C’est voté.
L’hôtel, au départ, nous agace un peu car son terminal de carte bleue ne fonctionne pas et le patron étant parti, la femme de ménage ne semble pas prête à agir pour faire quelque chose. Je finis par régler en cash, pas content car je ne suis jamais convaincu, dans ces cas là, que la panne soit une véritable panne et le cash étant tellement attractif…On a eu déjà le coup à plusieurs reprises dans d’autres marches !
A l’office du tourisme, il y a un arrêt de taxis. Je demande, comme à Bragança, une estimation du prix. 25 € me répond-il, mas o menos.
Pas le choix et pas envie que la situation empire au niveau des pieds pour la pèlerine et pour le pèlerin dont l’unique ampoule lui donne du fil à retordre car elle ne veut pas sécher. Nous rachetons encore du sparadrap, de l’eau et embarquons pour l’Espagne.
Pourquoi remonter vers le Nord alors que le chemin continue vers l’ouest ? C’est tout simplement parce que le prochain endroit pour dormir est situé à 49 kilomètres très « montagneux » et qu’il est écrit qu’il n’y a aucun point de ravitaillement.
Le taxi nous dépose à l’entrée du village et repart avec ses 25€ tels qu’affichés par le compteur. Les chauffeurs ont l’habitude des courses et connaissent les prix. Ils sont, selon toute évidence, honnêtes.
Il fait beau et bien plus doux qu’à Vinhais.

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Nous suivons la route qui nous a amenés du Portugal, marchant vers O Pereiro où nous trouverons le chemin de la Plata et ses flèches jaunes quelques dizaines de mètre plus bas.

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Le village est bien modeste et bien tranquille.

 

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Belle progression dans une belle lande de genêts et aussi de bruyères.

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Par endroits, la lande a été brûlée sur de grandes surfaces.

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Nous cheminons sur une belle piste par moments, puis sur un terrain accidenté couvert de pierre de grès.
A l’heure du repas, nous nous arrêterons à proximité du village de O Canizal, sur une longue et large pierre plate au soleil. Casse croûte rapide.
Les pieds sèchent au soleil, les chaussettes et les chaussures aussi.
Au moment de repartir, nous voyons arriver deux pèlerins. Ils sont encore loin mais marchent d’un bon pas.
Nous suivrons une pancarte indiquant un bar à droite, à deux cents mètres pour y prendre un café. Après être passés, pas très fiers, devant un chien loup qui aboie fort et pourrait très bien franchir le muret derrière lequel il se trouve, nous nous dirigeons vers le bar Alfes. Un seul pèlerin nous y rejoindra. Il dit au patron qu’il vient de Santander, il ne nous adresse pas la parole. Nous verrons, plus tard, l’autre pèlerin à l’entrée d’A Gudina, qui semble l’attendre devant le centre de santé qui doit héberger les pèlerins.
Le patron lui dit qu’il n’est pas nécessaire de rejoindre le chemin pour repartir mais de suivre la nationale sur laquelle est le bar car le dit chemin rejoint la nationale à la sortie d’O Canizal. Pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Sortant du bar, le pèlerin nous rattrape, sans sac, et nous donne à chacun une flèche jaunes en carton montée sur une épingle à linge. Merci mais pas compris pourquoi ce geste. Ce n’est que deux jours après, en y repensant, que nous avons compris que le « cadeau » était d’origine du patron et non pas du pèlerin.
La proximité de l’autoroute fait que, comme souvent, la nationale est bien calme et nous avançons sans problèmes de trafic.
Nous saluons le passage du Alto de Canizo

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(comme planté en haut du col…)

et descendons sur A Gudina après avoir traversé le pont qui franchit l’autoroute.

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A droite, la gare. En face, deux hôtels et comme d’habitude, le nôtre est situé à l’opposé de la petite ville. Nous suivrons la route jusqu’à ce dernier.
Installation après un accueil aimable. C’est le plus fort de l’activité du déjeuner (à 14h30) et comme nous avons « déjeuné » sur la pierre à O Canizal, nous montons effectuer nos travaux habituels en chambre.
Nous ressortirons en fin d’après-midi car il nous faut trouver où recevoir le sello. L’auberge de pèlerins est l’objectif tout trouvé. Elle se trouve, à un carrefour à droite, en entrant dans la petite ville.
Nous n’aurons pas à y aller car, passant dans la partie ancienne d’A Gudina, devant l’église San Pedro nous y entrons et une dame qui allait fermer l’église nous dit de « nous tamponner » tout seuls, le sello étant sur une chaise au premier rang. Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous remarquerons les deux stèles qui marquent les deux routes du Camino, celle par Verin et l’autre par la montagne. C’est celle de la montagne que nous suivrons (photo prise dans le brouillard, le lendemain matin en allant à la gare).

 

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Nous rentrerons à l’hôtel pour y dîner après avoir acheté chez un boulanger un gros gâteau que nous mangerons encore trois jours après. Il nous reste de quoi manger notre petit déjeuner en chambre.
L’hôtel Bruma 2 est récent, propre et calme. Le dîner fut copieux. 16 € par personne, vin compris, ce qui est cher pour le coin et pour le pèlerin et la chambre 54 € sans petit déjeuner car nous partirons avant l’heure du service demain matin.

http://www.hotelbruma.es/

Bragança – Vinhais

La nuit aura été excellente, le confort idéal et le lit très confortable.
Le petit déjeuner est compris dans le prix (élevé) de la chambre et nous en profiterons et même y ferons des provisions pour le repas de midi.
Nous partons en ville pour y acheter de l’eau.

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Tant qu’on est dans la dépense, nous décidons d’acheter des compeed pour trois jours et de s’offrir le taxi jusqu’à Castrelos ce qui raccourcira sérieusement les trente kilomètres signalés par Mme Raju dans son guide.
La station de taxi regorge de candidats pour nous transporter et je m’adresse à un groupe de trois (diviser pour mieux régner) taximen brangançais pour leur demander leur estimation du trajet qui m’intéresse. Plus ou moins 15 € m’entend-je répondre.
On y va avec le compteur qui s’enclenche à la sortie de la ville. Intra-muros, quelle que soit la distance, cela semble être prix unique. Nous sommes déposés à l’entrée est du village et réglons 15 €. Réglos les gars !
Un roquet vient nous faire comprendre (de loin) qu’il ne faut pas rester là, ce qui n’est d’ailleurs pas dans nos intentions.
Nous traversons Castrelos, saluant les rares passants.

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Le chemin est une belle piste et le fléchage est convenable.

Voici les bâtiments blancs qui semblaient intriguer Mme Raju, dans son guide, il s’agit de pigeonniers.

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Castrelos étant sur la hauteur, le chemin nous mène auprès de la rivière que nous traversons sur un pont de béton devant une maison (vide) blanche artistiquement décorée et comportant des identifications jacquaires.

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De la rivière, il nous faut monter vers la route nationale, puis la traverser, et continuer à monter, parfois raide, sur Soeira par une piste au début et, au delà de la route, par un chemin tantôt de terre, tantôt pavé.
Marquage douteux mais une petite route goudronnée nous amène au village, chemin ou pas chemin.

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L’unique bar est fermé. La boulangère itinérante présente dans le village à ce moment là ne vend rien d’autre que du pain, ce qui n’a rien de surprenant. Elle vend bien une unique sorte de gâteaux mais par kilogramme. Une gajeure pour un pèlerin…
Soeira est aussi bien calme, heureusement que nous passons en même temps que la boulangère pour voir quelques personnes qui nous saluent aimablement.

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S’ensuit une belle descente vers la rivière Tuela que nous franchissons sur un nouveau pont roman

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puis le chemin nous ramène sur la N103. Nous nous demandons si le bar en dessous est ouvert, ce qui est le cas, mais n’osons descendre car le guide Raju nous dit que descendre implique, soit de remonter par où on est descendu soit longer la rivière et remonter plus loin. Remonter nous ramènera automatiquement sur la N103.
Conseil rapide. Nous décidons de casser la croûte assis sur une grosse pierre et de continuer par la N103 qui monte tout autant et nous amène à Vilaverde, village en quasi ruine, bar « fermé » nous dit une ancienne d’un ton peu aimable alors qu’elle en est sur le seuil. On dira qu’il est en travaux…
A la sortie du village, encore plus haut, nous sommes salués par deux personnes qui descendent d’une petite fourgonnette. Il s’agit, selon moi d’employés administratifs qui sont en charge de préparer l’installation de panneaux d’accueil pour les pèlerins. Après nous avoir pris en photo, ils nous donneront un petit fascicule Prata de la frontière espagnole à l’est à la frontière espagnole à l’ouest.
Toujours plus haut, nous nous orientons vers Santa Cruz en suivant la route puis à gauche suivant une piste qui descend.
Là, surprise ! De l’eau vient d’un pré à droite, descend doucement, au début, le chemin de terre, puis devient un véritable ruisseau sur plusieurs dizaines de mètres. Nous montons sur le talus à droite, longeant le chemin dans le pré et cela passe. En bas, il y a un ru que l’on passe sur des dalles de pierre puis une remontée mal indiquée. La flèche, que nous verrons plus tard, est dans la végétation. Résultat, le pèlerin part à gauche pour « voir » et revient après avoir trouvé la N103. La pèlerine qui souffre toujours et encore de ses ampoules n’est pas descendue et a attendu.
On monte, on monte, plateau et on redescend vers Vinhais.
Encore un troupeau de mouton, son berger qui mange les figues d’un beau figuier et son patou, pas fin celui là non plus, ce qui lui vaudra une engueulade en portugais. Pas de menace nous concernant (de la part du patou !)
La longue descente vers Vinhais ne plait pas à la pèlerine qui souffre encore plus dès que cela descend.

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La mairie de Vinhais nous donnera un sello et un « pin ». Quelques mètres plus loin, nous nous attablerons à une terrasse ensoleillée pour une boisson
(bière et coca light 2 € !). Repos et « déchaussage » sont de règle, nous sommes dehors, nous en profitons.
Un peu de ravitaillement dans un mini-market, un tampon plus lisible reçu à l’office du tourisme pour la créanciale et nous voici à notre hôtel qui est, comme toujours, à l’opposé de la ville.
Fermé mais en sonnant on vient. L’hôtel semble vide mais la chambre est disponible. Installation, jambes en l’air, soins, douche et repos. Nous sommes au Portugal, une heure en avance sur l’Espagne, et le patron nous sert à 19h30. Pour nous, du jamais vu et c’est tant mieux.
Le dîner sera très bon et pas cher. Vin du coin, super et pas fort.
Hôtel présenté par chacun dans le bourg comme le meilleur de Vinhais. Il n’y en a que deux, l’autre étant une pension dont l’aspect extérieur n’est guère encourageant.
Simple et propre. Résidencial Cidadela Transmontana (45 € pour deux pdj compris). Repas en sus.

Vue de la chambre .

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Pas d’accueil pèlerin à Vinhais, peut être au Couvent ?

Trabazos – Bragança

Ce matin, le guide Raju nous annonce une étape de 31 kms pour atteindre Bragança.
Les pieds de la pèlerine sont dans un état peu enviable. Je lis que, pour rejoindre Quintanilha, premier village portugais sur le Camino, il faut descendre à San Martin del Pedroso, traverser le pont international et remonter vers le village. Conseil de guerre et décision : nous allons franchir la frontière en taxi pour aller à Quintanilha. Presque neuf kilomètres de moins, c’est toujours cela de gagné pour les pieds malades.
Après le petit déjeuner, nous réglons la note (€63,50 pour nous deux – demi pension) et demandons un taxi à l’accueillante gérante qui nous en trouve un qui sera là dans les dix minutes et pour €20 nous fera avancer dans le confort.
Il nous propose de nous conduire à Bragança pour €40…Non merci, nous résisterons à la tentation.
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Nous ne savons pas si c’est à cause de la concurrence portugaise, des pavés pour descendre au village mais nous devrons le rejoindre à pied, pour remonter dès que nous trouvons les flèches jaunes.
A la fontaine, à la sortie de Quintanilha, nous essuyons une attaque « molle » d’un roquet hargneux mais pas téméraire.

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La montée sera raide pour atteindre le haut du plateau mais elle se fera entre vignes, vendangeurs et châtaigners avec des échappées sur le pont international.

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Le plateau nous offrira un paysage superbe que nous découvrirons en suivant une petite route bien tranquille qui va nous conduire à Réfega où nous découvrirons notre première plaque en portugais.

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Si vous utilisez le Raju, notez qu’elle écrit qu’il faut s’orienter à gauche après être passé sous les fils électriques qui traversent la route, à l’approche de Réfega. En fait, c’est juste mais c’est à l’endroit où les fils passent pour la deuxième fois au-dessus de la route, pas la première.
Nous avons cherché un moment puis décidé de continuer sur la route jusqu’à ce que nous trouvions trois cents mètres plus loin, le chemin tel qu’indiqué plus haut.
Réfega est très tranquille, attristée par un bien pauvre enterrement.DSC07758

Notre première étape au Portugal se déroule accompagnée d’un fléchage bien plus lisible qu’en Espagne, du moins sur les quatre dernières étapes.

A la sortie du village, à gauche, après avoir franchi une zone de potagers, nous commencer à monter. Un arroyo barre notre passage mais nous trouvons un passage en béton, caché par les buissons, sur la gauche de l’arroyo.
La grimpette sera longue même si la pente est assez douce.

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Nous allons à la rencontre d’un troupeau de mouton, synonyme de chien si l’on ne voit pas le berger. Si, on voit le berger maintenant mais aussi le patou qui nous a vu et déboule à fond de train. Il faudra quantité de rappels du berger pour l’arrêter. Le patou n’a pas été menaçant mais les pèlerins ont serré les rangs. Un salut au berger qui nous dit qu’il y a un bon restaurant plus haut, à Babé. C’est noté, on va aller voir.
Arrivés à Palacios, à l’entrée du village, trois chiens nous voient de loin et aboient de concert. Encore du bruit pour rien. Quand on s’approche, ils détalent…

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A la sortie haute de Palacios, où une dame nous a remis sur le droit chemin, nous décidons d’abandonner le chemin et suivre la route vers le restaurant dont parlait le berger.
En fait, le restaurant existe bien, les prix semblent praticables mais il est fermé. Nous sommes lundi.
Nous décidons, eu égard aux ampoules de la pèlerine, de ne pas revenir sur le chemin et de suivre la route, plus facile à marcher et en descente.
Nous déjeunerons un peu plus bas, assis sur une plaque de ciment, de notre casse-croûte, au soleil et regardant passer les rares voitures.
La descente vers Gimonde s’avèrera longue par la route N308 mais nous finirons par atteindre ce petit bourg proche de Bragança.DSC07761
Nous passerons sous le pont moderne, en descendant par sa gauche, et longerons la rivière pour passer de l’autre côté par le pont roman.

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Un arrêt à l’église pour une pause, déchaussage, séchage des chaussettes, inspection des ampoules et il nous faut repartir, et encore remonter pour atteindre le haut du plateau derrière lequel se cache Bragança.
Pas de chance, notre logement se situe à l’opposé de la ville.
Nous galérerons pour le trouver et parcourrons de belles distances pour identifier l’endroit où il se trouve. Il nous faudra demander à plusieurs personnes jusqu’au moment où, exténué, j’entre dans un petit hôtel et demande si l’on sait où se trouve notre logement. Ajoutons que je parle et comprend bien l’espagnol mais en portugais, j’avoue ne rien comprendre du parler. Il doit y avoir confusion, quand nous demandons la pousada avec celle qui est un hôtel très confortable et la pousada de juventude (de jeunesse) qui n’est pas dans le même quartier.
Le patron (José Albino Portela) décide sans hésiter de nous conduire chez son concurrent sans que je n’ai eu à le demander, ni même le temps d’y penser.
Et c’est dans une belle Mercédes toute neuve ou presque que nous arrivons à notre logement.
Nul besoin de dire que nous n’étions encore pas dans la bonne partie de Bragança et que, sans l’aide de notre conducteur, nous aurions encore mis pas mal de temps avant d’arriver. Il fût chaleureusement remercié.
Si vous allez à Bragança, allez dormir chez lui, Residencial Café-Restaurante Tic Tac, 85 Rua Emidio Navarro, il mérite bien cette publicité.
Nous aurons marché 9 heures. Après la douche et les soins des pieds de la pèlerine, et du pèlerin qui annonce une ampoule aussi, nous irons dîner au restaurant de la Pousada (vue de la chambre ci dessous) et au lit.

 

http://hoteltictac.pt

 

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Fornillos de Aliste – Trabazos

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Il fait frais, mais le soleil est là.

Le balisage est un peu faible et, quand il existe, la peinture en est souvent défraîchie. Le guide ne nous est pas inutile, loin s’en faut.

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Nous cheminons tranquillement quand, au loin, au milieu d’une grande culture, nous semblons découvrir un grand tas de pierre. Etrange, au milieu d’un champ et non pas sur le côté… Il s’agira d’un enclos enfermant un beau troupeau de mouton. Mais, surprise ! A côté, il fallait s’y attendre, il y a un, deux, puis trois, quatre et finalement cinq patous. Comme ils semblent vouloir se diriger dans la direction opposée de notre passage, tout baigne ! Pas de chance. L’un d’entre eux se retourne et hop, la meute fonce sur nous en aboyant…
Dévissage, en urgence, du bâton de marche, au cas où… La pèlerine est terrorisée, le pèlerin prêt à l’affrontement. Nous continuerons à avancer lentement mais les chiens ne seront à aucun moment agressifs, simplement dissuasifs et comme nous n’avons aucune envie d’aller voir les moutons qu’ils protègent, l’histoire se finit bien. La pèlerine ayant même le courage de photographier, furtivement certes, deux d’entre eux… au moment où ils se désintéressent de nous. Ouf !

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Et nous arrivons à Ceadea où les seuls habitants que nous verrons sont celles et ceux qui ramassent des patates en famille.

 

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Nous verrons aussi le « mojon » local, puis à Arcillera, les « mojones » qui ne sont pas encore installés.

 

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Rien de particulier sur cette portion d’étape, si ce n’est le stade de foot de Vivinera qui semble se trouver en Oklahoma, à la fin de la grande dépression des années 30..

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Et nous progressons vers Alcañices que nous atteignons après avoir perdu notre chemin, faute de signalisation. Vigilance, vigilance dans ces coins-là.
Nous finirons par aller « tout droit » dans un champ afin de rejoindre la nationale. Un conseil, rester sur la nationale, le bas-côté étant suffisamment large. Ne pas suivre les flèches jaunes enfin retrouvées. Nous l’avons fait et avons parcouru trois kms aller/retour pour rien.
Nous sommes revenus sur la route et l’avons suivi jusqu’à Alcañices que nous croyions beaucoup plus loin. Bonne surprise après l’énervement causé par le manque de marquage. Il faut ajouter que la pèlerine a de plus en plus mal aux pieds. Elle soigne six ampoules au total et les plaies commencent à devenir importantes. L’ambiance n’y est pas !

Donc Alcañices est en bas de la côte.

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Nous sommes dimanche et pas fâchés de trouver un commerce ouvert. Achat du « repas » de midi, c’est à dire, pain, fromage, gâteaux et turon et nous nous installerons sous les arcades de la mairie. La pèlerine décide, contrairement à ce qui était prévu, de ne pas prendre un taxi (en fait, il n’y en a pas) pour rejoindre Trabazos. Un café au bar du coin et c’est reparti.
Comme les pieds sont de plus en plus douloureux, décision est prise de laisser tomber le chemin et suivre, sur le goudron, la route nationale ou bien, lorsqu’il y en a une, la piste qui longe la route.

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Nous atteindrons Sejas de Aliste, petit village quasi désert au fond d’un vallon où nous prendrons un peu de repos en mangeant du « turon » et constaterons que le problème « ampoules » ne fait qu’empirer.

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Fatigués mais il ne reste que quatre kilomètres avant Trabazos.

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Le chemin est mal indiqué, encore ici, et nous déciderons de marcher en parallèle à la route mais dans un champ. En fait, il fallait aller à droite, nous nous en rendrons compte après. Belle montée donc, en coude à droite, qui rejoint le chemin que nous aurions dû prendre.
Nous descendons dans Trabazos, quasiment tout en bas et un habitant, qui tient, allez savoir pourquoi, à me parler en italien, me dit que « non, l’hôtel qui vous intéresse est en haut, là-haut, sur la nationale. Et de remonter. Aïe, les ampoules de la pèlerine. Nous aurons appris, entretemps, qu’il existe une auberge de pèlerins à Trabazos.

 

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L’installlation à l’hôtel se fait après un bon accueil. Hostal très modeste, repas à 8 €. Il s’agit du Castaños. Peut être que l’Hostal El Cruce qui se trouve à côté est plus confortable.
Demain, nous marcherons au Portugal.

http://www.loscastanos.info/